• Batailles

    La vie est loin d'être une promenade tranquille. Chaque jour nous devons nous battre. Mais quels sens ont ces batailles? Contre qui et contre quoi nous battons-nous? Ou bien peut-être pour qui et pour quoi?

  • La peur est peut-être le plus grand problème de l’humanité et de chacun de nous. On doit lui reconnaître tout de même certains aspects positifs, car elle nous empêche parfois de faire des bêtises irréparables sans réfléchir. Mais la plupart du temps, elle est là qui nous paralyse, nous empêche de regarder les réalités en face, crée en nous des réactions de panique qui engendrent un tas de décisions ridicules qui font chaque fois reculer l’humanité au lieu de la faire progresser.

    Il n’y a qu’à voir le nombre de politiciens qui misent sur la peur pour gagner des voix aux élections, sans même se soucier d’avoir un programme concret pour bâtir l’avenir de leur pays. La peur est même devenue un commerce extrêmement rentable, lié au trafic des armes, à la corruption des sociétés d’assurances ou à la mafia des industries pharmaceutiques, et la liste pourrait être longue si l’on continue en ce sens…

    Alors que faire avec cette peur ? La fuir ? Elle nous retombera dessus d’une manière ou d’une autre. Non, il faut apprendre à la regarder dans les yeux, à lui montrer qu’on tient compte de ses avertissements, mais lui demander en même temps qu’elle nous laisse tranquilles. Nous avons trop à faire pour construire l’avenir de notre planète en si peu d’années et nous n’avons plus le temps de trop nous occuper de la peur. La vie vaut la peine d’être vécue quand nous nous levons le matin pour construire de nouveaux projets, pour inventer de nouvelles solutions à nos problèmes, pour tisser de nouvelles relations entre les personnes et entre les peuples.

    Lorsque deux personnes s’aiment, elles rêvent d’aventures à vivre ensemble, elles n’ont pas le temps de penser que ces aventures comportent des risques, car leur amour est plus grand que les risques qu’elles vont prendre. La maladie de l’humanité, c’est quand les gens et les peuples oublient de s’aimer et de s’entraider, quand chacun se replie sur son égoïsme et croit y trouver un refuge. L’athlète qui s’entraîne dehors par tous les temps n’a pas peur de tomber malade, car il est tout entier tendu vers les records qu’il va essayer de battre. L’artiste qui passe des nuits blanches à finir son œuvre d’art, n’a pas peur des conséquences de sa fatigue. Quand on est passionné par un but grand et noble, on ne pense qu’à tout donner pour arriver à l’horizon rêvé. Alors, quand nous passons notre temps à avoir peur, c’est sans doute que notre vie est devenue vide, sans but, sans passion, sans idéal ; il est peut-être temps de nous réveiller !

     


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  • Pendant mon récent séjour en France, j’ai beaucoup écouté et réfléchi. J’ai vu que ceux qui gagnent aux élections dans une grande partie de l’Europe, ce sont les partis qui misent sur la peur ou sur l’argent. Peur de l’avenir, peur d’être envahis par des étrangers, perdre de perdre son petit confort, mais sans un projet positif valable de construction de l’avenir social. Ou bien on essaye de s’allier aux plus forts, aux puissances financières qui sont en train de s’approprier le pouvoir mondial un peu partout, en pensant que ces puissances financières sont capables de nous sauver, alors qu’elles sont en train de nous voler… Les partis traditionnels de droite ou de gauche perdent de plus en plus leur influence sur la scène politique européenne. Mais où va-t-on ?

    Si auparavant on votait pour la gauche ou la droite en France, on était évidemment un peu fanatique pour les idées de son propre parti et très sévère avec le parti adverse, mais on doit tout de même reconnaître que dans chaque parti de droite ou de gauche, il y avait des hommes politiques valables, avec de vraies valeurs et qui n’étaient pas tous corrompus, comme on le pense trop souvent. Mais où sont parties ces valeurs en ce moment ? Ce qui est intéressant dans les résultats des dernières élections européennes, en particulier en France, c’est que le premier parti sérieux d’opposition est maintenant le parti des verts, le parti de l’écologie : avons-nous trouvé là les valeurs de demain, qui vont sauver l’humanité avec la planète qui l’abrite ? C’est ce qu’on peut espérer.

    Ce qui est sûr c’est que l’humanité a souvent fait des pas en avant quand elle s’est appuyée sur de vraies valeurs. La révolution française n’a peut-être rien inventé, avec « liberté, égalité, fraternité », puisque ces valeurs étaient déjà tellement présentes dans le message que le Christ est venu apporter sur la terre, mais elle a au moins eu le mérite de rappeler ces valeurs qui avaient perdu leur souffle avec des régimes où les « droits de l’homme » étaient tellement souvent bafoués…

    Alors, je crois qu’il faut continuer à être optimiste, car on ne peut pas tromper les peuples indéfiniment et les gens qui s’approprient le pouvoir dans l’injustice, la corruption ou la terreur finissent un jour ou l’autre par être balayés par les vagues de l’histoire. A nous de nous battre pour ces valeurs positives qui se perdent souvent en politique, mais qu’on rencontre chaque jour chez ces mères de famille qui donnent la vie pour leurs enfants, pour ces enfants qui se sacrifient jusqu’au dernier souffle de leurs parents pour leur préserver jusqu’à la fin une vie digne d’un être humain. Ces valeurs que l’on voit chez ces hommes et ces femmes qui se battent pour les plus pauvres ou les plus faibles, même si souvent ils ne sont pas compris ni aidés. Ces valeurs de la culture, de l’art, du sport qui aide l’homme à aller au bout de soi-même, ces valeurs de relation, de générosité, d’écoute ou de pardon que l’on peut découvrir à longueur de journée si l’on est un peu attentif autour de soi… L’humanité n’est pas encore morte et elle a toujours la possibilité d’un avenir où l’on puisse encore connaître le bonheur de vivre… Mais il faut tout de même faire attention à ne plus tomber si souvent dans les pièges des mensonges ou de la démagogie qui finissent par nous faire croire que ce sont les valeurs elles-mêmes qui nous font du mal, alors que c’est l’égoïsme de l’homme qui détourne les valeurs de leur but, et qui risque de nous amener un jour à des catastrophes irrémédiables…


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  • En poursuivant notre voyage au milieu des réseaux sociaux, j’aimerais vous faire réagir avec moi ce matin devant cette phrase stupéfiante, que je ne peux pas laisser passer comme ça : « La haine rend plus fort, elle donne un courage et une détermination qui souvent échappent à l’amour. » Elle a été écrite par Alain Mounier, artiste et écrivain contemporain. Comme d’habitude, nous n’avons pas l’intention ici de mettre notre ami devant un tribunal. Nous n’en aurions ni l’autorité, ni la capacité de le faire. Et il faudrait d’abord remettre sans doute cette phrase dans le contexte d’où elle a jailli…

    Mais tout de même, arriver à faire dire que la haine est en quelque sorte plus efficace, plus forte, plus concrète que l’amour, c’et une idée contre laquelle j’ai envie de me battre ici de tout mon cœur. Heureusement encore que notre auteur a dit « qui souvent échappent à l’amour » : il donne quand même à l’amour une chance de produire parfois quelque chose de bon…

    Ce qui fausse complètement notre vie en général, c’est quand on confond le chemin ou les moyens avec le but. Il est certainement important d’être fort, courageux et déterminé. Gandhi était d’une force, d’un courage et d’une détermination dans sa bataille non-violente qui lui ont permis de faire cette révolution pacifique qui a bouleversé le monde. Mais les terroristes de Daech ont eux aussi une force, un courage et une détermination que nous devons bien leur reconnaître. Alors arrêtons de confondre les niveaux, sinon nous n’allons bientôt plus rien comprendre.

    Ensuite il faudrait savoir de quel amour on parle. Dans notre blog, nous avons souvent parlé du seul amour qui fait grandir l’homme et qui est l’amour de l’autre et de toute l’humanité, un amour qui fait sortir de soi-même pour créer toujours du positif et faire espérer l’humanité en des lendemains meilleurs. Cet amour-là sera toujours rempli de force, de courage et de détermination. Tandis qu’évidemment l’amour égoïste qui replie sur soi-même risque d’enlever toute énergie au cœur de celui qui ne pense qu’à assouvir ses propres désirs sans se préoccuper de ce qui arrive aux autres. Mais c’est sur le mot « haine » que j’aimerais revenir ici. C’est vrai que la haine est un sentiment tellement violent qu’elle peut donner une force extraordinaire. Ce n’est pas facile d’avoir le courage de tuer quelqu’un, et la haine est souvent la source de ce courage insensé et criminel.

    Mais en fait ce qui provoque la haine est souvent le sentiment d’avoir été injustement traité, trahi, brimé. Quand on a été victime d’une injustice sans avoir rien fait de mal soi-même, on peut bien comprendre cette colère terrible qui bout au fond du cœur. La vérité, c’est que le mal et la souffrance sont parfois tellement forts qu’ils obligent à réagir et donnent tout à coup une détermination que nous n’avions pas jusque-là. Que nous soyons nous-mêmes les victimes de cette injustice ou que ce soient des personnes que nous aimons ou simplement que nous connaissons. Comme lorsqu’on ne supporte pas de voir une personne puissante maltraiter une autre personne pauvre et fragile : nous avons tout de suite envie d’intervenir pour protéger ce pauvre homme contre les abus de celui qui se croit tout permis…

    Cette phrase peut donc nous faire réfléchir sur l’importance de la souffrance dans notre vie, ce serait un sujet à développer longuement. Mais la leçon d’un Gandhi, dont nous avons à peine parlé, est que répondre au mal par la haine va créer plus de haine et de mal encore et toute cette énergie qui se déploie contre l’injustice va servir à entraîner simplement de nouvelles injustices, dans une chaîne sans fin qui servira seulement à détruire et non à construire. La véritable force sera donc seulement celle de transformer cette haine terrible contre l’injustice en un amour encore plus fort pour la justice. Savoir profiter de tout ce qui ne va pas dans notre vie pour en faire un tremplin vers des relations toujours plus positives entre les hommes : c’est à ce moment-là seulement que cela vaut vraiment la peine d’être fort, courageux et déterminé !

     


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  • On entend souvent dans le monde du football cette affirmation intéressante : « La meilleure défense, c’est l’attaque ! ». Contradiction dans les termes ? Non, au contraire, c’est la constatation judicieuse que les équipes qui se concentrent durant tout un match sur la force de leur défense, pour au moins ne pas perdre, en espérant marquer tout de même un but ou deux sur une contre-attaque hypothétique, finissent par encaisser un but à cause d’une seconde d’inattention et perdent quand même misérablement. Tandis que les équipes qui se jettent en avant, qui soignent la qualité de leur attaque en risquant de dégarnir par instant leur défense, finissent par avoir des résultats bien meilleurs et leur jeu est beaucoup plus inventif et agréable à voir.

    Eh bien, vous ne pensez pas qu’il en va de même dans les relations entre les hommes ? Je ne veux pas dire ici que nos relations humaines sont comme un match ou une bataille. Ceux qui connaissent mon blog savent bien que je pense le contraire. Je voudrais simplement dire que tout notre temps passé à avoir peur de se découvrir devant l’autre, à cacher nos faiblesses et nos défauts, à vouloir empêcher l’autre de connaître nos problèmes, pour ne pas être vulnérables, ne sert en fin de compte qu’à nous isoler sur nous-mêmes et ne construit rien.

    Tandis que celui qui se jette à l’eau à aimer ses frères, à prendre l’initiative de d’inventer du nouveau dans les rapports sociaux, celui qui prend à bras le corps les problèmes de l’humanité, ou au moins de ses voisins ou de ses collègues, des gens de son milieu, risque tout le temps d’être jugé ou critiqué. On va certainement découvrir ce qui est faible ou négatif chez lui. Il va se faire peut-être des ennemis. Mais en réalité, il va se faire apprécier, car les gens verront bien vite qu’on a besoin de personnes pareilles pour faire avancer la société. Et se montrer en toute transparence avec ses limites et ses problèmes, sans complexe, n’a rien de négatif. Au contraire cela encourage l’autre à sortir lui aussi de sa peur et à ne pas jouer la comédie absurde de celui qui sait tout mais qui cache au fond qu’il ne sait rien.

    Et si se donner aux autres nous fait tomber dans des gaffes ou des erreurs de temps en temps, il suffit de le reconnaître tout simplement, car personne n’est parfait et la seule approche de la perfection est l’unité qui va se construire peu à peu autour de personnes sincères et actives qui vont entraîner les autres autour d’elles dans leur dynamique positive. Rester enfermé dans ma tour d’ivoire en croyant ne jamais me tromper est la pire tromperie dans laquelle je peux tomber. Tandis que sortir de moi au risque de prendre froid dans les courants d’air, de tomber en route ou de provoquer parfois des accidents, va en fait illuminer ma vie et celle des autres. C’est ce que nous ont montré les héros de l’humanité comme Gandhi ou Nelson Mandela, dont nous avons souvent parlé dans ce blog.


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  • Oui, jusqu’à la fin de notre vie, nous devrons nous battre pour que notre monde malade retrouve une vie plus positive : nous sommes justement dans notre rubrique « Batailles » !

    Ce qui m’a fait bondir cette fois-ci, c’est une phrase du philosophe Gustave Thibon, mort en 2001, à presque 100 ans, mais lisez vous-mêmes :

    « Faire rêver les hommes est souvent le moyen le plus sûr de les tenir endormis, précisément parce que le rêve leur donne l’illusion d’être éveillés »

    Notre écrivain constate malheureusement ce qui se passe bien des fois dans la relation entre le peuple et les hommes qui sont au pouvoir. La tentation est grande, pour conserver le pouvoir, de tromper son peuple avec de fausses illusions qui l’empêchent de voir la réalité en face et qui le laissent donc endormi, au lieu de veiller à la justice du bien commun. Car les gouvernants se préoccupent trop souvent de leurs intérêts personnels, au lieu de servir de tout leur cœur le peuple qui les a élus.

    Mais c’est ici que nous avons le droit, et même le devoir de nous révolter. La philosophie est-elle là simplement pour constater ce qui se passe sous nos yeux, comme une fatalité contre laquelle nous ne pouvons rien ? Ou bien ses constatations qui viennent souvent d’une expérience réelle, parfois douloureuse, sont-elles plutôt là pour nous faire sortir justement de notre sommeil ou de notre léthargie ?

    Ce n’est pas parce que de nombreux hommes au pouvoir confondent leur service avec leurs caprices que la politique doit forcément être repliée sur elle-même et oublier sa vocation première. Et cette vocation première est justement la plus noble qui soit : celle d’être le ciment qui permet aux innombrables pierres de la mosaïque de l’humanité de rester soudées les unes aux autres dans la plus grande harmonie possible.

    Notre raisonnement sera toujours le même. La politique du service et de l’accueil de l’autre n’est jamais impossible. Elle ne devient une utopie ou une illusion que si nous manquons de courage et de dignité. Mais on trouvera toujours des politiciens honnêtes et dévoués qui mettront le bien commun avant leur propre intérêt. Alors continuons à nous battre pour que ces politiciens de l’avenir soient connus, aidés, mis en lumière et personne ne pourra jamais nous empêcher de le faire.

    Il est des rêves qui endorment, mais il en est d’autres qui réveillent de la torpeur, comme celui de Martin Luther King qui rêvait d’un monde meilleur où les enfants blancs et noirs grandiraient ensemble comme des frères. Alors rêvons, mais rêvons juste et rêvons bien et l’humanité a encore de beaux jours devant elle. Cela dépend simplement de nous.


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