• « Les invités de la noce pourraient-ils donc faire pénitence pendant le temps où l’Epoux est avec eux ? Mais un temps viendra où l’Epoux leur sera enlevé, et alors ils jeûneront. » (Mt 9,15)

    Dans ce chapitre extraordinaire, tout en miracles, voilà peut-être le miracle le plus merveilleux. Jésus, Dieu fait homme, vient se présenter à nous comme « l’Epoux » ! Comment rêver à un cadeau divin plus incroyable que celui-ci ? Car la venue de l’Epoux, c’est la joie totale sur la terre, le rêve accompli, le plus beau jour de notre vie… quand l’Epoux arrive, les soucis disparaissent, on est tout au bonheur de cette fête immense qui nous envahit, d’autant plus qu’il n’y même pas de possibilité d’être jaloux car Jésus n’est pas l’Epoux de quelqu’un en particulier, mais de toute l’humanité dans son ensemble et donc de chacun de nous…

    Oui, quand l’Epoux est là, cela veut dire que nous pouvons aimer de tout notre cœur et être aimés finalement en retour, dans la réciprocité la plus totale, sans ombre, sans risque de se tromper ou d’être déçus. Nous avons le droit d’être enfin heureux et de partager notre joie et notre bonheur avec tous ceux que nous côtoyons. Nous sommes déjà au paradis…

    Rêve impossible que tout cela ? La triste réalité des problèmes de chaque jour ne va-t-elle pas vite transformer notre beau rêve en cauchemar ? C’est là que nous devons nous ressaisir et croire d’abord de tout notre cœur que Dieu est Amour et qu’il ne peut pas se moquer de nous. S’il est venu pour que nous soyons heureux, c’est que c’est possible. Mais la clé de ce miracle arrivera bientôt dans ce même Evangile de Matthieu, lorsqu’il nous dira « Là ou deux ou trois sont unis en mon nom, je suis présent au milieu d’eux » (Mt 18,20). C’est lorsque nous nous aimons les uns les autres, comme Lui nous a aimés et nous aime toujours, que Jésus se précipite parmi nous et que nous sentons cette présence de l’Epoux.

    Alors le bonheur d’être avec l’Epoux peut se vivre même quand on est sur la croix, même au milieu des souffrances les plus inattendues, car la résurrection est déjà là, puisque Jésus est ressuscité pour nous. La seule évidence est que cette présence de l’Epoux ne sera jamais possible quand nous pensons à profiter égoïstement de notre bonheur, mais seulement quand nous pensons chacun au bonheur de l’autre. Je suis heureux pour toi et toi tu es heureux pour moi, nous partageons notre joie d’être avec l’Epoux et l’Epoux arrive. S’il n’arrive pas, c’est peut-être que Jésus veut nous faire partager sa croix pour un moment, mais c’est peut-être aussi que nous avons oublié de nous aimer et que nous avons manqué le rendez-vous avec l’Epoux. Mais comme chaque instant de notre vie peut être un nouveau rendez-vous, il suffit de se lever de nouveau et de reprendre notre marche vers lui avec les autres…


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  • « Allez apprendre ce que veut dire cette parole : c’est la miséricorde que je désire et non les sacrifices. Car je suis venu appeler non pas les justes, mais les pécheurs. » (Mt 9,13)

    Combien elle change tout dans notre vie, cette petite phrase ! La miséricorde, c’est le cœur de Dieu qui s’ouvre à l’infini, qui guérit, qui console, qui libère. C’est la miséricorde de Dieu qui passe à travers nous et qui nous fait expérimenter déjà sur cette terre les relations du paradis où l’on s’accueille l’un l’autre en se donnant…

    Les sacrifices ne sont pas une chose négative en soi, ils sont souvent tellement beaux en eux-mêmes, si l’on pense par exemple à une maman qui se sacrifie pour ses enfants. Mais ce que Jésus veut nous dire ici, c’est que son amour est tellement plus grand et plus beau que les sacrifices. Car le sacrifice fait mal quelque part, il est souvent lié au passé, à la peur, aux scrupules d’une vie pleine de fautes et de péchés, le sacrifice met une distance entre les personnes ou entre nous et Dieu. Le sacrifice est souvent lié à une sorte de résignation, à un côté pessimiste de la vision des choses et des personnes…

    Tandis que nous jeter dans l’amour de Dieu et le laisser nous pénétrer et pénétrer l’autre à travers nous, c’est une véritable libération. La miséricorde, c’est oublier tout de suite le passé, les jugements, les calculs pour nous dire que Dieu est tellement plus grand que tous nos défauts et nos manquements. Il sait bien comment nous sommes faits, il ne se scandalise jamais, il est venu donner sa vie justement pour nous faire dépasser nos limites et nos erreurs et nous faire entrer pour toujours dans son amour.

    Le jour où nous ne jugeons plus personne, où nous voyons les fautes des autres et nos propres fautes sans condamner et nous scandaliser, comme une chose normale, nous nous libérons nous-mêmes et nous respirons enfin en faisant respirer les gens que nous rencontrons, du matin au soir. Et la miséricorde appelle la miséricorde et la vie devient tellement plus légère ! 


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  • « Pourquoi avez-vous en vous-mêmes des pensées mauvaises ? » (Mt 9,4)

    Jésus venait de dire au paralysé : « Confiance, mon fils, tes péchés sont pardonnés. » « Or, quelques scribes se disaient : ‘Cet homme blasphème.’ Mais Jésus, connaissant leurs pensées, leur dit : ‘ Pourquoi avez-vous en vous-mêmes des pensées mauvaises ? ‘ »

    C’est évidemment tellement scandaleux pour nous aujourd’hui de voir des gens accuser Jésus de blasphème. Mais aurions-nous fait mieux que les scribes si nous avions été à leur place ? Comment croire à l’époque que le fils du menuisier de Nazareth était Dieu ?

    Le problème des scribes et des pharisiens, c’est qu’ils étaient les maîtres de la loi et qu’à partir de cette loi, ils se permettaient de juger tout le monde. Et c’est cela que Jésus nous demande d’éviter. Il ne nous demande pas de tout comprendre et encore moins de juger. Il voudrait que nous soyons seulement préoccupés d’accueillir la vie, là où elle nous arrive.

    Les pensées mauvaises ne servent à rien, sinon à mettre une barrière a priori entre nous et les gens. Les pensées mauvaises sont mauvaises parce qu’elles nous empêchent de regarder les hommes, les choses et les évènements avec le regard de Dieu. Elles nous empêchent d’aimer, et d’être disponibles, elles nous font perdre beaucoup de temps pour rien.

    Comment éviter alors d’avoir toutes ces pensées négatives ? En arrêtant au moins un moment de penser. Si j’accueille la vie qui m’arrive parce que Dieu me l’envoie, à travers une personne, un évènement, une rencontre, je n’ai pas le temps de penser à des choses mauvaises. Mon regard est alors comme celui de Dieu qui ne sait pas faire autre chose que de rechercher le positif en chacun. Puis viendra le moment de penser comment faire fructifier cette vie que nous venons de recevoir et comment la donner à notre tour à tous les gens que nous côtoyons.

    Laissons notre cœur s’ouvrir à Dieu qui vient à nous à travers nos frères et sœurs en humanité… et quand le cœur s’est ouvert à Dieu, toutes les pensées sont positives, car nous devenons comme Jésus qui n’est pas venu pour juger le monde comme on le croit trop souvent, mais pour le sauver, le ramener à la vie. Et quand nous aimons Dieu et le prochain, nous sommes tellement occupés à faire découvrir aux autres ce trésor d’amour divin qui a transformé notre vie, que le reste ne nous intéresse plus. Alors ne luttons pas contre les pensées mauvaises, nous n’en sortirions plus, mais soyons remplis d’écoute à la voix de Dieu en nous et dans notre prochain et les pensées positives en nous ne laisseront plus de place à autre chose pour guider le reste de notre vie…

     

     


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  • Encore un chapitre extraordinaire, rempli de foi et de miracles, de beaucoup de miracles ! A première vue, on pourrait passer sur ce chapitre 9 de Matthieu un peu vite, avec l’impression qu’il n’y a là rien de bien nouveau, puisque nous avons déjà vu presque tous ces miracles en différents passages de Marc et nous les reverrons encore plus tard à la lecture de Luc. Et pourtant…

    La nouveauté de Matthieu c’est d’abord qu’il a mis ensemble plusieurs miracles de Jésus qui étaient dispersés chez Marc, mais c’est aussi que le contexte tout entier va bientôt nous apparaître comme une nouvelle révélation. Mais quels sont en fait ces miracles ? Un paralysé qui se remet à marcher, une fille morte qui revit, une femme longtemps malade qui guérit, deux aveugles (au lieu d’un seul chez Marc) qui se remettent à voir et un possédé muet qui est débarrassé de son esprit mauvais et qui parle. Ce n’est pas rien tout cela…

    Et pourtant les plus grands miracles sont peut-être encore ailleurs. Surtout si l’on pense que tous ces malades guéris sont bien retombés malades quelques années plus tard et sont morts définitivement comme tout le monde. Mais « Jésus, sortant de Capharnaüm, vit un homme, du nom de Matthieu, assis à son bureau de publicain (collecteur d’impôts). Il lui dit : ‘Suis-moi.’ L’homme se leva et le suivit. » Ne pensez-vous pas qu’il y a là un miracle encore plus grand ? Car ce publicain et pécheur, apparemment si loin de Dieu et de ses commandements, va tout quitter pour suivre Jésus, il va même devenir avec Jean un de ses deux disciples qui vont répandre cette Parole de Dieu pour l’éternité, cette Parole qui nous bouleverse et nous transforme jusqu’à aujourd’hui.

    Et puis la révélation de ce Dieu si puissant dans son amour n’est-elle pas un miracle encore plus grand que ces guérisons elles-mêmes ? Ce « Fils de l’homme » qui apparaît même comme notre « Epoux » ou « l’Epoux » de notre âme avec lequel l’humanité peut commencer à fêter pour toujours le salut venu du ciel.

    Et cette conviction qui va naître en nous maintenant que Jésus vient nous apporter une révolution totale qui n’a rien à voir avec tous les petits efforts humains pour résoudre nos problèmes insolubles : « Personne ne coud une pièce d’étoffe neuve sur un vieux vêtement ; car le morceau ajouté tire sur le vêtement et le déchire davantage. Et on ne met pas du vin nouveau dans de vieilles outres ; autrement les outres éclatent, le vin se répand, et les outres sont perdues. Mais on met le vin nouveau dans des outres neuves, et tout se conserve. » Mais est-ce que nous nous rendons compte que Jésus est cette « pièce d’étoffe neuve » qui va tout changer ? Il est à la fois le « vin nouveau » et « l’outre neuve » qui ne pourront plus jamais revenir en arrière…

    Et pour finir, cette foi que Dieu fait pénétrer au plus profond du cœur de l’homme, n’est-elle pas elle aussi un miracle incroyable ? Que Dieu soit là bien présent, c’est tellement inouï déjà, mais que l’homme soit capable de s’en rendre compte, de ressentir sa présence et de se jeter dans ses bras malgré toutes les ténèbres qui l’entourent encore sur cette terre, n’est-ce pas encore tellement impensable ? « Voyant leur foi, Jésus dit au paralysé : ‘Confiance, mon fils, tes péchés sont pardonnés.’ »

    « Voilà qu’une femme souffrant d’hémorragies depuis douze ans s’approcha par derrière et toucha la frange de son vêtement. Car elle se disait en elle-même : ‘Si je parviens seulement à toucher son vêtement, je serai sauvée.’ Jésus se retourna, la vit et lui dit : ‘Confiance, ma fille ! Ta foi t’a sauvée.’ Et la femme fut sauvée à l’heure même. » « … les aveugles l’abordèrent, et Jésus leur dit : ‘Croyez-vous que je peux faire cela ?’ Ils répondirent : ‘Oui, Seigneur.’ Alors il leur toucha les yeux, en disant : « Que tout se fasse pour vous selon votre foi !’ »

    La foi elle-même est un miracle. Car elle va au-delà de la perception immédiate que l’homme peut avoir de la réalité qui l’enveloppe. La foi est cet amour pour Dieu que Dieu lui-même met en nous mais qui nous demande d’être actifs dans notre relation avec Lui. Nous ne sommes pas des robots ou des jouets entre ses mains qu’il va guérir ou sauver selon ses caprices divins. Non Dieu veut tout nous donner, mais il veut que nous participions à notre salut. Car le miracle final le plus grand c’est la capacité qu’il met en nous de pouvoir pénétrer pleinement au cœur de cette vie de réciprocité qui règne entre le Père, le Fils et l’Esprit où chacun accueille l’autre et se donne à lui de tout son cœur, se fond en lui totalement, tout en restant lui-même totalement. Dieu veut que nous nous perdions en lui, mais sans perdre notre personnalité unique, en devenant pour l’éternité des partenaires responsables et actifs de cette vie de paradis qui nous attend et que nous commençons à expérimenter déjà sur cette terre…

    Tout n’est cependant pas si facile pour Jésus, car il respecte trop notre liberté. Et cela se voit dans les réactions tellement contrastées devant son action si surprenante. On voit la foule qui lui amène des malades, pleine de foi, mais aussi de toutes sortes de sentiments contradictoires. « En voyant cela, la foule fut saisie de crainte, et elle rendit gloire à Dieu qui a donné un tel pouvoir aux hommes. » « La foule fut dans l’admiration, et elle se disait : ‘Jamais rien de pareil ne s’est vu en Israël !’ » Mais il y aussi ceux qui se moquent de Jésus. Et surtout il y a ces scribes et ces pharisiens, qui croient tout savoir et qui refusent de se laisser entraîner dans cet amour tellement révolutionnaire : « Cet homme blasphème. » « C’est par le chef des démons qu’il expulse les démons. » La bataille est bien engagée déjà et finira bientôt par la mort de Jésus sur la croix. Mystère de l’amour de Dieu et mystère de l’homme capable d’accepter cet amour, mais aussi de lui tourner le dos en croyant ainsi rester plus libre…

    La Parole de Dieu est donc toujours nouvelle, même si nous croyons l’avoir entendue mille fois, mais avant de nous lancer dans de nouvelles « perles de la Parole », terminons notre brève introduction par les phrases finales de notre chapitre qui sont tout de même une nouveauté totale par rapport aux textes de Marc et de Luc et que nous approfondirons elles aussi bientôt.

    « Jésus parcourait toutes les villes et tous les villages, enseignant dans leurs synagogues, proclamant la Bonne Nouvelle du Royaume et guérissant toute maladie et toute infirmité. Voyant les foules, il eut pitié d’elles parce qu’elles étaient fatiguées et abattues comme des brebis sans berger. Il dit alors à ses disciples : ‘La moisson est abondante, et les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson.’ »

    De quoi méditer… 

     


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  • Le but de la vie, c’est la vie ! Oui, tout simplement. Le but de la vie ne peut finalement pas être autre chose que la vie elle-même qui coule dans nos veines, qui nous fait traverser le temps et l’espace, qui nous entraîne toujours vers l’avant et qui ne nous abandonne jamais quelles que soient les circonstances…

    On pourra demander au monde entier quel est le but de la vie : nous aurons sans doute des millions et des millions de réponses différentes selon l’expérience et le caractère de chacun, mais en fin de compte nous verrons que tout part de la vie et conduit à la vie.

    Comme nous l’avons dit peut-être souvent, le plus simple c’est d’attendre cette vie chaque jour comme le plus grand des cadeaux, de l’accueillir comme on reçoit la personne qu’on aime le plus au monde, de lui laisser toute la place et de l’aider à grandir et à respirer à pleins poumons. Et quand cette vie commence à déborder en nous, le secret est de la laisser se déverser sur les autres, sur ceux qu’on aime et sur ceux qu’on a peut-être bien du mal à aimer. Car la vie n’est pas faite pour être enfermée dans un coffre-fort ou dans une prison, ce serait le début de la mort. Elle est faite pour continuer à couler, à se donner, à rayonner. La vie n’est pas faite pour être conservée pour nous, mais pour être tout de suite partagée avec tous les gens que nous rencontrons. Et plus nous la partageons, plus elle revient nous inonder de nouveau de tous ses bienfaits.

    Tout le reste n’a au fond pas grande importance. Si les circonstances de la vie sont parfois tellement difficiles, il est bon de se rappeler que la vie est toujours là. La souffrance fait mal, mais elle est en même temps un signe que la vie est bien là et qu’il y a toujours de l’espoir. Et quand la mort s’approchera un jour, pour chacun d’entre nous, rappelons-nous que cette mort qui vient est encore une phase de la vie que nous pouvons accueillir et donner…

     

     


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