• Matthieu 11

    Nous voici arrivés à un chapitre de transition, à la fin du deuxième discours de Jésus et en attendant le troisième. Mais Jésus ne perd pas son temps, il continue à être toujours en mouvement. Il ne va plus s’adresser aux apôtres directement pour l’instant, mais aux disciples envoyés par Jean-Baptiste, puis aux foules de tous genres qu’il trouve sur son chemin et donc à chacun de nous qui faisons partie des foules de tous les temps pour lesquelles Jésus est venu « enseigner et prêcher ».

    Beaucoup de pensées nouvelles que nous n’avions pas trouvées en Marc mais que nous retrouverons presque telles quelles dans l’Evangile de Luc. Des phrases qui pourraient, ici encore, nous troubler et nous faire peur. On a l’impression que personne ne comprend Jésus, que l’humanité tout entière est en pleine confusion.

    Les disciples envoyés par Jean Baptiste semblent déjà n’avoir rien compris : « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? » Jésus ne répond pas directement et pourtant son message est tellement clair : « Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et voyez. Les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres. Heureux celui qui ne tombera pas à cause de moi ! » C’est comme au chapitre précédent : la lumière au milieu des ténèbres de cette humanité qui voit et qui peine à comprendre.

    On dirait presque que Jésus se moque de nous : « Qu’êtes-vous allés voir au désert ? un roseau agité par le vent ?… Alors qu’êtes-vous donc allés voir ? un homme aux vêtements luxueux ? Mais ceux qui portent de tels vêtements vivent dans les palais des rois. Qu’êtes-vous donc allés voir ? un prophète ? Oui, je vous le dis, et bien plus qu’un prophète. » Et voilà que Jésus commence à nous expliquer un peu plus l’histoire du salut, de cette Bonne Nouvelle du Royaume : « C’est de lui qu’il est écrit :’Voici que j’envoie mon messager en avant de toi, pour qu’il prépare le chemin devant toi !’ Amen, je vous le dis : Parmi les hommes, il n’en a pas existé de plus grand que Jean-Baptiste ; et cependant le plus petit dans le Royaume des cieux est plus grand que lui.

    Depuis le temps de Jean Baptiste jusqu’à présent, le Royaume des cieux subit la violence, et des violents cherchent à s’en emparer. Tous les Prophètes, ainsi que la Loi, ont parlé jusqu’à Jean. Et si vous voulez bien comprendre, le prophète Elie qui doit venir, c’est lui. Celui qui a des oreilles, qu’il entende ! » Mais, apparemment, Jésus a l’impression que personne ne veut réellement entendre ou comprendre.

    Il insiste tout de suite sur cette impression tellement négative : « A qui vais-je comparer cette génération ? Elle ressemble à des gamins assis sur les places, qui en interpellent d’autres : «’Nous avons joué de la flûte, et vous n’avez pas dansé. Nous avons entonné des chants de deuil, et vous ne vous êtes pas frappé la poitrine.’ »

    Personne n’a l’air de s’intéresser à ce Fils de Dieu qui est venu pour nous sauver et, pire encore, on l’accuse et on l’insulte : « Jean Baptiste est venu… il ne mange pas, il ne boit pas, et l’on dit : ‘C’est un possédé !’ Le Fils de l’homme est venu ; il mange et il boit, et l’on dit : ‘C’est un glouton et un ivrogne, un ami des publicains et des pécheurs.’

    Heureusement que ce paragraphe finit tout de même par une note positive, même si elle reste assez mystérieuse : « La sagesse de Dieu se révèle juste à travers ce qu’elle fait. »

    Mais la suite va devenir encore plus terrible : « Jésus se mit à faire des reproches aux villes où avaient eu lieu la plupart de ses miracles, parce qu’elles ne s’étaient pas converties. ‘Malheureuse es-tu, Corazine ! Malheureuse es-tu, Bethsaïde ! Car si les miracles qui ont eu lieu chez vous avaient eu lieu à Tyr ou à Sidon, il y a longtemps que les gens y auraient pris le vêtement de deuil et la cendre en signe de pénitence… Et toi, Capharnaüm, seras-tu donc élevée jusqu’au ciel ? Non tu descendras jusqu’au séjour des morts ! … En tous cas, je vous le déclare : le pays de Sodome sera traité moins sévèrement que toi au jour du Jugement.’ »

    C’est vraiment la tempête, comme au chapitre précédent. Mais voilà que notre chapitre change tout à coup de ton et de dimension. L’espoir et la lumière brillent à nouveau comme par miracle et l’on finit par une porte grande ouverte sur l’Amour infini de ce Dieu qui va continuer à nous surprendre.

    « En ce temps-là, Jésus prit la parole : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bonté. Tout m’a été confié par mon Père ; personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler.

    Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau léger. »

    C’est vraiment extraordinaire, comme l’arc en ciel après l’orage. Et l’espoir est d’autant plus grand que la menace précédente était si forte. Jésus est venu pour nous consoler et pour nous révéler la bonté du Père. Il va même jusqu’à parler au Père devant nous. Jusque-là, il nous avait parlé du Père et nous avait invité à le prier, mais cette fois-ci, il va bien plus loin encore, il nous fait entrer dans l’intimité de son rapport direct avec le Père. Une porte de plus qui s’ouvre sur la compréhension du Royaume. Et ce n’est encore qu’un début. Mais nous reviendrons vite sur ces nouvelles « perles de la Parole » pour essayer d’entrer dans leur force mystérieuse…


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