• Se laisser porter par les vagues

    J’avais « partagé » hier, sur Facebook, une phrase publiée il y a un an dans mon blog et qui m’avait fait beaucoup de bien quand je l’avais écrite pour la première fois : « Notre relation avec le temps peut devenir chaque jour plus pacifique, moins traumatisante, si nous nous exerçons à prendre le temps comme il vient, à l’attendre de tout notre être, comme on attend une grosse vague au milieu de la mer. »

    Et voilà qu’une amie qui m’est très chère me répond en commentaire : « La grande vague au milieu de la mer me fait peur. »  Comme cela m’a gêné au premier abord !

    Alors que le premier but de mon blog est d’apporter la paix et la lumière autour de moi, voilà que je distribue la peur ? Mais toute difficulté, tout malentendu dans nos relations est toujours une occasion de s’expliquer, d’aller au fond des choses… 

    Je voudrais d’abord dire que je suis quelqu’un qui, au départ, ai peur de tout, traumatisé sans doute par des expériences négatives de mon enfance. Alors j’ai appris à accueillir ma peur, à ne pas la rejeter, à ne pas en avoir honte, à ne pas faire semblant de ne pas la voir. Et j’ai pu peu à peu m’habituer à vivre avec elle…

    La seconde étape a été d’essayer de m’oublier moi-même pour alléger la peur et les problèmes des autres, et une véritable libération a commencé…

    Mais je voudrais vous raconter un peu mieux mon expérience avec les vagues de la mer. Quand j’essayais au début d’être un peu plus courageux et de résister un peu plus fort aux vagues trop fortes qui déferlaient sur le rivage, elles finissaient toujours par me jeter par terre sur ce rivage et parfois je me faisais mal.

    Jusqu’au jour où j’ai compris que je devais abandonner le rivage, aller plus loin vers le large où je n’avais plus pied, où je ne pouvais plus m’accrocher à rien. Et c’est alors que commençait le miracle, chaque vague un peu plus forte, au lieu de me rejeter vers le bas et de me faire mal, me portait avec elle vers le haut et m’entrainait dans sa danse comme si désormais je faisais partie de la mer.

    C’est exactement ce qui se passe dans notre vie. Chaque fois qu’on sort de soi pour se tourner vers les autres, pour les aider et les aimer, tant qu’on reste ancré au rivage de notre moi, tant qu’on fait des calculs ou qu’on attend une réponse, un merci, une attention en retour, on finit par avoir très mal, parce que la vague de l’autre est trop différente de notre rivage. Mais quand on entre dans la vague de l’autre en s’oubliant complètement, parce que l’autre, si différent, est tout de même une vague d’eau bienfaisante à sa façon, alors on se laisse porter par l’autre et par cette nouvelle relation avec lui, dans cette danse de la réciprocité qui n’en finit plus de nous surprendre.

    Et quand nous retournons le soir pour nous reposer sur notre rivage, nous nous sentons fatigués peut-être de cette danse avec la vague, mais tellement transformés et enrichis par cette expérience, que nous attendons déjà avec impatience la vague du lendemain qui va nous entrainer de nouveau vers des horizons infinis où la peur existe toujours, mais tellement plus rare, tellement dépassée par cette passion qui nous a envahi au fond du cœur de nous laisser porter par toute l’humanité !


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  • Commentaires

    1
    Hayatfallah@hotmail.
    Samedi 7 Juillet à 12:23
    En plus c'est poètique ! Formidable !Tu as réanimé en moi la nostalgie de se laisser porter par les vagues de la mer
    .... Bon là n'est pas la question !
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