• La joie du retour (6)

    Profitez des vacances du blog (du 24 juillet au 15 août) pour relire les vieux articles, c’est toujours intéressant. Aujourd’hui je vous propose :

    Le bien caché (du 7/11/2015 dans « Découvertes)

    Pour continuer à avancer dans nos découvertes, je voudrais confronter avec vous une conviction qui grandit de plus en plus en moi ces dernières années : c’est que même dans les pires épreuves, dans les moments les plus difficiles que traverse l’humanité, il y a toujours quelque part un bien caché. Optimisme béat, illusion ? Peut-être.

    Et pourtant si l’on fait la somme de toutes les nouvelles catastrophiques que l’on entend ou que l’on lit chaque jour dans les réseaux sociaux, il y a longtemps que notre humanité aurait dû disparaître. Et malgré cela elle continue à avancer, en boitant souvent, en tombant et en se relevant, mais la vie continue, elle progresse même par bien des côtés. L’ensemble de l’humanité vit de relations finalement assez harmonieuses.  Si l’on pense par exemple que tous les pays du monde vont se retrouver l’année prochaine au Brésil pour de nouveaux Jeux olympiques qui vont passionner toute notre planète…

    Mais où est la vérité ? Je me souviens que, lorsque je suivais autrefois des cours de sociologie religieuse au Liban, notre professeur nous faisait remarquer que la division de certains villages de la montagne libanaise en confessions religieuses, ajoutée à d’autres divisions comme celle des générations, finissait par créer une certaine unité qui permettait au village de ne pas se désagréger. S’il y avait par exemple des conflits entre les parents et les jeunes de chaque communauté, voilà que les jeunes chrétiens trouvaient alliance avec les jeunes musulmans contre leurs parents et les parents contre les jeunes et toutes ces divisions et ces conflits finissaient par faire qu’on avait toujours besoin de l’autre différent et qu’on continuait à vivre ensemble. Paradoxalement la multiplication des divisions devenait la base d’un filet de relations qui permettait au village de dépasser ses conflits internes.

    La découverte est donc finalement celle-ci : nous sommes faits pour vivre ensemble, nous avons besoin les uns des autres. Mais comme nous sommes tellement délicats ou susceptibles, nous continuons à crier ou même à penser que nous ne voulons plus vivre avec les autres, au moins avec certains autres. Nous avons par exemple beaucoup de mal à pardonner. Nous n’avons pas le courage d’abaisser notre dignité pour côtoyer des gens qui nous ont maltraités, mais finalement nous attendons le jour où la vie ensemble sera de nouveau possible.

    Vous n’avez jamais vu dans la rue des gens qui se disputent, tellement violemment que l’un d’entre eux se fait menaçant, déclare qu’il va frapper l’autre ou même le tuer s’il continue, mais cherche en même temps quelqu’un pour le retenir, car il n’a aucune intention de se battre, il veut simplement ne pas perdre la face devant tout le monde ? Et le voilà bien content quand plusieurs personnes l’entourent, lui disent qu’il a raison, et finissent par le calmer…

    L’homme a besoin malheureusement de se montrer plus fort ou d’apparaître comme une victime, il aime se plaindre devant les autres, il passe son temps à juger et à dénoncer. Cela conduit parfois même à des guerres et à des morts. Et pourtant, au fond de lui, il sait qu’il ne peut pas vivre sans les autres. Derrière chaque conflit il y a toujours un bien caché qui apparaît peu à peu. Il aura fallu deux guerres mondiales pour que l’on crée les Nations Unies ou l’Union européenne. N’est-ce pas dommage que des gens meurent bêtement à cause de notre entêtement, alors qu’un jour ou l’autre nous devrons toujours recommencer à nous écouter, à nous comprendre et à dialoguer ? C’est beau de découvrir finalement ce « bien caché », mais ce serait certainement mieux si ce « bien » était toujours visible et évident devant nos yeux sans qu’on doive faire autant d’efforts pour le découvrir de nouveau.

     

     


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