• Accueillir et donner

    La vie est accueil et don, accueil de l’autre et don de soi-même à l’autre, et tout le reste est vide !

    Mon affirmation vous choque un peu, ou beaucoup ? Je vais essayer de m’expliquer. Mais je vais partir ce matin de la Trinité, en m’excusant un peu auprès de mes amis qui n’ont pas de référence religieuse, mais c’est plus fort que moi : je suis amoureux de la Trinité !

    Notre brave mère, l’Eglise, dans sa bonne volonté d’éduquer ses enfants, a fait souvent de la Trinité un mystère, un grand mystère inaccessible qu’on ne pourra comprendre un jour qu’après la mort. C’est pour ce pauvre résultat que Jésus serait venu vivre sur la terre parmi nous et nous aurait donné sa vie ?

    Non, je crois de plus en plus que la vie de la Trinité en nous et parmi nous est tellement simple au fond, même si elle reste un grand mystère. Car le Père et le Fils, en l’Esprit Saint, font pratiquement seulement deux choses, « toute la journée » et de toute éternité. Le Père se donne au Fils dans l’Esprit, de tout son être, et le Fils accueille ce don total, lui aussi de tout son être, dans l’Esprit, l’Esprit qui est le lien d’amour entre les Deux. Puis le Fils se donne à son tour au Père qui l’accueille…

    Puis, à un certain moment, il y a eu ce miracle de la création : Dieu a décidé de créer l’univers et de nous y créer au milieu. Et lorsque le Fils reçoit le don du Père qu’Il accueille, voilà que non seulement Il le redonne au Père dans une totale réciprocité, mais Il le reverse aussitôt sur nous en nous transmettant cette vie merveilleuse qu’Il a reçue du Père… et voilà qu’à notre tour nous entrons dans ce feu éternel de la réciprocité divine.

    Alors, si nous voulons vivre notre vie réellement, dans toute sa profondeur, nous n’avons, nous aussi, qu’à faire deux choses « toute la journée », jusqu’à la fin de notre séjour sur terre, et pour l’éternité : accueillir ce don de Dieu et le donner, et nous donner nous-mêmes à notre tour à tous ceux que nous accueillons, du matin au soir.

    Ainsi, le travail prend tout son sens : accueillir mes collègues, mes clients, mes patients, mes élèves, mes concurrents, les gens rencontrés une fois dans la vie ou ceux avec qui je me retrouve chaque jour, et leur donner toute mon attention, toutes mes forces, tous mes talents, pour construire ensemble une humanité nouvelle. Et l’on découvre alors que la vie de famille, les relations d’amitié, les rencontres d’un instant sur la route ou dans un magasin, les moments de détente ou même les problèmes ou les souffrances partagés, sont tous des occasions d’accueillir et de donner.

    Quand nous sentons l’ennui nous envahir, quand nous avons seulement envie de nous plaindre des situations et des personnes, c’est certainement que nous avons perdu en route notre boussole. Nous avons glissé peu à peu hors de notre chemin, nous avons cessé d’accueillir et de donner, et tout est devenu vide en nous et autour de nous…


  • Commentaires

    1
    Hayatfallah@hotmail.
    Mercredi 8 Août à 14:29
    Le plus dur c'est qd on n'a même pas la force de regarder la boussole...c'est un avant goût de l'enfer...Mais Dieu veille et tôt ou tard ses "anges gardiens" trouvent moyen de nous tirer de là...
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