• Bonne année à chacun et chacune de vous, chers lecteurs, de tout cœur !

    Je sens que cette année a été tellement fructueuse dans nos recherches, nos dialogues, nos partages. Je remercie tous ceux et celles d’entre vous qui m’ont aidé à aller au bout de moi-même, à ne pas me contenter de jolies constatations sympathiques, mais peut-être un peu superficielles. Non, l’enjeu de « la bataille de la vie » est trop grand pour que nous nous contentions de pauvres généralités. Notre monde malade a besoin de personnes qui sachent les réchauffer et leur donner toujours plus d’espoir…

    Pour ceux qui n’ont pas réussi à suivre toutes les publications du mois de décembre, en voici une synthèse rapide. Le 3 décembre, dans « Perles de la Parole », j’ai écrit le dernier article sur le chapitre 12 de Matthieu : « L’homme est-il bon ? », question tellement cruciale de nos jours.

    Le 5 décembre, dans « Au cœur du verbe », j’essayais d’aller au fond de la bataille qui existe en chacun de nous entre « Connaître, juger, haïr », trois petits mots qui changent tout.

    Les 7, 9 et 15 décembre, j’ai publié de nouveau dans « Perles de la Parole » d’anciens articles sur l’Evangile de Marc, qui nous servaient d’introduction au chapitre 13 de Matthieu : « De Marc à Matthieu 13 (1 -2 -3) »

    Les 11 et 13 décembre, deux articles dans la rubrique « Batailles » : « Optimisme de la vie » (Oui, l’optimisme est une bataille !) et « Arrêter le massacre des dominos » : comment arrêter ce mal autour de nous qui se répand partout ?

    Le 17, dans « En vie de vocabulaire », j’ai écrit « Pour ou contre » : le titre parle de lui-même. Puis le 19, dans « Reflets du paradis » : « Nous l’avons bien cherché » : comment nous chrétiens avons finalement détourné le message du Christ de son but et avons contribué à éloigner le monde de son trésor. Puis, le 21, dans « Interdépendance » : « A bas les étiquettes ! » Combien les étiquettes que nous nous mettons continuellement les uns sur les autres sont un poison qui paralyse notre vie !

    Et, pour finir, le début du commentaire au chapitre 13 de Matthieu dans « Perles de la Parole » : « Matthieu 13 » du 23 décembre, « Dans la joie de Noël » du 25, le jour de la fête, « Se concentrer sur le positif », le 27, et « La bataille de la vie » le 29. Ces paroles de vie qui nous prennent complètement quand nous nous laissons pénétrer par elles.

    Bonne lecture, si vous n’avez pas fini et… à demain… à l’année prochaine !

     


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  • « Celui qui sème le bon grain, c’est le Fils de l’homme ; le champ, c’est le monde ; le bon grain, ce sont les fils du Royaume ; l’ivraie, ce sont les fils du Mauvais. L’ennemi qui l’a semée, c’est le démon. » (Mt 13, 37-39)

    Cette phrase est bien claire et elle nous montre, une fois de plus, que notre vie sur terre à la suite de Jésus n’est pas une promenade tranquille dans un joli jardin fleuri, mais une bataille de tous les jours, une course d’obstacles, une chasse au trésor semée d’embûches de toutes sortes. Et « l’ennemi » est bien là, qui ne nous laissera jamais tranquilles, jusqu’à la fin de notre vie…

    Allons-nous tout à coup devenir pessimistes, après toutes les belles choses que nous nous sommes dites ces jours-ci pour la fête de Noël ? Mais non, il ne s’agit pas de cela. D’abord parce que l’amour de Dieu Trinité et la force du démon ne sont absolument pas sur le même plan. Ce pauvre démon est bien là, qui essaye de nous « posséder » comme on dit, mais qui n’y arrivera en fait jamais. Car la loi de l’amour est le contraire de la possession. Dieu ne nous « possède » pas, il se donne à nous, il donne sa vie et il nous aime. Et en Lui, il n’y a vraiment rien à craindre.

    Ensuite, si nous devons être toujours attentifs à laisser grandir le bon grain en nous et à nous détourner de l’ivraie qui tombera ainsi finalement toute seule, nous ne devons évidemment pas comprendre la phrase de Jésus dans le sens que l’humanité serait divisée entre « bons » et « méchants ». Nous avons déjà parlé clairement de cela récemment. Sinon Jésus aurait dû classer Paul, qui persécutait les chrétiens, avec les pires des « fils du Mauvais ». Et pourtant il a su croire au bon grain qu’il portait tout de même au fond de lui et il en a fait le plus grand de ses apôtres.

    La chose que nous avons à faire, c’est de choisir en nous et en l’autre, du matin au soir, les « fils du Royaume » que chacun porte au fond de son cœur. Croire que cette semence divine que Dieu a mise en nous en nous créant est la seule chose qui compte, miser là-dessus de tout notre cœur et de toutes nos forces. Et nous verrons chaque jour de petits ou de grands miracles, car Dieu n’attend qu’un petit geste de nous pour collaborer avec nous de toute sa force divine. Mais il a seulement besoin de voir que librement nous nous mettons en route dans la bonne direction et il accourt tout de suite et continue son travail…

     


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  • « ‘Alors veux-tu que nous allions l’enlever ?’ Il répond : ‘Non, de peur qu’en enlevant l’ivraie, vous arrachiez le blé en même temps.’ » (Mt 13, 28-29)

    Comme elle est sage, cette phrase, comme elle apporte la paix et nous empêche de faire bien des gaffes inutiles ! Chacun de nous a en lui le bon grain et l’ivraie mélangés. Il est déjà important de ne pas tomber dans le piège de diviser les gens entre « bons » et « méchants », en se croyant évidemment du bon côté avec le droit de juger tous ceux autour de nous qui vivent de travers ou qui n’ont rien compris…

    Cette phrase nous amène d’abord à avoir un peu de bonne patience avec tout le monde et d’abord avec nous-mêmes. L’idéal de la perfection ou du perfectionnisme est parfois le piège d’un orgueil spirituel latent qui nous pousse à nous centrer sur nous-mêmes et nous empêche finalement de vivre l’essentiel : aimer notre prochain.

    Jésus veut donc aussi nous dire par là qu’aucun de nous ne peut s’ériger en maître de la loi ou en juge universel qui voudrait corriger le monde entier, en se croyant finalement supérieur à tout le monde. Laissons faire à Dieu ce travail de correction qu’il a déjà commencé avec le message révolutionnaire de l’Evangile et avec la voix de l’Esprit qui résonne à chaque instant en nous, si nous sommes assez attentifs pour l’écouter.

    Mais il y a ici aussi une simple loi de la nature qui évite de trop se compliquer la vie pour peu de résultats. C’est que la vie est capable de prendre le dessus dans la nature si nous lui laissons toute la place. Pas de panique d’abord quand surgit le négatif, à part peut-être certains cas extrêmes pathologiques pour lesquels il faut tout de même intervenir. Mais en général c’est en nous concentrant sur la vie du positif, en soignant la plante du positif, en l’arrosant chaque jour, en lui faisant arriver la lumière nécessaire, que la vie finira par triompher souvent toute seule… et le négatif ira en fin de compte mourir aussi tout seul dans son coin. Combien de fois avons-nous vu des fruits extraordinaires à une attitude de vraie confiance en la vie de l’autre et de nous-mêmes, une vie peut-être fragile au début mais qui change complètement si on lui donne tout l’espace pour se développer harmonieusement. Combien de problèmes inutiles sont alors évités. Combien la paix grandit alors dans les cœurs !

     


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  • « Mais vous, heureux vos yeux parce qu’ils voient, et vos oreilles parce qu’elles entendent ! Amen, je vous le dis : beaucoup de prophètes et de justes ont désiré voir ce que vous voyez, et ne l’ont pas vu, entendre ce que vous entendez, et ne l’ont pas entendu. » (Mt 13, 16-17)

    Lorsque j’ai découvert que j’allais devoir commenter cette phrase de l’Evangile de Matthieu juste le jour de Noël, cela m’a fait un effet extraordinaire. Quel plus beau cadeau de Noël que cette béatitude inattendue ! C’est comme la découverte ou la redécouverte qu’avec la Bonne nouvelle de Noël nous pouvons devenir et rester pour toujours les plus « heureux » des hommes.

    Noël est en effet la fête de la joie, du bonheur et de la béatitude la plus totale, lorsqu’on se laisse vraiment pénétrer par son mystère. Car avec la venue de Jésus parmi nous tous les problèmes vont enfin trouver une solution.

    On s’aperçoit tout à coup que le message de l’Evangile ne peut pas être simplement une belle fantaisie spirituelle déconnectée des réalités de ce monde. Le message de Noël n’est pas une belle théorie ou une utopie bien vite démentie par le négatif qui essaye de régner autour de nous.

    C’est vrai que pour parvenir à la joie et à la délivrance définitives nous devrons attendre la résurrection de Pâques, car les ténèbres qui continuent à envahir le monde peuvent nous faire croire parfois que le mal et la mort ont gagné la bataille. Mais ce n’est qu’une question de temps et de patience.

    La joie ne Noël n’est pas une illusion, elle est palpable, car Dieu est entré au cœur de l’homme, âme, esprit et corps. Nos yeux ont commencé à voir, nos oreilles ont commencé à entendre. Nous pouvons toucher chaque jour la présence réelle du Fils de Dieu parmi nous en chacun de nos frères. Et la Bonne Nouvelle n’est pas non plus un idéal à vivre chacun pour soi dans sa sphère privée, comme essaye de nous le dire une certaine mode culturelle de l’occident d’aujourd’hui. Non, la venue de Jésus à Noël est la plus grande des révolutions sociales, car elle illumine toutes nos relations humaines en leur donnant déjà un avant-goût de paradis… si nous parvenons simplement à nous aimer comme les Trois « là-haut » s’aiment de toute éternité, avec ce désir immense de faire participer l’humanité tout entière à leur amour réciproque infini !

     


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  • Nous voici arrivés à un nouveau chapitre merveilleux de l’Evangile de Matthieu, c’est son troisième discours, le discours des paraboles. Matthieu reprend de nombreux passages de Marc, que nous verrons également en Luc. « Tout cela, Jésus le dit à la foule en paraboles, il ne leur disait rien sans employer de paraboles, accomplissant ainsi la parole du prophète : ‘C’est en paraboles que je parlerai, je proclamerai des choses cachées depuis les origines.’ »

    Je ne vais pas revenir ici sur la parabole du semeur, ni sur celle de la graine de moutarde, ni sur celle du levain enfoui par une femme dans de grandes mesures de farine. Nous les avons déjà bien commentées avec Marc (cf. les trois derniers articles de rappel que je viens de publier ce mois-ci « de Marc à Matthieu 13).

    Matthieu ajoute simplement au récit de la parabole du semeur deux passages qui font réfléchir et sur lesquels nous reviendrons en partie dans les « perles de la Parole ». « Ainsi s’accomplit pour eux la prophétie d’Isaïe : ‘Vous aurez beau écouter, vous ne comprendrez pas. Vous aurez beau regarder, vous ne verrez pas. Le cœur de ce peuple s’est alourdi…’ » Encore des phrases qui pourraient faire peur, comme lors des chapitres précédents, si nous ne les mettions pas dans le contexte de la pédagogie de l’amour de Dieu.

    Mais il y aussi un autre passage bien plus positif, une nouvelle béatitude : « Mais vous, heureux vos yeux parce qu’ils voient, et vos oreilles parce qu’elles entendent ! Amen, je vous le dis : beaucoup de prophètes et de justes ont désiré voir ce que vous voyez, et ne l’ont pas vu, entendre ce que vous entendez, et ne l’ont pas entendu. » Toute la venue du Royaume en Jésus est déjà en soi la plus grande et la plus extraordinaire des béatitudes.

    Mais nous allons nous arrêter sur ce qui est original chez Matthieu, comme un approfondissement de plus qui nous ouvre des horizons exceptionnels. D’abord la parabole « du bon grain et de l’ivraie ». Jésus « leur proposa une autre parabole : ‘Le Royaume des cieux est comparable à un homme qui a semé du bon grain dans son champ. Or, pendant que les gens dormaient, son ennemi survint ; il sema de l’ivraie au milieu du blé et s’en alla. Quand la tige poussa et produisit l’épi, alors l’ivraie apparut aussi. Les serviteurs du maître vinrent lui dire : ‘Seigneur, n’est-ce pas du bon grain que tu as semé dans ton champ ? d’où vient donc qu’il y a de l’ivraie ?’ Il leur dit :’ C’est un ennemi qui a fait cela.’ Les serviteurs lui disent : ‘Alors veux-tu que nous allions l’enlever ?’ Il répond : ‘Non, de peur qu’en enlevant l’ivraie, vous n’arrachiez le blé en même temps…’ »

    Jésus alterne les moments où il s’adresse à la foule et ceux où il s’explique plus clairement avec les disciples. « Alors, laissant la foule, il vint à la maison. Ses disciples s’approchèrent et lui dirent : ‘Explique-nous clairement la parabole de l’ivraie dans le champ.’ Il leur répondit : ‘Celui qui sème le bon grain, c’est le Fils de l’homme ; le champ, c’est le monde ; le bon grain, ce sont les fils du Royaume ; l’ivraie, ce sont les fils du Mauvais. L’ennemi qui l’a semée, c’est le démon ; la moisson, c’est la fin du monde, les moissonneurs, ce sont les anges. De même que l’on enlève l’ivraie pour la jeter au feu, ainsi en sera-t-il à la fin du monde. Le Fils de l’homme enverra ses anges, et ils enlèveront de son Royaume tous ceux qui font tomber les autres et ceux qui commettent le mal, et ils les jetteront dans la fournaise : là il y aura des pleurs et des grincements de dents. Alors les justes resplendiront comme le soleil dans le Royaume de leur Père. Celui qui a des oreilles, qu’il entende !’ »

    Et puis Matthieu continue, avec encore trois autres paraboles originales : « Le Royaume des cieux est comparable à un trésor caché dans un champ ; l’homme qui l’a découvert le cache de nouveau. Dans sa joie, il va vendre tout ce qu’il possède, et il achète ce champ. »

    « Ou encore : le Royaume des cieux est comparable à un négociant qui recherche des perles fines. Ayant trouvé une perle de grande valeur, il va vendre tout ce qu’il possède, et il achète la perle. »

    « Le Royaume des cieux est encore comparable à un filet qu’on jette dans la mer, et qui ramène toutes sortes de poissons. Quand il est plein, on le tire sur le rivage, on s’assied, on ramasse dans des paniers ce qui est bon, et on rejette ce qui ne vaut rien. Ainsi en sera-t-il à la fin du monde : les anges viendront séparer les méchants des justes et les jetteront dans la fournaise : là il y aura des pleurs et des grincements de dents. »

    Et Jésus conclut en disant : « Avez-vous compris tout cela ? – ‘Oui’ lui répondirent-ils. Jésus ajouta : ‘C’est ainsi que tout scribe devenu disciple du Royaume des cieux est comparable à un maître de maison qui tire de son trésor du neuf et de l’ancien.’ »

    Dans tout cela, on peut distinguer deux buts principaux dans le discours de Jésus. D’un côté éblouir et attirer le plus possible ceux qui l’écoutent en leur montrant l’importance et la beauté divine du Royaume des cieux. Et si l’on comprend que ce Royaume des cieux n’est autre que la Trinité elle-même qui vient de descendre sur la terre et de s’incarner en Jésus, nous sommes devant la contemplation de la plus haute béatitude que l’on puisse imaginer. Avec la venue de Jésus parmi nous, la vie de l’homme a trouvé finalement son sens ultime, son bonheur total. Il n’y a qu’à laisser de côté tout le reste et se donner corps et âme à ce Royaume qui est fait pour nous et pour lequel nous sommes faits, chacun et chacune d’entre nous et tous ensemble.

    Mais de l’autre côté, Jésus en bon pédagogue de son époque, continue de temps en temps à nous effrayer. Il veut nous montrer à quelle désolation totale peut conduire le refus du Royaume des cieux. A nous de méditer sur ces deux aspects, positif et négatif et d’en tirer une leçon pour toujours. Mais il est clair que le positif l’emporte de loin sur le négatif du châtiment, la béatitude l’emporte sur la condamnation. Sinon Jésus ne serait pas venu parmi nous pour nous donner sa vie.

    Et nous voilà à la fin du chapitre : « Jésus acheva ainsi de proposer des paraboles, puis il s’éloigna de là. Il alla dans son pays, et il enseignait les gens dans leur synagogue… » Mais cette histoire-là, nous la connaissons déjà bien pour l’avoir lue dans l’Evangile de Marc. Et Matthieu va finir de la même façon : « Jésus leur dit : ‘Un prophète n’est méprisé que dans sa patrie et sa propre maison.’ Er il ne fit pas beaucoup de miracles à cet endroit-là, à cause de leur manque de foi. »

    Mais nous allons revenir maintenant sur tout cela en reprenant comme d’habitude quelques nouvelles « perles de la Parole ». A très bientôt !


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