• Interdépendance

    Dépendance, indépendance, interdépendance? Doit-on toujours dépendre de quelqu'un ou peut-on arriver un jour à être vraiment libre de penser, agir et se déplacer en toute liberté? Cela dépend peut-être...

  • Je ne sais pas combien de gens se rendent compte que ce qui fait le plus de mal à nos relations humaines de toutes sortes, ce sont les étiquettes que nous nous mettons les uns sur les autres à longueur de journée, comme points de repère pour savoir comment nous comporter avec chacun.

    Il est bien naturel de vouloir comprendre l’autre, sa personnalité, son caractère, ses qualités et ses défauts, pour savoir au moins comment l’aborder, quel type de relation nous pourrons construire avec lui. Mais le problème, c’est qu’on passe sans s’en rendre compte d’un premier regard de découverte à un désir d’analyse, à l’envie de définir l’autre et de le cerner. Et ce regard se fait souvent méfiant, comme si l’autre était déjà au départ un danger pour nous qu’il faut bien déchiffrer pour pouvoir l’affronter…

    On peut mettre ainsi sur l’autre des étiquettes positives comme des étiquettes négatives. On peut admirer l’autre ou en être jaloux, on peut mépriser l’autre ou essayer de l’éviter. Tout cela vient justement des étiquettes dans lesquelles nous l’avons peu à peu enfermé. Mais ce dont nous ne nous rendons pas compte, c’est qu’en enfermant l’autre dans ces espèces de caricatures que nous nous forgeons du matin au soir, nous nous enfermons nous-mêmes, comme dans des prisons réciproques que nous dressons entre nous et qui finalement nous paralysent. Et nous remplissons ainsi une grande partie de notre temps à faire des commérages plus ou moins superficiels sur les gens que nous connaissons et la vie nous semble bien vide.

    Le problème véritable ce ne sont pas les étiquettes en soi, mais le fait que notre société est de plus en plus une sorte de grand spectacle, où nous regardons les autres du fauteuil de notre personnalité, comme nous suivons les nouvelles à la télévision. Nous finissons par ne plus savoir interagir avec les autres, nous laisser toucher par eux, être prêts à ce que l’autre entre dans notre vie, notre esprit et notre cœur et vienne peut-être bouleverser l’équilibre fragile que nous nous étions faits jusque-là.

    Nous sommes à une époque où tout le monde cherche son indépendance. L’indépendance est bien sûr un pas en avant par rapport à la dépendance que nous subissons devant quelqu’un qui va jusqu’à nous dominer et nous écraser. Mais on oublie que l’indépendance n’est que la préparation à l’interdépendance entre des partenaires qui sont assez mûrs pour savoir ce qu’ils veulent, mais qui savent que la vie est avant tout don de soi à l’autre dans la réciprocité, si nous ne voulons pas faire de la société un véritable enfer où chacun a peur d’être envahi par les autres.

    Quand nous devenons capables de regarder l’autre de l’intérieur le plus possible, de l’intérieur de nous-mêmes à l’intérieur de lui-même, de cœur à cœur, et non pas du dehors en restant finalement prisonnier des apparences, les relations humaines deviennent une belle aventure tellement passionnante. Et qui dit aventure ne dit pas que tout est facile, mais que tout prend un sens tellement plus fort, car nous sommes nés pour créer des rapports, pour nous entrechoquer le plus positivement possible et non pas pour passer notre temps à nous observer les uns les autres de loin comme des étrangers.

     


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  • Regardez avec moi cette citation rencontrée ces jours-ci par hasard et qui m’a scandalisé. Et pourtant elle est d’un grand écrivain, Georges Duhamel. « L’homme est incapable de vivre seul, et il est incapable aussi de vivre en société. »

    Je ne vais pas faire ici de procès à Georges Duhamel, surtout à partir d’une phrase prise en dehors de son contexte qui pourrait sans doute nous l’éclairer. Mais n’est-ce pas tellement négatif de faire circuler des phrases pareilles qui sont tristes ou même simplement ridicules ?

    L’homme serait donc condamné à échouer lamentablement tout au long de sa vie, puisque seul ou en société, il n’arriverait à rien de beau, de bon ou de bien ?

    Il y a ici encore un grand malentendu. Car c’est au fond comme si je prenais la main d’un homme et que je la détachais du reste de son corps. Ou ses jambes ou son cœur ou son cerveau. Tout semblerait absurde, puisque les membres de notre corps sont faits pour être pour toujours étroitement liés les uns aux autres, sous peine d’un grave handicap ou même de la mort du corps tout entier.

    Alors pourquoi cette insistance à vouloir toujours isoler l’homme, l’individu, chacun de nous ? Tandis que le sens de notre vie, ce pour quoi nous sommes venus au monde est justement d’être en relation continuelle avec d’autres hommes. Même quand je suis seul, je suis en relation, je pense aux autres en bien ou en mal. La nuit, je rêve des autres. Je me situe sans arrêt par rapport aux autres. Le problème n’est donc pas ce lien de moi aux autres, mais la façon avec laquelle je me rapporte à eux.

    « Vivre seul » pour toujours n’aurait évidemment aucun sens, mais vivre seul par moment, par nécessité provisoire, peut être un moment bénéfique comme celui d’une retraite momentanée pour se reposer et réfléchir. Mais ce doit être bien sûr pour avoir ensuite une harmonie encore plus grande dans mon lien avec les autres.

    Mais « vivre en société », devrait être la source de notre bonheur, si nous avons compris le secret de la vie. Car la vie vaut la peine d’être vécue lorsque nous sommes en pleine réciprocité avec les autres, lorsque nous sommes heureux de les rencontrer parce qu’ils nous aiment, nous enrichissent et nous font du bien. Quand on a l’impression du contraire, c’est seulement parce que nous nous y sommes mal pris, ce n’est pas « la faute aux autres ». Sinon ce serait comme si un homme qui a eu le malheur d’avoir un accident rangeait pour toujours sa voiture au garage, ce n’est évidemment pas une bonne solution. Alors pourquoi nous mettre nous-mêmes au garage chaque fois que nous avons des difficultés ou des conflits avec les autres ? On peut trouver tellement de solutions positives. C’est le sens de tout ce blog qui se bat comme beaucoup d’autres pour qu’enfin l’homme finisse par se convaincre que nous avons tellement de chance de pouvoir exister, vivre, respirer et nous aimer les uns les autres…


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  • Est-ce que vous avez pensé un jour que se plaindre de l’autre ne sert à rien ? Ou plutôt que ça sert seulement à se faire du mal à soi-même en même temps qu’à la personne ou aux personnes dont on se plaint ?

    Ayons le courage de regarder les choses en face pour un instant. Quand je me plains d’une personne, d’un groupe, d’une situation, d’une injustice, c’est presque toujours en pensant à moi-même, en me regardant moi-même. Cette situation ou cette injustice me dérangent, me font du mal, alors je me plains comme si cette plainte allait me soulager, me libérer et me faire trouver une solution à mon problème. Et la plupart du temps, cela ne sert qu’à détériorer encore plus nos relations.

    Le pire ce sont évidemment les plaintes contre des gens qui ne sont pas là, derrière leur dos, en disant du mal d’eux, le plus possible, en essayant de convaincre nos amis que ces personnes sont vraiment terribles, et, pour mieux les convaincre, en exagérant ce qui ne va pas, en nous laissant aller peut-être à de petites calomnies ou finalement à de grandes calomnies, à des racontars que nous avons entendus par hasard dans la rue et qui pourraient apporter de l’eau à notre moulin… Cela est la voie la plus sûre pour détruire pour toujours le rapport avec ces personnes, la confiance qui aurait pu peut-être s’établir entre nous malgré les difficultés.

    Alors que faire ? Le premier pas serait d’abord de se plaindre d’une personne en sa présence et si possible seul à seul, pour ne pas faire de tout de suite de notre problème un scandale public qui va sûrement s’ébruiter, se propager et prendre des proportions que nous n’arriverons plus à contrôler. Donc ce serait mieux de se plaindre « à » une personne plutôt que de se plaindre « d’ »une personne. Mais même cela n’aura pas une grande chance d’aboutir, sauf si la personne en question est vraiment tellement ouverte qu’elle va accepter tout de suite de nous écouter, mais c’est assez rare de trouver des personnes pareilles.

    La véritable solution, c’est d’arrêter de me plaindre déjà en moi-même, de cesser de penser seulement à me débarrasser d’un problème ou d’un obstacle qui me dérangent. Vous savez qu’un petit accident avec une personne, quand il est pris au début, avant que le problème n’augmente, est souvent une occasion de parler en toute franchise et de mieux se connaître ? Vous savez que la plupart du temps quand une personne commet une faute envers nous, elle ne le fait pas exprès ou bien elle le fait sans s’en rendre compte ? Alors la meilleure chose à faire, c’est d’abord de me calmer, d’arrêter de me regarder, et de me mettre à penser positivement à cette personne, croire à sa bonté, à ses bonnes intentions, lui trouver des excuses. Puis attendre une occasion, repartir avec cette personne du positif que nous avons déjà construit avec elle, ou bien, s’il s’agit de quelqu’un que nous connaissons à peine, essayer de construire un premier pont entre nous par un geste gratuit, un sourire, un salut qui donne confiance.

    Quand la bombe de notre colère ou de notre plainte est désamorcée à l’intérieur de nous-mêmes, on peut se jeter à l’eau en toute simplicité et humilité, en disant : « Il y a peut-être eu un malentendu entre nous. » « Avec tout le travail que vous avez à faire, vous ne vous êtes peut-être pas rendu compte de la situation » ou d’autres phrases de ce genre, pleines de confiance et de gentillesse gratuite. Si l’autre n’est pas vraiment méchant, tout le problème va vite se dégonfler et cela va même créer une nouvelle complicité entre nous. Et d’un conflit prêt à éclater on va peut-être parvenir au miracle de l’amitié… parce que nous avons eu le courage de penser au bien de l’autre avant notre bien à nous-mêmes. Combien la vie va devenir ensuite plus légère !


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  • Je suppose que chacun ou chacune de vous, au fil des innombrables rencontres que la vie nous invente chaque jour, s’est posé parfois cette question : « Mais comment se fait-il que cette personne m’aime tellement ? Ce n’est pas vrai ! Mais vraiment elle trouve en moi quelque chose de si beau, de si fort, de si attachant que ça la rend tellement heureuse de me voir et qu’elle essaye même de multiplier les occasions de se retrouver ensemble ? »

    C’est que nous avons gagné le gros lot : l’amour de réciprocité, ou l’amitié de réciprocité, ou peut-être même les deux ensemble. Mais aujourd’hui je me contenterai de dire quelques mots tout simples sur l’amour de réciprocité. La réciprocité est pour l’amour une sorte d’épreuve du feu qui va nous montrer si vraiment notre amour est totalement pur, libre et sincère. Car je n’aime plus l’autre par devoir, par habitude ou par routine, par intérêt, par désir de possession, pour combler un vide, pour me sentir moi-même un peu mieux, pour être consolé de mes souffrances, même si cet amour console et comble à sa façon bien mieux que tout ce qu’on aurait pu imaginer…

    L’amour de réciprocité est un amour-surprise, parce qu’il se manifeste toujours de manière inattendue. Cet autre ou cette autre, que j’aime et qui m’aime, invente chaque jour des attentions qui me touchent au plus profond de moi-même, car l’amour vrai est toujours nouveau, unique et personnalisé pour chacun. Il ne se répète jamais, ou bien il se répète comme les thèmes musicaux d’une merveilleuse symphonie qui ajoutent toujours un instrument ou une note différente et font ainsi que la répétition semble à chaque fois nouvelle, étonnante. Comme les vagues de la mer, qui viennent se jeter tour à tour sur le rivage et qu’on pourrait regarder avec émerveillement pendant des heures, car elles se ressemblent toutes, mais ne sont jamais exactement les mêmes.

    Quand on a commencé à vivre de cet amour, on n’est plus jamais déçu, parce qu’on n’attend plus rien de l’autre. Entendons-nous : on attend tout de l’autre, car on a compris qu’il nous aimera pour toujours, mais on n’attend plus tel ou tel acte particulier, telle réponse, telle manifestation d’affection, car on sait que l’autre saura inventer de nouvelles expressions à notre amour qu’il est inutile de prévoir à l’avance. Et nous sommes nous-mêmes tellement occupés à inventer pour l’autre cette réciprocité qui va le rendre si heureux à son tour…

    Mais l’autre miracle de cet amour de réciprocité, c’est que l’autre non seulement se découvre à moi en toute transparence, mais il me fait peu à peu découvrir son univers, tout ce qu’il aime et tous ceux qu’il aime, et tous ceux qui l’aiment… Alors s’ouvre une nouvelle symphonie qui ne s’arrêtera plus. Avec ces nouveaux amis ou nouvelles amies, on crée des liens toujours plus beaux, plus enrichissants, on va là encore de surprise en surprise. On laisse un moment cet ami ou cette amie avec qui tout s’était déclenché au départ, pour aller vers de nouvelles couleurs, de nouveaux parfums, de nouveaux paysages, comme dans la nature. Et ce qui est beau c’est que dans ces relations, il n’y a pas de jalousie, car chaque nouvelle rencontre est une continuation de la première et de toutes les suivantes. Et l’on revient ensuite au point de départ tellement changé et enrichi par ces nouvelles randonnées dans les cœurs de tous ces frères et sœurs en humanité que la vie devient une aventure sans fin. Car cette vie ne pourra plus jamais se replier sur elle-même et elle va commencer à faire respirer un tas de gens autour de nous qui ont tellement besoin de s’ouvrir à leur tour sur cette réciprocité qu’ils n’avaient peut-être pas encore connue. Et si jamais ils l’avaient connue eux aussi d’une autre façon, c’est comme le feu qui s’ajoute au feu et la joie ne fait que se multiplier…


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  • Oui, c’est très intéressant et même très touchant, cette mobilisation plus ou moins spontanée de millions et de millions de personnes à travers le monde qui manifestent pour qu’on se penche enfin sérieusement sur le terrible problème de l’avenir climatique de notre planète.

    On dirait une sorte de vengeance positive de la nature que nous avons exploitée, humiliée, méprisée pendant des siècles au lieu de la respecter et de la remercier pour ce qu’elle nous a toujours donné.

    Mais ce qui est sans doute ici la grande chance de l’humanité, c’est qu’on ne peut pas jouer comme on veut avec la nature, sinon nous risquons tous de très mal finir. Il y a bien d’autres problèmes sur notre pauvre terre, comme celui des réfugiés par exemple. Et les hommes sont parfois tellement égoïstes qu’au lieu de s’unir pour trouver une solution à la situation des réfugiés, ils se divisent encore plus, au risque de créer de nouveaux conflits qui vont provoquer encore de nouveaux afflux de réfugiés.

    Tandis que dans la nature il n’y a pas de véritables frontières comme entre les nations. Si l’eau ou l’atmosphère sont polluées quelque part, c’est tout le globe qui s’en ressent. Si la calotte glacière fond de plus en plus avec le réchauffement de la température ce sont toutes les mers et les océans du globe qui vont envahir de nouveaux rivages et mettre en péril des cités entières un peu partout. Si la santé d’une nation est en danger à cause d’une épidémie inconnue provoquée par la pollution ou les catastrophes de tous genres qui nous tombent dessus sans prévenir, personne ne sera plus jamais à l’abri.

    Alors, il ne restera bientôt qu’une seule solution : cesser nos querelles puériles, regarder en face le drame qui s’annonce et nous décider enfin à intervenir la main dans la main. Ce seront sans doute les enfants d’aujourd’hui qui résoudront notre problème car ils ont encore l’avenir devant eux et ils tâcheront de le rendre meilleur… pas comme ces tristes chefs d’Etat d’aujourd’hui (pas tous heureusement, mais ils sont encore bien trop nombreux) qui se moquent bien des générations à venir puisqu’ils ont seulement encore quelques années à vivre et que le pouvoir dont ils jouissent en ce moment leur semble plus important que le futur de leurs enfants…


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