• Se laisser faire

    « C’est moi qui ai besoin de me faire baptiser par toi, et c’est toi qui viens à moi ! Mais Jésus lui répondit : ‘Pour le moment, laisse-moi faire ; c’est de cette façon que nous devons accomplir parfaitement ce qui est juste.’ Alors Jean le laisse faire. » (Mt 3,14-15)

    Ces deux versets sont simplement extraordinaires. Jésus qui vient se faire baptiser par Jean-Baptiste : c’est une révolution totale dans tout ce qu’on pourrait imaginer du rapport entre Dieu et l’homme. Mais ce n’est au fond qu’une suite logique à la naissance de Jésus à Bethléem et la préparation sans doute aux Béatitudes du chapitre 5 et à toute la vie de Jésus qui est complètement à contre-courant avec la mentalité normale de l’humanité ordinaire.

    Un Dieu qui s’abaisse à épouser complètement la condition humaine, c’était déjà impossible à imaginer. Mais l’homme pouvait encore penser que ce Dieu fait homme serait au moins un roi, un dominateur, une personne remplie d’une puissance inconnue devant laquelle tous devraient s’incliner…

    Bien sûr que Jésus est rempli d’une puissance inconnue qui va bientôt se manifester par des miracles incroyables. Mais Jésus va toujours utiliser sa puissance comme un service, jamais comme un pouvoir de domination, si ce n’est de domination sur le mal, mais pas sur les hommes eux-mêmes.

    Jésus se présente comme quelqu’un qui arriverait d’en bas, humblement, sur la pointe des pieds, comme s’il nous demandait la permission de nous rendre service et de nous sauver. C’est qu’il veut que nous participions pleinement à la décision de changer le monde et notre vie.

    Alors, le maître mot de ce bref passage va être tout simplement : « se laisser faire ». Jean Baptiste ne comprend pas cette logique de Jésus, le plus grand, le divin, qui vient se faire baptiser par lui, comme s’il en avait besoin. Mais c’est que Dieu en Jésus est en train d’ouvrir une route de lumière où il désire tellement que toute l’humanité le suive, qu’il fait simplement les premiers pas comme exemple, comme s’il était l’un d’entre nous ! Mais il est « l’un d’entre nous », bien plus qu’on ne pourrait jamais l’imaginer, et toute sa vie publique va nous faire contempler ce mystère d’un Dieu qui joue le jeu d’être un homme jusqu’au bout.

    Et la leçon de ces quelques phrases est tout simplement que Jésus nous invite nous aussi à « nous laisser faire », durant toute notre vie, durant chacune de nos journées. Beaucoup de réalités surprenantes se présentent à nous chaque jour, des réalités belles, mais aussi des réalités difficiles, parfois terribles, et le plus souvent apparemment tellement illogiques. Dieu qui nous demande de remplir une mission par exemple et qui permet que nous tombions malades au moment d’accomplir cette mission. Combien d’évènements et de rencontres « illogiques » remplissent notre vie quotidienne !

     Et c’est là que nous perdons si souvent notre temps et nos énergies à nous plaindre, à juger, à nous dire : mais si tout était autrement, tout irait tellement mieux. Alors qu’en réalité, si Dieu nous envoie toutes ces surprises, ou si du moins il permet qu’elles nous arrivent, c’est parce que tout cela conduit au mystère de sa révolution sur la terre. Un mystère que nous découvrirons seulement si nous nous « laissons faire ». Ce sera cela pour toujours la base de la construction de notre paradis déjà sur terre, par l’accueil total de ce que Dieu nous demande dans l’instant présent. Combien la vie en Jésus devient-elle plus simple et extraordinairement efficace, lorsqu’on essaye de laisser pénétrer en nous et parmi nous son amour, sans trop comprendre au début, mais en comprenant de plus en plus en route, car Jésus n’est pas en train de jouer avec nous comme des marionnettes ! Dans son apparente « illogicité », se trouve cachée toute la puissance d’un mystère qui va transformer le monde et chacun d’entre nous !


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