• Où et comment trouver ce Dieu qui nous attend?

    Je vais peut-être vous scandaliser aujourd’hui si je vous dis que certaines phrases de Mère Teresa me gênent ? Nous sommes dans la rubrique « Reflets du paradis », et nous voudrions tellement apprendre à connaître déjà au moins un peu ce paradis sur terre. Les exemples que nous avons de toutes sortes de saints nous découragent parfois au lieu de nous aider. Mais écoutons Mère Teresa :

    « De sang, je suis Albanaise,

    De citoyenneté, Indienne,

    De religion, catholique,

    Pour mission j’appartiens à tout le monde ;

    Mais mon cœur n’appartient qu’à Jésus. »

    J’ai déjà dit, à propos des béatitudes que je n’aimais pas beaucoup ces mots « appartenir » et « posséder » que l’on trouve si souvent encore dans notre culture chrétienne et qui ne me semblent pas très évangéliques. Car Dieu, à mon avis, n’est pas capable de posséder, on dit d’ailleurs que c’est le diable qui essaye de nous posséder. Dieu sait seulement aimer et donner sa vie et cela me dérange de dire alors que nous lui appartenons, s’il ne nous possède pas.

    Mais ce qui me gêne le plus c’est la fin de sa phrase : « Mon cœur n’appartient qu’à Jésus. » Je comprends bien que Mère Teresa, comme tous les saints, veut d’abord se donner toute entière à Jésus, son Dieu et son Amour. Mais pour nous, qui vivons dans le monde, pourquoi cette exclusion de tout ce qui n’est pas Jésus ? Car ce qui va sauver notre christianisme, à une époque où il est bien malade, c’est la redécouverte de l’Evangile qui nous dit que nous trouvons Jésus en nous bien sûr, dans sa parole, dans l’eucharistie, mais aussi en chaque homme et chaque femme que nous rencontrons sur le chemin de la vie, (et c’est bien d’ailleurs ce que Mère Teresa a fait pendant toute sa mission en Inde). Comme le dit si bien Chiara Lubich, nous sommes comme dans un grand jardin fleuri, où Dieu se trouve tellement présent en toutes les fleurs, qu’il n’est pas juste de le chercher seulement dans la fleur que nous sommes, alors que nous pouvons le trouver aussi au cœur de toutes les autres fleurs. La prière n’est pas un lieu de refuge pour nous unir à Dieu, en pensant qu’il est difficile de le trouver dans le monde. Ce serait bien mal comprendre l’Evangile. Notre union avec Dieu au fond de notre cœur est là pour nous pousser à le trouver aussi au cœur de nos frères et sœurs en humanité. Vivre déjà le paradis sur terre, c’est passer à chaque instant de la contemplation de Dieu en nous à celle de Dieu dans nos frères : nous sommes alors en communion avec Dieu tout au long de la journée, il n’y a plus de moments que nous consacrons à Dieu et d’autres où nous le quittons ou le mettons de côté. Et il n’y a plus non plus de moments où nous quittons nos frères pour être enfin avec Dieu, car avec nos frères nous étions déjà avec Dieu. Si l’on comprend cette vérité toute simple, c’est une véritable révolution spirituelle qui peut changer l’Eglise et le monde…


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