• « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu’il aime. »  (Lc 2,14)

    Comme il est extraordinaire cet Evangile qui est capable en une phrase de synthétiser toute une vie, tout un programme, tout un monde ! La gloire et la paix, voilà le programme que Dieu nous propose avec la Bonne Nouvelle qu’il est en train de nous annoncer par ses anges…

    Et d’abord la gloire de Dieu. C’est bien normal de commencer par Dieu qui est le centre et la source de toute vie. Mais attention à ne pas comprendre Dieu complètement de travers. Dieu n’est pas un tyran qui veut dominer le monde et qui veut que l’univers entier, à commencer par les hommes, se prosterne devant lui pour l’adorer. Ce serait absurde d’imaginer un Dieu pareil qui serait le contraire de cet amour que nous montre l’Evangile, qui est avant tout service, oubli de soi et donation totale.

    Dieu est le centre de tout pour nous, mais pas pour lui-même. Il est déjà clair que le centre de la vie du Père, c’est le Fils dans l’Esprit, et le centre de la vie du Fils, c’est le Père dans l’Esprit. Ce Dieu de vie ne sait pas faire autre chose que de donner sa vie et il a fait la création pour avoir un centre de sa vie qui soit hors de soi-même. Alors pourquoi cette insistance à proclamer la gloire de Dieu ? Pour avoir la joie orgueilleuse de se sentir tellement important ? Mais non, notre Dieu Amour est le contraire de l’orgueil qui passe son temps à se regarder dans un miroir et qui veut que le monde entier l’admire. S’il veut que nous rendions gloire à Dieu, c’est simplement pour que nous puissions profiter pleinement du trésor qu’il est pour nous. Il nous aime tellement qu’il serait triste de nous voir passer à côté de sa source de vie sans même nous en apercevoir…

    Mais son véritable cadeau, qu’il a préparé pour nous de toute éternité, c’est la paix dont il voudrait tellement remplir notre cœur et toutes nos relations. Une paix qui est synonyme de tout ce qui est beau au paradis et qu’il nous invite à vivre dès ici-bas le plus possible. Une paix qui signifie en même temps bonheur, liberté, équilibre, sérénité, joie, harmonie en soi et autour de soi… et la liste n’en finirait jamais. Car à partir du jour où nous nous tournons vers la gloire de Dieu, c’est comme si nous nous branchions pour toujours sur la source de sa lumière en nous laissant inonder et envahir par ce courant merveilleux.

    Nous brancher sur la gloire de Dieu, c’est trouver la potion magique qui va faire que même au cœur des pires difficultés, au milieu de la maladie, devant la mort, au milieu des épreuves ou des persécutions de toutes sortes, Dieu peut nous donner sa paix quelque part au fond de notre cœur. Et cette paix n’est pas un beau cadeau personnel à garder pour soi égoïstement, mais un don tellement miraculeux que plus nous la donnons et nous la construisons autour de nous et plus elle nous pénètre au plus profond de nous-mêmes. Belles paroles bien utopiques et loin de notre pauvre réalité de tous les jours ? Non, c’est cela la Bonne Nouvelle que Dieu nous donne, mais en laissant à chacun de nous la liberté et la responsabilité de dire oui à cet amour, car Dieu ne veut pas faire de nous des jouets entre ses mains, mais des frères et sœurs, des associés et des collaborateurs dès maintenant et pour l’éternité…


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  • « Ne craignez pas, car voici que je viens vous annoncer une bonne nouvelle, une grande joie pour tout le peuple : aujourd’hui vous est né un Sauveur, dans la ville de David. Il est le Messie, le Seigneur. » (Lc 2,10-11)

    Pour être sincère, cela fait deux ou trois jours que je lis et relis cette phrase et qu’elle brûle dans mon esprit et dans mon cœur et je vais essayer de partager ce qui se passe en moi. J’ai l’impression que jusqu’à maintenant, de toute ma vie, je n’avais pas compris grand-chose à cette réalité de la « Bonne Nouvelle »…

    Car qu’est-ce que cette Bonne Nouvelle ? Oui, nous le savons ou nous croyons le savoir, c’est que Jésus est né et que Dieu est descendu sur terre parmi nous pour sauver l’humanité. Mais en réalité cette « nouvelle » date désormais de plus de 2000 ans, ce n’est plus une « nouvelle », mais une « ancienne », si je me permets ce jeu de mots un peu naïf…

    En réalité, quand les bergers ont entendu les anges annoncer la Bonne Nouvelle, ont-ils vraiment cru et compris ce qui se passait ? Quand les habitants de Nazareth ont rencontré Jésus chaque jour pendant 30 ans dans les rues de leur village, ont-ils vu autre chose que le fils de Joseph et Marie ? Quand les disciples, frappés par les miracles de Jésus, l’ont vu finir en croix devant eux, n’ont-ils pas tous fui, à part Jean, en pensant que tout cela avait été un rêve impossible ? Heureusement qu’il y a eu la résurrection et la descente de l’Esprit Saint à la Pentecôte et la famille de l’Eglise est née dans la foi de cette Bonne Nouvelle et elle continue à aller de l’avant tant bien que mal depuis 2000 ans…

    Le problème, le défi de notre vie sur la terre, c’est que nous ne pouvons pas encore voir Dieu comme une évidence, sinon nous serions déjà au paradis. Au paradis, la foi et l’espérance ne serviront plus car nous verrons Dieu face à face. Nous ne pouvons donc pas continuer à nous dire que nous croyons à cette Bonne Nouvelle d’il y a 2000 ans comme si c’était une vérité scientifique expérimentée et nous laisser prendre ensuite par la crainte ou tous les sentiments négatifs que peuvent provoquer en nous les problèmes de notre monde malade.

    La vérité, c’est qu’aujourd’hui même Jésus et l’Esprit Saint, avec Marie et tous les saints qui sont déjà au ciel sont en train de nous dire de nouveau : nous vous annonçons une « Bonne Nouvelle ». Une nouvelle « Bonne Nouvelle » que nous ne pouvons pas voir encore, mais qui est en train de germer en nous et au milieu de nous. La vie du paradis est en train, ce matin ou ce soir, de descendre de nouveau parmi nous. Au milieu de nos difficultés, de nos problèmes de nos souffrances, il y a un miracle qui est en train de naître et de renaître, que nous pouvons à peine entrevoir, mais qui est déjà là. Personne ne peut nous le prouver. Mais c’est cet amour réciproque vécu entre nous, comme tout l’Evangile nous le demande, qui nous met au cœur de cette Bonne Nouvelle et qui la fait se réaliser réellement de nouveau comme il y a 2000 ans.

    Alors ne perdons plus trop de temps à essayer de vérifier si tout cela est vrai ou non. Nous ne pourrons le vérifier que dans quelques années au paradis. Mais la vie de Dieu au milieu de nous nous permet de participer déjà à cette nouvelle création que Dieu nous donne et cela est la véritable « Bonne Nouvelle » de chaque jour qui ne dépend pas de nos échecs ou de nos réussites, car Dieu est là de toute façon et nous pouvons l’accueillir sans crainte (« Ne craignez pas ! »), de tout notre cœur !!!


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  • « Pendant qu’ils étaient là, arrivèrent les jours où elle devait enfanter. Et elle mit au monde son fils premier-né ; elle l’emmaillota et le coucha dans une mangeoire, car il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune. » (Lc 2,6)

    On n’en finira jamais de commenter cette phrase qui vient nous annoncer le plus grand mystère de l’histoire de l’humanité : Dieu qui se fait chair, Dieu qui se fait homme, comme n’importe lequel d’entre nous. C’est pour cela que j’ai envie aujourd’hui de m’arrêter sur un seul point, qui est au fond le secret de tout le reste : le sens réel et profond de la « toute-puissance de Dieu ».

    Savez-vous que les mots « puissance » ou « puissants » viennent tout simplement du verbe « pouvoir » ? Dieu est puissant dans le sens qu’il peut tout. Il peut être tout et il peut tout faire. Absolument tout ? Non, en réalité, car notre Dieu de vie et d’amour peut seulement donner la vie, sa vie et la faire grandir dans son amour. Dieu ne peut pas faire le mal, haïr, ou tuer la vie. Mais dans son domaine qui est justement la naissance et la croissance de toute vie, il peut absolument tout.

    Et c’est là que l’histoire de la naissance de Jésus du sein de Marie devrait bouleverser tous les concepts que nous avons de sa puissance. Nous imaginons peut-être sa puissance comme celle d’une immense montagne ou d’un feu dévorant. Nous avons peut-être oublié cet épisode de la Bible où Dieu se présentait dans une brise légère. Alors pourquoi ne se présenterait-il pas dans un nouveau-né tout faible dans la mangeoire qui vient de l’accueillir ?

    On a peut-être trop fait de réflexions sur ce Dieu tout-puissant qui s’est abaissé à notre humble niveau comme si cela lui enlevait de sa gloire ou de sa dignité. Alors que c’est là que justement Dieu nous montre qu’il est libre, qu’il peut aussi bien se montrer dans la force que dans la faiblesse. L’important, c’est qu’il est une force qui aime et non pas qui domine, une force qui sert et non pas qui se fait servir, ou une faiblesse qui se fait proche des plus faibles et qui passe partout. L’Esprit Saint n’est-il pas représenté souvent comme un vent qui est libre de souffler là où il veut ?

    Dieu est seulement amour, amour en lui-même à l’intérieur de la Trinité et amour pour tout l’univers et en particulier pour cette humanité que nous sommes, qui est si souvent malade mais qui reste le joyau de l’univers, qu’il a créée à son image. Alors la toute-puissance de Dieu c’est sa capacité de jouer avec nous à son amour. Cette joie qu’il a de nous émerveiller toujours par de nouvelles surprises ou de nouveaux miracles.

    Donc si nous relisons maintenant l’Evangile, nous allons y redécouvrir à chaque pas cette liberté infinie de Dieu de nous atteindre personnellement et tous ensemble par les voies les plus impossibles, les plus inattendues. Un Dieu qui nous aime tellement qu’il veut nous libérer à notre tour de tous les obstacles qui se présentent sur notre chemin terrestre. Un Dieu qui à la fin va nous libérer de la mort elle-même et du mal qui essaye de nous dominer. Dieu est tout-puissant parce qu’il peut arriver à nous au plus profond de nos tunnels, il peut réparer toutes nos fautes, il peut remettre la paix et l’harmonie là où nous pensions être tombés en enfer.

    Alors est-ce tellement étonnant qu’il soit capable de naître comme un petit enfant, lui qui a créé la vie ? Quand nous avons vraiment compris cela, pas seulement en pensée, mais de tout notre être et avec tout cet amour que Dieu a mis dans notre cœur, il ne devrait plus y avoir aucun obstacle définitif sur notre route vers lui et vers nos frères et sœurs en humanité qui nous portent eux aussi à lui. Tout ne devrait plus être qu’une occasion de trouver un peu plus ce Dieu qui nous aime et de le partager avec tous ceux que nous rencontrons sur notre chemin, dans la joie comme dans la douleur. Car toutes ces circonstances joyeuses ou douloureuses passent les unes après les autres, mais elles sont toutes des occasions pour que Jésus naisse et renaisse chaque jour et à chaque instant en nous et au milieu de nous…

     


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  • Encore un chapitre extraordinaire de Luc et complètement original. C’est celui de la naissance et de l’enfance de Jésus. Nous le connaissons par cœur et pourtant il n’en finit pas de nous émerveiller. Luc nous explique d’abord simplement le contexte de l’évènement inouï qui va bouleverser toute l’histoire de l’humanité. « En ces jours-là, parut un édit de l’empereur Auguste, ordonnant de recenser toute la terre – ce premier recensement eut lieu lorsque Quirinius était gouverneur de Syrie. Et chacun allait se faire inscrire dans sa ville d’origine.

    Joseph, lui aussi, quitta la ville de Nazareth en Galilée, pour monter en Judée, à la ville de David appelée Bethléem, car il était de la maison et de la descendance de David. Il venait se faire inscrire avec Marie, son épouse, qui était enceinte.  Or, pendant qu’ils étaient là, arrivèrent les jours où elle devait enfanter. Et elle mit au monde son fils premier-né ; elle l’emmaillota et le coucha dans une mangeoire, car il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune. » Peu de mots pour décrire la descente de Dieu parmi les hommes, comme si c’était la chose la plus naturelle.

    Mais, si personne n’imaginait autour d’eux ce qui était réellement en train de se passer, Dieu va commencer par envoyer ses anges pour annoncer la nouvelle au moins aux bergers, les plus simples des hommes. « Dans les environs se trouvaient des bergers qui passaient la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux. L’ange du Seigneur s’approcha, et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière. Ils furent saisis d’une grande crainte, mais l’ange leur dit : ‘Ne craignez pas, car voici que je viens vous annoncer une bonne nouvelle, une grande joie pour tout le peuple : aujourd’hui vous est né un Sauveur, dans la ville de David. Il est le Messie, le Seigneur. Et voilà le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. ‘ Et soudain, il y eut avec l’ange une troupe céleste innombrable, qui louait Dieu en disant : ‘Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu’il aime.’ » 

    « Lorsque les anges eurent quitté les bergers pour le ciel, ceux-ci se disaient entre eux : ‘Allons jusqu’à Bethléem pour voir ce qui est arrivé, et que le Seigneur nous a fait connaître. Ils se hâtèrent d’y aller, et ils découvrirent Marie et Joseph, avec le nouveau-né couché dans la mangeoire. Après l’avoir vu, ils racontèrent ce qui leur avait été annoncé au sujet de cet enfant. Et tout le monde s’étonnait de ce que racontaient les bergers. Marie, cependant, retenait tous ces évènements et les méditait dans son cœur. Les bergers repartirent ; ils glorifiaient et louaient Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu selon ce qui leur avait été annoncé. » Et voilà, c’est fait. Dieu s’est fait chair et il est venu habiter parmi nous… et 2000 ans plus tard, on dirait que l’humanité n’a encore presque rien compris de ce qui s’est passé : ceux qui n’y croient pas bien sûr, mais nous-mêmes qui disons y croire, qu’est-ce que cela a vraiment changé à notre vie ?

    Mais laissons Luc maintenant continuer son récit : « Quand fut arrivé le huitième jour, celui de la circoncision, l’enfant reçut le nom de Jésus, le nom que l’ange lui avait donné avant sa conception. Quand arriva le jour fixé par la loi de Moïse pour la purification, les parents de

    Jésus le portèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, selon ce qui est écrit dans la Loi : ‘Tout premier-né de sexe masculin sera consacré au Seigneur’. Ils venaient aussi présenter en offrande le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur : ‘un couple de tourterelles ou deux petites colombes’.

    Or, il y avait à Jérusalem un homme appelé Syméon. C’était un homme juste et religieux, qui attendait la consolation d’Israël, et l’Esprit Saint était sur lui. L’Esprit lui avait révélé qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Messie du Seigneur. Poussé par l’Esprit, Syméon vint au Temple. Les parents y entraient avec l’enfant Jésus pour accomplir les rites de la Loi qui le concernaient.

    Syméon prit l’enfant dans ses bras, et il bénit Dieu en disant : ‘Maintenant, ô Maître, tu peux laisser ton serviteur s’en aller dans la paix, selon ta parole. Car mes yeux ont vu ton salut, que tu as préparé à la face de tous les peuples : lumière pour éclairer les nations païennes et gloire d’Israël ton peuple.’ Le père et la mère de l’enfant s’étonnaient de ce qu’on disait de lui. Syméon les bénit, puis il dit à Marie sa mère : ‘Vois, ton fils qui est là provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de division. – Et toi-même, ton cœur sera transpercé par une épée. – Ainsi seront dévoilées les pensées secrètes d’un grand nombre.’

    Il y avait là une femme qui était prophète, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d’Aser. Demeurée veuve après sept ans de mariage, elle avait atteint l’âge de quatre-vingt-quatre ans. Elle ne s’éloignait pas du Temple, servant Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière. S’approchant d’eux à ce moment, elle proclamait les louanges de Dieu et parlait de l’enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem.

    Lorsqu’ils eurent accompli tout ce que prescrivait la loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth. L’enfant grandissait et se fortifiait, tout rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui. »

    Jusqu’à présent personne ne comprend pratiquement rien à ce qui est en train de se produire, même les parents de Jésus semblent bien perdus. Heureusement tout de même que les anges et l’Esprit Saint ont commencé à intervenir. Mais comment faire croire à un tel mystère ? Le dernier épisode de notre chapitre ne va pas encore faire beaucoup plus de lumière sur tout cela…

    « Chaque année, les parents de Jésus allaient à Jérusalem pour la fête de la Pâque. Quand il eut douze ans, ils firent le pèlerinage selon la coutume. Comme ils s’en retournaient à la fin de la semaine, le jeune Jésus resta à Jérusalem sans que ses parents s’en aperçoivent. Pensant qu’il était avec leurs compagnons de route ils firent une journée de chemin avant de le chercher parmi leurs parents et connaissances. Ne le trouvant pas, ils revinrent à Jérusalem en continuant à le chercher. C’est au bout de trois jours qu’ils le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des docteurs de la Loi : il les écoutait et leur posait des questions, et tous ceux qui l’entendaient s’extasiaient sur son intelligence et sur ses réponses.

    En le voyant, ses parents furent stupéfaits, et sa mère lui dit : ‘Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois comme nous avons souffert en te cherchant, ton père et moi !’ Il leur dit : ‘Comment se fait-il que vous m’ayez cherché ? Ne le saviez-vous pas ? C’est chez mon Père que je dois être.’ Mais ils ne comprirent pas ce qu’il leur disait.

    Il descendit avec eux pour rentrer à Nazareth, et il leur était soumis. Sa mère gardait dans son cœur tous ces évènements. Quant à Jésus, il grandissait en sagesse, en taille et en grâce, sous le regard de Dieu et des hommes. »  Notre Evangile va s’arrêter là sur l’enfance et la vie cachée de Jésus jusqu’au jour où il sortira enfin à la vie publique et commencera véritablement sa mission. Remercions tout de même Luc de nous avoir donné cette clé de lecture unique sur le mystère immense de l’incarnation. Nos « perles de la Parole » seront encore bien riches pour commenter un peu toutes ces lignes…

     


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  • « Il est apparu à ceux qui demeuraient dans les ténèbres et dans l’ombre de la mort, pour guider nos pas sur le chemin de la paix. » (Lc 1,79)

    Et nous voici arrivés à la dernière « perle de la Parole » que nous avons choisie dans ce premier chapitre exceptionnel de l’Evangile de Luc. Une phrase tellement simple et évidente. Si Dieu veut nous sauver et nous libérer, il doit bien sûr nous délivrer de ce qui fait notre plus grand malheur : les ténèbres et la mort. Toute la puissance d’amour de Dieu est là pour nous apporter la lumière à la place des ténèbres et la vie à la place de la mort. Et l’on se serait peut-être attendu à ce que la conclusion nous parle de lumière et de vie. A vrai dire tout notre chapitre est rempli de lumière et de vie, de la lumière de Jésus qui est décrit comme un astre et de la vie de ces deux nouveau-nés que sont Jésus et Jean-Baptiste…

    Et pourtant Saint Luc nous parle ici simplement de paix, comme si la paix était le remède le meilleur contre les ténèbres et la mort. Il y a sans doute ici un ultime message qu’il vaudrait mieux ne pas rater. C’est que la lumière et la vie sont avant tout des dons de Dieu qui nous dépassent tellement. Tandis que la paix est plus à notre portée. Elle est aussi un don de Dieu immense, mais nous pouvons nous-mêmes construire la paix. C’est une des béatitudes de l’Evangile de Matthieu : « Heureux les artisans de paix, ils seront appelés fils de Dieu. »

    Si nous voulons vraiment lutter contre les ténèbres et la mort, il suffirait de nous assurer chaque jour que nous sommes en paix avec Dieu et avec nos prochains. Et quand nous disons d’être en paix avec Dieu, cela veut dire en même temps avec nous-mêmes, puisque nous trouvons déjà Jésus au cœur de ce nous-même, comme celui qui fait l’identité même de notre moi le plus profond, avec ce miracle que Jésus est l’essence de mon moi, mais il me laisse en même temps complètement distinct de lui dans cette pleine liberté d’être moi-même comme je le veux.

    Et si nous sommes en même temps en paix avec nos frères et sœurs en humanité, il sera bien difficile de nous entrainer vers toutes ces maladies terribles que sont la jalousie, la rancune, le désir de se venger ou de se débarrasser des autres, la haine ou la violence de toutes sortes. Si la paix est en nous et entre nous, la bataille est déjà gagnée d’avance, cela vaut la peine d’y consacrer les forces de toute une vie !


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