• Matthieu 9

    Encore un chapitre extraordinaire, rempli de foi et de miracles, de beaucoup de miracles ! A première vue, on pourrait passer sur ce chapitre 9 de Matthieu un peu vite, avec l’impression qu’il n’y a là rien de bien nouveau, puisque nous avons déjà vu presque tous ces miracles en différents passages de Marc et nous les reverrons encore plus tard à la lecture de Luc. Et pourtant…

    La nouveauté de Matthieu c’est d’abord qu’il a mis ensemble plusieurs miracles de Jésus qui étaient dispersés chez Marc, mais c’est aussi que le contexte tout entier va bientôt nous apparaître comme une nouvelle révélation. Mais quels sont en fait ces miracles ? Un paralysé qui se remet à marcher, une fille morte qui revit, une femme longtemps malade qui guérit, deux aveugles (au lieu d’un seul chez Marc) qui se remettent à voir et un possédé muet qui est débarrassé de son esprit mauvais et qui parle. Ce n’est pas rien tout cela…

    Et pourtant les plus grands miracles sont peut-être encore ailleurs. Surtout si l’on pense que tous ces malades guéris sont bien retombés malades quelques années plus tard et sont morts définitivement comme tout le monde. Mais « Jésus, sortant de Capharnaüm, vit un homme, du nom de Matthieu, assis à son bureau de publicain (collecteur d’impôts). Il lui dit : ‘Suis-moi.’ L’homme se leva et le suivit. » Ne pensez-vous pas qu’il y a là un miracle encore plus grand ? Car ce publicain et pécheur, apparemment si loin de Dieu et de ses commandements, va tout quitter pour suivre Jésus, il va même devenir avec Jean un de ses deux disciples qui vont répandre cette Parole de Dieu pour l’éternité, cette Parole qui nous bouleverse et nous transforme jusqu’à aujourd’hui.

    Et puis la révélation de ce Dieu si puissant dans son amour n’est-elle pas un miracle encore plus grand que ces guérisons elles-mêmes ? Ce « Fils de l’homme » qui apparaît même comme notre « Epoux » ou « l’Epoux » de notre âme avec lequel l’humanité peut commencer à fêter pour toujours le salut venu du ciel.

    Et cette conviction qui va naître en nous maintenant que Jésus vient nous apporter une révolution totale qui n’a rien à voir avec tous les petits efforts humains pour résoudre nos problèmes insolubles : « Personne ne coud une pièce d’étoffe neuve sur un vieux vêtement ; car le morceau ajouté tire sur le vêtement et le déchire davantage. Et on ne met pas du vin nouveau dans de vieilles outres ; autrement les outres éclatent, le vin se répand, et les outres sont perdues. Mais on met le vin nouveau dans des outres neuves, et tout se conserve. » Mais est-ce que nous nous rendons compte que Jésus est cette « pièce d’étoffe neuve » qui va tout changer ? Il est à la fois le « vin nouveau » et « l’outre neuve » qui ne pourront plus jamais revenir en arrière…

    Et pour finir, cette foi que Dieu fait pénétrer au plus profond du cœur de l’homme, n’est-elle pas elle aussi un miracle incroyable ? Que Dieu soit là bien présent, c’est tellement inouï déjà, mais que l’homme soit capable de s’en rendre compte, de ressentir sa présence et de se jeter dans ses bras malgré toutes les ténèbres qui l’entourent encore sur cette terre, n’est-ce pas encore tellement impensable ? « Voyant leur foi, Jésus dit au paralysé : ‘Confiance, mon fils, tes péchés sont pardonnés.’ »

    « Voilà qu’une femme souffrant d’hémorragies depuis douze ans s’approcha par derrière et toucha la frange de son vêtement. Car elle se disait en elle-même : ‘Si je parviens seulement à toucher son vêtement, je serai sauvée.’ Jésus se retourna, la vit et lui dit : ‘Confiance, ma fille ! Ta foi t’a sauvée.’ Et la femme fut sauvée à l’heure même. » « … les aveugles l’abordèrent, et Jésus leur dit : ‘Croyez-vous que je peux faire cela ?’ Ils répondirent : ‘Oui, Seigneur.’ Alors il leur toucha les yeux, en disant : « Que tout se fasse pour vous selon votre foi !’ »

    La foi elle-même est un miracle. Car elle va au-delà de la perception immédiate que l’homme peut avoir de la réalité qui l’enveloppe. La foi est cet amour pour Dieu que Dieu lui-même met en nous mais qui nous demande d’être actifs dans notre relation avec Lui. Nous ne sommes pas des robots ou des jouets entre ses mains qu’il va guérir ou sauver selon ses caprices divins. Non Dieu veut tout nous donner, mais il veut que nous participions à notre salut. Car le miracle final le plus grand c’est la capacité qu’il met en nous de pouvoir pénétrer pleinement au cœur de cette vie de réciprocité qui règne entre le Père, le Fils et l’Esprit où chacun accueille l’autre et se donne à lui de tout son cœur, se fond en lui totalement, tout en restant lui-même totalement. Dieu veut que nous nous perdions en lui, mais sans perdre notre personnalité unique, en devenant pour l’éternité des partenaires responsables et actifs de cette vie de paradis qui nous attend et que nous commençons à expérimenter déjà sur cette terre…

    Tout n’est cependant pas si facile pour Jésus, car il respecte trop notre liberté. Et cela se voit dans les réactions tellement contrastées devant son action si surprenante. On voit la foule qui lui amène des malades, pleine de foi, mais aussi de toutes sortes de sentiments contradictoires. « En voyant cela, la foule fut saisie de crainte, et elle rendit gloire à Dieu qui a donné un tel pouvoir aux hommes. » « La foule fut dans l’admiration, et elle se disait : ‘Jamais rien de pareil ne s’est vu en Israël !’ » Mais il y aussi ceux qui se moquent de Jésus. Et surtout il y a ces scribes et ces pharisiens, qui croient tout savoir et qui refusent de se laisser entraîner dans cet amour tellement révolutionnaire : « Cet homme blasphème. » « C’est par le chef des démons qu’il expulse les démons. » La bataille est bien engagée déjà et finira bientôt par la mort de Jésus sur la croix. Mystère de l’amour de Dieu et mystère de l’homme capable d’accepter cet amour, mais aussi de lui tourner le dos en croyant ainsi rester plus libre…

    La Parole de Dieu est donc toujours nouvelle, même si nous croyons l’avoir entendue mille fois, mais avant de nous lancer dans de nouvelles « perles de la Parole », terminons notre brève introduction par les phrases finales de notre chapitre qui sont tout de même une nouveauté totale par rapport aux textes de Marc et de Luc et que nous approfondirons elles aussi bientôt.

    « Jésus parcourait toutes les villes et tous les villages, enseignant dans leurs synagogues, proclamant la Bonne Nouvelle du Royaume et guérissant toute maladie et toute infirmité. Voyant les foules, il eut pitié d’elles parce qu’elles étaient fatiguées et abattues comme des brebis sans berger. Il dit alors à ses disciples : ‘La moisson est abondante, et les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson.’ »

    De quoi méditer… 

     


  • Commentaires

    1
    Hayat Fallah
    Jeudi 8 Août 2019 à 19:19
    C'est beau !!! La foi, le don de la foi est aussi un mystère de l'amour de Dieu !
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