• Interdépendance

    Dépendance, indépendance, interdépendance? Doit-on toujours dépendre de quelqu'un ou peut-on arriver un jour à être vraiment libre de penser, agir et se déplacer en toute liberté? Cela dépend peut-être...

  • On n’en finirait pas de parler de la confiance. C’est un sujet tellement important et délicat à la fois. Je suis tombé ces jours-ci sur une phrase de Goethe qui m’a beaucoup intéressé : « Aie confiance en toi-même, et tu sauras vivre. »

    C’est une belle phrase assurément, mais il y a un piège là-dedans, car on pourrait la comprendre de deux manières complètement contradictoires. Je vais m’amuser ici à faire une sorte de caricature pour me faire comprendre…

    Imaginons que j’aie une forte personnalité. Je suis habitué à dominer les autres, à me sentir le meilleur, à montrer que j’ai toujours raison. Et lorsque j’ai un conflit avec quelqu’un, je suis assez sûr de moi-même pour trouver mille personnes qui me donnent raison contre les autres et à m’en sortir gagnant. J’ai bien confiance en moi et je parviendrai toujours à sortir vainqueur de la bataille de la vie dans cette loi de la jungle qui règne sur l’humanité… jusqu’au jour où le conflit sera trop fort et je tomberai de haut comme tout le monde.

    Mais maintenant je suppose que vous voyez avec moi une solution tellement plus belle, même si elle n’est pas toujours facile à vivre. Je fais confiance à la bonté qui se trouve au cœur de l’homme, au-delà de beaucoup d’apparences qui me révoltent chaque jour. J’essaye le plus possible de donner une chance aux autres, de leur faire confiance dans la vie de tous les jours. Je ne suis pas trop préoccupé de moi-même, car je sais que c’est la paix avec les autres qui me rendra finalement plus à l’aise et plus heureux.

    Et voilà que commence un miracle que je constate de plus en plus dans l’aventure de la vie. Parce que j’ai choisi la deuxième solution, même si au début j’ai été souvent déçu. Mais j’ai appris à semer cette confiance par principe, sans trop me préoccuper des résultats. Et alors je n’ai plus eu de déceptions, parce que les résultats positifs se sont mis à l’emporter de loin sur les réponses négatives de l’autre. Et comme la confiance appelle la confiance, je me suis senti entouré par des dizaines de personnes qui me remerciaient chaque jour pour la confiance que j’avais placée en eux. Et ces dizaines sont devenues des centaines. Mais le plus extraordinaire, c’est que la confiance qui m’arrive des autres en retour est en train de me faire découvrir des talents et des capacités qui existaient en moi et que je ne soupçonnais même pas. Voilà que ma confiance en l’autre a fini par développer une confiance en moi qui me semble un rêve quand je pense combien j’avais peur de la vie au départ. Alors, oui, je suis vraiment convaincu maintenant et pour toujours que « savoir vivre », c’est faire confiance à cette « vie » que chacun porte en lui et s’unir toujours plus aux personnes positives… pour avoir la force avec elles de conquérir chaque jour à la confiance de nouvelles personnes encore timides, hésitantes, blessées, paralysées, mais qui rêvent pourtant elles aussi d’un monde où la paix ne soit plus un rêve impossible…


    1 commentaire
  • J’ai publié récemment sur Facebook une de mes citations qui disait : « La confiance, c’est le courage de nous jeter avec l’autre dans une aventure dont nous ne connaissons que le point de départ. » Et j’ajoutais en commentaire : « Quelqu’un nous a fait confiance et tout a changé dans notre vie : alors pourquoi ne faisons-nous pas plus confiance à notre tour ? »

    A cela beaucoup de réactions positives, mais deux de mes lectrices les plus fidèles ont réagi un peu fort en disant pour la première : « Les temps modernes ont malheureusement détruit la confiance dans les autres… » Et la seconde : « Oui, malheureusement la confiance n’existe plus de nos jours. »

    Je comprends bien le problème de nos deux amies. Les relations entre les hommes ne sont pas faciles de nos jours. Mais étaient-elles faciles à l’époque où les Romains envahissaient tout le pourtour de la Méditerranée ou quand les Ottomans dominaient le Moyen-Orient ? En tous cas, ce n’est pas vraiment cela notre problème, cela ne sert pas beaucoup de comparer une époque à une autre.

    Je crois que notre problème est plutôt un grand malentendu sur le sens du mot « confiance ». A notre époque, où l’on a peur de tout et où l’on veut tout sécuriser, on a voulu faire de la confiance une nouvelle sécurité. « J’ai confiance » en telle ou telle personne, ce qui voudrait dire : avec cette personne, je suis tranquille, je suis sûr, elle ne me fera jamais de mauvais coup. Et l’on cherche à droite et à gauche ces personnes en qui « avoir confiance » et on n’en trouve pas beaucoup.

    Eh bien non, la confiance, comme la foi et comme l’amour, ne sera jamais quelque chose qu’on peut posséder. Au lieu de dire « j’ai confiance », on devrait surtout dire « je fais confiance », car c’est cela l’amour. « Avoir confiance », cela pourrait être une manière de penser à soi-même égoïstement, « faire confiance » c’est donner une chance à l’autre d’exprimer le meilleur de lui-même, sans être jamais sûr au départ du résultat.

    C’est ce qui m’est arrivé quand j’étais jeune. J’étais renfermé sur moi-même et plein de problèmes et quelqu’un, malgré les apparences, a voulu croire quand même en moi, il m’a fait confiance et ma vie a complètement changé de direction. J’étais comme une fleur desséchée qui avait besoin simplement d’un peu d’eau pour refleurir. Alors, depuis ce moment-là, j’ai décidé de « faire confiance » aux autres le plus possible pour leur donner cette chance que moi-même j’ai reçue un jour gratuitement. Je vous avoue que ça ne marche pas toujours du premier coup, mais quand l’autre refleurit à son tour, c’est un tel bonheur réciproque que la vie s’illumine pour toujours…


    votre commentaire
  • Je pense que nous avons tous été formés par la dialectique, à l’école, au collège, au lycée ou à l’université. Tous nos devoirs et nos examens tournaient autour de ces fameux concepts de « thèse, antithèse et synthèse ». Cela nous a sûrement fait du bien, cela nous a appris à raisonner, à relativiser nos idées, à comprendre que tout n’est pas ou tout noir ou tout blanc. S’ouvrir à la dialectique, c’est accepter d’écouter une pensée qui semble au départ complètement en contradiction avec mes convictions, c’est finalement me faire à l’idée que j’aurai toujours besoin de l’autre pour parvenir à une synthèse plus complète et plus enrichissante…

    Mais la dialectique, c’est malheureusement aussi s’opposer trop facilement à l’autre, chercher ce qui ne va pas en lui et essayer finalement de le démolir ou au moins de démolir ses idées, soi-disant pour l’aider, mais tellement souvent pour se débarrasser de lui. Et en ce sens, je n’aime pas du tout ce concept d’antithèse. Il y a toujours un danger à être « anti » quelque chose, comme les « antibiotiques » qui servent en principe à guérir mais qui détruisent aussi la santé par un autre biais. On devrait se résigner à être « anti » seulement quand on a cherché sincèrement toutes les autres solutions possibles et qu’on n’en a pas trouvé.

    On ne doit jamais oublier que c’est cette « dialectique » de l’antithèse qui a fait naître le monstre du communisme moderne. Les riches ont pris le pouvoir et oppriment le peuple et les pauvres ? Je supprime les riches, je me débarrasse d’eux et il n’y aura plus de pauvres et la société deviendra un paradis. Mais on ne peut pas tuer quelqu’un ou se débarrasser de lui en prétendant arriver ainsi à une synthèse harmonieuse…

    Je crois que le remède aux dangers de la dialectique est d’abord une question d’écoute et de confiance. Commencer à se mettre devant l’autre dans la position de s’émerveiller de ce qu’il est et de ce qu’il pense, ou au moins de s’intéresser sincèrement à sa personnalité, à ses actions, à ses suggestions, être capable de découvrir en chacun un aspect qui va m’enrichir et me faire du bien, au-delà de la première impression qui est parfois tellement négative, car on s’arrête souvent aux apparences extérieures au lieu d’entre dans le cœur de l’autre.

    Quand on apprend à écouter l’autre sans vouloir s’opposer tout de suite à ce qui ne nous plaît pas en lui, un monde nouveau de relations s’ouvre à nous. C’est d’abord la surprise de l’autre de rencontrer quelqu’un qui l’accueille sans préjugé, sans étiquette mise à l’avance. Cet accueil est tellement rare dans la jungle de notre société si souvent basée sur la peur d’être mangé par l’autre ou trompé par lui. La dialectique est encore pleine de peur. L’accueil et l’écoute sont le meilleur chemin pour arriver à une vraie synthèse qui fera respirer tout le monde. Car en général les discussions où l’on passe tout de suite à l’antithèse, comme par principe, avant d’avoir écouté l’autre, ne parviennent qu’à un dialogue de sourds qui ne débouchera jamais sur aucune synthèse. Chacun de nous s’enferme alors dans sa tour d’ivoire, invente chaque jour de nouveaux arguments plus forts et plus malins pour se protéger des attaques de l’autre et notre pauvre monde crée chaque jour de nouvelles guerres qui ne savent plus s’arrêter. A chacun de choisir quel est le but de sa vie…

     


    1 commentaire
  • Il circule vraiment de tout sur les réseaux sociaux, du positif comme du négatif, beaucoup de recherche tout de même d’un monde meilleur, il faut le dire. Mais ce monde soi-disant meilleur est bien souvent d’un niveau tellement bas qu’on ne peut pas lire ou écouter de telles affirmations sans réagir. Voyez ma dernière découverte, d’il y a quelques jours :

    « Une personne équilibrée ne s’occupe pas de la vie des autres, ni n’est curieuse à pister, fouiller, fouiner, tracer les autres. Une personne équilibrée s’occupe de sa vie et fout la paix aux autres. Elle n’a pas le temps pour passer ses journées à parler des autres, elle sait qu’elle a suffisamment à faire en s’occupant de sa propre vie. » (Selon le site « Source du savoir »)

    A première vue, il y a une certaine sagesse là-dedans : passer son temps en commérage sur ce que font et disent les voisins, n’est certainement pas un grand idéal de vie, celui qui a inventé ces quelques phrases a bien raison. Mais quel remède propose-t-il à la place ? Cela ne vole pas bien haut non plus…

    « Une personne équilibrée ne s’occupe pas de la vie des autres… » Mais comment cela ? Toute notre vie se passe avec les autres, en collaboration, en service, en dialogue, en partage, et pour être équilibré je devrais tout à coup me cacher dans mon coin et ne plus m’intéresser aux autres ?

    Autant me suicider tout de suite ! Car le sens profond de la vie est justement d’essayer de voir ce dont les autres ont besoin, comment je pourrais les aider, alléger leurs souffrances, leur donner un coup de main quand ils sont en difficulté, et surtout créer des relations d’amitié, un climat de famille avec tout le monde, au travail ou même dans la rue. Bien sûr que je m’occupe des autres, pas pour en profiter ou pour leur faire du mal, mais pour construire avec eux une famille humaine plus harmonieuse, plus pacifique. Sinon dans quel but me lever chaque matin ?

    Et la phrase finale dit au fond à peu près la même chose : « … elle sait qu’elle a suffisamment à faire en s’occupant de sa propre vie. » Là les bras vous en tombent. J’aimerais bien savoir ce que signifie « sa propre vie » pour la personne qui a écrit une telle bêtise. Mais quand je me lève le matin, que je me lave et que je prends un peu de force avec mon petit déjeuner, c’est pour moi que je le fais ? Quand je vais au travail, c’est pour moi que je le fais, pour gagner de l’argent pour moi, pour pouvoir m’acheter ensuite ce que je veux, pour rentrer le soir à la maison pour moi, me payer ensuite des vacances et une retraite pour moi ? Ce serait l’idéal d’une vie ?

    Cette personne voulait peut-être dire pour sa propre famille, ce qui serait déjà un peu mieux que seulement pour soi-même, mais tout de même ! Mais tous les commerçants que je rencontre, du boulanger, à l’épicier, au marchand d’habits, au pharmacien, toutes les personnes dont j’ai besoin en cours de la semaine, du médecin, à l’électricien ou au plombier, tous mes fournisseurs, tous mes collègues, ils sont tous là occupés seulement à leur « propre vie », à leurs propres intérêts ?

    Ne va-t-on pas chez le même marchand parce qu’on l’a trouvé sympathique, par ce qu’on voit qu’il se met en quatre pour nous trouver le produit le meilleur, avec les meilleurs conseils, parce qu’il se fatigue avec toute sa bonne volonté pour que nous soyons contents ? Ce n’est pas l’intérêt qui construit la société, mais la qualité des relations, sinon nous ne serons bientôt plus qu’une jungle d’animaux sauvages qui font semblant de se servir les uns les autres mais qui essayent seulement de se dévorer entre eux. Je sais qu’il y a des gens qui ont cette mentalité, mais ils sont quand même de pauvres exceptions.

    Je pense que notre vie trouve son sens, toute sa beauté, le jour où nous nous levons pour nous occuper des autres du matin au soir. Parce que si nous passons notre temps à nous donner aux autres de tout notre cœur, à leur faire confiance et à leur donner confiance, nous allons certainement nous fatiguer dans ce service et ce partage continuels, mais comme nous aurons essayé de rendre meilleure la vie de centaines de personnes, voilà que ces centaines de personnes courront pour nous aider quand nous serons nous-mêmes dans le besoin. C’est une loi de la nature, comme le principe des vases communicants. Et si cela ne marche pas, c’est sans doute que nous nous sommes repliés sur nous même en cours de route : alors ne perdons pas trop de temps à nous remettre dans la bonne direction…


    1 commentaire
  • Je crois qu’il y a deux catégories de personnes. Celles qui veulent changer le monde et celles qui préfèrent vivre leur vie le mieux possible sans trop s’occuper de ce qui se passe autour d’elles. Ce n’est pas un jugement, c’est une constatation. Si vous lisez de temps en temps au moins les articles de mon blog, vous comprendrez bien vite que je fais partie de la première catégorie. J’ai compris à un certain moment de ma vie, après avoir été aidé par des gens merveilleux à sortir de mon tunnel, que « vivre ma vie », c’était me jeter dans la bataille de l’humanité. Avec ce pacte réciproque : moi, je m’occupe de l’humanité et l’humanité s’occupera de moi. Et je dois dire que je suis chaque jour un peu plus émerveillé encore de tous les fruits de cette bataille. Parfois, je ne me reconnais plus moi-même, tellement j’ai changé, tellement je me trouve enrichi par tous les trésors que j’ai rencontrés sur mon chemin au cœur de mes compagnons de voyage.

    Est-ce que j’ai changé le monde ? Oui, j’ai au moins contribué à le changer. Comme moi-même je n’en finirai jamais de remercier ceux qui m’ont tendu la main, qui m’ont accepté tel que j’étais sans se bloquer sur mes limites, et qui continuent à le faire jusqu’à aujourd’hui, de la même façon je n’arrête pas de rencontrer des gens qui pensent devoir me remercier parce que j’ai été pour eux une source de lumière dans les moments beaux ou difficiles. Quand on décide d’aimer l’humanité, c’est comme une semence qu’on jette et qui ne peut pas ne pas donner de fruits. C’est sûr qu’il faut être patient et souvent détaché des résultats, mais les « résultats » arrivent toujours, parfois beaucoup plus beaux que ce qu’on pouvait imaginer au départ.

    Et ces autres personnes, celles qui préfèrent « vivre leur vie » sans vouloir changer le monde ? Ce sont souvent des personnes remarquables, capables de créer l’harmonie autour d’elles en famille ou sur leur lieu de travail, peut-être plus réalistes que des gens comme moi qui rêvent encore de changer le monde. Chacun a des raisons profondes aux choix qu’il fait à certains moments de sa vie. Et j’ai d’ailleurs tellement besoin de ces gens-là aussi, car je ne pourrai jamais changer le monde sans eux.

    Mais je crois qu’en fin de compte, nous devrions tous être d’accord. Car le but final est toujours le bonheur de l’humanité dans son ensemble. Je ne serai jamais vraiment heureux si les autres sont tous malheureux autour de moi. Je sais que beaucoup de gens me disent : « J’ai essayé d’aimer et de servir les autres et j’ai été trop souvent déçu, alors je me contente d’être en paix avec les gens qui m’entourent et cela me suffit. » Mais j’ai appris à distinguer dans ce raisonnement entre ceux qui me disent cela en toute sincérité, mais qui continuent à servir leurs frères et sœurs en humanité là où c’est possible, et ceux qui n’ont absolument pas envie de s’ouvrir aux autres parce qu’ils ont peur, parce qu’ils ne savent pas que ce sont les autres qui seront à la fin l’assurance de leur bonheur.

    Alors je voudrais dire à tous les gens que je rencontre une ou deux vérités. Chacun se connaît lui-même et connaît les limites qu’il ne doit pas dépasser sous peine de se déséquilibrer. Chacun doit donc trouver son propre rythme dans la relation avec les autres. Mais c’est tout de même la qualité de cette relation qui va être la base de la qualité de ma vie personnelle. Alors, si l’on ne se sent pas capable de gravir une haute montagne, qu’on grimpe sur une petite colline, mais qu’on soit toujours en relation avec ceux qui grimpent sur la haute montagne, ou ceux qui traversent les mers ou les océans. A chacun sa spécialité, mais la vérité, c’est aussi que le monde change tout seul même si je n’y fais rien. Alors c’est tellement plus beau d’agir pour que ce changement soit positif, de participer à ce changement en essayant de l’orienter vers des pas toujours plus concrets, vers la paix ou la justice, vers la résolution des problèmes de la faim, de la pauvreté ou de l’ignorance… L’humanité est un immense chantier où il y a du beau travail pour tout le monde et où l’on se trouvera mieux quand chacun s’y lancera non pas contre l’autre , mais en collaboration et en harmonie avec lui !

     


    1 commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique