• Marc 16

    Nous voici arrivés au dernier chapitre de notre Evangile, la conclusion, l’ouverture pour toujours à l’infini. Et c’est en même temps le chapitre le plus bref de tous. Il n’y a que peu de mots à dire désormais. Tout est accompli et tout va en même temps commencer ou recommencer pour l’humanité. Il n’y a plus grand-chose à commenter.

    « Vous cherchez Jésus de Nazareth, le Crucifié ? Il est ressuscité : il n’est pas ici. » « Allez dans le monde proclamer la Bonne Nouvelle à toute la création. »

    Tout est là, tout est dit. Il nous faudrait maintenant relire de nouveau tout l’Evangile depuis la première ligne et tout va s’éclairer d’une lumière extraordinaire : « Commencement de la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ, le Fils de Dieu. » Car c’est cela le mystère de la vie que Jésus, en descendant du ciel pour partager jusqu’au fond notre vie sur cette terre, nous a fait entrevoir. Toute pensée et toute action, toute souffrance et toute joie vont pour toujours prendre un sens infiniment plus divin, plus profond, plus fascinant parce que Jésus les a remplis de sa présence et de son amour inouï !

    Que tout soit transformé désormais au plus profond du mystère de la vie est un fait, une réalité, mais nous sommes encore sur cette terre. Notre pèlerinage et notre préparation au paradis sont ainsi tellement plus beaux, mais nous ne sommes pas encore au paradis. C’est cela qui va faire maintenant l’attrait et à la fois la difficulté terrible de notre vie. Notre humanité est trop blessée, trop faible, trop malade pour se laisser transformer d’un jour à l’autre par une telle lumière.

    C’est pour cela que les premiers témoins de la résurrection, au lieu de se réjouir de ce miracle immense, commencent par avoir une peur incroyable. « Elles furent saisies de peur. » « Elles sortirent et s’enfuirent du tombeau parce qu’elles étaient toutes tremblantes et hors d’elles-mêmes. Elles ne dirent rien à personne, car elles avaient peur. »

    Tant que nous ne sommes pas arrivés à notre demeure éternelle, là où nous verrons Dieu face à face sans équivoque, tant que nous sommes encore de ce monde, c’est désormais la foi qui va nous porter, à condition de l’accepter et de la laisser faire. Ce dernier chapitre est une immense leçon de comment passer de la peur à la foi, ce qui veut dire à la confiance totale. Et ce n’est pas évident. Même si nos meilleurs amis viennent nous dire qu’ils ont vu « le Ressuscité », qu’il « s’est manifesté » à eux, qu’il leur « est apparu ». Toute notre vie va être, comme pour les premiers apôtres une bataille entre « croire » et « refuser de croire ». « Quand ils entendirent qu’il était vivant et qu’elle l’avait vu, ils refusèrent de croire. » « Ceux-ci revinrent l’annoncer aux autres qui ne les crurent pas non plus. » « Enfin, il se manifesta aux Onze eux-mêmes pendant qu’ils étaient à table : il leur reprocha leur incrédulité et leur endurcissement parce qu’ils n’avaient pas cru ceux qui l’avaient vu ressuscité. »

    Le premier pas va donc être d’apprendre à croire, de tout son cœur et de tout son être. Mais pas pour rester de simples spectateurs de la résurrection, bien au contraire. A nous de continuer la marche que le Christ a entreprise parmi les hommes pour porter la Bonne Nouvelle du Royaume. Jésus n’a pas donné sa vie pour faire de nous des enfants gâtés, mais des apôtres comme lui, qui n’auront d’autre but sur cette terre que de porter au monde entier cette nouvelle tellement extraordinaire qui va révolutionner tout instant de notre journée et de notre vie, jusqu’au dernier souffle. Car cette « nouvelle » est trop belle pour la garder égoïstement cachée dans notre cœur. Elle n’a de sens que pour être partagée avec tous nos frères et sœurs en humanité, jusqu’au dernier. « ‘Allez dans le monde entier. Proclamez la bonne nouvelle à toute la création. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ; celui qui refusera de croire sera condamné’… Le Seigneur Jésus, après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel et s’assit à la droite de Dieu. Quant à eux, ils s’en allèrent proclamer partout la Bonne Nouvelle. Le Seigneur travaillait avec eux et confirmait la Parole par les signes qui l’accompagnaient. »

     

     


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