• Aimer, c'est semer la vie

    J’ai peut-être répété déjà souvent que c’est triste de voir combien de gens, et nous-mêmes parfois au milieu d’eux, se plaignent de la vie parce qu’ils confondent la vie avec les circonstances de la vie. Et l’on entendra ainsi des personnes dire que la vie dans tel ou tel pays ne leur plait pas, que la vie à la ville ou à la campagne est pénible, que la vie devient lourde avec l’âge qui avance et ainsi de suite…

    Où se trouve le problème ? C’est que tout cela nous empêche de jouir de la vie qui coule dans nos veines, qui remplit nos poumons, qui passe par notre esprit, qui fait brûler notre cœur, qui nous pousse à sortir de nous et à nous jeter dans la bataille de l’humanité. Car c’est cela le cadeau immense que nous avons reçu à notre naissance et qui ne nous a plus quittés depuis…

    Même quand nous souffrons et que nous sommes malheureux nous sommes encore en vie et c’est cela le miracle de l’homme qui est à la fois plein de vie et de conscience de cette vie elle-même. Car l’homme n’est pas un arbre qui pousse, qui meurt et qui donne vie à d’autres arbres, mais sans jamais le savoir. L’homme est le trésor de l’univers. Ce n’est pas lui qui a créé la vie, mais c’est lui qui la reçoit et qui peut la donner ou qui peut la faire mourir s’il le veut.

    Si nous nous levions le matin simplement pour accueillir ces semences de vie qui vont passer entre nos mains et que nous pourrons semer si nous le voulons, tout le reste n’aurait plus grande importance. Quand nous avons commencé à comprendre ce secret, nos journées ont un autre parfum. Nos premières pensées au réveil vont être de commencer à programmer où, quand, comment et avec qui nous allons pouvoir semer la vie. Que nous soyons en pleine forme ou que nous soyons malades, que tout aille bien autour de nous ou que nous devions affronter des problèmes apparemment insolubles, nous avons toujours des semences de vie que nous pouvons distribuer autour de nous. Par un sourire, une parole bienveillante, un geste d’accueil, un conseil, un encouragement, un coup de main ou la participation à n’importe quelle activité qui se présente à nous au milieu de nos frères et sœurs en humanité. Tout passera et tombera en grande partie dans l’oubli, mais restera cette vie qui aura grandi en nous, par nous et autour de nous.

    L’amour ne sera plus alors un refuge pour nous protéger des épreuves de la vie, refuge illusoire et fragile car il nous isole sur nous-mêmes et nous blesse en nous faisant croire finalement que le bonheur est impossible. Aimer sera simplement écouter la vie, la recevoir et la partager tout au long de la journée, quels que soient les résultats, les effets apparents, car les échecs eux-mêmes font partie de la vie, la mort elle-même fera un jour pour nous partie de la vie et il n’y aura plus rien alors qui pourra nous arrêter…


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