• [Pour nous préparer à la lecture du chapitre 12 de l’Evangile de Matthieu, nous reprenons quelques commentaires publiés dans ce blog en 2015]

    « Mais si quelqu’un blasphème contre l’Esprit Saint, il n’obtiendra jamais le pardon. Il est coupable d’un péché pour toujours. » (Mc 3,29) Article du 24 avril 2015 (cf. Mt 3,31-32 : «… mais le blasphème contre l’Esprit ne sera pas pardonné. Et si quelqu’un dit une parole contre le Fils de l’homme, cela lui sera pardonné, mais si quelqu’un parle contre l’Esprit Saint, cela ne lui sera pas pardonné, ni en ce monde-ci, ni dans le monde à venir. »)

    Là, par contre, on a un peu peur. Ça a l’air sérieux et ça l’est effectivement. Jésus n’est pas en train de plaisanter. Espérons que ces pauvres scribes et pharisiens n’aient pas su au fond ce qu’ils faisaient : accuser l’esprit de Dieu de faire le travail du diable ! Dieu leur a sans doute pardonné à eux aussi. Il a bien pardonné à Paul qui était un de ces pharisiens qui avaient mis à mort Etienne, le premier martyr chrétien. Et il en a fait le plus grand des apôtres, avec sa libre collaboration bien sûr.

    Mais que veut nous dire ici Jésus ? C’est qu’on ne peut pas regarder en face la grandeur de ce Dieu amour, la force de son pardon, la beauté du salut qu’il apporte à l’humanité, la libération qu’il nous donne, le bien qu’il fait à tous ces malades qui souffrent et déclarer que tout cela vient de Satan, que tout ce bien est le mal absolu. Ou bien on ne se rend pas compte de ce qu’on dit et de ce qu’on fait (et alors Dieu nous pardonnera sans doute là aussi), ou bien on se laisse consciemment posséder par l’esprit du diable et alors sans doute la conversion et le pardon deviennent bien difficiles. Ce ne sont là certainement que des cas extrêmes et nous pouvons espérer qu’ils n’ont jamais existé et qu’ils n’existeront jamais. Mais Dieu nous a laissés libres et il n’est pas mauvais de nous souvenir parfois que cette liberté est en même temps une responsabilité extrême que nous ne devons pas prendre à la légère.

     

     


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    « Amen, je vous le dis : Dieu pardonnera tout aux enfants des hommes, tous les péchés et tous les blasphèmes qu’ils auront faits... » (Mc 3,28) Article du 24 avril 2015 (cf. Mt 12,31 : « Dieu pardonnera aux hommes tout péché, tout blasphème »)

    Je ne sais pas ce que vous pensez en lisant cette petite phrase. Je me suis moi-même demandé si je l’avais un jour regardée vraiment, si je m’y étais arrêté sérieusement au moins une fois. Et pourtant, c’est bien écrit noir sur blanc : Dieu va tout nous pardonner, absolument tout (à part ce blasphème contre l’Esprit que nous allons examiner ensuite avec la prochaine phrase). Dieu a envoyé son Fils pour nous sauver et nous pardonner. Et cela fait presque 2000 ans maintenant que nous continuons à nous juger et à nous condamner les uns les autres sur la base de l’Evangile. Nous avons fait de la Bonne Nouvelle une sorte de loi morale, pour classer les gens en catégories de saints et de pécheurs, de bons et de mauvais chrétiens, pour nous plaindre sans cesse les uns des autres parce que l’autre ne veut pas comprendre... et c’est aussi ce que je suis en train de faire maintenant : je suis capable de ne pas pardonner à ceux qui ne pardonnent pas. C’est un cercle vicieux sans fin, comme un chat qui courrait après sa queue sans réussir jamais à l’attraper.

    Combien d’énergie gaspillée pour bien peu de résultats dans notre bataille morale pour convertir le monde alors qu’il nous suffisait de l’aimer, de lui pardonner et de le libérer de lui-même en lui faisant voir une autre lumière qui l’aurait guéri pour toujours. Mais il est peut-être temps de recommencer. Dieu nous pardonnera en tous cas tout de suite ces bêtises si nous savons enfin comprendre sa miséricorde. Mais que dis-je ? Dieu nous pardonnera de toute façon, même si nous nous entêtons dans ces bêtises. C’est nous qui mettons des conditions : Jésus n’a pas dit que Dieu nous pardonnera si...nous changeons, si...nous nous repentons. Non, il a dit qu’il nous pardonnera de toute façon. Mais ce serait seulement plus intelligent de profiter de son pardon et de se décider de vivre avec Lui dans la lumière. Et surtout ce serait bien de passer tout le temps qui nous reste à vivre à répandre autour de nous la Bonne Nouvelle : Dieu nous aime et il est venu nous pardonner. D’où vient cette peur de l’enfer, ces complexes et ces scrupules qui ont fait des chrétiens les clients les plus nombreux parfois des cabinets de psychiatres, alors que nous devrions être simplement remplis de la joie de vivre ?

     

     

     


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    « Si une famille se divise, cette famille ne pourra pas tenir. » (Mc 3,25) Article du 24 avril 2015 (cf. Mt 3,25 : « Tout royaume qui se divise devient un désert ; toute ville ou maison qui se divise sera incapable de se maintenir. ») 

    On dirait ici un proverbe de sagesse populaire. Là encore une idée toute simple, bien évidente. Si une famille se divise, si n’importe quel groupe humain se divise, il n’est plus capable d’affronter les épreuves de la vie et bien vite les personnes qui en font partie n’arrivent plus à se comprendre. La division commence alors à naître dans les cœurs et les esprits, pour devenir ensuite réelle et concrète : on n’a plus qu’à se séparer, car la vie ensemble est devenue un enfer, la famille « n’a pas tenu », on n’a plus qu’à chercher peut-être d’autres personnes qui nous comprennent enfin et on peut passer sa vie comme un papillon de groupe en groupe, sans illusion, pour se retrouver finalement seul comme un chien, déçu, aigri et peut-être même désespéré.

    Jésus parlera encore de l’unité de la famille et, à la fin de sa vie sur terre, il demandera au Père « que tous soient un ». Jésus ne peut voir les choses, les évènements et les personnes que dans l’unité. Car il vit Lui-même de l’unité avec le Père et le Saint Esprit, il ne peut concevoir une autre vie, une autre vision. Cette unité, qui sera toujours son modèle et notre modèle, est à la fois la chose la plus belle et la plus difficile.

    Il suffit de regarder notre belle et pauvre Eglise. L’Eglise est belle car elle est le Corps du Christ Lui-même, mais elle est bien pauvre car, dès le premier jour, elle a connu la division. Et ici il y aurait beaucoup à dire : notre Eglise a-t-elle tenu au cours des siècles ? Certainement plus que tous les royaumes de ce monde. Mais en même temps elle n’a pas vraiment tenu, elle est même rejetée maintenant par beaucoup de ses enfants, ses propres enfants se sont entredéchirés pendant des siècles.

    Mais il faudrait essayer de voir ici l’Eglise et son histoire comme Dieu la voit. Dieu ne peut la voir que dans l’unité et cette unité n’a jamais cessé d’exister malgré tout, grâce à Lui et grâce aux saints et à toutes les personnes qui ont été capables de rester unies à Dieu et entre elles, de quelque « Eglise » particulière ou de quelque rite ou confession chrétienne qu’elles soient. C’est là une forte leçon que Dieu nous donne. Il n’abandonnera jamais son Eglise, car, en Lui et grâce à tous ceux qui restent pleinement fidèles à l’esprit d’unité, l’Eglise « tiendra » toujours. Mais comme elle « tiendrait » bien mieux encore si nous savions placer l’unité avant toutes nos autres préoccupations. Notre époque est peut-être le début du printemps de l’Eglise et de son unité, depuis l’étreinte pleine d’amour divin du Patriarche Athénagoras et de Paul VI et tous ces signes des temps qui peuvent nous donner un immense espoir : l’Eglise a réalisé à la fois beaucoup et bien peu en 2000 ans, mais le jour où nous aurons le courage de vivre seulement pour l’unité, Dieu sait de quel miracles nous serons enfin témoins dans ce monde qui attend l’unité mais qui la trouvera bien difficilement si les disciples de Jésus continuent à parler d’unité mais ne savent pas la vivre ! 


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    « Il dit à l’homme : ‘Etends ta main.’ Il l’étendit et sa main redevint normale. » (Marc 3,5) Article du 24 avril 2015 (cf Mt 12,13 : « Alors Jésus dit à l’homme : ‘Etends ta main’. L’homme l’étendit, et elle redevint normale et saine comme l’autre. »)

    Si on regarde cette phrase un peu vite, superficiellement, elle peut sembler toute simple, presque banale. Et pourtant, il s’agit bien d’un miracle qui se déroule sous nos yeux. Cet homme avait la main paralysée, Jésus est venu, il a eu pitié de lui et il l’a guéri. Mais d’abord, comme toujours, il a eu besoin de la participation active du malade : c’est bien le malade qui, en fin de compte, doit décider de croire que Jésus l’a guéri et d’étendre en conséquence cette main paralysée. Nous avons toujours ici ce rapport de réciprocité entre Dieu et l’homme qui collaborent ensemble, qui ont besoin l’un de l’autre pour le bien de l’humanité.

    Mais un autre aspect est frappant dans l’action de Jésus : sa parole est toujours en harmonie avec son action. Il suffit qu’il dise quelque chose pour que sa parole se réalise aussitôt, pour qu’elle porte du fruit. Jésus n’aurait pas fait cette proposition au malade devant tout le monde, s’il n’était pas sûr du résultat. En Jésus tout est un, son être, sa parole et son action. Cela paraît si simple qu’on oublie combien, pour chacun de nous, cette unité entre la parole et l’action est une conquête énorme de chaque jour. Nous reviendrons souvent là-dessus.

    Un dernier aspect : ce que Jésus demande ou ordonne au malade, comme à n’importe quel homme, est toujours pour son bien. C’est cela la « volonté de Dieu », il ne peut en avoir une autre. Mais sommes-nous capables d’être attentifs à chaque instant à cette voix qui nous interpelle et qui ne cesse de nous conseiller, de nous exhorter et de nous pousser à faire ce qui pourrait changer justement le sens de notre vie, faire que tout ce qui nous arrive, positif ou négatif (comme la maladie de l’homme paralysé) serve finalement à notre bien et au bien de ceux qui nous entourent ?

     


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    « Le sabbat a été fait pour l’homme et non pas l’homme pour le sabbat. Voilà pourquoi le Fils de l’homme est maître même du sabbat. » (Mc 2, 27-28) Article du 21 mars 2015. (cf. Mt 12,8 : « Le Fils de l’homme est maître du sabbat. »]

    Encore une provocation de Jésus. Il savait bien combien la loi ou le sabbat sont importants : Dieu Lui-même les avait confiés à son peuple comme le plus précieux des trésors. Jésus ne dit d’ailleurs pas qu’ils ont tout à coup perdu leur importance. Il remet seulement les choses à leur place. La loi, le sabbat, ne sont que des moyens, des aides, des garde-fous, peut-être, qui sont mis sur notre chemin pour nous empêcher de tomber, mais ils ne sont jamais un but en soi. Le but c’est de rencontrer Dieu et de commencer à l’aider à construire son Royaume sur terre, avant de se retrouver avec Lui à la fin au paradis, où il n’y aura plus ni loi, ni sabbat, ni garde-fou.

    Mais où était le problème ? Où est le problème aujourd’hui encore où chacun de nous a souvent la tentation de faire comme les pharisiens d’alors ? C’est que chacun d’entre nous se sert de la loi pour juger les autres, pour les dominer, pour les prendre dans une sorte de chantage insupportable qui divise à nouveau au lieu d’unir.

    Imaginons qu’on ait mis une corde pour s’accrocher en traversant un pont fragile au-dessus d’un torrent de montagne. Quelqu’un d’un peu sportif traverse le pont sans se servir de la corde et tout le monde crie au scandale, mais l’important n’est-il pas qu’il soit arrivé sain et sauf ? Ou bien quelqu’un d’autre oublie de s’accrocher à la corde et tombe dans le ravin. Tout le monde crie à nouveau au scandale ; c’est bien sa faute ce qui lui arrive, il n’avait qu’à saisir la corde comme tout le monde ! Et on ne pense peut-être même pas à organiser les secours pour repêcher le malheureux ! Combien nous sommes parfois ridicules et inhumains en voulant mettre la loi au centre de tout.

    L’attitude que Dieu condamne ici, c’est ce désir en chacun de nous de nous servir de la loi pour nous sentir supérieurs à notre prochain. Jésus n’est pas venu pour nous juger, mais pour nous sauver. Qui sommes-nous alors pour nous arrêter à chaque instant et donner notre avis sur le comportement des gens, immobiles dans notre fauteuil de badauds, sans même penser que l’autre a peut-être besoin de nous en ce moment ? Combien la vie devient plus simple lorsqu’on remet tout et chacun à sa place comme Jésus, et la place de tout et de chacun c’est d’entrer dans ce grand jeu de mosaïque qui construit la famille humaine, sans se demander continuellement si l’autre a tort ou a raison : l’important, encore une fois, c’est que l’autre est mis par Dieu sur mon chemin parce qu’il a besoin de moi et moi j’ai besoin de lui. Tout le reste est du temps perdu et gâché.


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