• Toujours debout

    Combien de fois, au cours de notre vie, nous avons mal dormi parce que nous avions eu un grand malentendu avec une personne chère qui avait fini en véritable conflit. Ou bien un terrible imprévu était venu gâcher notre travail et nous ne savions plus comment regarder en face le lendemain. Combien de fois nous passons au travers de notre journée sans réussir à nous concentrer parce que nous avons peur d’un examen important à présenter, d’une entrevue qui pourrait changer notre avenir mais qui va sûrement mal se passer. Nous sommes angoissés, stressés parce que certains symptômes semblent annoncer l’arrivée d’une grave maladie, ou bien nous allons perdre notre travail, le pays va sombrer dans la crise...

    Et pourtant, en me levant ce matin, j’ai vu que j’avais toujours comme hier deux yeux pour regarder, deux oreilles pour écouter, deux bras et deux jambes pour agir et me déplacer, un cœur pour aimer et un cerveau pour discerner ce qu’il est mieux de faire ou de ne pas faire.  

    Aujourd’hui, comme hier, comme lorsque j’étais enfant, comme lorsque j’allais à l’université, comme lorsque j’ai commencé en hésitant ma vie d’adulte, je suis debout et je peux avancer, choisir, me débrouiller.

    Combien de problèmes, que je craignais des jours et des mois à l’avance, n’ont au fond même pas existé, comme si cela avait été un simple fantasme de mon imagination. Oui, il en est bien resté une conséquence négative, c’est ce mal de dos, ces migraines ou ces insomnies que le docteur a diagnostiqués comme conséquences directes du stress que je me suis finalement inventé presque pour rien.

    C’est vrai que tout n’a pas toujours marché comme je l’aurais voulu, mais pourquoi ne pas voir le positif même dans les problèmes ou les échecs ? Cette maladie où finalement tout le monde m’a entouré en famille et au travail et m’a aidé à me retrouver. Ce problème financier qui semblait insurmontable et qui a entrainé une chaîne de solidarité qui ne s’est plus arrêtée. Cet accident qui m’a fait découvrir la grandeur de l’amitié. Et toutes ces souffrances qui m’ont ouvert sur la souffrance des autres et m’ont fait sortir du monde clos qui était auparavant le mien.

    Combien d’aventures j’ai vécues que je n’aurais jamais imaginées, mais finalement les épreuves sont presque toujours arrivées une à la fois et jusqu’à maintenant j’ai toujours trouvé une solution... et ce matin je suis encore debout, prêt à continuer.

    Un jour peut-être arrivera le gros problème, le vrai problème qui n’aura pas de solution : et alors ? Tout sera fini sans espoir ? Je suis sûr que je me retrouverai encore une fois debout comme avant, en train de m’en sortir. Jusqu’au jour où vraiment je ne pourrai plus marcher et me tenir debout, je deviendrai peut-être sourd et aveugle, mes bras seront paralysés, mais mon cœur continuera à battre et à partager, comme mon ami Charles qui a vécu presque toute sa vie sur une chaise roulante, mais qui a pu fonder une famille et se battre toute sa vie pour redonner l’espoir autour de lui.

    Je sais bien qu’un jour ma vie aussi finira, mais pourquoi ne pas arriver à cette dernière épreuve en pensant simplement que notre tour est arrivé? L’important est de mourir sain, me disait toujours en plaisantant un de mes amis. L’important est de vivre et de mourir debout : si l’on y pense un peu sérieusement ce n’est pas aussi impossible que cela peut paraître. Tellement de gens l’ont fait avant nous et le monde ne s’est pas encore écroulé.


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  • Commentaires

    1
    Samir N
    Lundi 13 Avril 2015 à 16:40

    peut être seul c'est difficile,  mais si on est plusieurs à vivre ainsi on pourrait rester debout.

    2
    Lundi 13 Avril 2015 à 18:18

    C'est très juste, Samir. Combien de fois on se noie dans un problème parce qu'on essaye de s'en sortir tout seul et, pire encore, on croit qu'on est le seul à avoir ce problème, alors qu'en le partageant on s'aperçoit que les autres passent peut-être par les mêmes difficultés eton peut beaucoup s'entraider!

    3
    Hayat
    Lundi 13 Avril 2015 à 19:44

    C'est très beau Roland et je pense aussi que seul,  c'est parfois trop difficile .Le plus important c'est de ne pas être isolé :  on a besoin du soutien des autres et de leur amour , mais aussi ,plus nous avons des personnes autour de nous, plus nous avons l'occasion de mettre en mouvement nos bras, nos jambes, et notre coeur  pour aimer : même si on n'a pas envie d'aimer , il y aura toujours quelq'un "d'aimable " , qu'on ne peut pas ne pas aimer ....c 'est mal exprimé , je sais .....

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