• Profitez des vacances du blog (du 24 juillet au 15 août) pour relire les vieux articles, c’est toujours intéressant. Aujourd’hui je vous propose :

    Peur de l’unité ? (du 30/4/2015 dans « Interdépendance »)

    Il y a quelque chose d’incroyable dans l’homme, en chacun de nous. De tout notre être nous désirons l’unité, l’unité à l’intérieur de nous-mêmes bien sûr, mais aussi l’unité avec les autres, et en même temps nous avons peur de cette unité, nous faisons tout ou presque comme si voulions lui échapper.

    L’Europe unie, les Nations Unies sont certainement mieux qu’une troisième guerre mondiale, mais quand il s’agit de faire beaucoup de pas concrets vers cette unité, nous devenons méfiants, sceptiques, comme si cette unité allait nous enlever quelque chose, nous priver d’une part de nous-mêmes.

    Chacun de nous arrive en ce monde comme une petite semence toute fragile. Cette pauvre semence se sent bien faible pour affronter la société qui la menace et en même temps elle est heureuse de se retrouver en société, alors il se passe en chacun de nous comme une bataille terrible entre cette méfiance et cette confiance qui veulent chacune prendre le dessus.

    Si la méfiance prend le dessus, si chaque personne est un adversaire ou un ennemi en puissance, nous allons construire autour de nous une grande tour de pierres ou de ciment ou de béton armé pour nous défendre. Nous resterons toujours vulnérables, mais les murs de notre tour grandiront au fil des jours et des expériences qui nous apprennent chaque fois un peu mieux comment nous mettre à l’abri de toutes ces attaques. Nous finirons peut-être notre vie un peu plus tranquilles, au moins extérieurement, mais notre petite semence n’aura pas beaucoup grandi et sera complètement desséchée à la fin : c’est cela notre idéal de vie ?

    Si c’est au contraire la confiance qui prend le dessus, nous allons nous lancer dans l’aventure de l’autre, faire connaissance, écouter, comprendre, accueillir, souffrir et nous réjouir ensemble. A certains moments nous serons tellement occupés à pénétrer dans cette relation toujours nouvelle avec l’autre que nous nous sentirons parfois perdus. A vivre toujours en contact avec les autres on peut avoir parfois l’impression de perdre sa personnalité. Et alors la tentation est grande de revenir à la tour de défense. Quel dommage ce serait, car c’est justement maintenant que va se forger notre vraie personnalité. La semence qui se nourrit de terre et d’eau, de substances naturelles et de soleil va se transformer complètement, elle va mettre des racines, elle va sortir de terre, germer et devenir une plante, un arbre qui donnera bientôt des bourgeons, puis des fleurs et des fruits, ou qui se couvrira de feuilles.

    On ne garde pas sa personnalité, ce serait comme vouloir rester pour toujours une petite semence, mais on la fait grandir, se développer, se transformer. Et l’on a peu à peu la surprise de se sentir de plus en plus soi-même, mais c’est un soi-même enrichi de toute la bonne terre des autres. Mais si je suis un pommier je resterai un pommier, la bonne terre dans laquelle je me plonge au contact des autres ne fera jamais de moi un olivier. Pourquoi cette peur de ne pas être soi-même, au moment même où j’allais enfin le devenir ?

    Combien l’humanité serait différente si c’était la confiance qui gagnait la bataille ! La confiance que cette unité à construire, avec intelligence et sagesse bien sûr, pas n’importe comment ou avec n’importe qui, n’importe quand, va nous amener à bon port. Il faut discerner tout de même ce qui va faire réellement grandir notre semence, mais en même temps sans trop nous préoccuper. Si nous sommes occupés à aider l’autre à faire grandir la sienne, ce sera l’autre lui-même qui nous aidera. Unité dans la réciprocité, bien loin évidemment de cette fusion dont nous parlions l’autre jour où quelqu’un se sert d’une fausse unité pour ses propres intérêts et pour dominer les autres. Cela vaut la peine de vivre une vie pour essayer, même si l’on sait bien que tout n’est pas blanc ou noir. Chaque jour nous devrons réapprendre à trouver notre chemin.

     

     


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    Sortir à la lumière (du 15/3/2015 dans "Au bout de soi-même)

    S’il est sûr qu’aller au bout de soi-même et plus encore sortir de soi-même, est un exercice toujours bénéfique (voir l’article « au bout de moi-même »), cela ne veut pas dire que ce soit toujours simple ou facile.

    Rester enfermé en soi, dans sa propre médiocrité ou routine, ne va jamais nous porter bien loin. Mais sortir de soi, aller au bout de soi comporte des risques énormes. Le risque d’abord de voir s’évanouir le peu de certitudes que nous avions jusque là. En sortant de soi pour aller vers la lumière (si l’on suppose évidemment que notre recherche n’est pas de sortir pour aller dans je ne sais quelles ténèbres, au moins au départ), nous sommes d’abord émerveillés de cette nouvelle lumière surprenante qui nous envahit. Nous regrettons tout ce temps passé, repliés sur nous-mêmes à l’ombre de notre étroite demeure.

    Une nouvelle vie s’ouvre devant nous, avec des horizons que nous n’aurions jamais imaginés, de nouvelles formes, de nouvelles couleurs. On se sent respirer tout à coup, le sang circule un peu mieux dans nos veines. Nous voudrions partager cette découverte avec nos parents et nos amis.

    Mais voilà que commencent les difficultés. C’est qu’à la lumière apparaît tout à coup tout ce qui ne va pas chez nous, dans notre vie, dans notre personnalité. Nous n’aurions jamais pensé avoir tellement de défauts, d’aspects de notre caractère qui dérangent les autres. Nous voulions sans doute améliorer la situation, mais la vérité, que la lumière nous montre si clairement, n’est pas facile à accepter.

    Alors la tentation est énorme de retourner dans l’ombre de notre vie précédente, ou l’on a apparemment moins de soucis, moins de problèmes avec les autres, où personne ne fait attention à ce qui ne va pas chez nous. Dans l’ombre il n’y a plus la peur d’être jugés, d’être regardés de travers. Nous sommes tous gris, perdus dans une masse anonyme, un peu lourde parfois, mais à laquelle on finit par s’habituer.

    On en arrive à avoir peur de cette lumière que les autres utilisent malheureusement contre nous pour nous faire du mal, alors qu’auparavant ils ne s’apercevaient même pas de notre existence.

    C’est là qu’en toute liberté nous pouvons choisir, chaque jour un peu plus, de nous habituer à la lumière. C’est tellement plus sain pour la santé psychique, spirituelle ou même physique, mais c’est tellement exigeant. Comme partir à l’assaut des montagnes, toujours plus près du soleil, en sachant que nous rencontrerons sur notre route la pluie, le froid et parfois même des orages. Il faut savoir rester parfois sagement à la maison si le temps est trop menaçant. La lumière n’est pas toujours bonne, à n’importe quel moment.

    Et surtout il faut apprendre à sortir ensemble à la lumière, avec ceux qui ont commencé avec nous la même aventure, car c’est ensemble que nous vaincrons les dangers, que nous apprendrons à être prudents, à regarder en face sans peur la vérité. Quelle libération ce sera au fil des jours et quelle joie de voir à la fin de la vie tout le chemin parcouru !

     

     


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    Parabole de l'eau, du fer et de la pierre

    Natalia était une amie qui a passé une vingtaine d'années de sa vie en Allemagne de l'Est, au delà du rideau de fer. Elle était partie là-bas avec une équipe de médecins volontaires pour secourir ce pauvre pays d'où la plus grande partie des médecins, et souvent les meilleurs, avaient fui en Occident pour échapper au communisme, laissant les hôpitaux dans de piètres conditions.

    Malgré ce défi difficile, Natalia était toujours souriante, pleine d'espoir. Elle savait bien qu'un jour ou l'autre cette situation intenable et injuste allait se terminer et quelle joie pour elle et ses compagnons lorsque le Mur de Berlin s'est finalement écroulé.

    Un jour que Natalia était en visite chez nous, dans un de ces pays du Moyen Orient ravagés par les tensions et les divisions, un de nous lui avait demandé conseil: comment faire ici, dans ces pays où les "murs de Berlin" et les "rideaux de fer" se retrouvent presque à chaque pas, pour garder la paix dans l'âme et espérer encore qu'un jour tout le monde pourra ici aussi circuler librement là où bon lui semble.

    Natalia nous avait alors demandé ce qui était, à notre avis, le plus fort: le fer, la pierre ou l'eau? Certains penchaient pour la pierre, d'autres pour le fer, mais personne n'avait eu l'idée de dire que c'était l'eau qui était la plus forte. Et pourtant, si l'on réfléchit un seul instant, on sait bien que le fer ou la pierre, un jour ou l'autre, ne pourront résister à l'érosion ou à la rouille provoquées par l'eau. Quand on survole l'Egypte du Nord au Sud ou du Sud au Nord, au-dessus de la vallée du Nil, on reste frappé par le travail extraordinaire de l'eau qui a creusé son lit au cours des siècles et des millénaires, parmi les roches et les pierres du désert. Les marins sauront bien eux aussi nous expliquer combien leurs navires sont continuellement en danger si on ne les protège pas contre l'usure de l'eau...

    Bien sûr, l'eau ne fait pas de bruit (sauf s'il s'agit d'une mer en tempête ou d'un tsunami), elle n'agit pas avec la violence de la pierre ou du fer. Il faut une patience énorme pour attendre que l'eau produise son effet, mais en fin de compte c'est elle qui va remporter la bataille. L'important c'est qu'elle ne disparaisse pas, que tout ne devienne pas sec tout à coup, car ce serait alors une catastrophe irrémédiable. Et Natalia nous conseillait donc de veiller sur cette eau que nous avons en nous et parmi nous, cette eau qui peut être l'esprit de paix, de pardon, de solidarité, d'amour, qui ne fait pas de bruit mais qui enlève peu à peu les obstacles.

     

    Evidemment bien des Allemands sont morts sans voir la fin du rideau de fer. Peut-être que nous-mêmes mourrons avant de voir s'écrouler les murs du Moyen Orient et tous les autres murs, sociaux, culturels, psychologiques, quand ils ne sont pas matériels, que chaque pays porte encore en soi. Mais l'important c'est de croire que ces murs tomberont un jour parce qu'aujourd'hui, sans relâche, de simples personnes comme nous alimentent encore la source de l'eau bienfaisante.


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  • Une rubrique que j’aime beaucoup est celle que j’ai nommée « Provocations ». Les bonnes provocations sont toujours des occasions d’approfondir une relation, une amitié.

    Je vous propose donc de revenir cette semaine sur ces « provocations » que j’ai présentées à mes lecteurs ou qui, parfois, me sont arrivées à l’improviste et m’ont poussé à réagir. La provocation est au fond une épreuve de vérité, toujours bienfaisante.

    Je vous invite ainsi en particulier à relire « L’autre a toujours raison » du 27 février 2015, « Quand on n’est pas compris » du 13 septembre 2015 et « Les mathématiques du paradis » du 28 février 2016.

    Mais, si vous avez le temps, vous aimerez aussi « Liberté impossible » du 3 août 2015, « Et puis après ? » du 8 octobre 2015, « Les guerres vont bientôt finir » du 3 novembre 2015, « A bas les individus ! » du 24 novembre 2015, « Les dangers de la miséricorde » du 21 mars 2016 ou « Juges ou médecins » du 18 avril 2016…

    Mais j’attends aussi vos provocations.

    Bonne lecture !


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  • Cela fait bientôt un an que nous avons commencé l’aventure de notre blog. C’était au départ « notre » blog, car ce sont mes amis qui m’ont encouragé à me jeter à l’eau. J’avais rêvé d’un blog où l’on puisse s’exprimer comme dans un chœur à plusieurs voix. Ce sera peut-être pour plus tard. C’est vrai qu’il faut du temps pour écrire, pour essayer de se laisser surprendre par la vie et pour noter et partager ensuite les résultats de cette surprise. Je n’y suis pas toujours arrivé, je remercie pour tous les conseils et les critiques que j’ai reçus : éviter d’être trop long, car les lecteurs d’un blog ne sont pas les lecteurs d’un roman ou d’une revue. Rester plus concret, car certains me trouvent un peu trop dans l’abstrait ou l’irréel. C’est difficile de satisfaire tout le monde. En même temps je sais que je dois rester moi-même, car c’est l’originalité de chacun qui fait aussi sa beauté.

    Je tiens tout de même à redire avec force que ce « moi-même » qui s’exprime au long de ces articles rapides, c’est bien moi-même, mais c’est aussi le fruit de tant de rencontres, de toute une vie d’échanges, d’amitié, d’amour, de surprises réciproques. Et si ce blog est bien mon blog, il restera toujours « notre » blog.

    Vous avez bien compris qu’un des slogans de ce blog est la réciprocité. Je suis de plus en plus persuadé que c’est la réciprocité qui sauvera l’humanité. Encore faut-il s’entendre sur ce que cela veut dire.

    Et c’est dans cette réciprocité que je voudrais vous faire une proposition, vous demander de faire connaître ce blog autour de vous, à des gens auxquels vous n’auriez pas pensé. Car on ne peut pas vivre la réciprocité tout seul. Vous-mêmes n’avez peut-être pas beaucoup de temps pour lire le blog, mais cela ne vous coûtera pas beaucoup d’en glisser deux mots à vos amis.

    Et vous avez sans doute remarqué que notre blog a déjà des archives, des tags (des mots-clés), un tas de sujets qui peuvent porter à réfléchir seul ou en groupe. Mon rêve, c’est qu’il puisse servir à des éducateurs, à des personnes en recherche, à des jeunes : avez-vous remarqué que personne n’a rien écrit encore dans la rubrique « Place aux jeunes » ? Ce n’est pas une raison pour la supprimer…

     

    En tous cas, et je le redis pour les nouveaux lecteurs, ce blog continue à être un pont entre ce Moyen Orient qui m’a tout donné et cet Occident d’où je viens et qui passe des moments si difficiles. C’est tout de même encourageant de voir que j’ai désormais des lecteurs de plus de 20 pays. Pas beaucoup pour chaque pays, mais la réciprocité n’a pas de frontières !


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