• Batailles

    La vie est loin d'être une promenade tranquille. Chaque jour nous devons nous battre. Mais quels sens ont ces batailles? Contre qui et contre quoi nous battons-nous? Ou bien peut-être pour qui et pour quoi?

  • « Souris, tu ne portes pas tous les problèmes du monde. » (« Messages de l’univers : les sept règles de la vie ») Voilà une autre de ces phrases contre lesquelles je me bats ces jours-ci. C’est apparemment apaisant. On essaye de nous consoler en relativisant les difficultés que nous rencontrons au cours de notre vie. Pourquoi pas ? Quand on se sent écrasé par les soucis, ça peut encourager de voir qu’il a des personnes qui vivent des situations bien pires que la nôtre. Mais cette pauvre sagesse est encore basée sur un abîme d’égoïsme et sur une conception complètement fausse du bonheur. Comme si les problèmes étaient ce qui nous empêche de sourire et donc d’être heureux.

    Mais quel peut bien être l’idéal d’une personne qui pense nous aider en publiant des phrases pareilles ? Nous pousser, encore une fois, à nous isoler dans notre coin, pour ne pas nous laisser écraser par les problèmes des autres ? Comme si c’était les problèmes qui nous empêchaient de vivre ! Je sais bien qu’il y a des problèmes tellement douloureux qu’on doit tout faire pour en sortir. Mais d’abord c’est toujours ensemble qu’on peut vraiment sortir des problèmes. Et cette lutte ensemble pour en sortir fait naître de tels courants de solidarité, d’amitié et même d’amour que notre vie va changer complètement.

     

    Le jour on l’on décide de sortir de soi, de se retrousser les manches et de se mettre au service des problèmes des autres, la vie se transforme complètement. On fait cette simple constatation que les problèmes ne nous écrasent plus, ils deviennent des défis à affronter avec le plus de courage et d’élan possible. Quand on se bat pour résoudre « tous les problèmes du monde », la vie prend toute une autre signification. La fatigue a désormais un but. La joie de rendre l’espoir à qui l’avait perdu nous donne un bonheur infini. Mais il faut en faire l’expérience pour y croire !


    1 commentaire
  • « Personne n’est en charge de ton bonheur. Sauf toi. » Encore une phrase de ces fameuses « règles de la vie » des « messages de l’univers. » Mais comment peut-on avoir le courage d’écrire des phrases pareilles en pensant aider les gens à être heureux ?

    C’est bien simple, ces experts du bonheur nous proposent tout simplement le « chacun pour soi ». Comme le commerce de l’habillement est désormais le règne du « prêt à porter », la vie en société va devenir le « prêt au bonheur » chacun de son côté. Quelle chance je vais avoir ! Personne ne va plus me déranger, je vais pouvoir organiser mon petit bonheur ou même mon grand bonheur, sans que personne ne me dérange ni s’intéresse à moi, puisque tous les autres vont être occupés à organiser de leur côté leur propre bonheur ! Quelle belle société en perspective !

    Je ne sais pas quelle idée du bonheur se fait la personne qui a inventé cette phrase. Mais pour moi le bonheur, c’est partager mes joies et mes peines avec des amis avec lesquels je me sens en pleine confiance, c’est m’occuper du bonheur des autres, sûr que les autres vont s’occuper de mon bonheur à moi au moins autant que j’en serais capable tout seul. Si je n’ai pas ce genre d’amis, je pense que ma vie va être bien triste !

     

    Je sais que je fais là une caricature un peu provocatrice. Mais ne pensez-vous pas que la vie est belle lorsque chacun essaye chaque jour de faire de belles surprises aux personnes qu’il aime, par un sourire, un coup de téléphone, une invitation, un conseil, un cadeau auxquels nous ne serions jamais parvenus tout seuls. Bien sûr que chacun reste libre d’inventer ou d’orienter son bonheur comme bon lui semble, mais ensemble n’est-ce pas là le vrai bonheur ?


    1 commentaire
  • Nous continuons aujourd’hui notre série de phrases apparemment pleines de sagesse, mais qui en réalité volent bien bas. Et voilà la deuxième phrase qui m’a fait bondir : « Ce que les autres pensent de toi n’est pas ton problème. »

    C’est évident qu’il faut apprendre à se libérer de tous ce que les gens disent ou pensent de nous avec toutes les intentions bonnes ou mauvaises qui se trouvent derrière leurs pensées ou leurs jugements. Je ne dois pas me laisser conditionner par les critiques, ni même par les compliments, si j’ai décidé d’accomplir une action qui me semble utile ou bénéfique pour quelqu’un, même si je risque d’être incompris.

    Celui qui ne fait rien ne risque peut-être pas d’être mal vu, mais ce serait terrible de rester caché dans son coin par peur de faire des gaffes ou d’aller à contre-courant, si je suis convaincu de ce que je veux faire. Ne rien faire, simplement parce qu’on n’a pas osé, est une lâcheté dans bien des cas.

    Alors devons-nous passer à l’extrême inverse : ne plus jamais tenir compte de ce que les gens pensent ? Mais pour qui je suis en train d’agir toute la journée ? Simplement pour moi, tout égoïstement ? Notre phrase serait alors le comble de l’égoïsme, un autre « idéal » excellent pour détruire les relations entre les hommes…

     

    Mais si la plupart de mes actions sont dictées par le désir de faire du bien aux autres, comme on peut l’espérer, n’est-ce pas important à chaque fois d’écouter ces personnes à qui je voudrais faire du bien ? N’est-ce pas en étant attentifs aux conseils pour nous améliorer, aux critiques pour nous corriger, et aux encouragements pour continuer, que je vais créer autour de moi des cercles d’amitié toujours plus solides, plus vrais, plus transparents qui vont faire progresser la société autour de moi ? Alors pourquoi ces phrases terribles qui n’ont de but que de nous isoler du monde entier, sous prétexte de nous libérer des autres ? Mais c’est l’harmonie des relations avec les autres qui rend libre, pas la fuite des autres, le mépris ou le sentiment d’avoir raison contre toute l’humanité… Ce que pensent les autres de moi est donc bien mon problème, mais un beau problème, un problème éminemment positif, parce que les autres sont importants pour moi, leur avis m’intéresse, me pousse, me passionne, sinon quelle vie va être la mienne si je m’enferme dans un monde clos où tout me devient indifférent ?


    1 commentaire
  • C’est bien la rubrique « Batailles » ! Pour qui ou contre qui allons-nous nous battre aujourd’hui ? Vous allez peut-être être surpris : j’ai envie de me battre contre une certaine sagesse à bon marché qui envahit nos réseaux sociaux sur internet, en prétendant aider les gens, et qui en réalité fait plus de mal que de bien. Mais jugez vous-mêmes !

    Une grande amie à moi publie il y a quelques jours un article pris des « Messages de l’univers » et qui s’intitule « Les 7 règles de la vie » Titre merveilleux, mais la suite l’est beaucoup moins. La première règle qu’on nous propose de suivre est toute simple : « Fais la paix avec ton passé pour qu’il ne dérange pas ton présent. »

    Faire la paix avec notre passé est bon, c’est évident. Rester esclave des blessures du passé est toujours tellement lourd à porter. Et il existe pour cela tant de bons chemins à entreprendre, qui vont du pardon à la réconciliation, avec soi-même et avec les autres, à la relativisation des problèmes, à l’acceptation des défauts et des limites de l’autre et encore de soi-même… tout cela est certainement positif. Mais dans quel but ? Pour ne pas être dérangé ?

    Excusez-moi, mais ce mot « dérangé » me dérange beaucoup. Il me gâche toute la belle intention de l’auteur de cette phrase. Comme si « ne pas être dérangé » pouvait être un idéal de vie ! Mais la vie par définition est un dérangement perpétuel. La vie est une aventure à couper le souffle où chaque jour et parfois à chaque instant je suis dérangé par de nouvelles rencontres, par des surprises agréables ou difficiles. C’est ma capacité à réagir, positivement ou non, devant ces surprises qui va conditionner mes journées et mon humeur.

    J’ai l’impression que l’individualisme régnant dans une partie de notre monde moderne nous fait croire de plus en plus que nous trouverons le bonheur quand nous serons définitivement tranquilles dans notre coin perdu ou notre île déserte. Ce sera la paix, certainement, mais la paix vide de toute signification de celui qui nous dit (vulgairement) : « S’il te plaît, fiche-moi la paix ! » parce que ma présence ne l’intéresse plus.

    Le jour où la présence des autres ne m’intéresse plus ou me gêne, je suis peut-être tranquille, mais de la paix qu’on trouve à l’intérieur d’un tombeau : « Qu’il repose en paix ! ». Non je n’accepterai jamais cette fausse sagesse qui nous trompe. Car la vie vaut la peine d’être vécue si elle est un affrontement perpétuel de problèmes de croissance, de conflits à résoudre, de maladies à soigner, de personnes à aider, à réconforter…

     

    Toute nouvelle vie est un dérangement. Un enfant qui naît dans une famille va changer tous les programmes. Un homme et une femme qui se marient vont devoir transformer une grande partie de leurs habitudes. Les réfugiés qui arrivent dans notre pays vont nous obliger à sortir de nous-mêmes et à faire des rencontres inoubliables. Mais tout ce qu’il y a de beau dérange quelque part. L’art dérange souvent, le sport dérange. Les idées des autres qui nous remettent en question ne nous laisseront jamais en paix, si nous sommes honnêtes avec nous -mêmes. Et c’est là que notre humanité mûrit et s’enrichit… Et ce n’est là que la première phrase de notre message : à bientôt la suite car on ne peut pas se taire devant un tel vide moral ou culturel ! 


    1 commentaire
  • Ça y est, l’armée libanaise vient de lancer ce qu’elle espère être l’assaut final contre la présence de Daech au Liban : 120 km 2 sur 10.000 km 2, plus d’1% du territoire libanais occupé par l’EI.

    En tant qu’étranger résident au Liban, je n’ai pas le droit de faire de commentaire sur la politique libanaise et je respecterai cet accord que j’ai signé pour obtenir mon permis de séjour. Mais ce n’est pas faire de la politique que de dire combien je souffre de voir mes amis, mes frères et mes sœurs libanais continuer à souffrir depuis plus de 40 ans des conséquences de tous les conflits qui continuent à éclater au Moyen Orient. Trop, c’est trop ! Pourquoi ce petit pays pacifique n’aurait-il pas le droit de vivre finalement en paix ?

    C’est que les grands de ce monde ont d’autres intérêts. « Quand deux éléphants sont en lutte, c’est l’herbe qui en souffre le plus », nous dit un proverbe africain. Tous les intérêts stratégiques, économiques et politiques s’entrechoquent au Moyen Orient et comment un pauvre pays comme le Liban qui a des frontières avec d’autres pays continuellement en guerre, peut-il sortir indemne d’une telle situation ?

    Il y aurait bien une solution : imposer la paix au Moyen Orient, faire que les Nations-Unies prennent finalement leur responsabilité, en commençant par la résolution du conflit israélo-palestinien, qui a été le début de ce cancer qui continue à dévorer la région. Mais voilà : les Nations-Unies sont incapables de prendre leur responsabilité. Ou plutôt les Nations-Unies n’existent, pour certaines choses, que sur le papier, avec de grandes déclarations sans effet sur le terrain.

    Je sais que des organismes des Nations-Unies, comme l’Unicef par exemple, font un travail énorme dans les pays en voie de développement, il faut bien le reconnaître, même si ce travail est toujours insuffisant. Mais, lorsqu’il s’agit de prendre de vraies décisions, ce ne sont plus les Nations-Unies qui prennent en main le sort de l’humanité, mais les gouvernements des grandes puissances, et l’on se demande même parfois si ces gouvernements ne sont pas eux-mêmes gouvernés par des multinationales plus ou moins identifiables qui finissent par échapper à l’emprise de la politique traditionnelle pour créer une sorte de nouvel ordre mondial qui servirait les intérêts cachés de quelques privilégiés.

     

    C’est malheureusement dans cette direction qu’est en train d’avancer l’humanité, au moins en partie. Alors je sens que c’est le moment ou jamais de faire appel à la conscience de ceux qui pensent en avoir encore un peu. Et je demande à mes frères européens (ça, personne ne m’empêchera de le faire), d’arrêter de vivre cette hypocrisie de travailler officiellement pour la paix et de continuer à vendre des armes pour des milliards sur le terrain du Moyen Orient. Et vendre des armes veut dire être complice finalement de milliers et milliers de morts, de millions de déplacés et réfugiés et de nouvelles personnes désespérées qui se laissent tenter par le mirage du terrorisme. Alors comment la pauvre armée libanaise peut-être vraiment combattre Daech, tant que des services secrets occidentaux couvrent directement ou indirectement les organisations terroristes ? Pourquoi n’appelle-t-on pas les choses par leur nom ? On le fera un jour quand ce sera devenu trop évident, mais n’est-ce pas mieux de le faire tout de suite avant que des milliers et des milliers de victimes ne tombent encore sous ces violences aveugles où tout le monde y perd, si l’on fait les comptes exacts de ce qui se passe sous nos yeux ?


    2 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique