• Matthieu 13

    Nous voici arrivés à un nouveau chapitre merveilleux de l’Evangile de Matthieu, c’est son troisième discours, le discours des paraboles. Matthieu reprend de nombreux passages de Marc, que nous verrons également en Luc. « Tout cela, Jésus le dit à la foule en paraboles, il ne leur disait rien sans employer de paraboles, accomplissant ainsi la parole du prophète : ‘C’est en paraboles que je parlerai, je proclamerai des choses cachées depuis les origines.’ »

    Je ne vais pas revenir ici sur la parabole du semeur, ni sur celle de la graine de moutarde, ni sur celle du levain enfoui par une femme dans de grandes mesures de farine. Nous les avons déjà bien commentées avec Marc (cf. les trois derniers articles de rappel que je viens de publier ce mois-ci « de Marc à Matthieu 13).

    Matthieu ajoute simplement au récit de la parabole du semeur deux passages qui font réfléchir et sur lesquels nous reviendrons en partie dans les « perles de la Parole ». « Ainsi s’accomplit pour eux la prophétie d’Isaïe : ‘Vous aurez beau écouter, vous ne comprendrez pas. Vous aurez beau regarder, vous ne verrez pas. Le cœur de ce peuple s’est alourdi…’ » Encore des phrases qui pourraient faire peur, comme lors des chapitres précédents, si nous ne les mettions pas dans le contexte de la pédagogie de l’amour de Dieu.

    Mais il y aussi un autre passage bien plus positif, une nouvelle béatitude : « Mais vous, heureux vos yeux parce qu’ils voient, et vos oreilles parce qu’elles entendent ! Amen, je vous le dis : beaucoup de prophètes et de justes ont désiré voir ce que vous voyez, et ne l’ont pas vu, entendre ce que vous entendez, et ne l’ont pas entendu. » Toute la venue du Royaume en Jésus est déjà en soi la plus grande et la plus extraordinaire des béatitudes.

    Mais nous allons nous arrêter sur ce qui est original chez Matthieu, comme un approfondissement de plus qui nous ouvre des horizons exceptionnels. D’abord la parabole « du bon grain et de l’ivraie ». Jésus « leur proposa une autre parabole : ‘Le Royaume des cieux est comparable à un homme qui a semé du bon grain dans son champ. Or, pendant que les gens dormaient, son ennemi survint ; il sema de l’ivraie au milieu du blé et s’en alla. Quand la tige poussa et produisit l’épi, alors l’ivraie apparut aussi. Les serviteurs du maître vinrent lui dire : ‘Seigneur, n’est-ce pas du bon grain que tu as semé dans ton champ ? d’où vient donc qu’il y a de l’ivraie ?’ Il leur dit :’ C’est un ennemi qui a fait cela.’ Les serviteurs lui disent : ‘Alors veux-tu que nous allions l’enlever ?’ Il répond : ‘Non, de peur qu’en enlevant l’ivraie, vous n’arrachiez le blé en même temps…’ »

    Jésus alterne les moments où il s’adresse à la foule et ceux où il s’explique plus clairement avec les disciples. « Alors, laissant la foule, il vint à la maison. Ses disciples s’approchèrent et lui dirent : ‘Explique-nous clairement la parabole de l’ivraie dans le champ.’ Il leur répondit : ‘Celui qui sème le bon grain, c’est le Fils de l’homme ; le champ, c’est le monde ; le bon grain, ce sont les fils du Royaume ; l’ivraie, ce sont les fils du Mauvais. L’ennemi qui l’a semée, c’est le démon ; la moisson, c’est la fin du monde, les moissonneurs, ce sont les anges. De même que l’on enlève l’ivraie pour la jeter au feu, ainsi en sera-t-il à la fin du monde. Le Fils de l’homme enverra ses anges, et ils enlèveront de son Royaume tous ceux qui font tomber les autres et ceux qui commettent le mal, et ils les jetteront dans la fournaise : là il y aura des pleurs et des grincements de dents. Alors les justes resplendiront comme le soleil dans le Royaume de leur Père. Celui qui a des oreilles, qu’il entende !’ »

    Et puis Matthieu continue, avec encore trois autres paraboles originales : « Le Royaume des cieux est comparable à un trésor caché dans un champ ; l’homme qui l’a découvert le cache de nouveau. Dans sa joie, il va vendre tout ce qu’il possède, et il achète ce champ. »

    « Ou encore : le Royaume des cieux est comparable à un négociant qui recherche des perles fines. Ayant trouvé une perle de grande valeur, il va vendre tout ce qu’il possède, et il achète la perle. »

    « Le Royaume des cieux est encore comparable à un filet qu’on jette dans la mer, et qui ramène toutes sortes de poissons. Quand il est plein, on le tire sur le rivage, on s’assied, on ramasse dans des paniers ce qui est bon, et on rejette ce qui ne vaut rien. Ainsi en sera-t-il à la fin du monde : les anges viendront séparer les méchants des justes et les jetteront dans la fournaise : là il y aura des pleurs et des grincements de dents. »

    Et Jésus conclut en disant : « Avez-vous compris tout cela ? – ‘Oui’ lui répondirent-ils. Jésus ajouta : ‘C’est ainsi que tout scribe devenu disciple du Royaume des cieux est comparable à un maître de maison qui tire de son trésor du neuf et de l’ancien.’ »

    Dans tout cela, on peut distinguer deux buts principaux dans le discours de Jésus. D’un côté éblouir et attirer le plus possible ceux qui l’écoutent en leur montrant l’importance et la beauté divine du Royaume des cieux. Et si l’on comprend que ce Royaume des cieux n’est autre que la Trinité elle-même qui vient de descendre sur la terre et de s’incarner en Jésus, nous sommes devant la contemplation de la plus haute béatitude que l’on puisse imaginer. Avec la venue de Jésus parmi nous, la vie de l’homme a trouvé finalement son sens ultime, son bonheur total. Il n’y a qu’à laisser de côté tout le reste et se donner corps et âme à ce Royaume qui est fait pour nous et pour lequel nous sommes faits, chacun et chacune d’entre nous et tous ensemble.

    Mais de l’autre côté, Jésus en bon pédagogue de son époque, continue de temps en temps à nous effrayer. Il veut nous montrer à quelle désolation totale peut conduire le refus du Royaume des cieux. A nous de méditer sur ces deux aspects, positif et négatif et d’en tirer une leçon pour toujours. Mais il est clair que le positif l’emporte de loin sur le négatif du châtiment, la béatitude l’emporte sur la condamnation. Sinon Jésus ne serait pas venu parmi nous pour nous donner sa vie.

    Et nous voilà à la fin du chapitre : « Jésus acheva ainsi de proposer des paraboles, puis il s’éloigna de là. Il alla dans son pays, et il enseignait les gens dans leur synagogue… » Mais cette histoire-là, nous la connaissons déjà bien pour l’avoir lue dans l’Evangile de Marc. Et Matthieu va finir de la même façon : « Jésus leur dit : ‘Un prophète n’est méprisé que dans sa patrie et sa propre maison.’ Er il ne fit pas beaucoup de miracles à cet endroit-là, à cause de leur manque de foi. »

    Mais nous allons revenir maintenant sur tout cela en reprenant comme d’habitude quelques nouvelles « perles de la Parole ». A très bientôt !


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