• Sauver le monde

    « Elle mettra au monde un fils auquel tu donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. » (Mt 1,21)

    Ici, on retombe sur une phrase qu’on connaît par cœur et l’on pourrait passer dessus sans se rendre compte de la révolution totale qu’elle représente. Alors, nous allons faire un petit effort, nous allons oublier toutes nos idées reçues, nos bonnes habitudes, et nous allons essayer de vraiment écouter Jésus… et vous allez voir que nous allons nous scandaliser de nous-mêmes, de tout ce que nous avons compris et vécu jusqu’ici. C’est ce qui m’est arrivé en m’arrêtant enfin pour de bon sur cette belle phrase.

    Jésus est venu pour nous sauver. C’est bien clair. C’est la signification de son nom et donc de tout son être, de sa mission parmi nous. Il est même venu pour nous sauver de nos péchés. Alors, nous allons bien en profiter, comme nous sommes habitués à le faire avec la mentalité de la société de consommation. Nous allons prier pour demander à Dieu de nous sauver, de nous libérer de nos péchés, nous allons fréquenter plus souvent l’Eglise, pour être plus sûrs de notre coup… C’est cela, vraiment que Jésus désire ?

    Je crois qu’il y a là un grand malentendu, qui a contribué à détruire l’Eglise de l’intérieur et ce n’est pas étonnant que, dans certains pays comme la France, les gens aient finalement presque tous fui l’Eglise. On a fait du message du Christ une morale (contre les péchés justement), mais pour se sauver chacun égoïstement dans son coin et surtout pour juger allègrement les autres de l’extérieur, chaque fois que, les pauvres, ils retombent dans leurs péchés. Et ce serait ça le résultat de la venue de Jésus sur terre ?

    Ne voyons-nous pas justement que le plus grand péché, c’est de se replier sur soi-même et de juger les autres et de les condamner ? Alors que, si nous nous arrêtons un instant avec Jésus, nous comprenons qu’il est venu sauver tous les hommes de la terre, sans distinction, les bons comme les méchants. Mais qui sont ces bons et ces méchants ? N’avons-nous pas, chacun de nous, dans notre cœur du bon et du méchant ?

    Jésus ne demande pas des choses impossibles, il nous demande seulement de le suivre et d’essayer de faire comme lui. Et surtout de le laisser vivre en nous. Car au moment où notre faiblesse nous bloque, voilà que lui est prêt à prendre notre place et à continuer le travail. Et quel travail ? Se lever chaque matin, en se disant : aujourd’hui, je vais « sauver » le monde. A la maison, au travail, dans la rue, au supermarché, je vais rencontrer des gens qui cherchent comme moi, qui souffrent comme moi, qui espèrent comme moi, et je vais essayer de laisser Jésus en moi les « sauver ». Je ne sais pas comment je vais m’y prendre, mais lui sera là à mes côtés pour me suggérer un mot, un geste, un sourire, un acte d’amour qui vont transformer l’atmosphère, qui vont résoudre des conflits naissants, qui vont redonner l’espoir… Et à la fin de la journée, je verrai que j’ai complètement oublié mes propres péchés, mais qu’ils ont à peu près disparu. Je me suis occupé de « sauver » les autres et Jésus s’est occupé de moi. C’est cela le christianisme. Etre les bras de Jésus qui sauve l’humanité, qui ne se scandalise devant rien ni personne, qui au contraire redouble d’effort là où les personnes sont les plus difficiles, comme certaines personnes ont sans doute fait avec nous autrefois, quand nous, nous étions difficiles. L’Evangile est au fond très simple, mais il s’agit de le prendre dans la bonne direction, sinon on risque de faire seulement du beau gâchis.

     

     


  • Commentaires

    1
    Hayat Fallah
    Mardi 23 Janvier à 09:35
    Comme c'est vrai ! Et surtout ne pas laisser tomber les personnes difficiles...Jésus est venu justement pour " les difficiles " si l'on peut dire !
    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :