• De Marc à Matthieu 14 (1)

    [Pour nous préparer à la lecture du chapitre 14 de l’Evangile de Matthieu, nous reprenons quelques commentaires publiés dans ce blog en 2015] 

    « Venez à l’écart dans un endroit désert, et reposez-vous un peu. » (6,31) « Il s’en alla sur la montagne pour prier. » (6, 46) (cf. Mt 14, 13 : « Quand Jésus apprit cela, il partit en barque pour un endroit désert, à l’écart. » et 14, 23 : « Il se rendit à la montagne, à l’écart, pour prier. »)

    Oui, il y a toujours une part de solitude dans notre aventure avec le Christ et avec nos frères. Solitude bienvenue car elle est le moment où nous nous retrouvons seuls avec Dieu, en face de Lui, à l’écouter et à lui parler. C’est le moment où nous nous rappelons qui nous sommes, où nous prenons conscience un peu plus de ce don de la vie qui nous a été gratuitement octroyé, mais aussi de la responsabilité qui nous incombe de partager nos découvertes avec nos frères.

    Jésus lui-même, qui n’avait sans doute pas besoin de se retirer concrètement pour être avec son Père, nous donne l’exemple. Nous ne sommes pas des esprits désincarnés. Nous vivons dans le temps et dans l’espace. Une grande leçon que Jésus nous donne c’est d’apprendre à inventer le rythme de nos journées. Nous ne pouvons pas faire n’importe quoi comme cela vient, sans réfléchir. Même le fait de vouloir aimer sans fin nos frères dans le besoin, sans penser à nous, pourrait devenir déséquilibré, artificiel. La vie en Dieu et avec les frères a besoin de réflexion, d’organisation, de programmes. La spontanéité totale ne suffit pas. Est-ce que nous nous laissons prendre et manger par les évènements et les personnes toute la journée en pensant être généreux, ou bien nous gardons chaque jour, chaque semaine, chaque mois, ces espaces de temps où nous pouvons reprendre notre souffle, nous reposer, revoir un instant si nous sommes dans la bonne direction, demander à Dieu de reprendre le volant de notre conduite ? Quelle sagesse humaine et divine à la fois dans les paroles et l’attitude de Jésus !

    Une petite remarque tout de même : cette solitude ne veut pas dire que nous devons être physiquement seuls, sans personne autour de nous. Les apôtres se retirent ensemble en groupe. La spiritualité de communion « inventée » par Chiara Lubich nous rappelle que, dans la pleine unité avec nos frères, où Jésus est présent au milieu de nous, nous pouvons Le rencontrer face à face comme si nous étions seuls avec lui. Mieux encore, la « solitude » en unité, si l’on peut dire, est une garantie plus grande d’écouter vraiment la voix de Dieu en nous, car nous savons bien combien il est facile, seul avec Dieu dans la prière, de se laisser distraire par mille choses et de se parler finalement à soi-même dans un monologue égoïste, au lieu d’écouter vraiment ce que Dieu veut nous dire.

     

     


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