Devant la nuit qui traverse toute l’humanité, l’Orient n’est-il pas aussi une source d’espoir capable de nous éclairer dans l’obscurité ? Nous sommes sûrs que l’Orient (ce fameux soleil levant symbole d’une aube nouvelle) peut aussi aider à trouver l’harmonie d’une relation renouvelée entre l’Orient et l’Occident qui apportera la sérénité et la paix au monde qui y croit encore.
[Pour les 10 ans de l’Orient la Nuit]
[J’ai choisi ici un article du 27/9/2020 dans lequel j’ai essayé d’exprimer mon émerveillement devant ce cadeau que Dieu nous fait de ressembler à la réciprocité divine qui constitue l’être même de l’Amour qui rayonne au cœur de la Trinité. Vivre entre nous la réciprocité, c’est ce miracle qui nous fait vivre pour l’autre plus que pour nous-même et qui fait grandir notre moi comme une immense surprise que nous recevons à chaque instant de l’autre comme un boomerang de l’amour.]
Les miracles de la réciprocité
Il y a dans les cycles de la nature une sorte de miracle étonnant d’une certaine réciprocité, au moins indirecte, d’une sorte de loi du boomerang, qui fait que rien de ce qui se donne ne se perd définitivement et toute la vie revient un jour ou l’autre au point d’où elle était partie. Comme ce phénomène de l’eau qui jaillit de la source au creux de la montagne, pour se plonger dans la vallée, irriguer les champs qu’elle côtoie, prolonger sa promenade dans la plaine avant de se jeter finalement dans la mer, pour s’évaporer bientôt dans le ciel et revenir un jour, portée par le vent, pour se déverser de nouveau près de la source d’où elle avait commencé son aventure.
On trouve un phénomène finalement assez semblable dans la beauté de la réciprocité qui se vit dans l’amitié ou l’amour entre les hommes. C’est lorsque deux êtres humains parviennent à goûter ce bonheur de se donner l’un à l’autre sans plus se demander qui des deux avait commencé, car le don de l’un est tout de suite compensé par l’accueil et le don de l’autre, comme deux échos qui se répondent à l’infini, et cela est déjà le premier miracle de la réciprocité.
Le deuxième miracle, c’est que l’amitié et l’amour sont comme un jeu où chacun est tour à tour la source, le champ, la vallée, la plaine, la mer, le vent ou le nuage, avec une fantaisie, une imagination, une invention, une surprise de chaque jour et de chaque instant qui vous remplit l’esprit et le cœur. Comme une immense symphonie qui se renouvelle, sans jamais se répéter et en se répétant quand même toujours d’une certaine manière, mais qui n’est jamais monotone et qui fait que la joie se multiplie en se partageant.
Le troisième miracle, c’est que toute cette réciprocité est consciente, jusque dans les plus petits détails. Car nous ne sommes pas comme ces ruisseaux qui font du bien à la vallée mais qui ne savent même pas ce qu’ils font et ce qu’ils sont. L’homme a été doté d’une sorte d’antenne qui lui fait goûter avec un immense bonheur tout ce don et cet accueil qu’il n’en finit pas de partager avec ceux qu’il aime. Heureux cet homme qui est un grand trésor et qui sait qu’il est un grand trésor !
Et le dernier miracle (au moins pour aujourd’hui, pour ne pas en écrire trop long ce matin et fatiguer le lecteur), c’est la liberté de l’invention qui donne encore plus de sel à cette réciprocité. Car cet amour qui va et qui vient dépend bien sûr de la personnalité de chacun qui ressemble souvent à celle de l’autre, mais qui est toujours unique. Mais il dépend surtout de l’inspiration et de la volonté libre du moment qui peut nous faire choisir aujourd’hui d’être plus actif ou plus positivement passif dans notre belle relation. D’être en ce moment une source pour l’autre ou simplement un écho, un vent léger qui le rafraichit, ou un éclair qui vient l’illuminer, une chaleur d’été qui vient le réchauffer, ou une musique d’automne qui le prépare aux épreuves de l’hiver. A chaque jour sa surprise, son caprice positif, son émerveillement du moment qui ne se répétera plus jamais mais qui ne nous manquera pas, car la surprise qui vient nous comblera à son tour plus que toutes les autres… Quand nous faisons finalement cette découverte, il est difficile de se plaindre de la vie, même si elle nous paraît souvent si difficile…