• Luc 3

    Le troisième chapitre de l’Evangile de Luc n’est pas aussi original que les deux premiers. On y retrouve de nombreux passages déjà vus en Marc et Matthieu, mais chaque évangéliste a toujours sa touche personnelle, il est toujours une révélation merveilleuse de la Parole de Dieu éclairée d’une manière semblable et différente à la fois.

    Luc commence et finit ce chapitre par une touche historique qui lui est propre. « L’an quinze du règne de l’empereur Tibère, Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée, Hérode prince de Galilée, son frère Philippe prince du pays d’Iturée et de Traconitide, Lysanias prince d’Abilène, les grands prêtres étant Anne et Caïphe, la parole de Dieu fut adressée dans le désert à Jean, fils de Zacharie. » Ces détails, apparemment sans grande importance pour nous, sont en fait la garantie que la venue de Jésus sur terre n’est pas une légende ou un rêve, mais un évènement tellement réel qu’on peut le situer dans un temps et des lieux bien précis. C’est bien pour cela que le canon du Credo, qui résume toutes nos croyances, nous dit justement que Jésus le Fils de Dieu est « né sous Ponce-Pilate ». Et cela est tout de même extraordinaire.

    La suite nous est plus familière : « Il parcourut toute la région du Jourdain ; il proclamait un baptême de conversion pour le pardon des péchés, comme il est écrit dans le livre du prophète Isaïe : ‘Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez sa route’. » Et ici Luc ajoute : « Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline abaissées ; les passages tortueux deviendront droits, les routes déformées seront aplanies ; et tout homme verra le salut de Dieu. » Quelle vision qui fait respirer de la puissance de l’intervention divine !

    Luc reprend ensuite : « Jean disait aux foules qui arrivaient pour se faire baptiser par lui : « Engeance de vipères ! Qui vous a appris à fuir la colère qui vient ? Produisez donc des fruits qui expriment votre conversion, et ne vous mettez pas à dire vous-mêmes : ‘Nous avons Abraham pour père.’ Car je vous le dis : avec les pierres que voici, Dieu peut faire surgir des enfants à Abraham. Déjà la cognée se trouve à la racine des arbres : tout arbre qui ne produit pas de bons fruits va être coupé et jeté au feu. » Nous avons déjà abondamment ces paroles à première vue si terribles mais qui ne sont au fond qu’une sorte de purification en cours pour que toute la place soit faite maintenant à la lumière de Dieu qui va nous envahir.

    C’est ici que Luc va nous surprendre de nouveau par un discours tellement concret qui nous montre combien l’incarnation de Dieu en Jésus va bouleverser toute notre humanité. « Les foules lui demandaient : ‘Que devons-nous faire ?’ Jean leur répondait : ‘Celui qui a deux vêtements, qu’il partage avec celui qui n’en a pas ; et celui qui a de quoi manger, qu’il fasse de même.’ Des publicains (collecteurs d’impôts) vinrent aussi se faire baptiser et lui dirent : ‘Maître, que devons-nous faire ?’ Il leur répondit : ‘N’exigez rien de plus que ce qui vous est fixé.’ A leur tour, des soldats lui demandaient : ‘Et nous, que devons-nous faire ?’ Il leur répondit : ‘Ne faites ni violence ni tort à personne ; et contentez-vous de votre solde.’ » Un dialogue tout simple qui nous montre combien l’Evangile est fait pour pénétrer pleinement dans la vie quotidienne de chaque homme.

    Luc continue ensuite avec Marc et Matthieu : « Or, le peuple était en attente, et tous se demandaient en eux-mêmes si Jean n’était pas le Messie. Jean s’adressa alors à tous : ‘Moi, je vous baptise avec de l’eau ; mais il vient, celui qui est plus puissant que moi. Je ne suis pas digne de défaire la courroie de ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et dans le feu. Il tient à la main la pelle à vanner pour nettoyer son aire à battre le blé, et il amassera le grain dans son grenier ; quant à la paille, il la brûlera dans un feu qui ne s’éteint pas.’ »

    Luc ajoute ici un commentaire qui lui est propre : « Par ces exhortations et bien d’autres encore, il annonçait au peuple la Bonne Nouvelle. Hérode, prince de Galilée, avait reçu des reproches de Jean au sujet d’Hérodiade, la femme de son frère, et au sujet de tout ce que lui, Hérode, avait fait de mal. A tout le reste il ajouta encore ceci : il fit enfermer Jean Baptiste en prison. »

    Et sur ces dernières nouvelles, nous voilà à l’épisode toujours merveilleux du baptême de Jésus, la première révélation aux hommes de la Trinité ! « Comme tout le peuple se faisait baptiser et que Jésus priait, après avoir été baptisé lui aussi, alors le ciel s’ouvrit. L’Esprit Saint descendit sur Jésus, sous une apparence corporelle, comme une colombe. Du ciel, une voix se fit entendre : ‘C’est toi, mon Fils : aujourd’hui, je t’ai engendré.’ »

    Et notre chapitre se termine par la généalogie de Jésus, différente de celle de Matthieu, mais qui vient insister de la même manière sur le fait que Jésus en s’incarnant est venu épouser pleinement l’histoire des hommes avec tout ce qu’elle peut représenter de vies, de joies, de drames, de conquêtes, de batailles positives ou non, auxquels il va donner maintenant un sens tellement nouveau. « Au moment de ce début, Jésus avait environ trente ans ; il était considéré comme fils de Joseph, fils d’Eli… fils de Nathan, fils de David, fils de Jessé… fils de Juda, fils de Jacob, fils d’Isaac, fils d’Abraham… fils de Noé… fils d’Enos, fils de Seth, fils d’Adam, fils de Dieu. » Et nous, nous sommes là pour continuer cette histoire avec la chance de vivre après la descente du Christ sur terre qui est venu tout transformer, mais que nous avons encore si peu compris…


  • Commentaires

    1
    Hayat Fallah
    Lundi 17 Janvier à 12:32
    Aussi la chance de comprendre un peu et un peu plus chaque jour, de ce mystère d'amour...
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