• Interdépendance

    Dépendance, indépendance, interdépendance? Doit-on toujours dépendre de quelqu'un ou peut-on arriver un jour à être vraiment libre de penser, agir et se déplacer en toute liberté? Cela dépend peut-être...

  • Je pense que nous avons tous été formés par la dialectique, à l’école, au collège, au lycée ou à l’université. Tous nos devoirs et nos examens tournaient autour de ces fameux concepts de « thèse, antithèse et synthèse ». Cela nous a sûrement fait du bien, cela nous a appris à raisonner, à relativiser nos idées, à comprendre que tout n’est pas ou tout noir ou tout blanc. S’ouvrir à la dialectique, c’est accepter d’écouter une pensée qui semble au départ complètement en contradiction avec mes convictions, c’est finalement me faire à l’idée que j’aurai toujours besoin de l’autre pour parvenir à une synthèse plus complète et plus enrichissante…

    Mais la dialectique, c’est malheureusement aussi s’opposer trop facilement à l’autre, chercher ce qui ne va pas en lui et essayer finalement de le démolir ou au moins de démolir ses idées, soi-disant pour l’aider, mais tellement souvent pour se débarrasser de lui. Et en ce sens, je n’aime pas du tout ce concept d’antithèse. Il y a toujours un danger à être « anti » quelque chose, comme les « antibiotiques » qui servent en principe à guérir mais qui détruisent aussi la santé par un autre biais. On devrait se résigner à être « anti » seulement quand on a cherché sincèrement toutes les autres solutions possibles et qu’on n’en a pas trouvé.

    On ne doit jamais oublier que c’est cette « dialectique » de l’antithèse qui a fait naître le monstre du communisme moderne. Les riches ont pris le pouvoir et oppriment le peuple et les pauvres ? Je supprime les riches, je me débarrasse d’eux et il n’y aura plus de pauvres et la société deviendra un paradis. Mais on ne peut pas tuer quelqu’un ou se débarrasser de lui en prétendant arriver ainsi à une synthèse harmonieuse…

    Je crois que le remède aux dangers de la dialectique est d’abord une question d’écoute et de confiance. Commencer à se mettre devant l’autre dans la position de s’émerveiller de ce qu’il est et de ce qu’il pense, ou au moins de s’intéresser sincèrement à sa personnalité, à ses actions, à ses suggestions, être capable de découvrir en chacun un aspect qui va m’enrichir et me faire du bien, au-delà de la première impression qui est parfois tellement négative, car on s’arrête souvent aux apparences extérieures au lieu d’entre dans le cœur de l’autre.

    Quand on apprend à écouter l’autre sans vouloir s’opposer tout de suite à ce qui ne nous plaît pas en lui, un monde nouveau de relations s’ouvre à nous. C’est d’abord la surprise de l’autre de rencontrer quelqu’un qui l’accueille sans préjugé, sans étiquette mise à l’avance. Cet accueil est tellement rare dans la jungle de notre société si souvent basée sur la peur d’être mangé par l’autre ou trompé par lui. La dialectique est encore pleine de peur. L’accueil et l’écoute sont le meilleur chemin pour arriver à une vraie synthèse qui fera respirer tout le monde. Car en général les discussions où l’on passe tout de suite à l’antithèse, comme par principe, avant d’avoir écouté l’autre, ne parviennent qu’à un dialogue de sourds qui ne débouchera jamais sur aucune synthèse. Chacun de nous s’enferme alors dans sa tour d’ivoire, invente chaque jour de nouveaux arguments plus forts et plus malins pour se protéger des attaques de l’autre et notre pauvre monde crée chaque jour de nouvelles guerres qui ne savent plus s’arrêter. A chacun de choisir quel est le but de sa vie…

     


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  • Il circule vraiment de tout sur les réseaux sociaux, du positif comme du négatif, beaucoup de recherche tout de même d’un monde meilleur, il faut le dire. Mais ce monde soi-disant meilleur est bien souvent d’un niveau tellement bas qu’on ne peut pas lire ou écouter de telles affirmations sans réagir. Voyez ma dernière découverte, d’il y a quelques jours :

    « Une personne équilibrée ne s’occupe pas de la vie des autres, ni n’est curieuse à pister, fouiller, fouiner, tracer les autres. Une personne équilibrée s’occupe de sa vie et fout la paix aux autres. Elle n’a pas le temps pour passer ses journées à parler des autres, elle sait qu’elle a suffisamment à faire en s’occupant de sa propre vie. » (Selon le site « Source du savoir »)

    A première vue, il y a une certaine sagesse là-dedans : passer son temps en commérage sur ce que font et disent les voisins, n’est certainement pas un grand idéal de vie, celui qui a inventé ces quelques phrases a bien raison. Mais quel remède propose-t-il à la place ? Cela ne vole pas bien haut non plus…

    « Une personne équilibrée ne s’occupe pas de la vie des autres… » Mais comment cela ? Toute notre vie se passe avec les autres, en collaboration, en service, en dialogue, en partage, et pour être équilibré je devrais tout à coup me cacher dans mon coin et ne plus m’intéresser aux autres ?

    Autant me suicider tout de suite ! Car le sens profond de la vie est justement d’essayer de voir ce dont les autres ont besoin, comment je pourrais les aider, alléger leurs souffrances, leur donner un coup de main quand ils sont en difficulté, et surtout créer des relations d’amitié, un climat de famille avec tout le monde, au travail ou même dans la rue. Bien sûr que je m’occupe des autres, pas pour en profiter ou pour leur faire du mal, mais pour construire avec eux une famille humaine plus harmonieuse, plus pacifique. Sinon dans quel but me lever chaque matin ?

    Et la phrase finale dit au fond à peu près la même chose : « … elle sait qu’elle a suffisamment à faire en s’occupant de sa propre vie. » Là les bras vous en tombent. J’aimerais bien savoir ce que signifie « sa propre vie » pour la personne qui a écrit une telle bêtise. Mais quand je me lève le matin, que je me lave et que je prends un peu de force avec mon petit déjeuner, c’est pour moi que je le fais ? Quand je vais au travail, c’est pour moi que je le fais, pour gagner de l’argent pour moi, pour pouvoir m’acheter ensuite ce que je veux, pour rentrer le soir à la maison pour moi, me payer ensuite des vacances et une retraite pour moi ? Ce serait l’idéal d’une vie ?

    Cette personne voulait peut-être dire pour sa propre famille, ce qui serait déjà un peu mieux que seulement pour soi-même, mais tout de même ! Mais tous les commerçants que je rencontre, du boulanger, à l’épicier, au marchand d’habits, au pharmacien, toutes les personnes dont j’ai besoin en cours de la semaine, du médecin, à l’électricien ou au plombier, tous mes fournisseurs, tous mes collègues, ils sont tous là occupés seulement à leur « propre vie », à leurs propres intérêts ?

    Ne va-t-on pas chez le même marchand parce qu’on l’a trouvé sympathique, par ce qu’on voit qu’il se met en quatre pour nous trouver le produit le meilleur, avec les meilleurs conseils, parce qu’il se fatigue avec toute sa bonne volonté pour que nous soyons contents ? Ce n’est pas l’intérêt qui construit la société, mais la qualité des relations, sinon nous ne serons bientôt plus qu’une jungle d’animaux sauvages qui font semblant de se servir les uns les autres mais qui essayent seulement de se dévorer entre eux. Je sais qu’il y a des gens qui ont cette mentalité, mais ils sont quand même de pauvres exceptions.

    Je pense que notre vie trouve son sens, toute sa beauté, le jour où nous nous levons pour nous occuper des autres du matin au soir. Parce que si nous passons notre temps à nous donner aux autres de tout notre cœur, à leur faire confiance et à leur donner confiance, nous allons certainement nous fatiguer dans ce service et ce partage continuels, mais comme nous aurons essayé de rendre meilleure la vie de centaines de personnes, voilà que ces centaines de personnes courront pour nous aider quand nous serons nous-mêmes dans le besoin. C’est une loi de la nature, comme le principe des vases communicants. Et si cela ne marche pas, c’est sans doute que nous nous sommes repliés sur nous même en cours de route : alors ne perdons pas trop de temps à nous remettre dans la bonne direction…


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  • Je crois qu’il y a deux catégories de personnes. Celles qui veulent changer le monde et celles qui préfèrent vivre leur vie le mieux possible sans trop s’occuper de ce qui se passe autour d’elles. Ce n’est pas un jugement, c’est une constatation. Si vous lisez de temps en temps au moins les articles de mon blog, vous comprendrez bien vite que je fais partie de la première catégorie. J’ai compris à un certain moment de ma vie, après avoir été aidé par des gens merveilleux à sortir de mon tunnel, que « vivre ma vie », c’était me jeter dans la bataille de l’humanité. Avec ce pacte réciproque : moi, je m’occupe de l’humanité et l’humanité s’occupera de moi. Et je dois dire que je suis chaque jour un peu plus émerveillé encore de tous les fruits de cette bataille. Parfois, je ne me reconnais plus moi-même, tellement j’ai changé, tellement je me trouve enrichi par tous les trésors que j’ai rencontrés sur mon chemin au cœur de mes compagnons de voyage.

    Est-ce que j’ai changé le monde ? Oui, j’ai au moins contribué à le changer. Comme moi-même je n’en finirai jamais de remercier ceux qui m’ont tendu la main, qui m’ont accepté tel que j’étais sans se bloquer sur mes limites, et qui continuent à le faire jusqu’à aujourd’hui, de la même façon je n’arrête pas de rencontrer des gens qui pensent devoir me remercier parce que j’ai été pour eux une source de lumière dans les moments beaux ou difficiles. Quand on décide d’aimer l’humanité, c’est comme une semence qu’on jette et qui ne peut pas ne pas donner de fruits. C’est sûr qu’il faut être patient et souvent détaché des résultats, mais les « résultats » arrivent toujours, parfois beaucoup plus beaux que ce qu’on pouvait imaginer au départ.

    Et ces autres personnes, celles qui préfèrent « vivre leur vie » sans vouloir changer le monde ? Ce sont souvent des personnes remarquables, capables de créer l’harmonie autour d’elles en famille ou sur leur lieu de travail, peut-être plus réalistes que des gens comme moi qui rêvent encore de changer le monde. Chacun a des raisons profondes aux choix qu’il fait à certains moments de sa vie. Et j’ai d’ailleurs tellement besoin de ces gens-là aussi, car je ne pourrai jamais changer le monde sans eux.

    Mais je crois qu’en fin de compte, nous devrions tous être d’accord. Car le but final est toujours le bonheur de l’humanité dans son ensemble. Je ne serai jamais vraiment heureux si les autres sont tous malheureux autour de moi. Je sais que beaucoup de gens me disent : « J’ai essayé d’aimer et de servir les autres et j’ai été trop souvent déçu, alors je me contente d’être en paix avec les gens qui m’entourent et cela me suffit. » Mais j’ai appris à distinguer dans ce raisonnement entre ceux qui me disent cela en toute sincérité, mais qui continuent à servir leurs frères et sœurs en humanité là où c’est possible, et ceux qui n’ont absolument pas envie de s’ouvrir aux autres parce qu’ils ont peur, parce qu’ils ne savent pas que ce sont les autres qui seront à la fin l’assurance de leur bonheur.

    Alors je voudrais dire à tous les gens que je rencontre une ou deux vérités. Chacun se connaît lui-même et connaît les limites qu’il ne doit pas dépasser sous peine de se déséquilibrer. Chacun doit donc trouver son propre rythme dans la relation avec les autres. Mais c’est tout de même la qualité de cette relation qui va être la base de la qualité de ma vie personnelle. Alors, si l’on ne se sent pas capable de gravir une haute montagne, qu’on grimpe sur une petite colline, mais qu’on soit toujours en relation avec ceux qui grimpent sur la haute montagne, ou ceux qui traversent les mers ou les océans. A chacun sa spécialité, mais la vérité, c’est aussi que le monde change tout seul même si je n’y fais rien. Alors c’est tellement plus beau d’agir pour que ce changement soit positif, de participer à ce changement en essayant de l’orienter vers des pas toujours plus concrets, vers la paix ou la justice, vers la résolution des problèmes de la faim, de la pauvreté ou de l’ignorance… L’humanité est un immense chantier où il y a du beau travail pour tout le monde et où l’on se trouvera mieux quand chacun s’y lancera non pas contre l’autre , mais en collaboration et en harmonie avec lui !

     


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  • Quand j’étais jeune, c’était une insulte de dire à quelqu’un, en France : « Tu es raciste ! » Notre monde semblait avoir évolué. Aux Etats-Unis, le racisme contre les noirs semblait désormais dépassé. Je ne suis pas compétent pour dire ce qui se passait dans d’autres régions du monde, mais mon éducation est passée par ces valeurs d’acceptation de l’autre en commençant par la couleur de sa peau.

    Mais voilà qu’aujourd’hui, dans notre vieille Europe qui continue à se croire stupidement plus évoluée que les autres pays du monde, on dirait que le racisme est en train de devenir une idée courante, banale, dans l’indifférence presque générale. Parce que ce qui compte n’est plus la tolérance ou l’acceptation de l’autre, mais sa propre sécurité ou liberté. Et je crois que tout cela est dû à la peur. Mon papa avait peur de l’invasion des communistes, mais les communistes ne sont pas liés à une race. Tandis que maintenant on a peur des musulmans que l’on relie souvent au monde arabe, même s’il y a des musulmans dans toutes les races. Et on a peur de l’invasion des pauvres et des réfugiés sur notre vieux continent et les pauvres et les réfugiés sont souvent des noirs ou des jaunes. Alors, on essaye de se défendre, on élève des barrières et l’on oublie toutes les valeurs qu’on avait commencé à construire.

    Où va l’humanité dans tout cela ? Vers de nouvelles barrières ou frontières ? Vers de nouvelles haines ou discriminations ? C’est possible. Mais le problème, c’est que notre monde a changé, il y a eu ces dernières décennies un brassage tellement considérable de peuples et de races dans notre monde occidental que l’on ne pourra plus jamais revenir en arrière. Une grande partie des gens de nationalité française ne peuvent plus se considérer comme descendants des gaulois, c’est sûr, et pourtant ils sont fiers de leur nationalité française et la France toute entière est bien fière de ces nouveaux arrivants lorsqu’ils nous font gagner la Coupe du monde de football.

    On doit bien se rendre à l’évidence : le monde d’autrefois ne reviendra plus jamais, que cela nous semble positif ou négatif, car nous sommes tous devenus interdépendants. Aucun pays ne peut plus faire sa propre cuisine dans son coin sans tenir compte des autres. Et les relations qu’on refuse de tisser avec ses voisins en toute liberté aujourd’hui, on finira par les accepter de force dans quelques temps.

    Il y a dans la nature ce fameux phénomène des vases communicants dont on ne pourra jamais arrêter le processus. Alors que faire ? Regarder la réalité en face. Et la réalité est que nous sommes tous frères et sœurs en humanité. Et toute cette propagande qui veut nous faire croire que l’autre est menaçant parce qu’il est différent de nous par sa peau ou son origine, n’est qu’un mensonge pour nous empêcher de connaitre et de résoudre les vrais problèmes. Ne tombons pas dans ce piège tellement stupide et dangereux à la fois, si nous ne voulons pas arriver un jour à des guerres généralisées sur toute notre planète. Car, désormais, une guerre entre n’importe lesquelles des nations de notre monde sera une guerre fratricide, une guerre civile qui ne laissera que de nouvelles haines et de nouvelles blessures que l’on ferait mieux d’éviter avant qu’il ne soit trop tard !


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  • Il faut bien avouer que la rencontre entre les présidents Trump et Kim Jung-un a surpris tout le monde, même les prévisions les plus optimistes pour des progrès de paix pour notre pauvre humanité malade.

    Nos deux hommes politiques, encore les pires ennemis il y a quelques mois, ont-ils changé soudain le fond de leur cœur ? Sans prétendre juger des personnes que nous connaissons finalement bien mal, on pourrait tout de même avoir beaucoup de doutes sur les intentions profondes de ce changement incroyable.

    La politique, qui avance le plus souvent en fonction des intérêts les plus égoïstes qui soient, laisserait-elle la place à de véritable soucis humanitaires ? Toute la bataille pour la paix menée par des personnalités admirables un peu partout dans le monde commencerait-elle à porter des fruits ? C’est bien possible, et c’est certainement une raison au moins indirecte de ce revirement étonnant.

    Mais ce qui va nous donner le plus d’espoir dans cet évènement exceptionnel, c’est que, si l’homme n’a pas perdu complètement son intelligence, il va bien finir par se rendre compte que la guerre est finalement bien moins rentable que la paix. Nous avons déjà dénoncé dans notre blog ce fait horrible que nos guerres modernes se développent plus par intérêt que par nécessité, parce qu’elles semblent de plus en plus rentables pour les pays qui fabriquent et qui exportent des armes. Mais il n’est pas besoin d’être très intelligent pour comprendre que les problèmes liés aux guerres, comme l’insécurité, la violence, la pollution croissante, la réalité des réfugiés ou le terrorisme finiront à la longue par coûter beaucoup plus cher aux pays riches qu’ils ne leur rapportent de l’argent. Et si les pays pauvres, dévastés par les conflits, deviennent de plus en plus misérables, qui achètera à la fin les produits des pays riches ?

    Sans vouloir passer d’un pessimisme résigné à un optimisme naïf, je crois tout de même que l’humanité a encore de beaux jours devant elle, si elle commence à réfléchir un peu plus sérieusement à ce qui est son intérêt. Car elle découvrira enfin que seule une saine interdépendance pourra sauver notre monde d’un immense suicide collectif. Et que chacun de nous a intérêt à se lier aux intérêts des autres, car ces autres nous laisseront vivre en paix seulement le jour où nous nous convaincrons que la sécurité des autres est l’assurance de la meilleure sécurité pour chacun de nous et chacun de nos pays !


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