• Merveilles pour tous les âges...

    « Il s’est penché sur son humble servante ; désormais tous les âges me diront bienheureuse. Le Puissant fit pour moi des merveilles ; Saint est son nom ! » (Lc 1,48-49)

    C’est la deuxième phrase de la « béatitude » de Marie. Après avoir entendu Elisabeth proclamer : « Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur », voilà que Marie elle-même crie maintenant : « Désormais tous les âges me diront bienheureuse. » C’est qu’il s’agit ici de la béatitude essentielle, la béatitude qui contient en elle toutes les autres béatitudes de l’Evangile de Luc, mais aussi de ceux de Matthieu ou Jean et de toute la Bible. Car celui ou celle qui est lié ou liée pour toujours au plus profond de soi à la vie de la Trinité est certainement aussi le plus pur, le plus pauvre, le plus aimant, le plus disponible à l’action de Dieu parmi nous, et donc le plus bienheureux.

    Et tout se résume ici en quelques mots. Ce « Puissant » qui a fait des merveilles pour Marie, et en elle pour chacun d’entre nous, est un puissant de l’humilité et du service, un puissant qui n’écrase pas l’autre par sa puissance, mais qui au contraire « se penche » sur lui, descend à son niveau, se fait vulnérable et disponible, car la puissance de Dieu est seulement celle d’un amour total qui se donne tout entier à celui qu’il aime. Et si son nom est « saint », cela veut dire qu’il est la sainteté-même et tous les noms n’en finissent pas de tourner en rond pour nous dire enfin la même chose : l’humanité en Marie vient de trouver son trésor, ce paradis que nous avions perdu mais pour lequel Dieu nous a créés dès l’origine. Et le mot « merveilles », employé ici au pluriel, nous dit à la fois la magnificence de ce trésor et le fait qu’il nous porte sans cesse d’une surprise à l’autre toujours plus grande, toujours plus merveilleuse, car la vie en Dieu est à la fois éternelle et toujours nouvelle…

    Mais puisque nous sommes encore ici dans la dimension du temps terrestre qui ne s’arrête jamais et ne revient plus en arrière, Marie nous parle maintenant d’un autre miracle, qui est en même temps une prophétie : l’histoire de l’humanité aura encore sans doute ses hauts et ses bas, mais le pacte concret que Dieu a scellé avec l’humanité en Marie, ne dépendra plus de ces hauts et de ces bas. Marie sera « bienheureuse » pour tous les âges. Et l’on peut déjà voir 2000 ans après le « Magnificat » que cette prophétie est toujours valable, que Marie continue même à être reconnue « bienheureuse » par des gens appartenant à des religions qui en arrivent à se faire la guerre, mais qui ne cessent de louer sa grandeur. Cela semble incroyable, mais c’est vrai. Le pacte entre Dieu et l’humanité en Marie est comme de l’eau vive qu’on peut arrêter un instant avec des murs de pierre ou de métal, mais qui finira toujours par passer… tant qu’il y aura au moins deux hommes sur la terre unis au nom de Dieu et qui partagent autour d’eux ce trésor…

     

     


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