• La panique du coronavirus

    Je ne sais pas si vous recevez comme moi, ces jours-ci, certains messages sur l’épidémie de coronavirus. Surtout depuis qu’on en a découvert un cas au Liban. C’est vraiment une panique totale ! Bientôt on ne va même plus se serrer la main avec les amis, les parents ou les collègues quand on va se rencontrer. On va marcher avec un réservoir d’eau dans la rue pour se laver les mains à chaque instant. On va sortir avec un haut-parleur pour laisser une certaine distance avec les autres dans toutes nos conversations.

    Bien sûr les pharmaciens ou les marchands de masques de protection vont faire fortune… Mais je voudrais m’arrêter ici de plaisanter et de me moquer par ces phrases caricaturales, parce qu’en fait nous nous trouvons devant un problème très grave à résoudre. Une épidémie bien plus terrible que celle du coronavirus, c’est celle de la peur. La peur qui nous paralyse et qui nous fait nous méfier tout à coup du monde entier. Et en même temps la peur de la mort…

    Il y a dans toute cette histoire un désir de sécurité totale devant la mort qui est une grande tromperie. La mort fait partie de la vie. Elle nous arrivera à chacun un jour ou l’autre souvent sans avoir prévenu. Et prétendre lui échapper est vraiment une mauvaise plaisanterie. Combien de personnes pendant les 16 ans de la guerre du Liban sont mortes atteintes par un obus dans leur appartement, alors que des gens dévoués et courageux sortaient chaque jour dans la rue sous les bombardements pour aider les autres et que rien ne leur est arrivé.

    Alors bien sûr qu’il faut être prudent dans certains cas. On ne va pas s’exposer par plaisir à la maladie ou à la mort. Et puis tous les gens qui ont ce virus ne meurent pas, la probabilité de mourir est d’ailleurs relativement faible avec cette nouvelle maladie. Mais ce n’est pas là notre sujet. Il s’agit ici de renouveler notre confiance. La confiance en la vie et même la confiance en la mort qui ne dépend pas de nous et qui sera une occasion, le jour où elle viendra, de donner encore notre vie jusqu’au dernier souffle pour ceux que nous aimons.

    Il y a une grande différence entre la sécurité, cette sécurité de la publicité qui est de l’escroquerie qui nous coûte souvent beaucoup d’argent, et la confiance. La confiance dans la vie (dont la mort fait partie) ne coûte rien, sinon un peu d’amour et de générosité, un peu de don de soi qui nous apporte le bonheur. Tandis que la peur et la sécurité nous renferment sur nous-mêmes, nous isolent, nous empêchent d’expérimenter le bonheur de nous donner. Et, le jour où je devrai mourir, je préfère mourir plus tôt mais heureux d’avoir vécu, plutôt que mourir tard et triste de n’avoir jamais connu de vrai bonheur…


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