Devant la nuit qui traverse toute l’humanité, l’Orient n’est-il pas aussi une source d’espoir capable de nous éclairer dans l’obscurité ? Nous sommes sûrs que l’Orient (ce fameux soleil levant symbole d’une aube nouvelle) peut aussi aider à trouver l’harmonie d’une relation renouvelée entre l’Orient et l’Occident qui apportera la sérénité et la paix au monde qui y croit encore.
« Dieu, en effet, a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils, son unique, pour que tout homme qui croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle. » (Jn 3,16)
Nous venons d’entendre au verset précédent : « Il faut que le Fils de l'homme soit élevé afin que quiconque croit ait, en lui, la vie éternelle. » (Jn 3,14-15)
L’expression « vie éternelle » n’est pas nouvelle dans l’Evangile : on la trouve déjà deux fois en Marc, trois fois en Matthieu et trois fois en Luc. Mais dans l’Evangile de Jean, nous allons la retrouver 17 fois ! Il est donc bon de nous y arrêter un instant pour comprendre un peu ce que Jean veut nous annoncer par là. C’est d’abord le fruit de l’amour immense du Père pour l’humanité et du Fils qui a accepté d’être élevé sur la croix pour nous la donner, cette « vie éternelle ».
Elle est d’abord la « Vie » en soi, c’est-à-dire Dieu lui-même qui est Vie et source de toute vie. C’est donc le contraire de la mort. Et, grâce à elle, l’homme qui croit dans le Fils ne périra plus. Il aura la « vie éternelle ». Pas comme une possession, car la vie en Dieu ne se possède pas, elle pénètre en nous au fond de notre être et nous fait vivre, aimer, respirer, donner à notre tour cette vie autour de nous, comme une contagion divine irrésistible.
Et une fois cette vie entrée en nous, elle ne va plus nous quitter, elle sera pour toujours « éternelle », ce qui ne veut pas dire une vie toujours la même, qui ne changera jamais et qui deviendrait ici un symbole d’ennui, comme certains se représentent parfois l’éternité. Car la vie éternelle sera justement comme la vie de l’Esprit qui se renouvelle à chaque instant dans ce temps de Dieu qui n’est pas notre temps, mais que l’on représente souvent par les chants et les danses du paradis, par les rencontres ininterrompues des bienheureux et des anges qui peuplent le ciel.
Alors, c’est déjà inouï de nous représenter cette béatitude immense qui nous attend pour toujours, mais Jésus est venu sur terre pour que nous commencions à jouir dès ici-bas de la vie éternelle qui va être semée en nous et donner du fruit, même si elle sera pour l’instant encore bien fragile. Et chaque fois que nous nous laisserons pénétrer par l’amour de Dieu en nous et entre nous et nos frères et nos sœurs de cette terre, nous commencerons à goûter ce paradis. L’Evangile de Jean a commencé bien fort, mais il n’en est encore qu’au début…