• Pauvre sagesse!

    C’est bien la rubrique « Batailles » ! Pour qui ou contre qui allons-nous nous battre aujourd’hui ? Vous allez peut-être être surpris : j’ai envie de me battre contre une certaine sagesse à bon marché qui envahit nos réseaux sociaux sur internet, en prétendant aider les gens, et qui en réalité fait plus de mal que de bien. Mais jugez vous-mêmes !

    Une grande amie à moi publie il y a quelques jours un article pris des « Messages de l’univers » et qui s’intitule « Les 7 règles de la vie » Titre merveilleux, mais la suite l’est beaucoup moins. La première règle qu’on nous propose de suivre est toute simple : « Fais la paix avec ton passé pour qu’il ne dérange pas ton présent. »

    Faire la paix avec notre passé est bon, c’est évident. Rester esclave des blessures du passé est toujours tellement lourd à porter. Et il existe pour cela tant de bons chemins à entreprendre, qui vont du pardon à la réconciliation, avec soi-même et avec les autres, à la relativisation des problèmes, à l’acceptation des défauts et des limites de l’autre et encore de soi-même… tout cela est certainement positif. Mais dans quel but ? Pour ne pas être dérangé ?

    Excusez-moi, mais ce mot « dérangé » me dérange beaucoup. Il me gâche toute la belle intention de l’auteur de cette phrase. Comme si « ne pas être dérangé » pouvait être un idéal de vie ! Mais la vie par définition est un dérangement perpétuel. La vie est une aventure à couper le souffle où chaque jour et parfois à chaque instant je suis dérangé par de nouvelles rencontres, par des surprises agréables ou difficiles. C’est ma capacité à réagir, positivement ou non, devant ces surprises qui va conditionner mes journées et mon humeur.

    J’ai l’impression que l’individualisme régnant dans une partie de notre monde moderne nous fait croire de plus en plus que nous trouverons le bonheur quand nous serons définitivement tranquilles dans notre coin perdu ou notre île déserte. Ce sera la paix, certainement, mais la paix vide de toute signification de celui qui nous dit (vulgairement) : « S’il te plaît, fiche-moi la paix ! » parce que ma présence ne l’intéresse plus.

    Le jour où la présence des autres ne m’intéresse plus ou me gêne, je suis peut-être tranquille, mais de la paix qu’on trouve à l’intérieur d’un tombeau : « Qu’il repose en paix ! ». Non je n’accepterai jamais cette fausse sagesse qui nous trompe. Car la vie vaut la peine d’être vécue si elle est un affrontement perpétuel de problèmes de croissance, de conflits à résoudre, de maladies à soigner, de personnes à aider, à réconforter…

     

    Toute nouvelle vie est un dérangement. Un enfant qui naît dans une famille va changer tous les programmes. Un homme et une femme qui se marient vont devoir transformer une grande partie de leurs habitudes. Les réfugiés qui arrivent dans notre pays vont nous obliger à sortir de nous-mêmes et à faire des rencontres inoubliables. Mais tout ce qu’il y a de beau dérange quelque part. L’art dérange souvent, le sport dérange. Les idées des autres qui nous remettent en question ne nous laisseront jamais en paix, si nous sommes honnêtes avec nous -mêmes. Et c’est là que notre humanité mûrit et s’enrichit… Et ce n’est là que la première phrase de notre message : à bientôt la suite car on ne peut pas se taire devant un tel vide moral ou culturel ! 


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  • Commentaires

    1
    Hayat Fallah
    Vendredi 20 Octobre à 20:34
    Je doute que le beau pourrait me déranger ....
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