• Chers lecteurs,

    Après un mois et demi d’interruption, « L’Orient la Nuit » a repris sa route à partir du 20 juin. Du 20 au 24 juin, nous avons commencé par la fin des commentaires au chapitre 8 de l’Evangile de Matthieu, dans « Perles de la Parole » : « Hériter pour donner », « Aimer sans cesse » et « Se donner à la vie », des titres qui parlent tout seuls…

    Le 26 juin, dans « Reflets de paradis », j’ai essayé de dire « où et comment trouver ce Dieu qui nous attend ». Puis j’ai écrit le 28 juin, dans « Passepartout » : « Aimer, c’est semer la vie ». Et le 30, « Bonheur de la richesse ? » dans « Provocations ».

    En juillet, le 2 du mois, « Un monde sans valeur ? » dans « Batailles ». Le 4 juillet, dans « Interdépendance » : « Les dangers de la dialectique ». Puis le 6, dans « Désorientés » : « La vérité et la vie ». Toujours dans ces réflexions sur les problèmes qui nous envahissent de toutes parts sur les réseaux sociaux, le 8 juillet, « Pour bientôt la fin du monde ? », encore dans « Provocations ». Et « Vivre, c’est apprendre à aimer », dans « Au bout de soi-même » le 10 juillet, pour suivre une phrase de l’Abbé Pierre.

    Du 12 au 24 juillet, j’ai repris une série d’articles publiés en 2015, dans « Perles de la Parole », comme commentaires à des phrases de l’Evangile de Marc, tellement semblables aux phrases du chapitre 9 de Matthieu que nous allons aborder le mois qui vient : « Question de pouvoir », « Se laisser surprendre par Dieu », « Tout quitter pour Jésus », « Heureusement que nous sommes malades ! », « Un geste et tout peut changer », « Une foi toute simple », et « Se lever tout simplement ». De véritables perles, en effet !

    Et pour finir notre mois de juillet, deux articles dans « Découvertes » : « C’est difficile ! », du 26 juillet, et le 28 « Changer le monde ? »

    Bonne lecture à chacun et chacune !


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  • Je suis tombé récemment sur une phrase de Marie Curie, la célèbre physicienne du début du XXe siècle, la première femme à avoir reçu un prix Nobel, qui affirmait un jour : “Vous ne pouvez pas espérer construire un monde meilleur sans améliorer les individus. » Et je vous avoue que cette phrase m’a beaucoup fait réfléchir.

    Ce que Marie Curie nous dit est bien évident, car ce monde qui peut aller bien ou aller mal, n’est au fond que cet ensemble extraordinaire de milliards d’individus qui essayent de construire un cadre dans lequel la vie soit la plus harmonieuse possible et qui semblent si souvent échouer dans leur bataille…

    Et si l’on veut que le monde change, il faut évidemment que les personnes changent. On ne peut pas améliorer les relations sociales par des décrets ou des lois, si le cœur de l’homme n’essaye pas chaque jour de s’ouvrir un peu plus…

    Le problème, c’est que finalement je ne peux réellement changer personne à part moi-même, car l’autre est libre de rester enfermé dans la prison qu’il s’est construite, libre de garder toujours les mêmes habitudes, les mêmes jugements négatifs, et de tourner en rond dans sa corruption ou dans son égoïsme.

    Alors que faire ? Me décourager, puisque je ne peux obliger personne à devenir meilleur ? Suis-je condamné à vivre malheureux dans un monde qui avance tout seul sans me demander mon avis ? Ce serait déjà le raisonnement de qui se croit au fond meilleur que tous les autres et n’est pas capable de découvrir combien il y a déjà de personnes merveilleuses autour de nous.

    Je crois que tout va changer le jour où chacun cesse de penser que le monde et lui sont deux réalités séparées qui ne parviendront jamais à s’entendre. Non, la plus belle et grande découverte que je peux faire dans ma vie, c’est que « moi, je suis le monde ». Oui, moi, je suis le monde, même si j’en suis une toute petite partie terriblement minuscule. Mais je ne suis pas en dehors du monde. Sinon, je n’existerais même pas.

    Alors, je peux déjà décider de m’améliorer moi-même. Qui m’en empêche ? Pourquoi ne pourrais-je pas faire chaque jour des pas positifs qui fassent du bien à l’humanité ? Et si moi, j’ai décidé un jour de prendre une direction plus cohérente avec les valeurs de l’homme, n’est-ce pas parce que j’en rencontré sur mon chemin des personnes qui m’ont aidé à sortir de mon trou et qui m’ont redonné envie de vivre véritablement ?

    Le jour où je cesse de me regarder et de m’analyser à chaque pas et où je décide pour toujours que le bonheur du monde dépend aussi de mon propre bonheur, alors je n’ai plus d’excuse, je n’ai plus le temps de me plaindre sans rien faire, je suis trop occupé à faire ma part que personne ne peut faire à ma place. Et celui qui se jette à l’eau dans la bataille de l’humanité ne peut plus jamais rester seul, il découvre vite tous ceux qui ont déjà pris le même chemin et le « moi » devient très rapidement un « nous » qui attire et qui entraîne. Et le monde « en nous » devient chaque jour plus beau, même si les problèmes, les obstacles continuent à se multiplier sur notre route, mais les solutions augmentent encore plus vite que les problèmes, car les solutions sont dynamiques comme la vie, tandis que les problèmes et les obstacles sont statiques comme la mort. Et la mort a toujours vaincu la vie, sinon nous ne serions pas là aujourd’hui. Alors pourquoi perdre l’espoir ?


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  • Oui, je le sais, « c’est difficile ». C’est ce que m’écrivent parfois certains lecteurs, contents de me lire, mais qui trouvent mes idées sur l’accueil de l’autre, la confiance, l’espoir, etc… bien difficiles à vivre.

    Eh bien, je leur donne entièrement raison. Oui, c’est difficile. C’est difficile d’aimer l’autre qui est différent, c’est difficile de ne pas juger, c’est difficile de ne pas répondre tout de suite quand on se sent attaqué, c’est difficile de continuer à accepter l’autre comme avant quand il nous a déçus…

    Mais alors que faire ? Je crois qu’il faut s’arrêter un instant, respirer un grand coup, arrêter de se regarder et se demander : « C’est difficile ? Et alors, qu’est-ce que ça change ? » Vous n’avez jamais pensé que vous pouviez vous poser cette question ? « C’est difficile ? Et alors, c’est une raison pour s’arrêter et renoncer ? » Qui a dit que la vie était facile ?

    Vous pensez que pour une maman, c’est facile de porter un enfant dans son sein pendant 9 mois, puis de le mettre au monde, puis de l’aider à grandir et de le préparer à affronter la vie ? Est-ce que c’est facile pour un artiste ou un sportif de passer des heures et des heures à se fatiguer pour arriver souvent à des échecs, pour passer par des moments de découragement avant de parvenir peut-être à un résultat intéressant ?

    Je crois qu’il y a là un malentendu à la base. La vie n’est pas facile. Elle n’est facile pour personne. Mais est-ce que cela empêche la vie d’être belle ? Est-ce qu’on préférerait n’avoir jamais existé quand on passe par des moments difficiles ? Ou bien on découvre peu à peu que ces épreuves qui nous atteignent sur la route sont seulement des portes qui s’ouvrent devant nous pour nous faire cadeau de nouvelles découvertes ?

    Je comprends bien que vivre des difficultés du matin au soir deviendrait à la longue insupportable. Personne n’a dit que nous devons rechercher les difficultés pour les difficultés. Mais quand ces difficultés arrivent, je crois qu’on doit se poser quelques questions bien simples. C’est difficile, mais est-ce que la difficulté rend la chose impossible ? Est-ce que je ne suis pas en train de chercher des excuses pour ne rien faire, pour rester bien tranquille dans mon coin, au risque de rater les beaux cadeaux que la vie était en train de me préparer ? Et quand on arrête de se regarder, quand on pense à l’autre qui a besoin de nous et qui attend, c’est tellement beau de donner du bonheur à l’autre qu’on oublie bien vite tout ce qui a été difficile en chemin.

    Et enfin, tout est surtout difficile quand on est seul, quand on veut résoudre tous les problèmes sans l’aide des autres, alors que tous ensemble on trouve des solutions tellement plus simples et plus rapides… Alors, si c’est difficile, essayons de nous demander pourquoi, regardons en face le problème, mais ne nous arrêtons jamais sur les difficultés, ce serait empêcher pour toujours le bonheur de nous visiter. Quand on découvre un magnifique panorama au sommet d’une montagne après des heures de marche exténuantes, on est tellement plus heureux que si on voyait le même panorama assis tranquillement dans un fauteuil, devant un écran de télévision…


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  • [Encore un commentaire du 18 juin 2015 dans « Perles de la Parole » sur une phrase de Marc qui va nous introduire si bien à Mt 9, 25 : « Il entra et saisit la main de la jeune fille, qui se leva. »]

    « Jeune fille, je te le dis, lève-toi ! » (5, 41) 

    Nous sommes toujours ici dans la même logique : sortir de nous, croire en nous jetant en Dieu, ne pas rester sur place à craindre et à pleurer, et maintenant nous lever. Jésus parle ici avec autorité, c’est un ordre qu’il donne à la jeune fille qui est morte. Mais quel ordre si celle-ci ne peut même pas l’entendre ? C’est à nous que Jésus adresse ces mots, pour nous montrer qu’il est tout puissant dans son amour. Rien ne peut lui résister s’il a décidé de trouver une solution définitive à nos problèmes les plus terribles. Il suffit qu’il le veuille et qu’il exprime cette volonté bienfaisante. 

    Mais ici encore, Jésus nous demande de faire notre part. Et notre part sera une fois de plus toute simple : il suffira de nous lever. Quoi de plus naturel et ordinaire que de nous lever quand nous sommes assis ou couchés. Si nous sommes dans un état normal, si nous ne sommes pas paralysés par un mal qui nous empêche de bouger, quoi de plus facile et rapide que de nous lever ? 

    Après avoir lu et relu notre chapitre, après l’avoir médité, contemplé, après avoir laissé ces perles de la Parole pénétrer en nous et nous transformer de l’intérieur, je crois que pour toujours nous aurons envie de nous lever, de rester debout quoi qu’il arrive. Nous tomberons quand même de temps en temps, pour nous rappeler sans doute que nous sommes faibles tout seuls. Et cela donnera du courage à nos frères et à nos sœurs qui hésitent eux aussi à se relever. Un peu de « gymnastique » chaque jour pour rester en bonne santé dans notre esprit, notre cœur et notre corps : c’est tout le bien que Jésus nous souhaite ! 

     

     


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  • [Encore une leçon de foi que nous avions commentée le 18 juin 2015 dans « Perles de la Parole » à propos du chapitre 5 de Marc, et qui nous aide maintenant à mieux comprendre Mt 9.22 : « Jésus se retourna, la vit et lui dit : ‘Confiance, ma fille ! Ta foi t’a sauvée !’ Et la femme fut sauvée à l’heure même. »]

    « Ma fille, ta foi t’a sauvée. Va en paix et sois guérie de ton mal. » (Mc 5, 34) 

     « Ne crains pas. Crois seulement. » (Mc 5, 36) 

    Notre monde moderne, surtout en occident, est malade du désir de sécurité. On veut tout assurer pour l’avenir comme pour le présent. On assure sa voiture contre les accidents, la maison contre les incendies ou les voleurs, la santé contre les maladies. On vote aux élections pour les candidats qui nous promettent plus de sécurité dans le travail ou dans la rue. On devient malade en essayant de tout prévoir et il y a toujours des imprévus, de petites ou de grandes catastrophes contre lesquelles toutes les assurances du monde ne peuvent rien. Alors que faire ? 

    Croire simplement. Croire n’est jamais une assurance, même si on a essayé de faire de la foi un dépôt rassurant que beaucoup de gens ont complètement perdu, parce que la foi ne peut jamais être fixée comme on fixe un clou dans un mur. Croire c’est se lever le matin et se jeter dans les bras de ce Dieu que nous ne voyons pas, mais dont l’amour nous attire. Croire c’est se jeter à l’eau dans des relations avec nos frères et nos sœurs qui sont toujours à réinventer, même si la veille tout s’était bien passé. Croire est une aventure. C’est le prix que Dieu nous demande pour qu’il ne fasse pas tout seul tout le travail : il nous demande juste une petite part, petite et si difficile en même temps ! 

    Mais si nous avons le courage de croire, et de recommencer à croire après chaque épreuve, nous trouverons la paix, nous serons guéris et sauvés, nous ne craindrons plus. La vie est tellement plus passionnante quand on l’affronte de cette manière. Pas de place pour l’ennui, pas de place pour le pessimisme, pas de place pour la solitude. Notre voyage s’animera chaque jour un peu plus avec la joie communicative de partager cette découverte avec tous ceux que nous croiserons sur notre route.   

     


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