• De chair et d'esprit

    « Veillez et priez pour ne pas entrer en tentation : l’esprit est ardent, mais la chair est faible. » (Mc 14,38)

    Toute la beauté et le drame de la vocation humaine se trouvent résumés en ces quelques mots. Que nous le voulions ou non, nous sommes faits de chair et d’esprit. C’est notre grandeur et notre défi à la fois. Toute tentative d’échapper à cette vérité toute simple, ne servira qu’à nous tourmenter un peu plus pour rien.

    Dieu qui nous a donné la vie a mis en nous un esprit, une goutte de divin dans une chair extraordinaire, un miracle de dynamisme en continuel renouvellement, une réalité bien concrète et palpable qui est à la fois la source de notre bonheur et de tant de malheurs.

    On pourrait se demander pourquoi Dieu ne nous a pas enlevé simplement la chair, puisqu’elle est souvent la cause de tellement de malheurs. Mais cela aurait été renier son dessein d’amour sur l’humanité et on ne doit pas oublier que l’esprit est parfois bien pire que la chair, comme nous le montre l’exemple du diable.

    C’est l’équilibre entre la chair et l’esprit qui va nous donner la lumière, l’unité la plus totale possible entre ces deux entités qui semblent si souvent nous tirer chacune de leur côté, comme si elles voulaient nous déchirer par le milieu…

    La solution ne sera jamais de se partager en étant tantôt esprit et tantôt chair, cela servirait seulement à nous diviser encore plus en une sorte de schizophrénie dont on ne pourrait pas sortir indemnes. Non, la solution c’est d’être le plus possible tout entiers esprit et tout entiers chair, dans le même moment, dans le même mouvement de dynamisme interne que nous devrions prolonger jusqu’à la fin de nos jours.

    Veiller ne voudra pas dire maintenant vouloir dominer la chair par l’esprit, comme on dompte un lion en furie, ce serait pire encore. Veiller voudra dire simplement accepter la chair telle qu’elle est de tout notre esprit, la comprendre, l’aimer, l’aider à être en donation au lieu de se replier sur elle-même…

    Et c’est l’harmonie entre les deux qui va nous conduire à l’amour pour lequel Dieu nous a créés. Cette harmonie est difficile parce que justement la chair est « faible », notre chair est blessée, elle porte en elle le conflit et la déformation, mais sans elle nous ne serions que des anges désincarnés et ce n’est pas pour cela que Dieu nous a faits.

    Il est admirable de voir la patience de Jésus avec notre chair. Il conseille bien aux disciples de veiller, mais il ne s’étonne même pas qu’ils n’aient pas été capables de résister au sommeil. Il va continuer à aimer les disciples jusqu’au bout et il va tout de suite concrètement leur donner la vie en laissant crucifier sa propre chair à lui pour racheter la nôtre.

    Alors, nous n’avons au fond qu’à suivre l’exemple de Jésus avec notre propre « chair » et avec la « chair » des autres. Essayer d’accepter et d’aimer la « chair » des autres comme elle est, ne jamais nous étonner quand cette chair se fatigue ou nous conduit à des impasses, mais continuer à l’aider de tout notre esprit à se relever, à changer de direction si elle s’est égarée en route, à la conduire là où le bonheur sera justement dans l’harmonie la plus totale possible entre la chair et l’esprit. Facile à dire ? Difficile à vivre ? C’est bien évident, mais nous n’avons pas d’autre choix que d’apprendre chaque jour à être un peu plus nous-mêmes en suivant par l’esprit et par la chair un Dieu qui nous a montré le chemin !

     

     


  • Commentaires

    1
    Hayat Fallah
    Vendredi 30 Juin à 09:34
    J'aimerais avoir un peu de la patience de Jésus ...envers moi -même et les autres ....
    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :