• Sans hésiter

    « Marie se mit en route rapidement vers une ville de la montagne de Judée. » (Lc 1,39)

    Ici, vous serez peut-être étonnés, mais c’est le mot « rapidement » qui me frappe le plus. On peut traduire aussi par « tout de suite », ou « en hâte », ou « sans attendre », « sans hésiter ». Mais que se passe-t-il exactement ? L’ange vient d’annoncer à Marie la révolution totale qui va se déclencher dans sa vie pour toujours. Marie est bouleversée, mais elle a dit tout de suite « oui » de tout son cœur. Logiquement, devant la nouvelle inouïe de cette responsabilité qui l’attend, devenir la mère du Sauveur, elle aurait bien pu penser à se retirer pour neuf mois dans sa maison, pour ne rien gâcher, pour protéger l’enfant divin qui allait naître. Et au lieu de cela, voilà qu’elle quitte Nazareth et s’en va presque en courant au chevet de sa cousine Elisabeth. Pourquoi ?

    L’ange lui a simplement signalé qu’Elisabeth, dans sa vieillesse, attendait finalement un enfant, mais il ne lui a pas dit du tout de courir chez elle. Alors, la seule explication, c’est que Marie est désormais branchée sur le courant divin qui brûle au cœur de la Trinité, ce courant d’accueil et de don total de l’un à l’autre dans la réciprocité. Elle a accueilli le don extraordinaire de la puissance de l’Esprit en elle, et elle ne peut pas faire autrement que de se donner à son tour. Et à qui va-t-elle se donner ? A Elisabeth, sa cousine, qui en ce moment est sans doute celle qui en a le plus besoin, au sixième mois de sa grossesse, alors qu’elle est déjà d’un âge tellement avancé. Pourtant, c’est presque de la folie de se mettre en route pour un voyage à pied ou a dos d’âne de plusieurs jours, pour elle qui est déjà enceinte, même si elle n’en est qu’au tout début de sa grossesse.

    Mais Marie n’hésite pas une seconde, elle est désormais dans la logique de la Trinité : accueillir et donner ou se donner. Et elle va même rester trois mois chez Elisabeth. Et pas seulement pour la réconforter par de belles paroles, mais sans doute pour la servir dans les tâches les plus humbles de la maison, pour la soulager et la faire reposer. Elle va rester chez elle pratiquement jusqu’à peu de temps avant la naissance de Jean-Baptiste. Mais elle se sera habituée déjà à ne pas penser à elle-même, puisque dans cette nouvelle aventure divine qui la dépasse, elle a bien compris qu’il suffit de laisser Dieu faire l’essentiel. Quelle leçon de vie et d’amour, pour toujours !

     


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :