• « Voici le premier des commandements : ‘Ecoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force.’ Voici le second : ‘Tu aimeras ton prochain comme toi-même.’ Il n’y a pas de commandements plus grands que ceux-là. » (Mc 12,29-31)

    Je ne sais pas si vous avez l’impression comme moi que nous avons là le secret de la vie, tout simplement, en quelques mots. On pourrait écrire des livres là-dessus. Je me contenterai pour aujourd’hui de souligner deux points lumineux de la sagesse de Jésus.

    D’abord le « comme toi-même ». C’est qu’avant d’aimer les autres nous avons reçu l’amour, sinon comment apprendre à aimer ? Nous avons été heureux de découvrir cet amour qui nous était donné gratuitement et peu à peu nous avons appris à y répondre. Mais tout est parti de là : savoir se laisser aimer pour déverser ensuite cet amour sur les autres.

    Le problème c’est qu’il n’est pas toujours facile d’aimer les autres en retour, surtout quand on ne sent plus cet amour réciproque qui va et qui vient. C’est sans doute pour cela que Jésus, en grand pédagogue, comme tout l’Ancien Testament, nous parle de « commandement. »

    Mais c’est bien là pour se mettre au niveau de notre faiblesse et de notre petitesse. Car nous allons découvrir un jour que l’amour est au fond beaucoup plus une chance qu’un commandement, la plus grande chance qui pouvait nous arriver, car nous croyons aimer de tout notre cœur et de toutes nos forces, mais c’est alors l’amour de Dieu qui nous pousse, qui nous pénètre et nous anime… et le cycle recommence sans fin : puiser à la source de l’amour pour être capables, avec ce Dieu en nous et parmi nous qui déborde, d’élargir notre cœur aux dimensions de toute l’humanité. Ne plus jamais nous arrêter d’aimer, car c’est pour cela que nous avons finalement été créés, à l’image d’un Dieu qui ne sait pas faire autre chose que de donner sa vie pour ceux qu’il aime, comme le font déjà à l’intérieur de lui-même les trois Personnes de la Trinité , et pour nous et toute la création, tout l’univers.

     

     


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  • Voilà là un des plus beaux verbes qui existent ! La connaissance est un signe de la grandeur de l’homme et de sa pensée. Car pour connaître il faut être capable de rechercher, de comprendre, d’analyser, de comparer, de réfléchir, de faire des synthèses et pour finir de se souvenir, de mettre les connaissances acquises dans un des tiroirs de notre magnifique mémoire, bien classées par catégories, pour pouvoir ensuite utiliser ces connaissances au bon moment.

    Dès mon enfance, j’apprends à connaître le monde qui m’entoure, à distinguer entre les objets qui me font du bien et ceux qui me font du mal. Connaître c’est donc d’abord éveiller son esprit et sa conscience. Connaître, c’est s’ouvrir, sortir de soi, ne pas passer son temps tout seul dans son coin. Et peu à peu la connaissance de ce qui m’entoure me pousse à commencer à me connaître moi-même, par comparaison, par opposition, par affinité, par peur ou par attirance.

    Connaître est donc d’abord une immense aventure, la base de tout ce qui va donner peu à peu un sens à ma vie. Connaître c’est avoir des points de repère pour avancer sur le chemin de mon humanité. On n’en finirait pas d’écrire des livres et des livres sur la beauté de connaître. Mais il y a évidemment une grande différence entre la connaissance des objets, des choses, des évènements et la connaissance de ce trésor unique au monde qu’est l’homme, cet homme que je suis et que je trouve aussi dans mes compagnons de voyage qui me ressemblent beaucoup et qui sont pourtant si différents.

    Et c’est justement de la connaissance de l’homme que je voudrais parler ici tout particulièrement, autant qu’on peut le faire dans un article de blog, toujours trop bref. Je crois que connaître l’homme est un des plus grands défis qui nous soient donnés. Car connaître l’homme, me connaître moi-même ou connaître l’autre, individuellement ou comme collectivité, est terriblement difficile et même parfois dangereux. Il y a au départ la tentation de vouloir connaître l’homme comme je le fais pour les autres connaissances scientifiques. Et cela risque de tout gâcher. Il y a toujours un regard scientifique à avoir en quelque sorte, même lorsqu’on se regarde soi-même. Cela évite de tomber dans le piège des sentiments qui m’empêchent souvent de voir les réalités en face. Mais je ne pourrai jamais connaître ou analyser mes relations avec les autres comme j’analyse une expérience de physique ou de chimie ou la complexité d’un moteur de voiture.

    La grande différence, qui est extraordinaire, c’est que l’autre est en dehors de moi, mais il est aussi, d’une certaine manière en moi. On découvre cela bien sûr dans l’amour et l’amitié, mais aussi dans n’importe quel rapport avec l’autre, que ce rapport soit beau ou difficile. Car l’autre ne peut jamais me laisser indifférent. Il me touche toujours, soit parce qu’il m’intéresse ou m’attire, soit parce qu’il me dérange, me blesse ou me pose de gros problèmes. Mais, pour tout cela, je dois comprendre un jour ou l’autre que je ne connaîtrai jamais l’autre de l’extérieur comme je connais justement un moteur de voiture.

    Là est le problème, chaque fois que je pense connaître l’autre parce que je lui ai mis des étiquettes : sympathique, courageux, intelligent, bizarre, instable, etc., je m’aperçois, si je suis honnête, que le plus souvent je n’ai rien compris, et que ce que j’appelle alors connaissance, ce sont seulement des intuitions, des jugements ou des préjugés, car je ne peux connaître l’autre que de l’intérieur. Et pour cela il faut que l’autre me laisse entrer. Mais il ne me laissera vraiment entrer que si moi aussi je le laisse entrer dans mon intimité, en pleine réciprocité.

    La connaissance de l’autre est donc d’abord une question de confiance réciproque. Car il faut beaucoup de confiance en l’autre pour lui permettre de me voir tel que je suis au fond de moi, sans tromperie ou comédie, sans cacher mes défauts, mes peurs ou mes hésitations. Et c’est là que tout devient plus beau, car le courage que je peux avoir de me montrer sans artifice, avec mes qualités et mes défauts, va aider l’autre à se présenter à son tour tel qu’il est ou réciproquement, et tout cela est une véritable libération.

     

    Citations (tirées de mon-poeme.fr) :

    Je suis passionné, fasciné même, par tout ce que je ne connais pas. Dès que j'ai expérimenté un truc, c'est fini, cela ne m'intéresse plus. (Claude Lelouch)

    L'essence de toute intelligence est de connaître et d'aimer. (Joseph de Maistre)

    Dans le mariage, rien n'est plus utile que les discussions, puisque c'est par elles que l'on apprend à mieux se connaître. (Goethe) 

    On ne s'estime que dans la mesure où l'on ne se connaît pas. Ne te connais donc pas toi-même. Ne ruine pas cette précieuse barrière que la nature a mise entre le jugement et l'estime de soi. (Pierre Reverdy)

    Pour bien connaître et comprendre la vie, il faut avoir appris beaucoup de désillusion de la vie. (Pierre Reverdy) 

    On ne se connaît pas, on se déchiffre et on se découvre, au jour le jour et au gré des événements. On se fait vaguement confiance bien plus qu'on ne compte réellement sur soi. La preuve en est dans certaines attitudes que nous avons eues dans le passé et où nous ne nous reconnaissons pas du tout. (Pierre Reverdy)

    Quand on s'étudie bien, et qu'on s'applique à se connaître, on se trouve si rempli de défauts, qu'on n'a pas de peine à excuser dans autrui ceux qui paraissent le moins excusables ; à moins que par devoir on ne soit obligé de les corriger et de les punir. Encore l'homme sage et compatissant aux faiblesses de l'humanité, le fait-il avec beaucoup de modération et de douceur ; et il pardonne d'autant plus facilement, qu'il n'ignore pas qu'il a souvent lui-même besoin de pardon. (Jean Baptiste Blanchard)

    Le railleur de profession est, de tous les hommes, celui qui s'expose et s'estime le plus, et se connaît le moins lui-même. (Pierre-Claude-Victor Boiste)

    Parler de ce qu'on ne connaît pas est une présomption ridicule. (Henri-Frédéric Amiel)

    Les richesses font connaître l'homme ; si dans une grande fortune on commet une infamie, que ne ferait-on pas dans la misère ? (Adolphe d'Houdetot)

    On ne se connaît pas tant qu'on n'a pas bu ensemble ; qui vide son verre vide son cœur. (Victor Hugo)

    Connaître le temps et saisir l'occasion, c'est ce qui fait prospérer les hommes. (Fernando de Rojas)

    L'homme qui croît tout connaître le plus souvent ne sait rien. (Adolphe d'Houdetot)

    Pour bien connaître le caractère de quelqu'un, il faut interrompre son sommeil. (Adolphe d'Houdetot)

    Être seul, ne connaître personne dans une ville, transforme en prison ce lieu sans échanges. (Paul Valéry)

    Si l'on veut connaître le cœur d'un homme, il faut connaître ses environs. (Louis Joseph Mabire) 

    Pour être aimé des femmes, il faut les laisser croire qu'on ne les connaît pas. Les femmes ne peuvent se persuader qu'un homme puisse les connaître et les aimer en même temps. (Chamfort)

    Connais-toi toi-même, condition indispensable pour connaître les autres ; premier principe de morale. (Adrien Destailleur)

    On ne se connaît jamais, même quand on croit s'aimer, l'homme reste rentré en lui-même. (Antoine de Saint-Exupéry)

    Le plus grand défaut des femmes, c'est qu'elles nous aiment, alors même qu'elles nous connaissent. (Pierre-Jules Stahl)

    Pour bien connaître un homme, il est plus important de savoir ce qu'il pense que de savoir ce qu'il dit. (Jean-Napoléon Vernier)

    Il est des personnes qui ne cherchent pas à se connaître pour éviter les mauvaises connaissances. (Jean-Napoléon Vernier)

    Bien connaître quelqu'un, c'est l'avoir aimé et haï. (Marcel Jouhandeau)

    Apprendre à se connaître, c'est s'ouvrir au monde des personnes que l'on aime. (Maxalexis)

    Il faut vivre avec les gens pour apprendre à les connaître. (Proverbe français)

    J'ai oublié ton nom vaut mieux que je ne te connais pas. (Proverbe africain)

    Pour apprendre à se bien connaître, le malheur est le plus grand des maîtres. (Louis Belmontet)

    Qui se connaît se méprise, et qui se méprise est libre, car il est affranchi de l'opinion : le plus pesant joug est celui que l'orgueil nous impose. (Félicité Robert de Lamennais)

    Le plus ignorant des hommes est celui qui ne se connaît pas lui-même. (Jean-Baptiste de La Roche)

    La science la plus nécessaire à la vie humaine, c'est de se connaître soi-même. (Jacques-Bénigne Bossuet)

    Deux espèces d'hommes ne peuvent parvenir à connaître leurs semblables : ceux qui ne descendent jamais en eux-mêmes, et ceux qui n'en sortent jamais. (Jean-Jacques de Lingrée)

    Nous n'avons point d'étude plus essentielle et plus salutaire que celle de nous-mêmes ; c'est ce qui nous est personnellement propre, et non ce qui nous est étranger que nous devons nous appliquer à connaître ; il faut nous instruire de nos défauts pour les réformer, et des dons que la nature a mis en nous pour en régler l'usage, l'objet et la fin. (Jean-Jacques Rousseau)

    Les hommes peuvent s'aimer avant de se connaître, les époux doivent se connaître avant de se marier. (Julie de Lespinasse)

    Regarde-toi avec les yeux des autres, tu apprendras mieux à te connaître. (Maxalexis)

    On apprend à se connaître en étudiant les hommes, on apprend à connaître les hommes en s'étudiant soi-même. (Adrien Destailleur)

    Nous nous connaissons si bien que nous ne haïssons rien plus que les clairvoyants. (Alfred Bougeard)

    Apprendre à se connaître, voilà toute la difficulté pour l'homme. (Jiddu Krishnamurti)

    Connaître notre essence, c'est savoir quels sont nos fins ultimes, nos réels objets d'amour. (Francesco Alberoni)

    Apprends à te connaître, et descends en toi-même. (Pierre Corneille)

    Connaître les actes d'un homme, c'est connaître l'homme lui-même. (Adam Mickiewicz)

    Avant de vous lier sérieusement, il faut connaître, non l'esprit, mais le caractère des personnes. (Emmeline Raymond)

    Les gens, aujourd'hui, connaissent le prix de tout et la valeur de rien. (Oscar Wilde)

    Aimer et connaître, c'est la véritable destinée de l'homme. (Joseph de Maistre)

    Apprends à connaître les mœurs de tes amis, mais ne les prends pas en aversion. (Proverbe latin)

    Condamner sans connaître est le dernier degré de l'imprudence. (Proverbe latin)

    Qui ne se connait pas ne saurait être heureux. (Proverbe latin)

    On connaît trop celui qu'on a trop écouté. (Évariste Boulay-Paty)

    Pour apprendre à connaître, apprends à douter. (Jacques Delille)

    Un maître doit toujours connaître ses sujets. (Jacques Delille)

    On ne connaît jamais un être, mais on cesse parfois de sentir qu’on l'ignore. (André Malraux)

    Se bien connaître, c'est posséder la clef de l'élégance en toute chose. (Eugène Chapus)

    Plus je connais les femmes, moins j'aime ma chienne. (Pierre Desproges)

    On connaît un homme, on connaît sa figure ; mais son cœur, on ne le connaît pas. (Georges Clemenceau)

    Connaître, penser, c'est classer. (Georges Clemenceau)

    Mon inconscient connaît mieux la conscience du psychologue que sa conscience ne connaît mon inconscient. (Karl Kraus)

    Pour connaître une chose, il faut en connaître les effets. (Samuel Johnson)

    L'intérêt ne connaît point d'amis. (Jean-François Haumont)

    Prédire est trop facile à qui connaît la suite. (Jacques Audiberti)

    Connaître, c'est comprendre toute chose au mieux de nos intérêts. (Friedrich Nietzsche)

    C'est à fréquenter les autres que l'on se connaît soi-même. (Louis Scutenaire)

    Celui-là seul connaît la suffisance qui d'abord a connu l'excès. (William Blake)

    On fait cas des uns ou des autres trop souvent sans les connaître. (Hésiode)

    Connais-toi toi-même ! (Thalès de Milet).

    Mieux connaître et mieux être connu, tel doit être le résultat de toute conversation sérieuse. (Henri-Frédéric Amiel)

    La part que je connais vaut le tout que j'ignore. (Gustave Nadaud)

    Plus je connais les hommes, plus j'admire les chiens. (Erik Satie)

    Quand, aveuglé par la prospérité, on ne se connaît plus soi-même, on finit par ne plus connaître les autres. (David Augustin de Brueys)

    L'oreiller seul doit connaître les larmes. (Proverbe japonais)

    Nous ne connaîtrons peut-être le bonheur que par son ombre sur le mur de la destinée. (Henri de Régnier)

    Plus on croit connaître les femmes, mieux on est prêt à être leur dupe, car elles ont chacune une manière différente d'être femme et c'est ordinairement la femme qu'elle n'est pas que nous voyons en elle. (Henri de Régnier)

    Qu'il y a loin de se connaître en femmes à connaître les femmes ! (Henri de Régnier)

    Nous ne connaîtrons peut-être jamais des femmes que ce qu'elles ignorent d'elles-mêmes. (Henri de Régnier)

    Fais en sorte que tout le monde te connaisse, mais que personne ne te connaisse à fond. (Baltasar Gracian)

     



     


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  • « N’êtes-vous pas dans l’erreur en méconnaissant les Ecritures, et la puissance de Dieu ? » (Mc 12,24)

    Combien Jésus est-il continuellement en train de se plaindre, dans l’Evangile de Marc, du manque d’intelligence ou d’écoute de son interlocuteur ! Ici, il s’adresse aux sadducéens, souvent aux pharisiens et c’est bien normal qu’ils ne comprennent pas grand-chose, puisque ce sont au fond ses adversaires : ils sont bouchés à la base, car ils ont choisi de l’être, ils ne veulent pas se laisser attirer par la mentalité si révolutionnaire du Christ.

    Mais nous avons déjà vu à diverses reprises que les apôtres eux-mêmes ne font pas beaucoup mieux. Combien de fois Jésus leur a-t-il reproché de n’avoir rien compris, justement parce qu’ils ne savent pas écouter et sortir de leurs habitudes et de leurs schémas tout faits. Alors cette phrase pourrait nous pousser tout simplement à une grande humilité. Si je me levais chaque matin en me disant que ce que j’ai appris ou compris jusqu’à ce jour du message de l’Evangile est encore bien limité. Penser simplement qu’aujourd’hui, si je suis capable de m’ouvrir de tout mon cœur, de tout mon esprit et de toutes mes forces à ce que Jésus va me révéler personnellement, je vais faire un grand bond en avant dans ma recherche personnelle et je vais aider les autres autour de moi à trouver eux aussi plus de lumière. Je devrais me demander à la fin de chaque jour si je me suis ouvert ou non à de nouveaux horizons, et recommencer si cela n’a pas été le cas. Seulement de cette manière la vie est une belle aventure, sans plus aucune routine, car elle devient témoin chaque jour de la « puissance de Dieu. »

     

     


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  • C’est ce qu’affirme un de mes lecteurs en réponse à certains de mes propos sur l’unité : « Je suis moi et pas toi ». C’est clair, c’est ce qu’on appelle une lapalissade. Jean n’est pas Michel et encore moins Annie, tout le monde le voit et le sait ! Et pourtant…

    Je crois et je suis convaincu, par l’expérience de toute une vie, que cette « vérité » n’est pas entièrement vraie. Car je ne suis pas une pierre qu’on ne confondra jamais avec un morceau de bois. Je suis un homme, ce qui veut dire toujours une réalité mystérieuse difficile à cerner ou à analyser.

    Problème philosophique qui ne change rien à la vie de tous les jours ? Non, car le jour où je découvre que, quelque part, je suis aussi toi et toi tu es aussi moi, toute ma vie va changer. L’autre ne va plus me faire peur pour commencer, comme quelqu’un que je fuis au fond de moi-même parce qu’il essaye de m’envahir, de me posséder ou de me dominer. Oui, je sais bien que toutes ces déformations existent, mais notre vie n’est pas faite que d’accidents et de déformations ; la voir ainsi serait d’un pessimisme noir !

    Et qu’est-ce que cela voudrait dire que je suis toi et que toi tu es moi ? On dira qu’un part de moi-même c’est toi ? Non, pourquoi une part de moi-même et quelle part, alors ? Un sentiment, une idée, une conviction, ce serait toi en moi qui m’a influencé ? Peut-être en quelque sorte. Mais tout est beaucoup plus profond et mystérieux que cela.

    Ce qui est vrai, c’est que lorsqu’on aime quelqu’un, on se sent transformé, épanoui, libéré et beaucoup plus soi-même qu’auparavant. On sent que l’autre nous imprègne, respire même au fond de nous et l’on ne se sent absolument pas diminué par cette invasion bénéfique, bien au contraire. On sent que, tout à coup, notre vie est en train de se réaliser pleinement, car cette relation avec l’autre nous fait découvrir, au plus intime de nous-mêmes, des énergies insoupçonnées, des facultés cachées, un trésor que nous avions en nous sans même nous en rendre compte. Voilà que l’autre, différent, nous révèle à nous-mêmes le plus beau de notre personnalité et nous enrichit en même temps de son trésor à lui. Mais son trésor à lui, qui nous pénètre, va passer par le filtre de notre « moi », je ne vais jamais devenir une copie de l’autre, je vais être encore plus moi-même, mais teinté de l’autre et fier de l’être.

     

    Lorsqu’on a commencé à faire cette expérience avec quelques personnes particulièrement proches, on s’aperçoit que l’on peut vivre cette même relation avec tout le monde, avec bien sûr les limites de temps et d’espace qui nous conditionnent sur cette terre. Mais ces conditionnements ne sont pas une véritable limite si l’on sent qu’en chaque homme, en chaque femme, je rencontre au fond un peu toute l’humanité.


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  • J’avoue que je n’ai pas beaucoup de temps en ce moment pour suivre toute la campagne politique en France en vue des prochaines élections présidentielles. Ici, au Liban et au Moyen Orient, où je vis depuis plus de 46 ans désormais, j’ai bien d’autres urgences humanitaires.

    Mais ce que je vois de la propagande électorale de certains candidats me fait bondir. Je ne peux plus me taire. C’est vraiment une honte ! Comment Mme Le Pen se permet-elle de mettre sur ses affiches deux phrases comme celle-ci : « Pierre, agriculteur en retraite, vit avec 284 euros par mois. » « Hélas pour lui, Pierre n’est pas migrant. » C’est simplement indécent. Déjà susciter la haine et la jalousie de cette manière, ce n’est pas beau. Mais envers qui, je me demande ? Envers les gens les plus démunis de la terre? Je ne sais pas si Mme le Pen a le courage de se dire chrétienne. Mais cela fait pleurer de penser qu’une foule de gens qui se disent chrétiens tombent dans le panneau. Mais peut-être sont-ils innocents…

    Mais Mme Le Pen ne peut pas être innocente, elle. Elle sait très bien que ces migrants fuient la pauvreté de pays que la France continue à exploiter par les trafics des multinationales qui volent les richesses aux peuples les plus pauvres pour nous enrichir nous-mêmes un peu plus. Ou bien ils fuient la guerre parce qu’un de leurs parents a peut-être été massacré sous leurs yeux par des criminels sans scrupules qui utilisent des armes que nous avons vendues, là encore pour nous enrichir sur la mort des autres. Ce n’est pas un minimum de justice si un peu de cet argent volé revient finalement à ces pauvres misérables ?

    Oui, je sais qu’il y a encore en France des gens comme Pierre qui vivent sous le seuil de pauvreté et qui n’arrivent pas à s’en sortir parce que leurs voisins, individualistes ou égoïstes, ne pensent même pas qu’ils pourraient les aider. Au Moyen Orient, il y a des gens qui touchent seulement 100 euros par mois et qui aident ceux qui en touchent 50. Nous aurions beaucoup à apprendre de la solidarité qui se vit au Moyen Orient : 2 millions de réfugiés au Liban pour un pays qui en compte moins de 5 millions et la France veut remettre de l’ordre chez elle en refusant d’accueillir de pauvres gens sans défense, qui sont souvent dans cet état à cause de la politique française, directement ou indirectement ? Je croyais que la non-assistance à personnes en danger était passible de peines légales : je dois être trop naïf.

    Heureusement qu’il existe tout de même encore une France profonde de la solidarité. J’espère qu’il y aura chez mes compatriotes un sursaut d’humanité en ces temps difficiles. Sinon où allons-nous finir ?

     

     


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