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    L’autre a toujours raison... (du 27/2/2015 dans « Provocations »)

     

    Oui, je sais que je prends un risque en écrivant cet article. Mais c’est bien pour cela que je vais le mettre dans la rubrique « Provocations ». Le risque c’est que mes lecteurs se disent que ce blog raconte n’importe quoi, que je me moque du monde, que je ne suis pas sérieux et qu’ils ne viennent plus jamais nous visiter.

    En effet comment s’amuser à affirmer que l’autre a toujours raison alors que toute notre éducation en famille, à l’école, à l’université, dans les médias n’a cessé de nous dire que nous devions toujours avoir raison et surtout le montrer et le prouver aux autres ? Et si par hasard nous avons été faibles, si nous n’avons pas réussi à imposer notre raison aux autres, on nous a appris alors à nous blinder un peu plus dans notre tour d’ivoire, à aller chercher d’autres arguments plus puissants que les premiers pour arriver à la fin à convaincre tout le monde que vraiment nous avions raison. Et si finalement nous échouons dans notre tentative, quelle honte au fond pour notre orgueil, nous allons perdre la face, pire encore nous allons peut-être être obligés de nous laisser entraîner dans le camp de l’autre...

    Mais ce n’est pas possible tout de même de prétendre, par exemple, que tous les gens qui vont mettre des commentaires négatifs à mes articles auront raison. Je ne suis pas honnête, je fais de la démagogie ? Ou bien je n’ai pas de personnalité ? J’aimerais bien d’abord que quelqu’un écrive un commentaire à mes articles mais le blog n’est pas assez connu encore, il en est à ses débuts et il n’a pas beaucoup de lecteurs, ou bien les lecteurs ne se sentent pas assez libres avec moi pour dire ce qu’ils pensent. Il y a cette rubrique « Place aux jeunes » où personne n’a encore rien écrit : vous pouvez m’aider en faisant connaître notre blog à des jeunes, comme un défi ?

    Je vais quand même essayer de m’expliquer. Oui, l’autre a raison, il a toujours raison, ou bien, si vous voulez, il a toujours des raisons. On dit que le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas. Eh bien, c’est la même chose pour « l’autre » : l’autre, n’importe quel autre, mon frère, ma sœur, mon ami, mon collègue, mon ennemi ont des raisons que je ne connais pas et que je ferais sans doute très bien d’essayer de comprendre.

    Tout le problème part du fait que notre monde, celui que nous imaginons dans notre pauvre tête bien étroite, est divisé entre personnes qui ont raison et d’autres qui ont tort. Et lorsqu’on dit « raison », on pense presque toujours raison contre l’autre, contre moi et c’est une bataille sans répit dont on sort en général chacun dans son coin encore plus divisés qu’avant et sans doute encore plus agressifs.

    La réalité c’est que ma raison est toujours limitée tant qu’elle n’est pas entrée réellement, profondément dans les raisons de l’autre pour tenter au moins de le comprendre. Oui, l’autre a toujours des raisons, des motifs qui le poussent à dire ce qu’il a dit ou à faire ce qu’il a fait. Même si c’est un fou, un malade, un terroriste ? A plus forte « raison » ! Il est peut-être devenu fou, malade ou terroriste parce qu’il n’a jamais rencontré une seule personne dans son entourage pour l’écouter, pour le consoler peut-être ou lui apprendre à changer son regard, à écouter lui aussi les autres différents, à connaître la patience et finalement l’amitié.

    Vouloir avoir raison contre l’autre ne servira qu’à diviser un peu plus notre société malade. Si je veux construire un monde différent je dois apprendre à avoir toujours raison avec l’autre. Et si c’est impossible de se comprendre d’un seul coup entièrement avec l’autre, commençons par ce qui peut nous rapprocher, nous unir, découvrons au moins que l’autre a comme nous de bonnes intentions au départ. A ce moment-là nous n’avons plus rien à cacher, nous pouvons dire ce que nous pensons, au bon moment bien sûr, lorsqu’on voit que l’autre est disponible pour nous écouter. Sinon, travaillons pour créer les conditions nécessaires à ce nouveau dialogue et puis écoutons-nous, écoutons-nous sans cesse : nous serons surpris de voir nous-mêmes le monde avec des yeux différents.

     

     


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    Toujours debout (du 13/4/2015 dans « Désorientés »)

    Combien de fois, au cours de notre vie, nous avons mal dormi parce que nous avions eu un grand malentendu avec une personne chère qui avait fini en véritable conflit. Ou bien un terrible imprévu était venu gâcher notre travail et nous ne savions plus comment regarder en face le lendemain. Combien de fois nous passons au travers de notre journée sans réussir à nous concentrer parce que nous avons peur d’un examen important à présenter, d’une entrevue qui pourrait changer notre avenir mais qui va sûrement mal se passer. Nous sommes angoissés, stressés parce que certains symptômes semblent annoncer l’arrivée d’une grave maladie, ou bien nous allons perdre notre travail, le pays va sombrer dans la crise...

    Et pourtant, en me levant ce matin, j’ai vu que j’avais toujours comme hier deux yeux pour regarder, deux oreilles pour écouter, deux bras et deux jambes pour agir et me déplacer, un cœur pour aimer et un cerveau pour discerner ce qu’il est mieux de faire ou de ne pas faire. 

    Aujourd’hui, comme hier, comme lorsque j’étais enfant, comme lorsque j’allais à l’université, comme lorsque j’ai commencé en hésitant ma vie d’adulte, je suis debout et je peux avancer, choisir, me débrouiller.

    Combien de problèmes, que je craignais des jours et des mois à l’avance, n’ont au fond même pas existé, comme si cela avait été un simple fantasme de mon imagination. Oui, il en est bien resté une conséquence négative, c’est ce mal de dos, ces migraines ou ces insomnies que le docteur a diagnostiqués comme conséquences directes du stress que je me suis finalement inventé presque pour rien.

    C’est vrai que tout n’a pas toujours marché comme je l’aurais voulu, mais pourquoi ne pas voir le positif même dans les problèmes ou les échecs ? Cette maladie où finalement tout le monde m’a entouré en famille et au travail et m’a aidé à me retrouver. Ce problème financier qui semblait insurmontable et qui a entrainé une chaîne de solidarité qui ne s’est plus arrêtée. Cet accident qui m’a fait découvrir la grandeur de l’amitié. Et toutes ces souffrances qui m’ont ouvert sur la souffrance des autres et m’ont fait sortir du monde clos qui était auparavant le mien.

    Combien d’aventures j’ai vécues que je n’aurais jamais imaginées, mais finalement les épreuves sont presque toujours arrivées une à la fois et jusqu’à maintenant j’ai toujours trouvé une solution... et ce matin je suis encore debout, prêt à continuer.

    Un jour peut-être arrivera le gros problème, le vrai problème qui n’aura pas de solution : et alors ? Tout sera fini sans espoir ? Je suis sûr que je me retrouverai encore une fois debout comme avant, en train de m’en sortir. Jusqu’au jour où vraiment je ne pourrai plus marcher et me tenir debout, je deviendrai peut-être sourd et aveugle, mes bras seront paralysés, mais mon cœur continuera à battre et à partager, comme mon ami Charles qui a vécu presque toute sa vie sur une chaise roulante, mais qui a pu fonder une famille et se battre toute sa vie pour redonner l’espoir autour de lui.

    Je sais bien qu’un jour ma vie aussi finira, mais pourquoi ne pas arriver à cette dernière épreuve en pensant simplement que notre tour est arrivé? L’important est de mourir sain, me disait toujours en plaisantant un de mes amis. L’important est de vivre et de mourir debout : si l’on y pense un peu sérieusement ce n’est pas aussi impossible que cela peut paraître. Tellement de gens l’ont fait avant nous et le monde ne s’est pas encore écroulé.

     

     


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    Le bien caché (du 7/11/2015 dans « Découvertes)

    Pour continuer à avancer dans nos découvertes, je voudrais confronter avec vous une conviction qui grandit de plus en plus en moi ces dernières années : c’est que même dans les pires épreuves, dans les moments les plus difficiles que traverse l’humanité, il y a toujours quelque part un bien caché. Optimisme béat, illusion ? Peut-être.

    Et pourtant si l’on fait la somme de toutes les nouvelles catastrophiques que l’on entend ou que l’on lit chaque jour dans les réseaux sociaux, il y a longtemps que notre humanité aurait dû disparaître. Et malgré cela elle continue à avancer, en boitant souvent, en tombant et en se relevant, mais la vie continue, elle progresse même par bien des côtés. L’ensemble de l’humanité vit de relations finalement assez harmonieuses.  Si l’on pense par exemple que tous les pays du monde vont se retrouver l’année prochaine au Brésil pour de nouveaux Jeux olympiques qui vont passionner toute notre planète…

    Mais où est la vérité ? Je me souviens que, lorsque je suivais autrefois des cours de sociologie religieuse au Liban, notre professeur nous faisait remarquer que la division de certains villages de la montagne libanaise en confessions religieuses, ajoutée à d’autres divisions comme celle des générations, finissait par créer une certaine unité qui permettait au village de ne pas se désagréger. S’il y avait par exemple des conflits entre les parents et les jeunes de chaque communauté, voilà que les jeunes chrétiens trouvaient alliance avec les jeunes musulmans contre leurs parents et les parents contre les jeunes et toutes ces divisions et ces conflits finissaient par faire qu’on avait toujours besoin de l’autre différent et qu’on continuait à vivre ensemble. Paradoxalement la multiplication des divisions devenait la base d’un filet de relations qui permettait au village de dépasser ses conflits internes.

    La découverte est donc finalement celle-ci : nous sommes faits pour vivre ensemble, nous avons besoin les uns des autres. Mais comme nous sommes tellement délicats ou susceptibles, nous continuons à crier ou même à penser que nous ne voulons plus vivre avec les autres, au moins avec certains autres. Nous avons par exemple beaucoup de mal à pardonner. Nous n’avons pas le courage d’abaisser notre dignité pour côtoyer des gens qui nous ont maltraités, mais finalement nous attendons le jour où la vie ensemble sera de nouveau possible.

    Vous n’avez jamais vu dans la rue des gens qui se disputent, tellement violemment que l’un d’entre eux se fait menaçant, déclare qu’il va frapper l’autre ou même le tuer s’il continue, mais cherche en même temps quelqu’un pour le retenir, car il n’a aucune intention de se battre, il veut simplement ne pas perdre la face devant tout le monde ? Et le voilà bien content quand plusieurs personnes l’entourent, lui disent qu’il a raison, et finissent par le calmer…

    L’homme a besoin malheureusement de se montrer plus fort ou d’apparaître comme une victime, il aime se plaindre devant les autres, il passe son temps à juger et à dénoncer. Cela conduit parfois même à des guerres et à des morts. Et pourtant, au fond de lui, il sait qu’il ne peut pas vivre sans les autres. Derrière chaque conflit il y a toujours un bien caché qui apparaît peu à peu. Il aura fallu deux guerres mondiales pour que l’on crée les Nations Unies ou l’Union européenne. N’est-ce pas dommage que des gens meurent bêtement à cause de notre entêtement, alors qu’un jour ou l’autre nous devrons toujours recommencer à nous écouter, à nous comprendre et à dialoguer ? C’est beau de découvrir finalement ce « bien caché », mais ce serait certainement mieux si ce « bien » était toujours visible et évident devant nos yeux sans qu’on doive faire autant d’efforts pour le découvrir de nouveau.

     

     


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    Guerre ou paix ? (Du 18/11/2015 dans « Batailles »)

    Je ne sais pas si vous l’avez remarqué, mais chaque fois qu’un attentat terroriste est commis dans un de nos pays « civilisés » d’occident, la première réaction de nos chefs d’état, sans doute dépassés par les évènements, est de nous promettre que nous allons « leur faire la guerre », une guerre à outrance ou rien ne sera épargné pour vaincre ce mal qui s’en prend à des victimes innocentes. Ce sont des réactions qui sont peut-être faites pour rassurer nos populations. Moi, personnellement, ces paroles ne me rassurent pas du tout.

    Dommage que l’expression « leur faire la paix » n’existe pas. On peut au moins dire qu’on désire « faire la paix » avec son ennemi, avec ceux qui sont entrés en conflit avec nous. C’est cela que nous aimerions entendre de personnalités politiques responsables. Pour être tout de même objectif, il faut reconnaître que de grands pas ont été faits vers la paix cette année avec les nouvelles relations entre Cuba et les Etats Unis et entre l’Iran et tous les pays occidentaux. C’est cela qu’il faut faire pour répondre aux attentats terroristes.

    Bien sûr nous n’allons pas faire la paix maintenant avec l’Etat islamique, qui n’est même pas un état, qui est une bande de fous qui se cachent et avec qui on ne peut même pas entamer des pourparlers. Ici il s’agit d’actions au niveau sécuritaire comme on en fait avec n’importe quel criminel. Mais soyons sûrs que toutes les représailles contre Daech ne serviront finalement qu’à augmenter le terrorisme. Ce qui va les arrêter, c’est de leur couper l’herbe sous les pieds, à commencer par l’approvisionnement en armes et en argent duquel presque tous les pays occidentaux sont directement ou indirectement complices.

    Mais ce qui va arrêter le terrorisme c’est d’instaurer partout dans le monde un climat de paix véritable entre les peuples. Tant qu’il y aura au Moyen Orient un conflit comme celui qui continue à grandir comme un cancer entre israéliens et palestiniens, nos frères terroristes auront toutes les bonnes excuses pour continuer leurs actions destructrices. C’est là que nous avons notre part de responsabilité. Les pays occidentaux qui ont permis à ce conflit de naître et de se développer depuis presque 70 ans maintenant, ne voient-ils pas que cette maladie mortelle, présente aussi en Afrique et ailleurs, est la véritable source de toutes les violences dans le monde ?

    S’il y avait la paix entre les peuples, alors ceux qui ont envie de faire du terrorisme se trouveraient bien ridicules et changeraient peut-être de « métier » ! Le chemin vers la paix sera certainement long et ardu. On oublie trop souvent que c’est avec son ennemi qu’on doit faire la paix, pas avec son ami. Cela veut donc dire qu’au départ c’est très difficile. Faire la paix demande que nous ayons confiance avant tout en l’humanité de ces hommes ou de ces peuples qui sont certainement comme nous et qui désirent eux aussi au fond de leur cœur un avenir meilleur pour leurs enfants. Sur cette base on peut patiemment revenir sur toutes les causes de nos conflits, dénouer les nœuds de nos malentendus, avoir la force de reconnaître que nous avons été parfois injustes… Quelques sacrifices provisoires seraient bien peu de choses devant un climat de confiance généralisé dans le monde entier. Nous en sommes loin ? Oui et non, si l’on pense que tous les pays du monde vont se combattre pacifiquement lors des Jeux olympiques qui vont se dérouler l’été prochain au Brésil… N’est-ce pas là aussi une source d’espoir ?

     

     


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    Sortir (du 9/11/2015 dans « Au cœur du verbe »)

    « Sortir » est un verbe passionnant comme le verbe « entrer » sur lequel nous nous sommes déjà penchés. On pense en général que c’est même le contraire d’entrer et c’est parfois vrai si je dis qu’à une heure j’entre dans mon bureau et qu’à quatre heure j’en sors. Mais en réalité il faut presque toujours sortir de quelque chose ou de quelque part avant de pouvoir entrer ailleurs. Ce sont au fond deux verbes qui s’accompagnent et se complètent. Je sors de ma maison pour entrer dans mon lieu de travail, je sors d’un tunnel pour entrer à la lumière, je sors du ventre de ma mère pour entrer dans la vie, je sors de l’enfance pour entrer dans l’adolescence…

    Sortir est donc un de ces verbes de mouvement qui nous entrainent tout au long de la journée. Sortir permet de ne pas rester statique toujours au même endroit ou dans la même situation, c’est donc souvent quelque chose qui aide à respirer ou à se libérer, mais il est aussi difficile de sortir lorsqu’on est dans un abri bien chaud et qu’au dehors tout est froid ou que de grands problèmes nous attendent. Ce n’est donc presque jamais indifférent de devoir ou de vouloir sortir.

    Mais d’où sortons-nous en général ? D’un lieu d’abord évidemment, lieu d’habitation, de travail, de rencontre ou de loisir, mais aussi d’une situation facile ou difficile, nous sortons ainsi d’un problème que nous venons de résoudre ou d’une maladie que nous avons finalement vaincue. Nous sortons aussi d’une période de temps, d’une saison, d’une semaine éprouvante ou d’une époque où tout a commencé à changer. Nous sortons de l’ignorance ou de l’égoïsme. Ou bien nous sortons tout simplement de nous-mêmes et de notre univers clos pour nous ouvrir aux autres.

    C’est qu’il est encore plus important de comprendre dans quelle direction je sors que d’où je suis en train de sortir. Car on sort en général pour atteindre un but ou pour rencontrer quelqu’un de cher ou pas qui nous attend. On sort parce qu’on a quelque chose en tête que l’on veut faire ou au moins commencer. On sort pour aller au spectacle, ou pour faire du sport. Comme il est important de sortir ! Tout n’est pas fini ou résolu parce que nous sommes sortis, il faudra bien voir comment je suis sorti, dans quel état ou avec quelle intention. Mais sortir est toujours un grand pas fait vers le changement ou la nouveauté, contre la routine ou la sclérose. Si le sang qui vient de se purifier dans l’oxygène de nos poumons et de pénétrer dans notre cœur n’en ressort pas aussitôt pour aller irriguer tous les membres de notre corps, le cœur va exploser, les membres vont se dessécher et la mort est déjà là qui nous guette. Si nous ne sommes pas capables de sortir de notre petit monde replié sur soi pour essayer de comprendre les autres, de les accueillir et de nous donner à eux d’une manière ou d’une autre, nous allons bien vite être comme ces eaux stagnantes ou tout pourrit et sent mauvais. Sortir est donc notre libération, la condition nécessaire à une ouverture sincère vers l’avenir qui nous attend. Sortir est aussi une aventure, un saut dans l’inconnu, mais en même temps un nouveau départ, une nouvelle création. On ne peut pas inventer ou construire sans sortir ou faire sortir. Comme c’est beau de sortir !

     

    Citations

    Une religion c’est quelqu’un qui nous tire par la manche, pour nous rappeler que notre vie est plus grande que ce que nous en faisons. Ce geste enfantin – tirer la manche de l’adulte aveuglé par ses soucis pour attirer son attention sur quelque chose d’émerveillant – ce geste est accompli par le Christ, par Mahomet ou par les mystiques juifs. Les trois religions du Livre sont là pour nous sortir du sommeil de nos volontés, de nos savoirs ou de nos conforts. (Christian Bobin)

     
    On aime toujours un peu à sortir de soi, à voyager, quand on lit. (Marcel Proust) 

    Mourir, c'est sortir du temps. Le temps est une parenthèse, une illusion, un songe, et peut-être un mensonge. (Jean d'Ormesson) 

     

    La folie de l’amour c’est de vouloir devenir l’autre et devenir l’autre pour s’oublier soi-même. La sagesse de l’amour c’est de savoir entrer et sortir. Je deviens toi, je reviens à moi. J’acquiers comme une légèreté de l’être à me démultiplier, et paradoxalement c’est ainsi que je me rapproche le plus du sentiment d’unité qui est mon horizon et ma nostalgie. (Paule Salomon)

     

    Le ciel ne raconte jamais la même histoire, les nuages travaillent sans cesse pour nous sortir de l'ennui. (Fanny Salmeron)

     

    Qui voyez-vous mécontent, sombre, ennuyé, sinon celui qui ne pense qu’à soi? Le plus profond ennui, c’est celui de l’égoïsme; l’ennui même n’a pas d’autre principe; pour ne pas s’ennuyer, il faut, à défaut des personnes, aimer au moins des idées; il faut se répandre, il faut se communiquer, il faut sortir de soi. (André Vinet)

     

    L'homme croit aux miracles. Même dans les circonstances les plus dramatiques, il croit encore qu'il peut s'en sortir. C'est sans doute pour ça qu'il parvient à tenir debout dans l'enfer. (Laurence Tardieu)

     

    Pour vivre, le poisson ne doit pas sortir de l'eau, l'homme ne doit pas entrer en terre. (Victor Hugo)

     

    On entendit sortir de sa bouche cette parole à peine articulée : — Ce n'est rien de mourir ; c'est affreux de ne pas vivre. (Victor Hugo)

     

    Le mariage est une place assiégée : ceux qui sont dedans voudraient en sortir ; ceux qui sont dehors voudraient y entrer. (Hervé Bazin)

    Un bon ami m’a dit un jour que les problèmes sont comme les cafards : dès qu’on les fait sortir à la lumière, ils prennent peur et s’en vont. (Carlos Ruiz Zafón)

    De sac à charbon, il ne peut sortir blanche farine. (Proverbe français)

    Prévenir les objections vaut mieux que d'exceller à y répondre et l'homme le plus habile à sortir des mauvais pas ne vaudra jamais celui qui sait les éviter. (John Petit-Senn)

    Dans la Bible

    Mais il répondit : « Il est écrit : Ce n'est pas de pain seul que vivra l'homme, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu » (Mt 4,4)

    Ce n'est pas ce qui entre dans la bouche qui souille l'homme ; mais ce qui sort de sa bouche, voilà ce qui souille l'homme. » (Mt 15,11)

    Il prescrivait en effet à l'esprit impur de sortir de cet homme. (Lc 8,29)

    Nathanaël lui dit : « De Nazareth, peut-il sortir quelque chose de bon ? » Philippe lui dit: « Viens et vois. » (Jn 1,46)

    Ils dirent à Aaron : «Fais-nous des dieux qui marchent devant nous ; car ce Moïse qui nous a fait sortir du pays d'Égypte, nous ne savons ce qui lui est arrivé. » (Ac 7,40)

    A la fin Paul, excédé, se retourna et dit à l'esprit : « Je t'ordonne au nom de Jésus Christ de sortir de cette femme. » Et l'esprit sortit à l'instant même. (Ac 16,18)

    De votre bouche ne doit sortir aucun mauvais propos, mais plutôt toute bonne parole capable d'édifier, quand il le faut, et de faire du bien à ceux qui l'entendent. (Ep 4,29)

     

     

     

     


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