• [Pour nous préparer à la lecture du chapitre 3 de l’Evangile de Luc, nous reprenons quelques commentaires publiés dans ce blog en 2018]

    « Déjà la cognée se trouve à la racine des arbres : tout arbre qui ne produit pas de bons fruits va être coupé et jeté au feu. » (Mt 3,10) (cf. Lc 3,9 : « Déjà la cognée se trouve à la racine des arbres : tout arbre qui ne produit pas de bons fruits va être coupé et jeté au feu. »)

    C’est encore Jean-Baptiste qui parle ici. N’oublions pas que pour Jésus, Jean-Baptiste est la plus grande personnalité du vieux monde de l’Ancien Testament, mais il n’est pas encore parvenu à la mentalité nouvelle du Dieu amour et miséricordieux que Jésus nous donne.

    Alors, cette phrase doit-elle nous faire peur ou au contraire nous encourager ? Je crois qu’il faut toujours prendre les phrases de l’Evangile dans le sens de cet amour de Jésus qui est justement ce « Dieu qui sauve ».

    L’Evangile nous parle parfois comme ces parents qui disent à leur enfant : « Attention, si tu traverses la rue tout seul, tu vas te faire écraser ! », par amour pour lui, pour le protéger.

    Vous voyez beaucoup d’arbres qui ne portent aucun fruit ? Oui, ça existe, mais ce n’est pas si fréquent que cela. Mais vous connaissez beaucoup d’hommes qui ne sont pas capables, une fois au moins dans leur journée, d’aider quelqu’un, d’esquisser un sourire, de faire un petit effort de patience ou de pardon ?

    Je crois que chaque homme, chaque femme porte du fruit, plus ou moins bon, plus ou moins mûr, au cours de sa journée. Vous imaginez quelqu’un qui veuille faire du mal, systématiquement, du matin au soir ? Ce que l’Evangile veut nous dire simplement c’est que tout ce qui va rester de nous à la fin de notre vie, ce seront les bons fruits que nous aurons produits, parfois spontanément, parfois avec un grand effort, ce n’est pas le comment qui compte, mais ce beau fruit qui va sortir de nous. Alors Jésus nous invite à nous concentrer sur ces fruits qui vont rester pour toujours et à ne pas trop nous préoccuper d’autre chose, de tout ce qui va finalement disparaître et être jeté au feu de l’oubli du passé !

     

     


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  • [Pour nous préparer à la lecture du chapitre 3 de l’Evangile de Luc, nous reprenons quelques commentaires publiés dans ce blog en 2018]

    « Voyant des pharisiens et des sadducéens venir en grand nombre à ce baptême, il leur dit : ‘Engeance de vipères ! Qui vous a appris à fuir la colère qui vient ?’ » (Mt 3,7) (cf. Lc 3,7 : « Jean disait aux foules qui arrivaient pour se faire baptiser par lui : ‘Engeance de vipères ! Qui vous a appris à fuir la colère qui vient ?’»)

    C’est Jean Baptiste qui parle ici, avec ce ton si terrible. Et il ne s’adresse pas à n’importe qui, mais à la crème des personnalités religieuses de l’époque, ceux qui auraient dû être les plus proches de Dieu. L’Evangile est tout de suite une immense révolution, car il ne nous demande pas d’observer des pratiques religieuses mais de changer nos cœurs.

    Devant Dieu qui vient pour nous convertir, c’est-à-dire pour nous détourner de notre pauvre monde renfermé sur lui-même, il n’y a qu’un chemin tout simple : changer de vie totalement, écouter la voix de Dieu en nous et suivre ce Dieu, par la pensée, par le cœur, et par les actes. Tout doit se transformer en nous.

    Car on ne peut pas tricher avec Dieu. On ne peut pas faire semblant de se convertir. On ne peut pas s’en tirer par quelques pratiques extérieures qui n’engagent rien de notre personnalité profonde. C’est pour cela que l’Evangile est si dur contre ceux qui devraient être les plus proches de Dieu, mais qui suivent Dieu seulement dans les apparences extérieures.

    La vie qu’apporte le Christ est ouverte à tout le monde. Les païens, les pécheurs, les hommes faibles, les pauvres, les blessés, tous sont admirablement préparés à accueillir le message de Jésus, car ils sont assoiffés de cette eau vivifiante qui leur manque. La pire des catastrophes c’est quand on se sent tranquille, parce qu’on se croit déjà arrivé en Dieu et qu’on ne le cherche même plus, on ne sent même plus ce besoin de se convertir. Alors Dieu peut passer tout près de nous cinquante fois par jour, nous n’allons même pas remarquer sa présence et son appel et nous allons rester pour toujours dans notre coin, en pensant que Dieu va bientôt nous récompenser… Ce serait bien triste !

     

     


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  • [Pour nous préparer à la lecture du chapitre 3 de l’Evangile de Luc, nous reprenons quelques commentaires publiés dans ce blog en 2015] 

    « Voici que j’envoie mon messager devant toi pour préparer ta route. A travers le désert, une voix crie : préparez le chemin du Seigneur, aplanissez sa route. » (Mc 1,2-3) (cf. Lc 3,4 : « A travers le désert, une voix crie : ‘Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez sa route.’ »)

    Ce qui est étonnant ici, c’est cette répétition par trois fois des mots « chemin » et « route ». Le Seigneur est en route, il est en mouvement, il est en train de se déplacer. Mais où va-t-il ? Il vient chez nous ! Dieu a décidé de visiter son peuple, il arrive. C’est lui qui fait toujours le premier pas. Nous n’avons pas grand chose à faire au fond, sinon à attendre, à « sortir » au moins sur le pas de la porte pour l’accueillir quand il arrivera.

                  Mais il nous reste tout de même une chose importante à faire : c’est ce verbe qui se répète aussi par deux fois, nous préparer à sa venue. Préparer notre maison, préparer notre cœur. 

                  Et c’est là qu’un autre petit mot vient nous aider : « aplanissez sa route ». Aplanir, c’est tout un programme, cela veut dire ôter tous les obstacles, toutes les pierres qui pourraient faire trébucher, toutes les barrières, les murs qui se sont construits au fil des jours entre Dieu et nous, ou entre nous et nos frères.

                  Quand on souhaite la bienvenue à quelqu’un au Liban on lui dit : « Ahlan wa sahlan ! » Je n’ai jamais trouvé quelqu’un capable de me traduire de façon claire cette expression merveilleuse. « Ahl » veut dire famille, et « sahl » veut dire la plaine ; cela devrait vouloir dire à peu près à l’hôte qui franchit le pas de la porte : « Nous te souhaitons de te trouver ici chez toi, comme dans ta famille, et que tous tes problèmes se trouvent ici aplanis, résolus, pacifiés. » C’est au fond le seul travail que Jésus nous demande : enlever tout ce qui pourrait déranger sa venue, mais pour cela il faut être bien attentif, regarder dans tous les angles de la maison, ne laisser aucun coin d’ombre dans notre cœur, travail tout simple de chaque instant et à la fin Jésus fera le reste. Et c’est beau qu’il nous laisse tout le temps pour nous préparer, notre vie ici sur terre est elle-même la préparation pour le jour de la grande rencontre avec Lui, où ce serait tellement beau qu’il n’y ait plus alors aucun obstacle !

     

     

     


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  • [Pour nous préparer à la lecture du chapitre 3 de l’Evangile de Luc, nous reprenons quelques commentaires publiés dans ce blog en 2018] 

    « Convertissez-vous, car le royaume des cieux est tout proche. » (Mt 3,2) (cf. Lc 3,3 : « Il proclamait un baptême de conversion pour le pardon des péchés. »)

    Se convertir, cela veut dire tout simplement changer de route, de cap, de direction, prendre un autre chemin pour parvenir à notre but. Et le but est bien là, tout proche, le plus beau trésor qu’on puisse jamais imaginer : le royaume de Dieu est arrivé parmi nous, il est venu nous visiter. Car le royaume de Dieu n’est pas une réalité abstraite ou évanescente, il est même en chair et en os, car ce royaume des cieux vient de se faire homme en Jésus, il est descendu au milieu de nous et nous n’avons plus qu’à tendre la main pour le toucher, à ouvrir nos yeux pour le regarder, et nos oreilles pour l’écouter.

    C’est le plus grand miracle de l’histoire de l’humanité, le cadeau de Dieu à l’homme qui s’était perdu. Mais voilà le problème : l’homme est libre de rester perdu dans sa misère. Dieu ne veut pas nous obliger à l’accueillir, il propose simplement sa présence à qui désire en profiter, pour soi-même et pour tous ceux qui nous sont proches. Mais l’invitation est claire et finalement tellement facile à accepter quand on la comprend bien. Car on peut rater ce royaume des cieux une fois, deux fois, mille fois, toute une vie, et il sera toujours là à nous attendre. Quel amour et quelle divine patience tout de même ! Nous pouvons être indifférents, ou trop occupés à nos petites réalités personnelles, nous pouvons même refuser pendant longtemps cette invitation merveilleuse, mais Jésus sera toujours là, comme si de rien n’était, il ne va pas nous juger ou se fâcher si nous n’avons pas été attentifs. Pour lui les ouvriers de la dernière heure auront la même récompense que ceux de la première heure. Alors, un petit effort seulement, quand nous nous en souvenons. Ce matin est peut-être tout noir et plein de problèmes, mais voilà que je me rappelle tout à coup qu’ « Il » est là : alors en cet instant même ma vie peut commencer à changer pour toujours. Comment imaginer un amour plus grand !

     

     


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  • « En le voyant, ses parents furent stupéfaits, et sa mère lui dit : ‘Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois comme nous avons souffert en te cherchant, ton père et moi !’ Il leur dit : ‘Comment se fait-il que vous m’ayez cherché ? Ne le saviez-vous pas ? C’est chez mon Père que je dois être.’ Mais ils ne comprirent pas ce qu’il leur disait. » (Lc 2,48-50)

    Il est intéressant de noter dans ce fameux épisode où Joseph et Marie ont perdu Jésus et l’ont finalement retrouvé parmi les docteurs du Temple, que pratiquement personne ne comprend rien à ce qui se passe. Jésus lui-même, comme Marie et Joseph, semble un peu perdu. Mais l’Evangile nous dit que Jésus est rentré ensuite tranquillement à Nazareth avec ses parents et qu’il « leur était soumis ». Cette petite mésaventure n’a diminué en rien l’amour qui se vivait au sein de la Sainte Famille. Et je crois qu’il y a là pour chacun de nous une grande leçon de vie.

    La mentalité courante nous pousse à vouloir toujours tout comprendre. Ce n’est pas mauvais en soi, mais cela risque de provoquer en nous une grande confusion sur l’ordre des priorités de notre vie de tous les jours. Car toute la vie de Jésus et Marie va nous montrer que l’important n’est pas tellement ou seulement de comprendre, mais d’aimer. Bien sûr que comprendre les évènements et les personnes nous aide à savoir comment nous comporter au fil des jours. Mais pourquoi sommes-nous paralysés lorsque nous ne comprenons pas ? Comme si cela nous empêchait d’aimer…

    Combien souvent prétendons-nous tout savoir et tout comprendre avant de faire tel ou tel pas ou de prendre telle décision dans notre vie, alors que bien rarement nous parvenons à cette compréhension totale de ce qui se passe. Et soyons réalistes : nous ne serons jamais capables de comprendre complètement ce qui se passe dans le cœur même des êtres qui nous sont les plus chers, et même ce qui se passe en nous. La vie est pleine de réalités qui sont toujours un peu mystérieuses. Et c’est là que nous devons revenir à l’essentiel : Jésus ne nous a pas demandé de nous comprendre les uns les autres, mais de nous aimer les uns les autres.

    Pourquoi cela ? Tout simplement parce que, si nous nous aimons comme Jésus nous a aimés, voilà que Lui est présent au milieu de nous et que Lui nous comprend et nous porte de l’avant. Voilà une immense leçon d’humilité et de confiance qui peut changer notre vie. Nous lever chaque matin en essayant de comprendre ce qui se passe et dans quelle direction Dieu nous appelle maintenant, mais nous jeter ensuite dans ses bras à aimer nos frères en nous laissant guider par Lui le plus possible. Alors la vie s’illuminera au fur et à mesure et nous serons tellement heureux de découvrir que Dieu a non seulement réalisé nos rêves mais que son amour est allé bien au-delà de tout ce que nous aurions été capables d’imaginer au départ. C’est tellement plus sage de se laisser faire par Dieu et de le laisser nous emmener de surprise en surprise vers les horizons merveilleux qu’il prépare chaque jour pour nous…

     

     


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