• Interdépendance

    Dépendance, indépendance, interdépendance? Doit-on toujours dépendre de quelqu'un ou peut-on arriver un jour à être vraiment libre de penser, agir et se déplacer en toute liberté? Cela dépend peut-être...

  • Je crois que c’est assez évident que l’autre est important pour moi. D’abord parce que sans l’autre, tous les autres, je ne serais jamais devenu moi-même, tout ce que je suis en ce moment, avec tout ce que l’autre m’a fait de bien ou de mal depuis le jour de ma naissance jusqu’à aujourd’hui.

    Et c’est bien pour cela que j’écrivais récemment : « La joie et la souffrance des autres ne peuvent plus nous laisser indifférents. » Cette petite phrase a bien plu à certains. Mais je voudrais m’arrêter ici sur les commentaires, apparemment négatifs, que m’ont faits deux de mes lecteurs.

    Le premier nous dit : « Il me semble que la souffrance des autres réjouit certains ! » Et le second : « Combien de personnes sont sensibles aux souffrances des autres… il y a en a très peu, malheureusement. »

    Ces deux remarques sont justes et sensées. On rencontre en effet tous les jours des gens qui sont contents de voir souffrir les personnes avec lesquelles ils ont eu des problèmes, comme s’ils tenaient là une vengeance, ou au moins une revanche. Comme si la souffrance des autres allait alléger la nôtre. Comme si cette souffrance était indirectement une punition que nous aurions aimé leur infliger.

    Mais lorsqu’on se laisse aller à des sentiments pareils, ne voit-on pas qu’on est en train de s’enfermer dans une prison qu’on bâtit avec ses propres mains ? Si le bonheur de l’homme se trouve dans le partage des joies, des découvertes, des trésors de l’amitié ou de l’amour, souhaiter le mal des autres, n’est-ce pas créer entre ces frères et ces sœurs en humanité et nous-mêmes un véritable fossé que nous n’arriverons plus jamais à combler ?

    La vie ne serait alors plus que la construction d’une véritable poubelle humaine où l’on jetterait l’un après l’autre tous ceux qui nous dérangent, qui ne pensent pas comme nous, qui nous ont trahis ou oubliés. Et combien pensons-nous avoir encore d’amis après un tel carnage ? Même les personnes les plus proches deviendront peu à peu des candidats à la méfiance ou au moins à l’indifférence. On n’ira jamais très loin avec une telle mentalité.

    Je crois que la seule manière de grandir en humanité, est de décider un jour que tout homme et toute femme sont importants pour moi. Car tout homme et toute femme peuvent un jour ou l’autre m’enrichir des trésors qu’ils possèdent en eux et qui me feraient certainement beaucoup mûrir s’ils les partageaient avec moi… comme moi, je pourrais en même temps être un beau cadeau pour eux s’ils me laissaient leur donner tout ce que j’ai de beau au fond du cœur.

    Vision naïve et irréelle ? Mais êtes-vous sûrs que nous sommes nés sur cette terre seulement pour nous faire souffrir les uns les autres ? Je sais que beaucoup vont encore me dire qu’ils ont essayé et qu’ils ont été trop déçus. Alors ils préfèrent s’isoler pour toujours plutôt que de s’exposer encore à de nouvelles blessures.

    Il y a un remède à tout cela. Se lever un matin en se disant : à partir de maintenant je vais chercher dans le monde toutes les personnes qui ont des sentiments positifs, pour apprendre à sortir de moi-même et ne pas m’arrêter au premier obstacle. Et vous verrez que des gens pareils sont bien plus nombreux qu’il y paraît au premier abord. Puis, avec ces amis solides, je vais partir à l’attaque, je vais gagner chaque jour à notre cause des gens comme moi qui voudraient bien s’ouvrir, mais qui ont encore peur de se faire mal. Car avec nous, tous ensemble, la joie et le bonheur vont devenir contagieux… (à suivre)

     

     


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  • Mais où va notre pauvre monde ?

    Lisez, s’il vous plaît, ces quelques lignes d’un article paru dans « Le Monde » du 2 février et dites-moi si cela n’est pas inquiétant.

    L’article s’intitule : « Les murs dans le monde, en réponse aux nouvelles peurs. »

    Et on peut y lire entre autres : « Dans un monde écartelé entre mondialisation en expansion et repli identitaire, ces remparts se multiplient comme autant de solutions sécuritaires. » Et puis : « Si l’idée d’ériger un mur ou une clôture entre des pays est aussi ancienne que les concepts de nation et de frontière, l’Europe et le monde occidental ont un peu vite cru que la fin de la guerre froide et l’effondrement du mur de Berlin, en 1989, allaient signifier la disparition des séparations entre les peuples. Près de trente ans plus tard, le nombre de murs et de clôtures a explosé un peu partout sur la planète… »

    On va me dire que c’est mieux d’ériger des murs pour se protéger que de faire la guerre à son voisin ? Certainement. Mais se protéger contre qui ? Contre des délinquants et des criminels qu’on préfère mettre en prison ? Cela pourrait encore se comprendre, même si on comprend de plus en plus que les prisons ne sont jamais à long terme des solutions positives.

    Mais ce qui est navrant dans cette histoire, c’est d’abord qu’on décide de mettre en prison tout un peuple. C’est toute une nation qui est considérée tout à coup comme délinquante ou criminelle. Comme cette nouvelle entendue un jour à la télévision d’un pays voisin qui parlait d’une centaine de terroristes dont la moitié étaient des femmes et des enfants : les enfants étaient déjà des terroristes par définition !

    Pour ne pas écrire ici encore des pages et des pages sur ce sujet, que mes lecteurs n’auraient pas le temps de lire, je voudrais poser seulement une petite question à ces hommes politiques qui décident un jour, sans état d’âme, de mettre des peuples entiers derrière des barreaux. Oublions même les problèmes de conscience dus à la situation humanitaire désastreuse qu’engendrent en général ce type de murs ou de clôtures.

    Ces hommes politiques sans conscience, qui ne pensent peut-être qu’à la prochaine élection dans leur pays dans quelques mois ou quelques années, ne voient-ils pas qu’en isolant les autres, ils finissent par s’isoler eux-mêmes les premiers, à se mettre eux-mêmes dans la prison où ils pensaient enfermer les autres ? Dans un monde où nous sommes désormais tous de plus en plus interdépendants, quel héritage vont-ils transmettre aux générations futures de leur propre pays ? Des relations internationales basées seulement sur la peur, où l’on n’est même plus capable de comprendre l’autre différent ? Imaginons si, à la fin de la seconde guerre mondiale, la France et l’Allemagne avaient décidé d’ériger entre elle un grand mur pour ne plus risquer de se faire la guerre, où en serait l’Europe aujourd’hui ? Le monde de demain sera interdépendant ou bien il disparaîtra pour toujours. Il n’y a pas d’autre solution désormais. Un enfant le comprendrait…

     

     


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  • Ce n’est pas la première fois que je reviens sur ce sujet. Ces jours-ci, la moitié des nouvelles internationales sont focalisées sur ces nouvelles velléités d’indépendance qui vont de la Catalogne en Espagne, aux Kurdes de l’Irak ou ailleurs, aux Ecossais de Grande Bretagne, aux Camerounais de langue anglaise, au Biafra, et sans doute j’en oublie.

    De quoi faire réfléchir vraiment ! A une époque où beaucoup de nations essayent de s’unir pour se sentir plus fortes ou en sécurité, voilà que des morceaux de nations, qui sont aussi des peuples avec leur identité propre, semblent aller au contraire dans le sens de la division. Comme l’Angleterre qui vient de sortir de l’Europe.

    Mais où va l’humanité ?  Vers l’unité ou vers la division ? Vers l’harmonie ou vers la confusion ? Il est évident que le progrès de l’homme sera réel quand les peuples seront plus unis et finiront ainsi de faire la guerre entre eux. Mais il s’agit que ce soit une vraie unité. Or, malheureusement, les modèles d’unité que nous avons connus jusqu’à présent sont souvent des relations injustes où le plus fort finit pas dominer le plus faible, où les minorités ne se sentent pas acceptées dans leur identité et respectées. Et il est bien normal que tous ces peuples bafoués et maltraités, ou pour le moins relégués à un niveau inférieur, essayent de se sortir de cette situation injuste et recherchent alors une nouvelle indépendance.

     

    Le problème c’est que l’indépendance ne pourra jamais être un but ou un idéal. L’indépendance ne peut être qu’un passage qui prépare une nouvelle harmonie ou un nouvel équilibre dans les relations. Mais l’avenir de l’humanité sera toujours l’interdépendance et non pas l’indépendance. Car nous sommes tous désormais tellement dépendants les uns des autres que la blessure d’un seul peuple du monde finit par rejaillir au moins sur ses voisins et à la longue sur toute l’humanité. Nous devrions apprendre à voir toujours un peu plus loin que notre nez. Etre capables de mettre en valeur les autres lorsqu’on détient le pouvoir et être capables de faire amitié, sincère et concrète avec tous les autres peuples du monde, au risque sinon d’aller toujours de mal en pis, si chacun cherche son indépendance et s’y arrête comme si c’était un but en soi !


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  • On n’a pas encore les résultats officiels du deuxième tour des élections présidentielles françaises, mais ce n’est pas bien difficile de prévoir qu’au soir du 7 mai il n’y aura pas beaucoup de Français très contents.

    Ceux qui espéraient encore voir une France soi-disant toute nouvelle avec Marine Le Pen seront les premiers déçus, car le bon sens de la majorité du peuple aura tout de même évité une telle catastrophe possible. Ceux qui auront voté pour Emmanuel Macron l’auront fait en grande partie comme un « vote utile », comme on dit souvent, ou comme un moindre mal. Beaucoup se seront abstenus. Il n’y aura pas foule de gens très enthousiastes.

    La France va se reconstruire sur les ruines des deux grands partis qui l’ont dirigée depuis tant d’années. Chacun va en tirer probablement un certain nombre de leçons. Beaucoup vont décider de ne plus s’intéresser à la politique…

    Mais je voudrais ici reprendre espoir avec vous. Espoir que le monde peut encore changer tant qu’il n’est pas complètement mort. Je n’ai rien contre l’immense désir de changement de Marine Le Pen ou de Jean-Luc Mélenchon. Il faut avouer que tous les deux ont eu le courage de souligner certaines vérités que d’autres n’osent pas dire, parce qu’ils sont encore trop attachés au système politique et économique régnant.

    Il est étonnant de noter que nos deux politiciens extrêmes se sont retrouvés tout à coup ensemble si proches de la Russie de Vladimir Poutine dont le système n’est évidemment pas le rêve le plus beau qu’on puisse proposer au peuple français…

    Alors que penser ? Nous résigner au fait que nous sommes toujours tellement dépendants de la puissance des Etats-Unis que nous devons renoncer à construire notre propre identité ? Car remplacer le parrainage des Etats-Unis par celui de la Russie ou, bientôt peut-être de la Chine, n’est sans doute pas le meilleur avenir qu’on puisse imaginer.

    Mais ne remarquez-vous pas que les citoyens des Etats-Unis sont eux aussi, pour beaucoup, en pleine crise ? Qui est vraiment heureux en ce moment dans le monde politique sur notre planète ? Pratiquement personne. Car un vieux monde est en train de s’écrouler.

    La première constatation est qu’on ne peut plus rien décider tout seul, car nous sommes tous devenus trop interdépendants. Vouloir sortir de l’Europe, comme nos deux extrêmes y pensaient, n’aurait que retardé la solution de nos problèmes. Mais le véritable défi c’est que les puissances occidentales, Etats-Unis et Europe en tête, commencent à se rendre compte qu’ils ne peuvent pas faire leur propre politique comme autrefois en dominant le reste du monde. Car le reste du monde réagira toujours, en commençant par le terrorisme et l’immigration sauvage qui ne trouveront jamais de solution tant qu’on n’acceptera pas de monter dans la même barque avec tous nos frères et sœurs en humanité.

    Et c’est là qu’on peut rêver d’un nouveau monde possible pour demain. Non pas un monde où l’on va ériger encore d’autres murs pour avoir l’illusion de se débrouiller tout seuls, mais un monde où l’on va multiplier les ponts de solidarité pour résoudre d’abord les problèmes de la faim, de la pauvreté et des ressources naturelles et commencer à renoncer à la logique de la force et des armes.

     

    Je crois que nos politiciens ne savent pas trop quoi faire encore à ce niveau. Mais ce sont les innombrables associations humanitaires qui se battent un peu partout dans le monde pour des idéaux de fraternité, de paix et de justice, qui redonneront peu à peu à la vraie politique son âme et sa dignité. Notre monde politique a en grande partie échoué, mais tout n’est pas encore irrémédiablement gâché. Cherchons donc la lumière là où elle se trouve encore, essayons d’ouvrir un peu plus les yeux et le cœur et je crois que finalement nous ne serons pas déçus !


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  • On dirait que le peuple français n’a jamais été aussi perdu et perplexe que cette année, à la veille d’élections présidentielles. Il y a de quoi être perplexe. C’est que tout le monde sent inconsciemment, sans oser le dire à haute voix et ni même se le déclarer à soi-même, que toute cette campagne électorale est fondée sur un immense mensonge. Car pratiquement aucun des candidats n’est dans la situation de pouvoir réaliser, s’il est élu, ce qu’il a promis pendant cette campagne. Le pire, c’est qu’ils doivent bien en être conscients (au moins on peut l’espérer), mais qu’ils ne peuvent rien changer à leurs discours s’ils veulent conserver un minimum de chances d’être élus.

    Car, en fin de compte, ce ne sont pas seulement les politiciens qui sont en train de mentir, mais le peuple lui-même qui refuse de voir en face les réalités. Et que sont donc ces réalités ? Je sais qu’il me faudrait des centaines de pages pour m’expliquer. Je vais donc faire simplement une grossière caricature.

    Les promesses de la gauche (une certaine justice sociale en particulier) sont intéressantes, mais dans le contexte occidental de capitalisme sauvage dominant, il sera pratiquement impossible de les réaliser.

    Et les promesses de droite, elles aussi sont intéressantes : plus de sécurité, plus de paix, un certain protectionnisme compréhensible, ne pourront pas non plus devenir réalité tant que le monde occidental continuera à exploiter les pays les plus pauvres et à provoquer ainsi de plus en plus de guerres, de pauvreté et par conséquent d’immigration et de terrorisme.

    Une des conséquences de la mondialisation est que plus personne n’a en main toutes les cartes à jouer. Tout le monde dépend de tout le monde (ce qui a aussi des aspects positifs), mais ce sont des organisations financières plus ou moins anonymes et mystérieuses qui sont devenues les maîtres du jeu.

    Et lorsqu’on voit par exemple tous les candidats expliquer comment ils vont faire grandir le pouvoir d’achat ou le niveau de vie de tous nos concitoyens, on pourrait se mettre à rire ou à pleurer. Car personne n’a le courage de nous dire que le niveau de vie des Européens et des occidentaux en général est tellement fondé sur l’injustice de l’exploitation des pays pauvres par les pays riches, que cette richesse artificielle ne pourra pas continuer indéfiniment. On devrait être capable de comprendre que l’avenir de l’humanité passera inévitablement, un jour ou l’autre, par un équilibre social plus grand sous peine d’une catastrophe planétaire.

     

    Le problème, c’est que si un des candidats se mettait à dire toutes ces vérités ouvertement, personne ne l’élirait. Alors que faire ? Ne pas trop se formaliser sur la personne de notre prochain président et continuer à travailler sans trop faire de bruit pour un monde plus juste et plus équilibré. Beaucoup de gens généreux sont en train de faire ce travail de l’ombre et, tôt ou tard, on aura besoin d’eux quand notre monde artificiel se sera complètement écroulé. L’humanité a encore assez de positif en elle-même pour changer peu à peu de direction. Dommage que beaucoup de gens soient écrasés en ce moment par le rouleau compresseur de ceux qui pensent seulement à dominer les autres, sans se rendre compte qu’ils se préparent à eux-mêmes des lendemains bien tristes.


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