• Les gestes barrières

    Vous pensez que le coronavirus a gagné la bataille ? On pourrait se le demander sérieusement, mais quelle bataille ? Qu’il ait réussi à décimer l’humanité, certainement pas. Il n’y a même pas eu dans le monde un million de décès jusqu’à maintenant dus au coronavirus. Et si l’on pense que la plupart de ces décès, qui sont évidemment bien tristes, sont ceux de personnes âgées et déjà fatiguées qui auraient pu être emportées par une simple grippe, cela n’est tout de même pas encore une catastrophe mondiale.

    Ce qui est beaucoup plus grave, c’est qu’il a réussi à paralyser le monde entier en quelques mois et qu’on ne sait plus comment s’en débarrasser. Mais là où il a surtout gagné une première bataille c’est celle des fameux « gestes barrières » qui empoisonnent maintenant notre vie de tous les jours. Et c’est là que nous devons réfléchir et réagir. Je remarque d’ailleurs que ces « gestes barrières » ont été respectés beaucoup plus dans la civilisation individualiste de l’Europe occidentale que dans des pays comme ceux du Moyen Orient ou de l’Afrique.

    Pourquoi ? Parce que ces « gestes barrières » impliquent désormais la méfiance ou la peur de n’importe quelle personne rencontrée dans la rue ou dans un magasin, qui devient un ennemi potentiel, celui qui risque de nous contaminer et de nous donner son virus. Dans une société où la peur de l’autre est devenue un critère incontournable pour gagner les élections politiques, on se demande où va finir notre pauvre humanité.

    Alors, puisque maintenant nous ne pouvons plus faire grand-chose pour changer les décisions des gouvernements sur ce point, il nous reste à gagner la bataille au niveau personnel de chacun. Je peux déjà gagner la bataille de l’intention. Si je suis contraint de mettre mon masque, je peux y mettre l’intention de le faire pour le bien des autres, connus ou inconnus, pour ne pas risquer de leur donner ce virus dont je pourrais être porteur sans le savoir. Faire de ce geste un acte de bonté et de bienveillance vis-à-vis des autres, plutôt qu’un geste de peur des autres.

    Le coronavirus est donc au fond l’occasion de faire un excellent examen de conscience pour me rendre compte si c’est moi et mon pauvre égoïsme ou si c’est l’autre qui est le centre de ma vie. Et le reste de la bataille, ce sera de continuer à lutter pour une civilisation de la confiance et du don de soi, de l’accueil de l’autre et non pas de la méfiance, de la peur et de l’isolement. A chacun de choisir son camp, et là je crois que nous sommes tous libres au fond de nous de ne pas nous laisser impressionner par la propagande d’une civilisation de la catastrophe qui voudrait nous empêcher de vivre ce pour quoi nous sommes venus au monde : nous aimer les uns les autres de tout notre cœur…


  • Commentaires

    1
    Hayat Fallah
    Mardi 22 Septembre 2020 à 13:00
    Aucun masque chirurgical ou pas, aucune distanciation ne peut nous empêcher d'aimer, d' accueillir...Au fait je trouve très éloquents les yeux qui sourient au dessus du masque!!!
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