• Quel beau proverbe, apparemment, que chacun de nous a appris dès son enfance ! Car quoi de plus beau que de s’unir et quoi de plus beau que d’être fort ? Oui, cela semble évident : l’union fait la force !

    Et pourtant il y a le plus souvent dans cette phrase un malentendu terrible. Je vais même vous dire que je crois de plus en plus que cette phrase mal interprétée, mal comprise et mal vécue est en train de devenir la source de tous nos maux, comme un piège mortel dans lequel sont en train de tomber l’un après l’autre presque tous les peuples.

    On veut d’abord nous faire croire que pour pouvoir vivre dans ce monde il faut être fort, mais dans le sens d’être fort contre les autres qui nous menacent, qui veulent prendre notre place, qui veulent nous exploiter et nous dominer. Alors, évidemment, si l’humanité en est arrivée à ce point, il n’y a plus rien d’autre à faire que de s’allier au plus fort, sans état d’âme, sans se demander si ce « plus fort », est aussi le plus juste ou le plus humain.

    Et voilà nos hommes politiques qui continuent à jouer le jeu des Etats-Unis comme si c’était le pays le meilleur du monde, parce qu’avec eux on se sent à l’abri. Et si les Etats-Unis ne nous plaisent pas, on se tourne vers la Russie et bientôt peut-être vers la Chine, sans plus demander de comptes, simplement parce que ce sont les plus forts.

    Dans les régions où règne la mafia, c’est cela la loi qui régit la société. On doit s’unir au boss le plus puissant sous peine de devoir quitter la région ou le pays, ou d’être complètement balayé. Mais le monde est-il devenu une grande et immense mafia planétaire ?

    Je vais revenir encore sur ce sujet qui me semble vital pour l’avenir de l’humanité. Et je voudrais donner deux exemples aux antipodes qui pourraient nous faire réfléchir. Le premier est l’état d’Israël qui s’est uni aux Etats-Unis pour être sûr d’être le plus fort au Moyen Orient. Le résultat c’est qu’il est devenu lui-même un ghetto, menacé et haï par tous les pays qui l’entourent, comme une preuve que la véritable sécurité ne se trouve pas dans la force, mais dans l’amitié avec ses voisins. Si Israël avait su faire la paix avec ceux qui l’entourent et mettre à la disposition de ses voisins tous ses talents technologiques, scientifiques ou culturels, le Moyen Orient serait une oasis de paix au lieu d’être le pauvre corps malade d’un cancer presque incurable tel qu’on le voit actuellement.

    A côté de cela contemplons la vie de Mère Teresa. Elle a cru elle aussi à l’union, mais à l’union « pour » et non pas à l’union « contre ». Elle ne s’est pas sentie menacée, mais elle a donné sa vie pour ceux qui étaient rejetés par la société. Elle s’est unie aux plus faibles et non pas aux plus forts. Personne ou presque ne l’a menacée. Elle a pu parcourir le monde la tête haute, parce que tout le monde l’aimait.

     

    Quand le monde cherche une union pour la force ou par la force, c’est qu’il est déjà malade. L’union véritable, celle de l’amour et des vraies valeurs ne fait pas la force, mais fait la paix et la confiance. Et ce sont la paix et la confiance qui font la véritable sécurité et non pas la force qui domine aujourd’hui et qui sera dominée demain.


    votre commentaire
  • J’aime de plus en plus Facebook. C’est une invention géniale. C’est vrai que l’on peut en devenir esclave, c’est vrai que Facebook peut véhiculer un tas de mensonges ou de bêtises. Mais c’est au fond comme toute découverte, à chacun de prendre ses responsabilités et de savoir l’utiliser pour des buts positifs. Je vois que chaque jour de nombreux amis publient sur leur « page Facebook » une foule d’idées, de nouvelles, de citations qui illuminent notre journée.

    Et puis c’est aussi une source de provocations, de belles provocations comme je les aime, des opinions de tous genres qui font réfléchir, qui nous obligent à écouter l’autre différent pour essayer de mieux se comprendre et dialoguer.

    Mais voilà par quoi je me suis senti provoqué, il y a quelques jours. Une de mes amies, qui publie souvent des perles sur sa « page », cite une phrase de Dale Carnegie qui dit « Souviens-toi que le bonheur dépend non pas de ce que tu es ou de ce que tu possèdes, mais uniquement de ta façon de penser. » J’ai réagi tout de suite à cette déclaration par un commentaire : « Il y a une confusion dans les mots ici. Bien sûr que le bonheur ne dépend pas de ce que je possède, mais il dépend de ce que je suis (pas extérieurement, mais au fond de moi-même) et ce que je suis doit être en harmonie avec ce que je pense, sinon pauvre de moi ! »

    Ce à quoi un ami de mon amie répond, malicieusement : « Et si je pense bien, mais je n’ai rien ????!!!! » C’est à cette dernière provocation que j’aimerais répondre aujourd’hui. C’est bien sûr une caricature. Qui en ce monde n’a vraiment « rien » ? Mais cela vaut la peine tout de même de réfléchir un peu plus à ce sujet. A la limite, je crois que si quelqu’un n’a vraiment rien, il n’arrivera même pas à penser… Encore faut-il distinguer entre ceux qui sont très pauvres depuis toujours et ceux qui « avaient » quelque chose et qui viennent de la perdre, par un accident, une maladie, une catastrophe.

    J’ai connu en Egypte des gens d’une extrême pauvreté et qui rayonnaient de joie et de générosité. J’ai connu des gens sur le point de mourir, qui étaient ainsi en train de tout perdre, et qui rayonnaient aussi de paix et de sérénité au milieu de leur épreuve. Je crois donc qu’il y a toujours en chaque homme un espace de liberté où il peut être capable d’être heureux dans la pire des épreuves : facile à dire, mais cette expérience existe !

    Ensuite, il est important de bien s’entendre sur le sens des mots. Il y a une grande différence entre avoir et posséder. La langue arabe est d’ailleurs très originale à ce sujet puisque le verbe « avoir » n’y existe pas. En français on dira : j’ai un livre. En arabe ce sera : un livre est avec moi ou à moi. Ce n’est pas d’avoir qui empêche le bonheur, mais c’est de « posséder », dans le sens où je m’arrête sur mes « possessions » et où je me renferme sur elles dans un défense égoïste et jalouse.

    Il existe de belles possessions : lorsqu’on dit de quelqu’un qu’il possède un cœur en or ou de nombreuses qualités. Mais en général posséder veut dire être replié sur ce qu’on possède. On parlera d’un amour « possessif » qui empêche l’autre de respirer. On dit même qu’une personne est possédée par le diable, comme une réalité terriblement négative. Posséder et être obsédé par ce qu’on possède, rend esclave, empêche de dormir la nuit et d’être généreux avec son prochain et cela ne laisse plus beaucoup de place pour un vrai bonheur.

    Tandis qu’ « avoir » veut dire simplement que l’on a entre les mains un trésor, un instrument que l’on peut utiliser pour le bien de la société qui nous entoure, comme un talent à développer. J’ai une expérience de travail que je peux transformer en aide pour les autres, une intelligence qui peut servir autour de moi, des compétences qui peuvent faire un bien fou à ceux que je rencontre et même beaucoup d’argent que je peux faire fructifier pour les autres, au lieu de l’enfermer dans mon coffre-fort.

     

    L’important, pour être heureux, est donc l’harmonie entre ce qu’on a, ce qu’on pense et ce qu’on est, toujours dans une relation d’amour avec les autres, car c’est là le vrai et unique bonheur. Et si je pense beaucoup et que je me crois très intelligent, mais que je ne sais pas aimer les gens qui m’entourent, mon bonheur sera aussi bien vite limité. En tous cas merci à cet « ami » que je ne connais pas et qui m’a provoqué sur Facebook : dialogue à suivre !


    votre commentaire
  • Le problème, c’est que bientôt ces notions de droite et de gauche ne voudront plus rien dire. Vue du Moyen Orient où je vis, la politique de ventes des armes, par exemple, a été la même avec Mr Sarkozy et avec Mr Hollande. Mais ce qui fait rire, ou pleurer, c’est qu’on ne voit finalement plus beaucoup de différences entre les droites ou les gauches extrêmes. Où doit-on classer les dictatures ? Où mettez-vous Mr Poutine ou Mr Erdogan ? Hitler lui-même était-il de droite ou de gauche, puisqu’il représentait le « national-socialisme » ?

    En caricaturant un peu, ou beaucoup, on pourrait dire que la droite a misé beaucoup plus sur la liberté (et la peur de la perdre), mais à la fin elle s’est embourbée dans une défense de la liberté des plus forts ou des plus riches contre les autres. La gauche a misé beaucoup sur l’égalité ou la justice, mais elle s’est perdue en route par ses abus ou ses excès ou ses compromis avec la droite, en particulier au niveau de l’économie. Car cela devient un défi impossible de mener une politique économique de gauche dans un monde occidental dominé par un capitalisme sauvage. Tout cela est bien sûr une caricature.

    Ce qui n’est pas une caricature, c’est que tous ou presque ont oublié en chemin la fraternité, la seule qui pouvait équilibrer justement liberté et égalité et les empêcher de produire chacune de son côté des monstres qui privilégient quelques-uns en écrasant les autres.

    Et ce qui tue encore plus la politique, de droite comme de gauche, c’est que les partis sont devenus un but au lieu d’être simplement un moyen. D’où la corruption et l’absence d’un souffle politique capable d’ouvrir de nouveaux horizons qui fassent espérer en des lendemains meilleurs pour l’avenir de l’humanité.

    Et pourtant, si l’on regarde autour de soi, on voit la multiplication d’associations bénévoles de toutes sortes qui œuvrent pour adoucir la souffrance des plus démunis et marginalisés. Un mouvement de solidarité au niveau mondial qui attire de plus en plus de jeunes, malgré tous les effets négatifs de la société de consommation.

     

    Alors, la politique n’est sans doute pas morte. Car la politique est d’abord présente en chacun de nous. Si je veux, je peux avoir toute la journée un impact politique sur la société par mes actions, mes déclarations, mes amitiés, mon service à l’humanité. Mais nous avons sans doute besoin de trouver de nouveaux Gandhi ou Mandela qui réconcilient la politique traditionnelle (nécessaire) des organisations politiques comme les partis, avec les lieux où bat le cœur du peuple, qui n’est pas si aveugle ou égoïste qu’on le croit. Et il n’y a qu’à voir tous ces courants positifs qui se déversent dans les réseaux sociaux pour reprendre espoir en un sursaut de vérité et de justice qui nous fasse à nouveau respirer.

    302849


    4 commentaires
  • Vous savez, je suis de plus en plus persuadé qu’une des plus grandes maladies de notre époque, en particulier de notre civilisation occidentale, c’est « l’individu ». Non, je ne me suis pas trompé, je ne voulais pas parler seulement de « l’individualisme » qui a envahi notre monde sans même qu’il s’en rende compte. Mais l’individualisme, on peut avoir conscience que c’est un défaut. Tandis que l’individu, c’est devenu une idole, un véritable dieu de nos temps modernes, ou bien un roi, un tyran, un dictateur, tous les noms de ce genre que vous voudrez lui mettre.

    On veut nous faire croire que l’humanité a beaucoup progressé avec la déclaration des droits de l’homme. Et c’est en partie vrai. Mais si vous regardez bien cette déclaration, on y revendique surtout les droits de l’individu. Comme si l’individu était désormais le seul représentant de l’homme. C’est cela qui me révolte ou me rend triste selon les moments.

    Mais vous qui me lisez en ce moment, vous pensez vraiment que vous êtes d’abord un individu ? Moi, non ! Cela fait bien longtemps que j’ai pris conscience d’être un homme (dans le sens d’une goutte d’humanité dans l’océan de l’homme) et que je sais trop bien que cette goutte ne s’est pas développée toute seule.

    Alors, bien sûr, on nous apprend à construire des relations sociales pour ne pas rester isolés. Mais finalement, c’est pour exploiter ces relations sociales au service de notre individualité. Nous sommes là ensemble, juxtaposés les uns aux autres, et chacun essaye de profiter le plus possible des autres pour se développer lui-même, c’est à peu près la mentalité courante.

    Je crois qu’il y a là un immense malentendu. Ce qui est important ce n’est pas l’individu, c’est le « moi ». Car chaque « moi » est unique, irremplaçable et jusque-là je pense que nous sommes tous d’accord. Alors, me direz-vous, je préfère l’égoïsme à l’individualisme et il n’y a pas une grande différence.

    Mais c’est là qu’on ne se comprend pas. Le « moi » est une réalité sacrée qui m’a été offerte à la naissance sans me demander mon avis. Et c’est ce « moi » qui a commencé à donner un sens à ma vie et qui continuera à le faire jusqu’à ma mort. Mais ce « moi » ne s’est reconnu comme tel que par la relation d’ouverture réciproque avec des milliers d’autres « moi », comme moi et pourtant si différents. C’est seulement parce que tu es « toi », c’est-à-dire un autre « moi », que moi aussi j’ai appris et j’apprends chaque jour à être moi-même.

    Et ce « moi » unique, original, sympathique, riche de valeurs, de sentiments, de talents, ne se développe qu’avec le développement de toute l’humanité. Un morceau d’humanité qui souffre ou qui régresse, et c’est mon « moi » qui en subit en fait, tôt ou tard, des conséquences désastreuses.

    Je sais bien que tout cela est trop rapide pour être complètement vrai. Un article de blog ne peut être qu’une caricature sans trop de nuances. Mais dites-moi si l’éducation que reçoivent nos jeunes dans la société de consommation, à l’école ou à travers les médias, ne les pousse pas trop souvent à ce culte de l’individu qui atrophie finalement ou paralyse leur véritable « moi », désireux de vivre pour un monde meilleur et qui se retrouve desséché à lutter simplement pour quelques droits égoïstes, comme celui d’être respecté, traité comme tout le monde, à égalité avec les autres. Et cela me fait une belle jambe si nous nous respectons tous, chacun isolé dans son coin, au lieu de nous aimer, de nous connaître, de vibrer chaque jour un peu plus à la découverte merveilleuse des autres « moi » qui nous entourent et avec lesquels nous pouvons former un « nous » qui est le seul avenir possible de l’humanité.

    Ne voit-on pas que le grand projet de l’Europe unie est en train de s’écrouler, parce que l’Europe, au lieu d’être une harmonisation de tous ces « moi » riches de valeurs qui pourraient se compléter, est en train d’être un simple amalgame d’individus qui se mettent d’accord pour ne pas se toucher ? On nous laisse même croire en Dieu et prier (ce serait aussi un droit de l’individu), à condition que cela ne vienne pas déranger mon voisin, dans ma sphère privée, comme ils disent ! Sphère privée, oui, absolument, car elle est finalement « privée » de tout ce qui pourrait faire la beauté de l’humanité, l’altruisme, l’héroïsme de donner sa vie pour un idéal humanitaire…

     

    Mais heureusement il y a encore beaucoup de gens qui croient à ces valeurs et qui luttent pour elles de tout leur cœur. L’humanité n’est pas morte, mais elle doit quand même se secouer si elle ne veut pas finir complètement paralysée. 


    3 commentaires
  • Vous avez remarqué qu’on parle de plus en plus de paix ces temps-ci et qu’il en y a de moins en moins ? Où est le problème ? Je crois que c’est très simple : la plupart de ceux qui parlent de paix ne sont pas sincères. Ou bien ils veulent la paix seulement pour eux-mêmes et pour leurs intérêts.

    On ne comprend pas que faire la paix n’est possible que dans la plus parfaite transparence. On ne peut pas construire une maison dans un pays froid avec trois murs au lieu de quatre et à la place du quatrième mur un espace vide où pourrait s’engouffrer le vent, la pluie et tous les courants d’air du monde. Ce serait simplement de la folie.

    Mais pourquoi parle-t-on de paix sans vouloir en assumer les conséquences ? La paix est difficile, car elle se fait d’abord avec son ennemi, comme les Français avec les Allemands après la dernière guerre mondiale. Et si cette paix dure encore c’est parce qu’elle a été sincère.

    Alors pourquoi nos gouvernements européens n’arrêtent plus leurs mensonges depuis quelques temps ? Je vis au Moyen Orient et je suis bien obligé de voir que ce que dit Mr Hollande sur la situation en Syrie est plein de mensonges. Mais vous savez très bien qu’il en va de même pour presque toute notre politique au Moyen Orient et dans une grande partie de l’Afrique, au moins là où je peux me prétendre un peu compétent. Vous allez me dire que c’est la même chose pour Mr Poutine, pour les Chinois ou les Américains ? Belle excuse, n’est-ce pas ?

    Moi, je crois que là est le point de départ d’un avenir de mort ou d’un avenir de vie pour l’humanité. Si nos gouvernants ne sont plus capables de distinguer entre la vérité et le mensonge, ou bien s’ils en sont bien conscients mais qu’ils mentent quand même pour être élus aux prochaines élections ou pour je ne sais quel intérêt économique ou stratégique, alors notre monde est vraiment en danger !

    On en reparlera…

     


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique