• Batailles

    La vie est loin d'être une promenade tranquille. Chaque jour nous devons nous battre. Mais quels sens ont ces batailles? Contre qui et contre quoi nous battons-nous? Ou bien peut-être pour qui et pour quoi?

  • « Le vilain passé me rattrape ! » C’est l’appel au secours, le cri du cœur que je viens de recevoir d’une parente qui m’est très chère et qui se trouve dans un moment délicat de la vie. Comme on voudrait de tout son cœur, dans des moments pareils, prendre sur soi la souffrance de l’autre pour le soulager au moins un peu ! Mais on sait bien que le plus souvent on ne peut pas faire grand-chose dans de telles situations. Alors, s’avouer vaincu et abandonner l’autre à son triste sort ? Là, je ne serai jamais d’accord : tant qu’on peut faire quelque chose pour l’autre, il ne faut jamais se décourager au départ.

    Alors je voudrais dire aujourd’hui à ma parente ce qui me vient en ce moment à l’esprit et dans le cœur à son sujet. D’abord une évidence, même si elle est difficilement convaincante : c’est que le « passé » n’existe plus. Il est justement « passé » par définition, c’est-à-dire qu’il a eu lieu un jour qui n’est plus, mais il a disparu à l’horizon et il ne se représentera plus jamais, au moins de la même façon.

    Pourquoi cette peur du passé, alors que seul le présent et le futur sont désormais devant nous ? C’est là le problème : nous pensons avoir peur du futur, mais en fait nous avons encore peur du passé. Nous imaginons le futur comme une répétition de moments du passé qui nous ont traumatisés et nous avons peur de ne plus pouvoir les supporter. Nous n’avons en général jamais peur d’un futur qui serait complètement inconnu, comme un beau voyage touristique. Ce que nous craignons, parfois jusqu’à l’angoisse, c’est le retour de conflits avec des personnes, qui nous ont envenimé la vie. C’est le retour de nos faiblesses, de nos réactions disproportionnées ou violentes devant telle ou telle situation difficile. Chacun sait ce qui a été lourd dans son passé, car chacun a un passé bien différent de l’autre, mais nous sommes tous avec le souffle coupé quand nous voyons se répéter à l’horizon certaines situations qui nous ont mis auparavant complètement par terre.

    On pourrait parler sans fin de ce sujet, mais je voudrais donner ici deux petites pistes qui pourraient nous aider à sortir de ce tunnel du passé et nous ouvrir sur la lumière d’un avenir différent. La première chose, c’est qu’aujourd’hui je ne suis plus le même qu’il y a un an, deux ans et encore moins dix ou vingt ans. J’ai changé, sans même m’en rendre compte, on me dira que j’ai peut-être empiré, mais en fait j’ai certainement mûri, je sais mieux sauter devant certains obstacles. Et quand de nouveaux problèmes se présentent à moi, je devrai d’abord faire une petite cure d’optimisme et chercher à me souvenir de toutes les réalités positives que j’ai vécues ces derniers temps, des gens à qui j’ai fait du bien, des moments de partage profond, même si tout n’était pas rose, la conviction que ma vie au milieu des difficultés a trouvé de plus en plus de signification à ce qui lui arrive… à chacun de chercher au fond de lui-même cette lumière qui ne peut pas ne pas être présente, même au milieu du brouillard : et la preuve c’est que nous sommes toujours là à lutter, bien vivants.

    Et la deuxième piste, c’est celle de l’amitié, pour ne pas dire de l’amour, car l’amour est parfois trop fragile. Mais l’amitié se trouve toujours. Et dans les moments d’angoisse, il faut avoir le courage et l’humilité d’aller frapper à la porte et au cœur de ses amis sincères. On me dira que c’est parfois difficile de les trouver. J’ai déjà tellement écrit à ce sujet que j’ai peur de me répéter. Mais pourquoi, dans des moments délicats, on passe son temps à penser seulement à ces faux amis qui nous ont trahis ou abandonnés, alors qu’il y a toujours quelqu’un qui serait tellement heureux si nous allions lui demander son aide. Quelqu’un qui a peut-être justement besoin d’aimer en ce moment une personne en difficulté, parce que lui-même ne se sent pas bien, mais se rend compte confusément qu’en se donnant aux autres, ou au moins à un autre, il va retrouver la paix et la sérénité. Si l’on essaye vraiment, de toutes ses forces de se jeter dans une direction ou dans une autre, ce « passé » restera réellement « passé », il ne pourra plus nous tromper et faire semblant d’exister encore…

     

     

                                                                                    


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  • Ce matin, j’avais publié sur Facebook ce proverbe persan qui m’avait plu : « Un véritable ami est toujours le miroir de son ami. » C’est un beau proverbe et je crois que chacun de nous connaît des amis avec lesquels on peut vivre un rapport de telle confiance et transparence que l’on devient le miroir l’un de l’autre…

    Une de mes meilleures et plus fidèles lectrices écrit en commentaire : « Un véritable ami, lorsqu’il existe. » Et elle a bien raison, il y a beaucoup de gens avec lesquels il n’y a aucune possibilité d’avoir cette relation intime et positive, c’est sûr. J’ai senti tout de même le besoin de répondre : « Mais ça dépend beaucoup de nous de faire exister des amis. » Car vous savez bien que le but de mon blog et de toutes mes publications c’est de chercher toujours un peu ou beaucoup de lumière, là où l’ombre et les ténèbres et les idées négatives essayent de nous envahir.

    Mais notre amie insiste en disant : « Pas toujours. » Et ici encore, c’est évident, elle a bien raison que souvent on aime des gens et on ne parvient pas à en faire des amis et surtout de vrais amis. Et quand je lui demande de mieux expliquer sa pensée : « Pourquoi pas toujours ? », elle me répond en toute franchise : « C’est par expérience, ce que je voulais dire. »

    Alors merci d’abord pour tous ces commentaires, mais je voudrais tout de même expliquer ici un peu mieux le but de mes publications. Il est certain que les idées négatives et pessimistes nous envahissent de tout côté du matin au soir dans notre monde malade. Mais quand on a trouvé un peu de lumière, on ne peut plus s’en passer. Toute notre vie devient une bataille pour faire profiter le plus de personnes possible de nos belles découvertes. Cela devient même une sorte de mission humanitaire, comme il y a des gens qui passent leur temps à soigner des malades ou à lutter contre la pauvreté. Et la plus grande pauvreté est peut-être celle du cœur.

    Nous ne sommes pas devant la vie, comme devant un spectacle à la télévision. Nous ne sommes pas des spectateurs bien assis dans leur fauteuil en train de faire des statistiques sur le positif et le négatif. Du négatif, on en trouvera toujours. Moi, je n’ai pas le temps de le regarder, car j’ai trop à faire pour construire le positif. Ou bien alors, je regarde le négatif sur lequel je peux agir personnellement, comme dans la rubrique « Batailles » de mon blog et je me jette à l’eau au risque de prendre des coups, mais c’est toujours dans un but positif. Le reste, là où je ne peux rien faire, je le laisse à ceux qui peuvent s’en occuper. Mais j’ai déjà tellement de chantiers positifs devant moi que ma vie sera bien occupée jusqu’à la fin de mes jours.


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  • Aujourd’hui je voudrais réagir avec force contre cette vague d’égoïsme sordide qui envahit de plus en plus l’Europe quand il s’agit d’accueillir les réfugiés de tous bords et en particulier ceux qui se jettent à la mer, prêts à mourir plutôt que de rester dans l’enfer qu’ils vivent déjà !

    Je parle bien ici de l’Europe et non pas du Liban ou je vis, ou d’autres pays comme la Jordanie qui ont fait jusqu’à présent un effort héroïque pour soulager au moins un peu de la misère et de la détresse de toutes ces familles déplacées et souvent désespérées.

    Mais je ne vais pas écrire aujourd’hui un long article sur le sujet, je voudrais simplement vous traduire quelques passages d’un discours prononcé le 15 juillet par Mgr Lorefice, l’archevêque de Palerme en Sicile, qui a le courage de parler vraiment en toute clarté et vérité.

    « Nous devons savoir, dit-il, qu’au long des années, et surtout de ces trente dernières années, l’Afrique (qui est le continent le plus riche au monde), a été exploitée par l’occident, et dépouillée de ses matières premières. C’est nous qui les leur avons dérobées, ou plutôt ce sont les multinationales qui l’ont fait pour nous, sans payer un sou. Et nous avons soutenu des gouvernements bidons, afin qu’ils ne soient pas capables de défendre les droits des gens. Et les puissances occidentales maintiennent en outre en Afrique une condition de guerre perpétuelle qui rend encore plus facile cette exploitation et qui ouvre la porte à un commerce des armes florissant.

    Chers amis, c’est nous qui sommes les pilleurs de l’Afrique. C’est nous les voleurs qui, en affamant des millions de pauvres et en détruisant leur vie, les forçons à partir pour ne pas mourir : des enfants sans parents, des pères et mères sans enfants. Un exode historique est en train de s’abattre sur l’Europe, et l’Europe a décidé de ne plus donner de permis pour entrer légalement sur notre continent. Et alors cette armée de pauvres, qui ne peut pas arriver chez nous par avion, par bateau ou en train, essaye d’y parvenir sur ces barques de trafiquants d’hommes, après avoir vécu déjà deux années de voyage hallucinant dans le désert et de détention en Lybie. Chers citoyens, ce soir je dois crier la vérité : ce qu’on appelle des centres de triage ou de détention, ces centres que nos gouvernements poussent à créer et financent pour bloquer le flot des réfugiés, sont souvent de véritables camps de concentration. Et si, il y a soixante ans, on pouvait invoquer un manque d’information, aujourd’hui ce n’est plus possible.  Nous ne pouvons plus le faire, parce qu’il y a des preuves, de la chair martyrisée de ces gens, dans des documentaires filmés, dans des reportages faits par des journalistes courageux (alors que les journaux et les télévisions qui ont d’autres buts nous parlent des migrants sur les bateaux comme d’un chargement de marchandises ou de bananes !) Nous, nous savons et nous sommes responsables. Nous devons nous lever !... »


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  • On voit circuler de temps en temps sur les réseaux sociaux des vidéos qui expliquent, avec statistiques à l’appui, que dans quelques années la France sera un état islamique. Et des gens bien intentionnés font circuler ces nouvelles bien documentées pour mettre en garde leurs amis de ce grand danger. Le résultat ? Encore un peu plus de peur, de méfiance, de divisions et de haine. Comme s’il n’y en avait pas assez dans notre monde d’aujourd’hui !

    Je voudrais crier sur les toits que vraiment on en a assez de cette mentalité catastrophe qui sert seulement à détruire l’humanité au lieu de la construire. Cela me rappelle mon papa qui m’a élevé quand j’étais petit avec la hantise du communisme qui allait envahir l’occident, nous enlever toutes nos libertés, nous empêcher de vivre notre christianisme et je ne sais quelles autres horreurs de ce genre qui l’empêchaient apparemment de dormir tranquille. Et il y avait à l’époque beaucoup de statistiques documentées sur ce phénomène, qui voulaient prouver que désormais on ne pouvait plus rien faire pour arrêter ce monstre qui avait déjà envahi l’Europe de l’est, l’URSS, la Chine et un certain nombre de pays et qui n’allait plus s’arrêter…

    A ces amis qui se laissent prendre par la panique, je voudrais affirmer bien haut quelques vérités. D’abord, je n’ai pas peur de l’islam, parce que l’islam n’existe pas, pas plus que n’existe le christianisme ou le communisme. Ce qui est existe ce sont des musulmans, plus ou moins sincères, d’ailleurs bien divisés entre eux, qui sont de plus en plus perdus dans notre monde moderne et qui se jettent parfois dans un certain extrémisme parce qu’ils ont peur de disparaître. Il y a eu des extrémismes à toutes les époques de l’humanité et ils n’ont jamais duré très longtemps, parce que le bon sens populaire finit par retrouver l’équilibre malgré tout, un jour ou l’autre.

    J’ai des amis musulmans merveilleux et si mes compatriotes français préfèrent un jour l’islam modéré à la confusion qui règne en ce moment en occident, je serai bien étonné, mais cela ne nous empêchera pas de vivre comme avant. Le problème n’est pas là. Le problème c’est que l’islam, comme le christianisme avant lui, est en pleine crise devant l’évolution de la modernité. Il se rend bien compte que s’il ne réagit pas, les mosquées vont se vider, comme se sont vidées les églises. S’il y avait dans les pays à majorité musulmane la possibilité de choisir sa religion ou sa croyance ou non-croyance, il est fort probable qu’en quelques années de nombreux musulmans arrêteraient d’être musulmans ou au moins de pratiquer leur religion. Le principal remède que malheureusement de nombreux responsables musulmans ont trouvé pour faire cesser cette hémorragie en perspective, c’est l’argent et la terreur. L’argent pour acheter la conviction des gens, la terreur pour les obliger à ne pas quitter le bateau en train de faire naufrage.

    Je suis sûr qu’un jeune musulman français se reconnaît actuellement beaucoup plus dans les joueurs de football musulmans de l’équipe de France, dans certains artistes ou hommes et femmes politiques français musulmans qui se sont bien insérés dans la société, que dans ces prêcheurs islamiques qui résistent seulement grâce à l’argent du pétrole… et encore pour combien de temps ?

    Alors, si nous voulons construire cette humanité de demain au lieu de la détruire déjà à l’avance, il n’y a qu’un chemin : chercher les musulmans sincères, les comprendre de tout notre cœur dans le fond de leurs problèmes et de leurs angoisses, nous unir à eux pour trouver des solutions positives pour l’avenir de notre monde. Nous unir par exemple, pour qu’il n’y ait plus de guerres, plus de réfugiés, plus de pauvreté. Alors que ceux qui font courir ces bruits de panique cherchent justement à multiplier les guerres qui apportent de nouvelles pauvretés, de nouvelles violences et de nouveaux extrémismes.

    Il n’y a pas d’autres chemins, on ne pourra jamais créer du positif à partie du négatif : la lutte des classes qui prétendait tuer les riches pour parvenir enfin à la justice sociale, a seulement créé d’autres formes de mafias et de pouvoirs qui ont appauvri encore plus les pays qu’ils voulaient sauver. Alors, ne tombons pas dans ce piège, tellement grossier. Eloignons-nous des extrémismes de toutes sortes, ils nous font seulement perdre du temps pour l’essentiel. Je pense qu’il y a encore assez de bonne volonté dans la plus grande partie des hommes et des femmes de notre terre, pour croire que nous n’allons pas nous détruire les uns les autres pour toujours.


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  • Je ne sais pas si vous voyez comme moi défiler sur les réseaux sociaux de plus en plus de messages effrayants qui nous expliquent que nous allons tous vers les pires des catastrophes, que l’humanité est devenue complètement folle, que ce sera bientôt la fin du monde et tout ce qu’on peut imaginer qui ne devrait même pas nous laisser dormir tranquilles une seule minute, tellement tout cela est triste.

    Il y a évidemment là un problème et plus qu’un problème, le défi ultime de la vie de l’homme sur cette terre. Alors comment réagir ? Nous mettre à notre tour à dénoncer ce mal qui nous envahit, nous informer sur tous ces faits et ces statistiques qui sont tous plus terribles les uns que les autres et passer notre temps à avertir le monde autour de nous que nous courons les dangers les plus grands que nous n’ayons jamais imaginés jusqu’ici ?

    Comme pour toute réalité de notre vie, la vérité ultime se trouve toujours dans la paix et l’équilibre. Une sorte de peur panique qui nous paralyse ne sera jamais la solution. Entrer dans des conflits perpétuels avec les gens qui nous entraînent soi-disant dans ce mal ne fera qu’augmenter le mal lui-même. Comme cette tentation qui nous atteint chaque jour de vouloir répondre à la violence par la violence, à la haine par la haine, à la folie par une autre folie.

    Je regardais et j’écoutais en même temps un de ces messages qu’une amie m’avait envoyé en me demandant de le diffuser le plus possible autour de moi, et vraiment j’ai été choqué, non pas tellement par le contenu du message qui était d’un pessimisme noir, mais par l’expression du visage et le ton de la voix de la personne qui parlait. Il était comme possédé par la peur et il voulait à tout prix nous y entraîner. Et c’est justement ce piège que nous devons éviter.

    Car si nous aimons l’humanité, à commencer par ceux qui nous sont chers, la pire des choses serait de leur faire perdre l’espoir, de les empêcher de garder la paix au fond de leur cœur, car ce sont cette paix et cet espoir qui sauveront l’humanité et non pas les cris, les guerres contre les guerres ou je ne sais quelle folie meurtrière qui ne sert qu’à nous enfoncer un peu plus chaque jour dans un abîme sans fin.

    Un des principes que nous devrions garder d’abord à l’esprit, quand on nous présente de tels scénarios catastrophes, c’est de nous rappeler que nous sommes tous quelque part des victimes, même le pire des criminels. Et qu’il s’agit de combattre le mal qui est en chacun de nous et non pas les personnes elles-mêmes. Il s’agit de garder en nous la lumière et le positif, car si le positif se répand, le négatif finira par tomber de lui-même. C’est la révolution non violente d’un Gandhi qui est la solution au mal. C’est le sourire du pardon qui empêche l’injustice de dégénérer en un conflit généralisé. C’est la joie de vivre qui guérit de la dépression. C’est l’amour désintéressé qui redonne confiance à ceux qui n’y croyaient plus. Et ce ne sont pas là de belles théories mais des expériences de chaque jour qui nous donnent cette conviction.

    Alors dénonçons le mal de tout notre cœur, ne soyons pas naïfs, mais regardons nos frères et nos sœurs qui en sont les victimes, comme nous regardons un enfant qui ne se rend pas encore compte de ce qu’il fait. Car nous ne saurons jamais ce qui pousse une personne à faire le mal, mais nous saurons toujours ce qui la pousse à en sortir comme nous-mêmes avons été capables de le faire parce que nous avons eu la chance de rencontrer des gens qui nous ont conduits vers la lumière. Et ne jugeons jamais personne, mais tâchons de nous unir toujours à tous ceux qui se battent pour le bien, souvent en silence, et qui nous font croire encore en un avenir possible pour notre pauvre humanité.

     

     


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