• Au paradis de Krishnamurti

    L’homme est toujours un homme, qu’il soit blanc ou noir ou jaune ou métis, qu’il soit chrétien, hindou, musulman, juif, bouddhiste ou simplement sans référence religieuse. Je suis sidéré, dans la recherche de notre blog, de découvrir que les cultures les plus différentes de notre globe terrestre, parviennent en général aux mêmes conclusions, même si les expressions et les nuances restent heureusement différentes.

    Je suis étonné d’ailleurs de voir que la plupart des pensées de ces hommes célèbres que je cite chaque mois dans notre rubrique « Des mots pour de bon » s’harmonisent parfaitement avec toutes les rubriques de notre blog. Au point que je suis tenté parfois de me taire pour les écouter simplement parler. Mais chacun doit aller au bout de soi-même, l’expérience de chacun est unique et c’est ce qui me pousse à chercher moi aussi à dire avec d’autres mots tout ce que la vie m’a fait peu à peu découvrir

    Mais écoutons encore un peu aujourd’hui le « paradis » de Krishnamurti que nous avons cité dans « les mots de mars » :

    « La connaissance de soi est le commencement de la méditation.

    Apprendre à se connaître, voilà toute la difficulté pour l'homme.

    Comprendre la vie c'est nous comprendre nous-mêmes, voilà le commencement et la fin de l'éducation.
    L'ignorant n'est pas celui qui manque d'érudition, mais celui qui ne se connaît pas lui-même.

    La connaissance de soi consiste à suivre le moi, à suivre toutes les pensées, tous les sentiments, tous les mobiles, et à ne jamais, fût-ce pendant un instant, se dire qu'on les connaît.
    La liberté ne commence qu'avec la connaissance de soi dans la vie quotidienne.

    Ce qui est beau dans le fait d'apprendre, c'est qu'on ne sait pas.

    Apprendre c'est vouloir progresser, c'est être animé d'une passion, d'une soif intense de découverte.

    Le savoir s'acquiert avec le temps.
    Le savoir n'est jamais complet, il va toujours de pair avec l'ignorance.

    L'homme plein d'assurance est un être humain mort.
    La peur de la vie et des expériences nouvelles tue en nous l'esprit d'aventure. 
    »

    Quelle sagesse et quelle synthèse révolutionnaire en quelques mots ! La connaissance n’est pas une question d’érudition et de quantité d’éléments de connaissance, c’est un rapport harmonieux avec soi-même et avec le monde qui nous entoure. C’est une connaissance qui se développe dans la vie quotidienne plus que dans les livres.

    La recherche de cette connaissance a une âme, une « passion, une soif intense de découverte ». Et qui dit découverte dit « aventure ». Et la découverte et l’aventure existent justement parce qu’on ne se satisfait jamais de ce qu’on a connu jusqu’à aujourd’hui. Etre « plein d’assurance », c’est être un homme « mort ». Quelle force provocatrice dans cette affirmation !

    Mais ce qui me bouleverse le plus, c’est lorsque notre auteur dit que « la connaissance de soi consiste à suivre le moi, à suivre toutes les pensées, tous les sentiments, tous les mobiles, et à ne jamais, fût-ce pendant un instant, se dire qu'on les connaît. » Cela veut dire tout simplement que mon moi va de l’avant tout seul, avec le temps, sans même que j’y pense. Apprendre à être moi-même ce n’est pas m’attacher au moi que j’ai construit jusqu’à hier, en essayant de le défendre et de le renforcer. Non, mon moi chemine tout seul et c’est en cheminant chaque jour un peu plus au fond de moi-même que j’aide ce moi à progresser, à se réaliser et à devenir toujours plus moi-même. Cela fait peur et cela libère en même temps…

    « Il n'est pas d'existence possible sans relation : la vie même est relation.

    L'art de vivre, c'est la relation ; sans relation il n'est pas de vie.
    Toute relation se double d'une responsabilité immense.

    Toute relation est un miroir où le moi et nos activités peuvent nous apparaître.

    Il n'y a pas de société s'il n'y a pas de relation.
    La sagesse s'obtient en observant et comprenant les incidents quotidiens dans les relations humaines. »

    Tout notre blog est basé sur ce concept de « relation », sur les idées de réciprocité et d’interdépendance. Il n’y a pas d’autre chemin pour apprendre à être homme et faire respirer l’humanité autour de nous. Tout ce qui entrave les relations, ce qui replie quelques relations privilégiées sur elles-mêmes par exclusion des autres est comme un cancer qui dévore peu à peu la société et qui ne conduit qu’à l’incompréhension et à la guerre.

    « L'éducation doit aider l'individu à mûrir librement, à s'épanouir en amour et en humanité.

    La religion enseigne l'unité des êtres, la bonté et la douceur envers toute créature sensible.

    La bonté ne peut fleurir que dans la liberté.
    Là où il y a amour, il y a compassion avec laquelle l'intelligence va de pair.

    L'homme qui sait faire éclater l'atome mais qui n'a pas d'amour en son cœur devient un monstre. »

    Enfin, bonté, amour, compassion, unité, douceur, humanité, ne sont pas des valeurs facultatives que l’on peut ajouter si l’on veut à celles de progrès, d’organisation, de politique ou de travail social. Car ce sont ces valeurs qui peuvent apparaître parfois trop spirituelles ou psychologiques mais qui permettent à l’humanité d’avoir une âme et de ne pas devenir un « monstre ».

     

     

     


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