• Interdépendance

    Dépendance, indépendance, interdépendance? Doit-on toujours dépendre de quelqu'un ou peut-on arriver un jour à être vraiment libre de penser, agir et se déplacer en toute liberté? Cela dépend peut-être...

  • Ce n’est pas la première fois que je reviens sur ce sujet. Ces jours-ci, la moitié des nouvelles internationales sont focalisées sur ces nouvelles velléités d’indépendance qui vont de la Catalogne en Espagne, aux Kurdes de l’Irak ou ailleurs, aux Ecossais de Grande Bretagne, aux Camerounais de langue anglaise, au Biafra, et sans doute j’en oublie.

    De quoi faire réfléchir vraiment ! A une époque où beaucoup de nations essayent de s’unir pour se sentir plus fortes ou en sécurité, voilà que des morceaux de nations, qui sont aussi des peuples avec leur identité propre, semblent aller au contraire dans le sens de la division. Comme l’Angleterre qui vient de sortir de l’Europe.

    Mais où va l’humanité ?  Vers l’unité ou vers la division ? Vers l’harmonie ou vers la confusion ? Il est évident que le progrès de l’homme sera réel quand les peuples seront plus unis et finiront ainsi de faire la guerre entre eux. Mais il s’agit que ce soit une vraie unité. Or, malheureusement, les modèles d’unité que nous avons connus jusqu’à présent sont souvent des relations injustes où le plus fort finit pas dominer le plus faible, où les minorités ne se sentent pas acceptées dans leur identité et respectées. Et il est bien normal que tous ces peuples bafoués et maltraités, ou pour le moins relégués à un niveau inférieur, essayent de se sortir de cette situation injuste et recherchent alors une nouvelle indépendance.

     

    Le problème c’est que l’indépendance ne pourra jamais être un but ou un idéal. L’indépendance ne peut être qu’un passage qui prépare une nouvelle harmonie ou un nouvel équilibre dans les relations. Mais l’avenir de l’humanité sera toujours l’interdépendance et non pas l’indépendance. Car nous sommes tous désormais tellement dépendants les uns des autres que la blessure d’un seul peuple du monde finit par rejaillir au moins sur ses voisins et à la longue sur toute l’humanité. Nous devrions apprendre à voir toujours un peu plus loin que notre nez. Etre capables de mettre en valeur les autres lorsqu’on détient le pouvoir et être capables de faire amitié, sincère et concrète avec tous les autres peuples du monde, au risque sinon d’aller toujours de mal en pis, si chacun cherche son indépendance et s’y arrête comme si c’était un but en soi !


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  • On n’a pas encore les résultats officiels du deuxième tour des élections présidentielles françaises, mais ce n’est pas bien difficile de prévoir qu’au soir du 7 mai il n’y aura pas beaucoup de Français très contents.

    Ceux qui espéraient encore voir une France soi-disant toute nouvelle avec Marine Le Pen seront les premiers déçus, car le bon sens de la majorité du peuple aura tout de même évité une telle catastrophe possible. Ceux qui auront voté pour Emmanuel Macron l’auront fait en grande partie comme un « vote utile », comme on dit souvent, ou comme un moindre mal. Beaucoup se seront abstenus. Il n’y aura pas foule de gens très enthousiastes.

    La France va se reconstruire sur les ruines des deux grands partis qui l’ont dirigée depuis tant d’années. Chacun va en tirer probablement un certain nombre de leçons. Beaucoup vont décider de ne plus s’intéresser à la politique…

    Mais je voudrais ici reprendre espoir avec vous. Espoir que le monde peut encore changer tant qu’il n’est pas complètement mort. Je n’ai rien contre l’immense désir de changement de Marine Le Pen ou de Jean-Luc Mélenchon. Il faut avouer que tous les deux ont eu le courage de souligner certaines vérités que d’autres n’osent pas dire, parce qu’ils sont encore trop attachés au système politique et économique régnant.

    Il est étonnant de noter que nos deux politiciens extrêmes se sont retrouvés tout à coup ensemble si proches de la Russie de Vladimir Poutine dont le système n’est évidemment pas le rêve le plus beau qu’on puisse proposer au peuple français…

    Alors que penser ? Nous résigner au fait que nous sommes toujours tellement dépendants de la puissance des Etats-Unis que nous devons renoncer à construire notre propre identité ? Car remplacer le parrainage des Etats-Unis par celui de la Russie ou, bientôt peut-être de la Chine, n’est sans doute pas le meilleur avenir qu’on puisse imaginer.

    Mais ne remarquez-vous pas que les citoyens des Etats-Unis sont eux aussi, pour beaucoup, en pleine crise ? Qui est vraiment heureux en ce moment dans le monde politique sur notre planète ? Pratiquement personne. Car un vieux monde est en train de s’écrouler.

    La première constatation est qu’on ne peut plus rien décider tout seul, car nous sommes tous devenus trop interdépendants. Vouloir sortir de l’Europe, comme nos deux extrêmes y pensaient, n’aurait que retardé la solution de nos problèmes. Mais le véritable défi c’est que les puissances occidentales, Etats-Unis et Europe en tête, commencent à se rendre compte qu’ils ne peuvent pas faire leur propre politique comme autrefois en dominant le reste du monde. Car le reste du monde réagira toujours, en commençant par le terrorisme et l’immigration sauvage qui ne trouveront jamais de solution tant qu’on n’acceptera pas de monter dans la même barque avec tous nos frères et sœurs en humanité.

    Et c’est là qu’on peut rêver d’un nouveau monde possible pour demain. Non pas un monde où l’on va ériger encore d’autres murs pour avoir l’illusion de se débrouiller tout seuls, mais un monde où l’on va multiplier les ponts de solidarité pour résoudre d’abord les problèmes de la faim, de la pauvreté et des ressources naturelles et commencer à renoncer à la logique de la force et des armes.

     

    Je crois que nos politiciens ne savent pas trop quoi faire encore à ce niveau. Mais ce sont les innombrables associations humanitaires qui se battent un peu partout dans le monde pour des idéaux de fraternité, de paix et de justice, qui redonneront peu à peu à la vraie politique son âme et sa dignité. Notre monde politique a en grande partie échoué, mais tout n’est pas encore irrémédiablement gâché. Cherchons donc la lumière là où elle se trouve encore, essayons d’ouvrir un peu plus les yeux et le cœur et je crois que finalement nous ne serons pas déçus !


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  • On dirait que le peuple français n’a jamais été aussi perdu et perplexe que cette année, à la veille d’élections présidentielles. Il y a de quoi être perplexe. C’est que tout le monde sent inconsciemment, sans oser le dire à haute voix et ni même se le déclarer à soi-même, que toute cette campagne électorale est fondée sur un immense mensonge. Car pratiquement aucun des candidats n’est dans la situation de pouvoir réaliser, s’il est élu, ce qu’il a promis pendant cette campagne. Le pire, c’est qu’ils doivent bien en être conscients (au moins on peut l’espérer), mais qu’ils ne peuvent rien changer à leurs discours s’ils veulent conserver un minimum de chances d’être élus.

    Car, en fin de compte, ce ne sont pas seulement les politiciens qui sont en train de mentir, mais le peuple lui-même qui refuse de voir en face les réalités. Et que sont donc ces réalités ? Je sais qu’il me faudrait des centaines de pages pour m’expliquer. Je vais donc faire simplement une grossière caricature.

    Les promesses de la gauche (une certaine justice sociale en particulier) sont intéressantes, mais dans le contexte occidental de capitalisme sauvage dominant, il sera pratiquement impossible de les réaliser.

    Et les promesses de droite, elles aussi sont intéressantes : plus de sécurité, plus de paix, un certain protectionnisme compréhensible, ne pourront pas non plus devenir réalité tant que le monde occidental continuera à exploiter les pays les plus pauvres et à provoquer ainsi de plus en plus de guerres, de pauvreté et par conséquent d’immigration et de terrorisme.

    Une des conséquences de la mondialisation est que plus personne n’a en main toutes les cartes à jouer. Tout le monde dépend de tout le monde (ce qui a aussi des aspects positifs), mais ce sont des organisations financières plus ou moins anonymes et mystérieuses qui sont devenues les maîtres du jeu.

    Et lorsqu’on voit par exemple tous les candidats expliquer comment ils vont faire grandir le pouvoir d’achat ou le niveau de vie de tous nos concitoyens, on pourrait se mettre à rire ou à pleurer. Car personne n’a le courage de nous dire que le niveau de vie des Européens et des occidentaux en général est tellement fondé sur l’injustice de l’exploitation des pays pauvres par les pays riches, que cette richesse artificielle ne pourra pas continuer indéfiniment. On devrait être capable de comprendre que l’avenir de l’humanité passera inévitablement, un jour ou l’autre, par un équilibre social plus grand sous peine d’une catastrophe planétaire.

     

    Le problème, c’est que si un des candidats se mettait à dire toutes ces vérités ouvertement, personne ne l’élirait. Alors que faire ? Ne pas trop se formaliser sur la personne de notre prochain président et continuer à travailler sans trop faire de bruit pour un monde plus juste et plus équilibré. Beaucoup de gens généreux sont en train de faire ce travail de l’ombre et, tôt ou tard, on aura besoin d’eux quand notre monde artificiel se sera complètement écroulé. L’humanité a encore assez de positif en elle-même pour changer peu à peu de direction. Dommage que beaucoup de gens soient écrasés en ce moment par le rouleau compresseur de ceux qui pensent seulement à dominer les autres, sans se rendre compte qu’ils se préparent à eux-mêmes des lendemains bien tristes.


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  • Je crois que l’unité est le plus grand idéal qu’on puisse vivre sur cette terre. Car nous sommes nés pour nous unir avec nos frères et sœurs en humanité. Unité veut dire amour qui unit, veut dire avoir un seul cœur, un seul esprit, un seul but dans notre vie. C’est la fin des conflits et des guerres. C’est l’harmonie entre les différences. Car unité ne veut pas dire que nous sommes tous semblables comme des photocopies les uns des autres, mais que nos variations sur un seul thème, l’avenir possible de l’humanité, viennent se compléter les unes les autres comme une merveilleuse symphonie.

    Mais voilà le problème : nous avons tous cru un jour ou l’autre à la construction de cette unité et souvent nous nous sommes découragés en chemin, car l’unité est tellement difficile à réaliser. Elle tourne souvent à la domination d’une personne ou d’un groupe sur les autres. Alors la tentation est forte de se replier sur soi ou au moins sur un petit groupe de personnes ou d’amis avec lesquels on puisse vraiment se comprendre. Mais nous voilà déjà justement sur la voie des conflits et des guerres.

    Alors que faire ? D’abord se convaincre que l’unité véritable ne peut exister qu’à 360 degrés. Car l’unité du genre humain ne pourra jamais exclure personne, sinon elle sera une caricature d’unité, elle se transformera en racisme ou en exploitation des plus faibles par les plus forts.

    Ce que nous pouvons faire, c’est commencer chacun de notre côté à croire à cette unité au fond de notre cœur, quelles que soient les apparences, quels que soient les échecs précédents. Et puis être fidèles à cette unité, là où nous avons commencé à la construire. Car c’est bien de fidélité qu’il s’agit. Lorsque j’ai commencé à m’unir à quelqu’un pour un but ou un autre, je ne peux plus retourner en arrière sous aucun prétexte.

    Mais si c’est l’autre qui n’est pas fidèle ? Alors la première chose à faire c’est d’aller voir cet autre et de parler sincèrement avec lui, de nous expliquer. Mais ce qui se passe en général, lorsque nous avons un problème avec quelqu’un avec lequel nous avions commencé un certain cheminement ensemble et qui semble tout à coup nous avoir trahis, c’est que nous cherchons des amis qui nous comprennent et que nous nous mettons à parler contre lui derrière son dos. Alors l’unité est brisée pour toujours. La confiance sera bien difficile à recoudre, lorsque l’autre découvrira que nous répandons des jugements négatifs à son sujet, sans même en avoir parlé avec lui d’abord face à face.

     

    C’est que nous sommes alors comme un pauvre homme qui voudrait remplir son sac en tissu avec de l’argent recueilli en route, mais sans s’apercevoir que son sac est troué et qu’il perd peu à peu en chemin tout l’argent qu’il y a mis. Nous créons ainsi l’unité d’un côté et nous la détruisons de l’autre, sans même y penser, et nous nous étonnons que cette unité soit si difficile à faire. Mais nous sommes les principaux responsables de cette catastrophe : c’est la dispersion dans l’unité, c’est la contradiction dans les termes. Attention, danger !


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  • Je sais que mes lecteurs m’attendent au tournant ces jours-ci. On ne parle plus que de lui dans les journaux, à la télévision, dans tous les médias possibles : l’élection surprise du nouveau président américain. Chacun essaye de dire son opinion, quitte à dire le contraire ou presque de ce qu’il pensait quelques jours plus tôt.

    Je vous avoue que je ne sais pas bien quoi dire. Moi aussi, je suis assez surpris. Et puis je ne suis pas américain. On doit toujours respecter les décisions des autres. Ensuite c’est clair que le ton assez équilibré des déclarations de Mr Trump après son élection est assez différent de celui des phrases provocatrices de sa campagne électorale. Au moins, il semble qu’il ait la sagesse de comprendre qu’il peut unir ses compatriotes au lieu de les diviser. Va-t-il y réussir ?

    Ce qui me laisse perplexe, c’est que Mr Trump me semble avoir une vision bien repliée sur soi de l’avenir des Etats-Unis, une vision bien égoïste et triomphaliste à la fois. « Retrouver la grandeur de l’Amérique » ? Faut-il lui rappeler que les Etats-Unis ne sont qu’une partie de l’Amérique qui compte une cinquantaine de nations, tout de même ! « Eriger des murs pour se protéger ? » Le Pape François n’arrête pas, ces temps-ci de demander au monde de construire des ponts et non pas des murs.

    Il faut tout de même se rappeler que nous sommes en démocratie, au moins une certaine démocratie et ce n’est pas la faute de Mr Trump si plus de la moitié de ses concitoyens l’ont élu avec de telles idées. Il y a là un problème. Et c’est le même problème qu’on trouve en ce moment dans la plupart des pays européens, à commencer par le Royaume Uni. Il n’y a qu’à voir cette peur d’accueillir des réfugiés.

    Je crois que nous avons devant nous des jours bien tristes pour toute l’humanité. Mais ce n’est qu’un moment difficile à passer. Il ne faut pas être très intelligent pour comprendre que désormais, et pour toujours, les peuples ne peuvent plus vivre sans tenir compte les uns des autres. On ne peut plus continuer à essayer d’être tranquille dans son coin alors que notre voisin est désespéré. Ou bien on ferme la porte au voisin, qui viendra un jour ou l’autre nous prendre de force ce que nous pourrions partager gentiment avec lui aujourd’hui, ou bien on commence déjà à partager.

    Ce n’est pas si terrible que ça de partager. Cela demande un peu de sacrifices au début, puis on s’aperçoit qu’on y gagne tous. Car notre voisin a des qualités, des capacités, des énergies qui pourront me faire un bien immense le jour où nous serons amis. Et surtout je n’aurai plus peur de lui, je n’aurai plus peur qu’il me force à lui ouvrir une porte et un cœur que je lui aurai déjà ouvert spontanément.

    Ne voit-on pas que c’est exactement le problème et en même temps la solution de la situation du Moyen Orient ? Si le peuple israélien avait décidé de mettre ses talents, sa technologie, ses découvertes, ses capacités comme celle de gérer l’irrigation, au service de ses voisins, au lieu d’ériger des murs, il ne vivrait pas aujourd’hui avec la peur maladive d’un terrorisme qui peut le détruire à tout moment. Et le Moyen Orient serait un havre de paix au lieu d’être une caricature d’humanité, pour ne pas employer des mots bien plus terribles. Est-il encore permis de rêver ?


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