• Pour continuer à avancer dans nos découvertes, je voudrais confronter avec vous une conviction qui grandit de plus en plus en moi ces dernières années : c’est que même dans les pires épreuves, dans les moments les plus difficiles que traverse l’humanité, il y a toujours quelque part un bien caché. Optimisme béat, illusion ? Peut-être.

    Et pourtant si l’on fait la somme de toutes les nouvelles catastrophiques que l’on entend ou que l’on lit chaque jour dans les réseaux sociaux, il y a longtemps que notre humanité aurait dû disparaître. Et malgré cela elle continue à avancer, en boitant souvent, en tombant et en se relevant, mais la vie continue, elle progresse même par bien des côtés. L’ensemble de l’humanité vit de relations finalement assez harmonieuses.  Si l’on pense par exemple que tous les pays du monde vont se retrouver l’année prochaine au Brésil pour de nouveaux Jeux olympiques qui vont passionner toute notre planète…

    Mais où est la vérité ? Je me souviens que, lorsque je suivais autrefois des cours de sociologie religieuse au Liban, notre professeur nous faisait remarquer que la division de certains villages de la montagne libanaise en confessions religieuses, ajoutée à d’autres divisions comme celle des générations, finissait par créer une certaine unité qui permettait au village de ne pas se désagréger. S’il y avait par exemple des conflits entre les parents et les jeunes de chaque communauté, voilà que les jeunes chrétiens trouvaient alliance avec les jeunes musulmans contre leurs parents et les parents contre les jeunes et toutes ces divisions et ces conflits finissaient par faire qu’on avait toujours besoin de l’autre différent et qu’on continuait à vivre ensemble. Paradoxalement la multiplication des divisions devenait la base d’un filet de relations qui permettait au village de dépasser ses conflits internes.

    La découverte est donc finalement celle-ci : nous sommes faits pour vivre ensemble, nous avons besoin les uns des autres. Mais comme nous sommes tellement délicats ou susceptibles, nous continuons à crier ou même à penser que nous ne voulons plus vivre avec les autres, au moins avec certains autres. Nous avons par exemple beaucoup de mal à pardonner. Nous n’avons pas le courage d’abaisser notre dignité pour côtoyer des gens qui nous ont maltraités, mais finalement nous attendons le jour où la vie ensemble sera de nouveau possible.

    Vous n’avez jamais vu dans la rue des gens qui se disputent, tellement violemment que l’un d’entre eux se fait menaçant, déclare qu’il va frapper l’autre ou même le tuer s’il continue, mais cherche en même temps quelqu’un pour le retenir, car il n’a aucune intention de se battre, il veut simplement ne pas perdre la face devant tout le monde ? Et le voilà bien content quand plusieurs personnes l’entourent, lui disent qu’il a raison, et finissent par le calmer…

     

    L’homme a besoin malheureusement de se montrer plus fort ou d’apparaître comme une victime, il aime se plaindre devant les autres, il passe son temps à juger et à dénoncer. Cela conduit parfois même à des guerres et à des morts. Et pourtant, au fond de lui, il sait qu’il ne peut pas vivre sans les autres. Derrière chaque conflit il y a toujours un bien caché qui apparaît peu à peu. Il aura fallu deux guerres mondiales pour que l’on crée les Nations Unies ou l’Union européenne. N’est-ce pas dommage que des gens meurent bêtement à cause de notre entêtement, alors qu’un jour ou l’autre nous devrons toujours recommencer à nous écouter, à nous comprendre et à dialoguer ? C’est beau de découvrir finalement ce « bien caché », mais ce serait certainement mieux si ce « bien » était toujours visible et évident devant nos yeux sans qu’on doive faire autant d’efforts pour le découvrir de nouveau.


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  • Alors, où en sommes-nous de nos découvertes ? C’est beau de découvrir, mais ce n’est pas facile. On peut chercher longtemps, on peut chercher partout en ayant l’impression de n’avoir rien trouvé, rien découvert. On sait bien qu’il y a de l’or caché dans le monde, des diamants, des perles précieuses de toutes sortes. D’abord une grande partie des mines et des gisements ont déjà été mis à jour et épuisés. Et puis nous sommes de plus en plus nombreux sur cette terre à nous faire la concurrence dans cette recherche sans fin et il n’y a plus beaucoup de possibilités personnelles de découvrir encore quelque chose qui aurait échappé au regard des autres. Il y a sans doute bien des motifs pour être pessimistes.

    Mais laissons là notre découragement et nos pierres précieuses, et revenons-en à la recherche principale qui est le but de notre blog, la recherche et la découverte de soi-même et de l’autre. Il y a une belle différence entre rechercher de l’or et des diamants endormis sous la terre et qui ne vous parlent pas (même si certaines technologies parviennent parfois à les faire parler malgré eux), et la recherche du cœur de nos frères.

    C’est sûr que la bonne volonté des gens que nous côtoyons chaque jour dans la rue, dans les magasins, au travail, partout où nous nous retrouvons avec nos semblables, cette bonne volonté semble bien souvent enfouie sous d’épaisses couches de poussières qui s’appellent peur, indifférence, haine, rancœur et tout ce qu’on peut imaginer de négatif au cœur de l’homme. Ce serait donc pire que les pierres précieuses qui ne parlent pas, mais qui au moins n’inventent pas des obstacles supplémentaires à notre recherche.

    Mais il y a là, dans une telle vision, une immense erreur de base, un manque inouï de confiance en l’autre. Au fond de nous, nous savons que nous sommes nous-mêmes en train de chercher. Combien de fois avons-nous voulu créer des ponts avec les autres et cela n’a pas marché. Mais est-ce que nous pensons parfois que l’autre est dans la même situation, en train de nous regarder de travers et de se dire : « J’ai tout essayé avec lui, pourquoi ne répond-il pas ? »

    Nous sommes souvent comme quelqu’un qui devrait creuser un profond tunnel au milieu d’une grande montagne et qui est découragé à l’avance parce qu’il pense qu’il va être tout seul à creuser. Mais ne voit-il pas que d’autres, des dizaines d’autres, des centaines ou des milliers ont commencé aussi à creuser et que nous devrions nécessairement nous retrouver un jour ou l’autre ? Bien sûr, il faut se mettre d’accord, il faut essayer d’écouter vraiment l’autre pour savoir où il va passer et pour ne pas me retrouver stupidement à quelques mètres de lui sans le rencontrer. Mais nous sommes là à nous plaindre chacun de notre côté parce que nous attendons l’autre et qu’il ne vient pas et nous ne voyons pas que l’autre aussi est en train d’attendre et de se décourager ? Mais pourquoi ne faisons-nous pas un petit effort, juste pour ajuster la direction de notre recherche ? L’autre attend, il est là tout près de moi, à quelques mètres peut-être, et je vais encore le rater ?

     

     


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  • Combien de fois dans notre vie nous aurions eu envie de changer l’autre ou au moins de le voir changer de lui-même ! Chaque jour peut-être nous effleurent les mêmes réflexions : ah, si ma femme ou mes enfants ou mon collègue ou mon directeur ou mes élèves ou mon voisin pouvaient changer d’attitude ou d’habitudes ! Et ne parlons pas ici des défauts évidents, des méchancetés subies, des divisions et des rancœurs que nous n’arrivons plus à supporter. Restons-en simplement à la monotonie et à la superficialité de nos relations de chaque jour, en famille, au travail ou ailleurs avec toujours les mêmes personnes qui « ne changeront jamais ».

    Comme nous aurions envie d’ « inventer l’autre » tout à coup, de le voir plus ouvert, plus brillant, plus sympathique, plus bavard ou, au contraire, plus à l’écoute, plus attentif, mais de toute manière différent de ce personnage dans lequel il s’est enfermé et nous l’avons nous-mêmes aussi enfermé au cours des années, et dont il n’arrive plus à sortir.

    Mais serait-il possible maintenant d’inventer l’autre réellement, de lui donner soudain un autre visage, un autre regard, une autre intelligence, un autre cœur ? Ce serait comme dans un conte de fées, d’un coup de baguette magique qui transformerait la vie de routine en une nouvelle aventure, en de nouvelles relations tellement plus passionnantes ?

    Ne nous faisons pas d’illusion : la vie n’est pas un conte de fées. Et pourtant nous avons connu, chacun d’entre nous, des moments dans la vie où la relation d’amour ou d’amitié avec l’autre transformait complètement le paysage, si l’on peut dire. Des relations où la joie de se retrouver avec l’autre et même en lui dans la réciprocité, nous faisaient oublier tous ses défauts, toutes ses limites, pour ne voir en lui que le positif, l’attrayant. Mais pourquoi cela n’a-t-il pas duré, ou bien cela ne s’est-il passé qu’avec un très petit nombre de personnes et si rarement ?

    Excusez-moi si je vous dis tout cela, ce matin, à peine réveillé, peut-être choqué par les problèmes que je vois autour de moi, dans un certain nombre de familles en particulier où l’harmonie n’existe plus. Je ne voudrais pas que cela semble un jugement, qui ne servirait jamais à rien, mais une belle provocation qui nous pousse à ne pas nous satisfaire de la médiocrité.

    Oui, il est possible d’inventer l’autre, mais, pour le faire, il faut éviter un grand piège dans lequel on tombe chaque jour tellement facilement. Inventer quelque chose ou quelqu’un, n’est jamais, pour nous les hommes sur cette terre, créer tout à coup quelque chose qui n’aurait jamais existé. Je ne vais pas transformer un chameau en arbre. Ce serait alors revenir aux contes de fées. Inventer veut dire en fait découvrir une réalité cachée qui existait déjà réellement ou, au moins comme potentialité, dans la nature.

    Et c’est là que nous allons avoir la plus grande surprise. Si je veux inventer l’autre, ou plutôt l’aider à s’inventer lui-même, je ne dois surtout pas vouloir le changer, mais simplement l’accepter tel qu’il est, avec ses qualités et ses défauts, avec ses caractéristiques qui me semblent parfois si étranges, mais qui forment sa personnalité. Car le problème, ce n’est pas que l’autre est invivable en soi, par nature, mais c’est que toutes les belles potentialités qu’il porte en lui se sont peu à peu bloquées, paralysées en cours de route. Est-ce sa faute ou la nôtre ? C’est nous qui l’avons bloqué ou bien le pauvre s’est bloqué tout seul, par peur, par timidité, par réaction, par amertume ou déception ? Peu importe la cause.

    Ce qui compte maintenant, c’est que ce frère ou cette sœur, que nous aimons sûrement malgré tout au fond de nous-mêmes, attend peut-être depuis toujours quelqu’un qui l’aide à être lui-même, quelqu’un qui sache l’aider à découvrir en lui ses trésors cachés, et cela à n’importe quel âge, à n’importe quelle étape de la vie. Mais nous devons changer complètement notre regard et surtout nous mettre ensemble avec nos amis, non plus pour nous plaindre de l’autre derrière son dos, mais pour voir ensemble comment l’aider à se débloquer. Nous verrons que notre ami ou notre amie, reprendra espoir comme par miracle et changera en peu de temps de visage : nous l’aurons aidé à s’inventer lui-même et il se vengera en nous aidant à notre tour à nous inventer de nouveau nous-mêmes, comme une chaîne de vie positive qui fera certainement tache d’huile autour de nous...


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  • Où en sommes-nous de nos découvertes ? Vous avez découvert quelque chose de nouveau dans ce blog ? J’avoue que, depuis que je me suis lancé dans cette aventure, c’est extraordinaire ce que je découvre chaque jour de nouveau...

    Mais vous vous êtes demandé ce que veut dire, au fond, « découvrir » ? C’est simple, évidemment, cela veut dire d’abord enlever ce qui « couvre ». Mais qu’est-ce qui couvre ? N’importe quoi peut couvrir : une couverture, un couvercle bien sûr, mais aussi un voile, de la poussière, de la neige, des cendres, le brouillard, les nuages, la nuit, un obstacle, un mur, tout ce qui peut finalement nous empêcher d’entrevoir quelque chose ou quelqu’un.

    La découverte est donc un évènement spécial, une sorte de nouvelle naissance, une participation à la création de l’univers. Qui dit découverte dit émerveillement, surprise. Et pourtant ne peut-on pas faire parfois de bien mauvaises découvertes ? Découvrir un jour qu’un ami nous a trahis, qu’une route s’est fermée devant nous irrémédiablement ? C’est vrai, mais c’est vrai aussi qu’après une triste découverte le chemin s’ouvre souvent en de nouvelles découvertes encore plus fortes et plus positives, car l’expérience négative est devenue entre temps une richesse qui nous a fait mûrir.

    C’est que la vie est dynamique. Toute nouvelle découverte se recouvre bien vite pour se découvrir une fois encore un peu plus loin. Le jour est plus beau après la nuit, le ciel limpide est plus serein après la pluie. Mais lorsqu’il s’agit de découvrir l’autre, les autres, nos compagnons de voyage, l’aventure devient encore plus passionnante.

    Je viens de revoir un groupe d’amis que je n’avais pas vus depuis plusieurs années. Pas mal de changements, des cheveux plus gris, les enfants ont grandi, certains ont traversé des périodes difficiles, moi aussi j’ai vécu mes aventures que j’ai pu partager. Et c’est sans doute ce partage des moments les plus difficiles, parfois de véritables épreuves, qui est le plus émouvant. Avec cette joie de nous rendre compte que malgré tout, nous sommes toujours là, toujours debout.

    La véritable découverte est une redécouverte sans fin, car elle est toujours la même et elle n’est jamais la même, comme l’onde de la mer qui vient sans cesse baigner le rivage et que l’on pourrait rester là à contempler pendant des heures, identique et toujours différente.

    Attention seulement aux fausses découvertes, celle qui cherchent le nouveau pour le nouveau, le sensationnel pour le sensationnel, qui utilisent des mots nouveaux pour redire toujours la même chose, ce n’est pas ça la découverte. Découvrir c’est en même temps aller toujours plus loin et toujours plus en profondeur. Impossible, direz-vous ? Il n’y a rien de nouveau sous le soleil, comme dit le proverbe ?

    Demandez à deux amoureux  si leurs découvertes sont ennuyeuses, banales ou superficielles. C’est finalement le regard qu’on porte sur les êtres et les choses qui nous les fait découvrir véritablement dans leur essence cachée et qui peut chaque fois nous émerveiller. Et la surprise la plus forte c’est de se découvrir soi-même chaque fois un peu plus, au moment même où on découvre les autres et le monde. Allez faire un tour dans la rubrique « Au bout de soi-même » qui ne fait que commencer et partagez avec nous vos découvertes, si le cœur vous en dit...


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  • Aujourd’hui, c’est mon anniversaire. Quelqu’un va sans doute me faire une surprise, toujours agréable. Mais c’est évident que depuis ce matin, à mon réveil, je m’attends déjà à toutes ces marques d’affection ou d’amitié délicate qui vont me submerger de toutes parts.
    Alors pourquoi suis-je si heureux, si ce n’est pas réellement une découverte inattendue ? C’est là en fait qu’est la véritable surprise, le plus grand trésor que nous ayons entre les mains : s’émerveiller chaque jour de la vie qui nous a été donnée à notre naissance et qui se renouvelle à chaque instant.
    Notre monde est malade du désir de nouveauté. Rien de mal à cela, en un sens. C’est beau d’être toujours attentif à ce que nous allons découvrir ou rencontrer de nouveau au cours de la journée. Mais là où cela ne va plus, c’est lorsque nous traitons les évènements et les personnes comme un enfant gâté qui s’amuse quelques heures avec son cadeau quand il vient à peine de le recevoir, puis l’oublie dans un coin et pleure si on ne lui apporte pas tout de suite un autre cadeau complètement différent.
    C’est beau de partir en voyage pour découvrir de nouveaux horizons inconnus. Mais la surprise la plus grande n’est-elle pas de s’apercevoir que ces étrangers que je ne connaissais pas sont au fond comme moi, même si c’est d’une autre façon ? Ce sont aussi des frères et des sœurs, à la peau peut-être différente, aux habitudes parfois un peu surprenantes, mais qui souffrent et se réjouissent finalement des mêmes choses que moi.
    Sans diminuer maintenant la beauté de découvertes réelles auxquelles on ne se serait jamais attendu et qui illuminent de temps en temps notre voyage sur cette terre, je crois que la découverte la plus extraordinaire c’est de s’apercevoir que les objets et les êtres, la vie même que nous avons entre nos mains, peuvent se dévoiler à nous chaque jour sous un angle nouveau, avec une lumière, une couleur, un parfum que nous n’aurions pas imaginés auparavant.
    C’est sans doute cela la découverte fondamentale de notre existence. On pourra toujours rêver du jour où l’homme passera des vacances sur la lune ou même sur mars, pour s’évader peut-être, mais le plus grand trésor qu’il a, c’est cette vie dont on lui a fait cadeau un jour à la naissance, qui se renouvelle sans cesse et qui se mélange en harmonie, comme dans une merveilleuse symphonie, à la vie de tous ceux qu’il rencontre sur son chemin. Symphonie d’amour et d’amitié, de partage dans la réciprocité où chaque échange est à la fois toujours le même et toujours nouveau.
    Alors, partons à la découverte, sans doute. Mais n’allons pas la chercher trop loin. La plus belle découverte est sans doute sous nos yeux et à portée de main. A nous d’être assez vigilants et attentifs pour savoir l’accueillir à chaque bon moment et la partager tout de suite avec nos compagnons de voyage... alors la vie devient une aventure chaque jour plus belle !

     


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