• « Il faut que les Ecritures s’accomplissent. » (14,49)

    Est-ce qu’il vous est arrivé de penser un jour au sens du mot « écriture » et plus particulièrement des « Ecritures » avec un E majuscule ? C’est tout simplement un des plus grands trésors que nous pouvons avoir sur cette terre. Car le plus grand trésor c’est certainement la Parole, cette Parole, ce Verbe qui est Dieu lui-même, ce trésor qui est au ciel de toute éternité et qui nous a donné la vie.

    Lorsque Dieu a pensé à nous lancer à notre tour, comme un immense don gratuit de son amour, dans cette aventure à couper le souffle qu’est notre voyage sur cette terre, il nous a créés, chacun ou chacune de nous, comme une parole dans la Parole, une goutte de divin qui est descendue s’incarner en ce monde dans un lieu et un temps qui ont fait de nous ce que nous sommes.

    Et lorsque nous nous sommes « incarnés » à notre tour sur cette terre, nous sommes devenus en quelque sorte une nouvelle « écriture », venue s’ajouter à toutes les « écritures » de la Parole qui ont composé jusqu’à ce jour l’immense symphonie de l’histoire.

    Il y a eu bien sûr les « Ecritures », c’est-à-dire la Parole de Dieu qui s’est incarnée dans nos livres saints, comme une présence de Dieu au milieu de nous, venue préparer « les chemins du Seigneur » puis expliquer et adapter à notre regard ces « chemins du Seigneur », une fois que Jésus est venu pour toujours vivre au milieu de nous.

    Alors comme il est beau maintenant de continuer à contempler les « Ecritures » qui sont là pour nous éclairer de leur lumière infinie tous les secrets de la vie et de l’histoire de l’humanité. Mais plus belle encore est la découverte que ces paroles sont aussi tout un programme prophétique à « accomplir » et à réaliser concrètement en plénitude.

     

    Alors ouvrir ces « Ecritures » et surtout nous ouvrir à elles, de tout notre esprit et de tout notre cœur pour les aider à continuer à « s’accomplir », en découvrant que nous-mêmes nous sommes une parole qui s’accomplit peu à peu en « écriture » concrète, cela donne un tel sens à notre aventure de tous les jours et de toute notre vie, que les difficultés et les problèmes deviennent bien peu de choses devant une telle lumière dont Jésus ne cesse de nous inonder !


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  • « C’est fait, l’heure est venue : voici que le Fils de l’homme est livré aux mains des pécheurs. » (14,41)

    Oui, son “heure” est venue, l’heure de Jésus, l’heure du Fils de l’homme, et donc l’heure de Dieu et celle de l’homme tout à la fois. Quel mot magique que cette « heure » ! Un mot qui attire et effraie en même temps. Qui attire parce que c’est à la fois la fin et le début, la fin d’une aventure qui était en train de tourner au désastre, et le début de la même aventure qui va se remettre finalement dans le bon sens pour toujours, à condition bien sûr qu’on accepte de plonger de tout cœur avec elle.

    Quel amour en ce Dieu qui va donner sa vie, son être, sans regarder au prix que cela va lui coûter, simplement parce qu’il nous aime et qu’il est fier de nous, parce qu’il ne peut pas supporter que le joyau de la création soit gâché pour toujours !

    Mais s’il y a ici l’heure de Dieu, c’est aussi le chemin, la porte ouverte pour l’heure de l’homme, l’heure de chacun de nous, cette heure que nous sentons venir confusément et qui, elle aussi, nous attire et nous effraie. Elle nous attire parce que nous sentons que ce sera notre grand rendez-vous avec l’éternité, avec le bonheur, avec la paix définitive, avec le paradis de l’Amour, mais nous avons naturellement peur de la responsabilité que cela implique, peur de la souffrance que cela va sans doute nous coûter, peur de l’inconnu que cela représente.

     

    Heureusement que Jésus nous a enseigné à vivre l’instant présent, vivre chaque instant, maintenant, ce soir et demain, jusqu’à la fin de nos jours comme si cet instant était justement cette « heure » qui nous attend, comme si chaque instant était le dernier qui nous était donné à vivre, celui où nous avons l’occasion de concentrer toutes nos forces et tout l’amour que nous avons dans le cœur pour répondre au moins un peu, à notre niveau, à cette folie de générosité que Jésus a eue pour nous. Si nous y faisons attention, si nous décidons maintenant même de ne plus voir la vie que comme un immense rendez-vous de chaque moment avec notre « heure », tout prendra soudain un sens nouveau et nous serons surtout capables de redonner espoir à nos frères et sœurs en humanité qui ne savent souvent même pas qu’il y a cette « heure » qui les attend…  


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  • « Veillez et priez pour ne pas entrer en tentation : l’esprit est ardent, mais la chair est faible. » (Mc 14,38)

    Toute la beauté et le drame de la vocation humaine se trouvent résumés en ces quelques mots. Que nous le voulions ou non, nous sommes faits de chair et d’esprit. C’est notre grandeur et notre défi à la fois. Toute tentative d’échapper à cette vérité toute simple, ne servira qu’à nous tourmenter un peu plus pour rien.

    Dieu qui nous a donné la vie a mis en nous un esprit, une goutte de divin dans une chair extraordinaire, un miracle de dynamisme en continuel renouvellement, une réalité bien concrète et palpable qui est à la fois la source de notre bonheur et de tant de malheurs.

    On pourrait se demander pourquoi Dieu ne nous a pas enlevé simplement la chair, puisqu’elle est souvent la cause de tellement de malheurs. Mais cela aurait été renier son dessein d’amour sur l’humanité et on ne doit pas oublier que l’esprit est parfois bien pire que la chair, comme nous le montre l’exemple du diable.

    C’est l’équilibre entre la chair et l’esprit qui va nous donner la lumière, l’unité la plus totale possible entre ces deux entités qui semblent si souvent nous tirer chacune de leur côté, comme si elles voulaient nous déchirer par le milieu…

    La solution ne sera jamais de se partager en étant tantôt esprit et tantôt chair, cela servirait seulement à nous diviser encore plus en une sorte de schizophrénie dont on ne pourrait pas sortir indemnes. Non, la solution c’est d’être le plus possible tout entiers esprit et tout entiers chair, dans le même moment, dans le même mouvement de dynamisme interne que nous devrions prolonger jusqu’à la fin de nos jours.

    Veiller ne voudra pas dire maintenant vouloir dominer la chair par l’esprit, comme on dompte un lion en furie, ce serait pire encore. Veiller voudra dire simplement accepter la chair telle qu’elle est de tout notre esprit, la comprendre, l’aimer, l’aider à être en donation au lieu de se replier sur elle-même…

    Et c’est l’harmonie entre les deux qui va nous conduire à l’amour pour lequel Dieu nous a créés. Cette harmonie est difficile parce que justement la chair est « faible », notre chair est blessée, elle porte en elle le conflit et la déformation, mais sans elle nous ne serions que des anges désincarnés et ce n’est pas pour cela que Dieu nous a faits.

    Il est admirable de voir la patience de Jésus avec notre chair. Il conseille bien aux disciples de veiller, mais il ne s’étonne même pas qu’ils n’aient pas été capables de résister au sommeil. Il va continuer à aimer les disciples jusqu’au bout et il va tout de suite concrètement leur donner la vie en laissant crucifier sa propre chair à lui pour racheter la nôtre.

    Alors, nous n’avons au fond qu’à suivre l’exemple de Jésus avec notre propre « chair » et avec la « chair » des autres. Essayer d’accepter et d’aimer la « chair » des autres comme elle est, ne jamais nous étonner quand cette chair se fatigue ou nous conduit à des impasses, mais continuer à l’aider de tout notre esprit à se relever, à changer de direction si elle s’est égarée en route, à la conduire là où le bonheur sera justement dans l’harmonie la plus totale possible entre la chair et l’esprit. Facile à dire ? Difficile à vivre ? C’est bien évident, mais nous n’avons pas d’autre choix que d’apprendre chaque jour à être un peu plus nous-mêmes en suivant par l’esprit et par la chair un Dieu qui nous a montré le chemin !

     

     


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  • « Abba… Père, tout est possible pour toi. Eloigne de moi cette coupe. Cependant non pas ce que je veux, mais ce que tu veux ! » (Mc 14,36)

    Je ne sais pas si vous avez jamais pensé pourquoi Dieu en est arrivé à nous dévoiler de manière aussi totalement transparente l’intimité des relations qu’il vit au cœur de lui-même. Il y a là sans doute un des plus grands miracles de son amour. Comme si Dieu avait voulu nous donner la preuve qu’il est bien vivant, qu’il n’est pas un robot tout puissant, une grande machine anonyme qui gère et domine le monde sans états d’âme. Non, Dieu est en quelque sorte comme nous, ou plutôt nous sommes comme lui. Et c’est là la marque du plus grand amour qu’on aurait jamais pu imaginer.

    Nous avons vraiment été créés à son image. Et Dieu nous a créés pour que cette image reflète toujours plus la source dont elle est sortie. Sur cette terre, le plus grand amour entre les personnes d’une même famille, entre des amis vraiment intimes, ne passe-t-il pas par des moments de confidence où on sent la confiance de dévoiler à l’autre qui nous aime tous les secrets de notre cœur et spécialement ceux qui montrent notre souffrance ou notre faiblesse ? Mais de là à penser qu’un Dieu allait faire un jour la même chose avec nous, qu’un Dieu que nous savons tout puissant va nous avouer qu’il a peur comme nous, qu’il hésite comme nous, qu’il souffre comme nous, cela donne le vertige. Cela va contre tout ce que la logique des religions que l’humanité a toujours enseignée.

     

    Cela nous fait aimer Dieu encore plus, car jamais il ne s’est fait aussi proche de nous qu’en cette circonstance extraordinaire. Et cela nous donne en plus la certitude que l’amour le plus total entre deux personnes qui s’aiment ne veut pas dire que l’un perd complètement sa personnalité dans l’autre, mais que chacun reste lui-même dans sa différence. Si nous faisons à notre tour la volonté de Dieu, ce ne sera jamais pour nous fondre en lui pour toujours, comme le ferait une goutte d’eau dans la mer, mais pour être encore plus nous-mêmes. Miracle de cette unité divine où se vit en même temps la plus haute distinction. Et cela pour nous donner le courage de nous aimer nous aussi les uns les autres sans peur et sans hésitation. Car l’expérience que Jésus nous dévoile de lui-même au jardin des Oliviers nous pousse à donner notre vie à nos frères et sœurs en humanité de tout notre cœur et en toute transparence, car c’est là que nous entrons véritablement dans la vie en Dieu, anticipation du paradis pour lequel Dieu nous a au fond « inventés » !


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  • « Amen, je vous le dis : je ne boirai plus du fruit de la vigne, jusqu’à ce jour où je boirai du vin nouveau dans le royaume de Dieu. » (Mc 14,25)

    Quelle image merveilleuse Jésus nous donne ici du paradis qui nous attend, qui attend chacun de nous d’ici quelque temps, chacun à son heure, mais qui nous attend comme le plus beau cadeau promis de toute éternité !

    Ce paradis, Jésus nous le présente ici de la plus concrète des manières. Ce n’est pas une réalité abstraite, incolore ou anonyme. Elle a la couleur du vin et de tout ce que nous aimons ici sur cette terre. Et elle a surtout la couleur des cœurs qui se réunissent autour de la table pour partager le pain et le vin.

    Le vin, c’est ici le symbole de tout ce qui crée parmi nous la famille, qui fait circuler l’amour entre nous. Car au paradis nous n’aurons plus à vivre la sueur du travail, la fatigue de la recherche, la peur du lendemain. Tout sera clair et limpide pour toujours. Nous n’aurons plus qu’une chose à faire : nous aimer pour l’éternité.

    Et ce ne sera pas non plus un amour abstrait. Ce sera un amour qui nous fera pénétrer au plus profond de l’identité de l’autre, qui nous fera nous enrichir éternellement du ciel de l’autre, comme une immense symphonie universelle, où nous passerons sans nous lasser d’un ciel à l’autre comme une joyeuse surprise. Car nous serons continuellement transformés par ces rencontres incessantes et nous serons pourtant toujours nous-mêmes, chaque fois un peu plus nous-mêmes, car nous serons vraiment pour toujours à l’image de la Trinité où le Père, le Fils et le Saint Esprit se perdent infiniment l’un dans l’autre tout en étant chaque fois toujours plus eux-mêmes.

    Alors tout ce que nous aurons vécu de beau et d’émouvant sur cette terre sera définitivement avec nous, en nous, parmi nous. Nous nous retrouverons sans cesse, comme dans une aventure à couper le souffle, avec la même intensité, avec toutes les personnes qui auront partagé notre vie ici-bas, aussi bien avec celles que nous aurons aimées pendant des années ou toute une vie, et ceux que nous aurons à peine eu le temps de connaître en ce monde, avec l’impression que nous aurions pu passer des moments merveilleux ensemble, mais que le temps et l’espace nous auront empêché de le faire.

    Au paradis nous serons à la fois avec chacun et avec toute l’humanité, car il n’y aura plus de limites. Jouissance éternelle, amour purifié, car la réciprocité sera totale et nous serons au même niveau que ce Dieu qui nous a déjà tout donné et qui continuera à le faire en toute transparence. Au paradis, il n’y aura plus de secrets, de gênes, d’incompréhensions, de jalousie, de freins à notre amour. Ce sera un amour transfiguré mais bien réel, difficile sans doute à vraiment imaginer. Mais je crois que chaque fois que nous nous aimons réellement sur cette terre, nous avons déjà un avant-goût de ce paradis qui nous attend, chaque fois que nous sortons vraiment de nous-mêmes pour vivre dans le cœur de l’autre sans rien attendre en retour. Chaque fois que nous sommes capables de nous recevoir humblement de l’autre au lieu de vouloir tout dominer, le monde et nous-mêmes. Car c’est pour cela que Jésus est descendu parmi nous, pour que nous commencions à expérimenter ici-bas un peu de ce bonheur éternel qui nous attend finalement dans si peu de temps. Cela vaut la peine d’en profiter chaque jour un peu plus, si nous ne sommes pas complètement bornés !

     

     

     


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