• Batailles

    La vie est loin d'être une promenade tranquille. Chaque jour nous devons nous battre. Mais quels sens ont ces batailles? Contre qui et contre quoi nous battons-nous? Ou bien peut-être pour qui et pour quoi?

  • Aujourd’hui je voudrais réagir avec force contre cette vague d’égoïsme sordide qui envahit de plus en plus l’Europe quand il s’agit d’accueillir les réfugiés de tous bords et en particulier ceux qui se jettent à la mer, prêts à mourir plutôt que de rester dans l’enfer qu’ils vivent déjà !

    Je parle bien ici de l’Europe et non pas du Liban ou je vis, ou d’autres pays comme la Jordanie qui ont fait jusqu’à présent un effort héroïque pour soulager au moins un peu de la misère et de la détresse de toutes ces familles déplacées et souvent désespérées.

    Mais je ne vais pas écrire aujourd’hui un long article sur le sujet, je voudrais simplement vous traduire quelques passages d’un discours prononcé le 15 juillet par Mgr Lorefice, l’archevêque de Palerme en Sicile, qui a le courage de parler vraiment en toute clarté et vérité.

    « Nous devons savoir, dit-il, qu’au long des années, et surtout de ces trente dernières années, l’Afrique (qui est le continent le plus riche au monde), a été exploitée par l’occident, et dépouillée de ses matières premières. C’est nous qui les leur avons dérobées, ou plutôt ce sont les multinationales qui l’ont fait pour nous, sans payer un sou. Et nous avons soutenu des gouvernements bidons, afin qu’ils ne soient pas capables de défendre les droits des gens. Et les puissances occidentales maintiennent en outre en Afrique une condition de guerre perpétuelle qui rend encore plus facile cette exploitation et qui ouvre la porte à un commerce des armes florissant.

    Chers amis, c’est nous qui sommes les pilleurs de l’Afrique. C’est nous les voleurs qui, en affamant des millions de pauvres et en détruisant leur vie, les forçons à partir pour ne pas mourir : des enfants sans parents, des pères et mères sans enfants. Un exode historique est en train de s’abattre sur l’Europe, et l’Europe a décidé de ne plus donner de permis pour entrer légalement sur notre continent. Et alors cette armée de pauvres, qui ne peut pas arriver chez nous par avion, par bateau ou en train, essaye d’y parvenir sur ces barques de trafiquants d’hommes, après avoir vécu déjà deux années de voyage hallucinant dans le désert et de détention en Lybie. Chers citoyens, ce soir je dois crier la vérité : ce qu’on appelle des centres de triage ou de détention, ces centres que nos gouvernements poussent à créer et financent pour bloquer le flot des réfugiés, sont souvent de véritables camps de concentration. Et si, il y a soixante ans, on pouvait invoquer un manque d’information, aujourd’hui ce n’est plus possible.  Nous ne pouvons plus le faire, parce qu’il y a des preuves, de la chair martyrisée de ces gens, dans des documentaires filmés, dans des reportages faits par des journalistes courageux (alors que les journaux et les télévisions qui ont d’autres buts nous parlent des migrants sur les bateaux comme d’un chargement de marchandises ou de bananes !) Nous, nous savons et nous sommes responsables. Nous devons nous lever !... »


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  • On voit circuler de temps en temps sur les réseaux sociaux des vidéos qui expliquent, avec statistiques à l’appui, que dans quelques années la France sera un état islamique. Et des gens bien intentionnés font circuler ces nouvelles bien documentées pour mettre en garde leurs amis de ce grand danger. Le résultat ? Encore un peu plus de peur, de méfiance, de divisions et de haine. Comme s’il n’y en avait pas assez dans notre monde d’aujourd’hui !

    Je voudrais crier sur les toits que vraiment on en a assez de cette mentalité catastrophe qui sert seulement à détruire l’humanité au lieu de la construire. Cela me rappelle mon papa qui m’a élevé quand j’étais petit avec la hantise du communisme qui allait envahir l’occident, nous enlever toutes nos libertés, nous empêcher de vivre notre christianisme et je ne sais quelles autres horreurs de ce genre qui l’empêchaient apparemment de dormir tranquille. Et il y avait à l’époque beaucoup de statistiques documentées sur ce phénomène, qui voulaient prouver que désormais on ne pouvait plus rien faire pour arrêter ce monstre qui avait déjà envahi l’Europe de l’est, l’URSS, la Chine et un certain nombre de pays et qui n’allait plus s’arrêter…

    A ces amis qui se laissent prendre par la panique, je voudrais affirmer bien haut quelques vérités. D’abord, je n’ai pas peur de l’islam, parce que l’islam n’existe pas, pas plus que n’existe le christianisme ou le communisme. Ce qui est existe ce sont des musulmans, plus ou moins sincères, d’ailleurs bien divisés entre eux, qui sont de plus en plus perdus dans notre monde moderne et qui se jettent parfois dans un certain extrémisme parce qu’ils ont peur de disparaître. Il y a eu des extrémismes à toutes les époques de l’humanité et ils n’ont jamais duré très longtemps, parce que le bon sens populaire finit par retrouver l’équilibre malgré tout, un jour ou l’autre.

    J’ai des amis musulmans merveilleux et si mes compatriotes français préfèrent un jour l’islam modéré à la confusion qui règne en ce moment en occident, je serai bien étonné, mais cela ne nous empêchera pas de vivre comme avant. Le problème n’est pas là. Le problème c’est que l’islam, comme le christianisme avant lui, est en pleine crise devant l’évolution de la modernité. Il se rend bien compte que s’il ne réagit pas, les mosquées vont se vider, comme se sont vidées les églises. S’il y avait dans les pays à majorité musulmane la possibilité de choisir sa religion ou sa croyance ou non-croyance, il est fort probable qu’en quelques années de nombreux musulmans arrêteraient d’être musulmans ou au moins de pratiquer leur religion. Le principal remède que malheureusement de nombreux responsables musulmans ont trouvé pour faire cesser cette hémorragie en perspective, c’est l’argent et la terreur. L’argent pour acheter la conviction des gens, la terreur pour les obliger à ne pas quitter le bateau en train de faire naufrage.

    Je suis sûr qu’un jeune musulman français se reconnaît actuellement beaucoup plus dans les joueurs de football musulmans de l’équipe de France, dans certains artistes ou hommes et femmes politiques français musulmans qui se sont bien insérés dans la société, que dans ces prêcheurs islamiques qui résistent seulement grâce à l’argent du pétrole… et encore pour combien de temps ?

    Alors, si nous voulons construire cette humanité de demain au lieu de la détruire déjà à l’avance, il n’y a qu’un chemin : chercher les musulmans sincères, les comprendre de tout notre cœur dans le fond de leurs problèmes et de leurs angoisses, nous unir à eux pour trouver des solutions positives pour l’avenir de notre monde. Nous unir par exemple, pour qu’il n’y ait plus de guerres, plus de réfugiés, plus de pauvreté. Alors que ceux qui font courir ces bruits de panique cherchent justement à multiplier les guerres qui apportent de nouvelles pauvretés, de nouvelles violences et de nouveaux extrémismes.

    Il n’y a pas d’autres chemins, on ne pourra jamais créer du positif à partie du négatif : la lutte des classes qui prétendait tuer les riches pour parvenir enfin à la justice sociale, a seulement créé d’autres formes de mafias et de pouvoirs qui ont appauvri encore plus les pays qu’ils voulaient sauver. Alors, ne tombons pas dans ce piège, tellement grossier. Eloignons-nous des extrémismes de toutes sortes, ils nous font seulement perdre du temps pour l’essentiel. Je pense qu’il y a encore assez de bonne volonté dans la plus grande partie des hommes et des femmes de notre terre, pour croire que nous n’allons pas nous détruire les uns les autres pour toujours.


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  • Je ne sais pas si vous voyez comme moi défiler sur les réseaux sociaux de plus en plus de messages effrayants qui nous expliquent que nous allons tous vers les pires des catastrophes, que l’humanité est devenue complètement folle, que ce sera bientôt la fin du monde et tout ce qu’on peut imaginer qui ne devrait même pas nous laisser dormir tranquilles une seule minute, tellement tout cela est triste.

    Il y a évidemment là un problème et plus qu’un problème, le défi ultime de la vie de l’homme sur cette terre. Alors comment réagir ? Nous mettre à notre tour à dénoncer ce mal qui nous envahit, nous informer sur tous ces faits et ces statistiques qui sont tous plus terribles les uns que les autres et passer notre temps à avertir le monde autour de nous que nous courons les dangers les plus grands que nous n’ayons jamais imaginés jusqu’ici ?

    Comme pour toute réalité de notre vie, la vérité ultime se trouve toujours dans la paix et l’équilibre. Une sorte de peur panique qui nous paralyse ne sera jamais la solution. Entrer dans des conflits perpétuels avec les gens qui nous entraînent soi-disant dans ce mal ne fera qu’augmenter le mal lui-même. Comme cette tentation qui nous atteint chaque jour de vouloir répondre à la violence par la violence, à la haine par la haine, à la folie par une autre folie.

    Je regardais et j’écoutais en même temps un de ces messages qu’une amie m’avait envoyé en me demandant de le diffuser le plus possible autour de moi, et vraiment j’ai été choqué, non pas tellement par le contenu du message qui était d’un pessimisme noir, mais par l’expression du visage et le ton de la voix de la personne qui parlait. Il était comme possédé par la peur et il voulait à tout prix nous y entraîner. Et c’est justement ce piège que nous devons éviter.

    Car si nous aimons l’humanité, à commencer par ceux qui nous sont chers, la pire des choses serait de leur faire perdre l’espoir, de les empêcher de garder la paix au fond de leur cœur, car ce sont cette paix et cet espoir qui sauveront l’humanité et non pas les cris, les guerres contre les guerres ou je ne sais quelle folie meurtrière qui ne sert qu’à nous enfoncer un peu plus chaque jour dans un abîme sans fin.

    Un des principes que nous devrions garder d’abord à l’esprit, quand on nous présente de tels scénarios catastrophes, c’est de nous rappeler que nous sommes tous quelque part des victimes, même le pire des criminels. Et qu’il s’agit de combattre le mal qui est en chacun de nous et non pas les personnes elles-mêmes. Il s’agit de garder en nous la lumière et le positif, car si le positif se répand, le négatif finira par tomber de lui-même. C’est la révolution non violente d’un Gandhi qui est la solution au mal. C’est le sourire du pardon qui empêche l’injustice de dégénérer en un conflit généralisé. C’est la joie de vivre qui guérit de la dépression. C’est l’amour désintéressé qui redonne confiance à ceux qui n’y croyaient plus. Et ce ne sont pas là de belles théories mais des expériences de chaque jour qui nous donnent cette conviction.

    Alors dénonçons le mal de tout notre cœur, ne soyons pas naïfs, mais regardons nos frères et nos sœurs qui en sont les victimes, comme nous regardons un enfant qui ne se rend pas encore compte de ce qu’il fait. Car nous ne saurons jamais ce qui pousse une personne à faire le mal, mais nous saurons toujours ce qui la pousse à en sortir comme nous-mêmes avons été capables de le faire parce que nous avons eu la chance de rencontrer des gens qui nous ont conduits vers la lumière. Et ne jugeons jamais personne, mais tâchons de nous unir toujours à tous ceux qui se battent pour le bien, souvent en silence, et qui nous font croire encore en un avenir possible pour notre pauvre humanité.

     

     


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  • [Interview de Riccardo Petrella, politologue et économiste italien, professeur émérite de l’Université Catholique de Louvain en Belgique, qui dit des choses sur lesquelles on ferait bien de réfléchir ! Vous pouvez trouver cette interview et d’autres encore en cherchant « Riccardo Petrella sur Youtube]

    « Nous (les Européens), nous sommes riches parce que nous sommes en train d’envahir l’Afrique de nouveau, l’Amérique latine et l’Asie. Nous sommes nous les responsables de ces millions de morts. C’est nous qui disons : ‘Tu peux avoir accès à l’eau seulement si tu la paies, je t’amènerai de l’eau si je suis rentable en Afrique.’ C’est nous, ce n’est pas eux. Eux, ils étaient capables de le faire en communauté.

    Et donc, à l’heure actuelle, il faut se dire que les guerres qu’on est en train de faire, c’est quoi ? C’est parce qu’ils nous ont attaqués ? Qui ? Quand Sarkozy a bombardé la Libye, aucun Libyen n’avait attaqué la France, la France n’avait été bombardée par personne. Et quand les Américains ont bombardé Bagdad ou l’Irak, parce que c’était l’ennemi, le mal… tous ces millions qui sont morts. Et tous ces millions de réfugiés syriens, irakiens, etc. c’est eux qui l’ont voulu ?

    Et nous, après, on a le courage de dire : ‘Je vais t’aider à rentrer chez toi.’ Alors qu’on a créé les conditions pour qu’ils doivent fuir. Et cette Europe qui donne hypocritement 6 milliards à la Turquie, 2 milliards aux Libyens pour pouvoir retenir les gens qui viennent d’Afrique où on est en train d’alimenter les guerres… Mais il faut arrêter de raconter des balivernes, ici ! Il faut arrêter !

    La guerre ne se fait plus parce qu’on tue l’ennemi. La guerre est devenue grâce à la technologie (elle l’était déjà aussi avant), mais elle est devenue une activité économique la plus rentable après l’industrie pharmaceutique et l’industrie informatique. On fait la guerre parce que c’est rentable. Et malheureusement, si nous ne changeons pas nos dirigeants et nous-mêmes, pas dans le sens individuel, mais le système de valeurs fondamentales (la sécurité nationale qui explique la guerre, la souveraineté nationale, l’appropriation privée du vivant, etc.), avec tout ça on fera la guerre.

    On fera la guerre pourquoi ? Parce que cela deviendra une activité de plus en plus rentable. D’ici quelques années, si vous éliminez la guerre, le PIB mondial chutera. D’après le système dominant ! Il ne chutera pas si on est dans un autre système. Au contraire la disparition de la guerre sera une source de richesses. Mais c’est pour cela que les dominants, à l’heure actuelle ne veulent pas réduire les armements, ne veulent pas réduire les occasions de guerre.

    Parce qu’imaginez-vous la France sans la guerre, qu’est-ce que ça serait comme économie ? Imaginez-vous les Etats-Unis sans la guerre : ils deviendraient pauvres, des économies pauvres. Donc, aujourd’hui, on est rentré dans une phase où on fait la guerre parce que c’est rentable. Et vous n’aurez aucun dirigeant actuel du monde qui arrêtera la guerre. Parce qu’il sera crucifié. Parce qu’il sera lapidé. Parce qu’il va contre la logique : la guerre fait augmenter le PIB mondial, la guerre permet la croissance économique. Et on suppose que, si on fait la guerre, on augmente la production d’emplois chez nous. Non ? … »


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  • Vous avez bien dû lire récemment que la France est devenue le troisième exportateur d’armes au monde : c’est presque la même chose qu’il y a deux ans, lorsque nous étions le deuxième vendeur d’armes sur la planète. Pour un pays qui est seulement le 20e au classement des populations, il y a là un exploit assez extraordinaire ! Vraiment, j’ai de plus en plus honte d’être Français, au moins par moments.

    Honte d’un pays tout fier de trouver dans la vente de ses armes une source de richesse et un remède au chômage … en profitant de la mort des autres !

    Car c’est tout de même de cela qu’il s’agit !!

    Nous ne pouvons pas continuer à être fiers de notre diplomatie qui prend si souvent des initiatives de pourparlers de paix dans le monde et continuer à déverser ces instruments de mort dans les endroits les plus fragiles de notre planète… bien loin de chez nous en général, pour ne pas avoir tous ces morts sur notre conscience.

    Si le blanc est blanc et le noir est noir, on ne peut pas continuer de cette façon à camoufler la vérité. Et avec quels raisonnements, s’il vous plaît ? En faisant croire au peuple français que nos armes sont propres et en de bonnes mains, et que c’est tout de même mieux d’être nous-mêmes des marchands d’armes, nous qui sommes « les bons », plutôt que de laisser « les mauvais » s’emparer de ce marché et précipiter l’humanité en enfer ?

    Mais cet enfer, ces populations le vivent déjà. Et l’on s’étonne ensuite qu’ils viennent se déverser sur toute l’Europe pour échapper à la guerre, et on refuse même le plus souvent de les accueillir.

    Savez-vous que les trois quarts au moins des conflits qui se développent actuellement dans le monde auraient pu être évités par un peu de bonne volonté et de dialogue… mais qu’aurait-on fait alors de notre production d’armement ?

    La vérité est toute simple, si on est capable de la regarder en face. Mais quand le fera-t-on ? Quand les pays du Tiers Monde nous auront envahis définitivement parce qu’ils n’auront plus d’autre solution ?


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