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Devant la nuit qui traverse toute l’humanité, l’Orient n’est-il pas aussi une source d’espoir capable de nous éclairer dans l’obscurité ? Nous sommes sûrs que l’Orient (ce fameux soleil levant symbole d’une aube nouvelle) peut aussi aider à trouver l’harmonie d’une relation renouvelée entre l’Orient et l’Occident qui apportera la sérénité et la paix au monde qui y croit encore.

Jean 4

Nous entrons dans le 4e chapitre de Jean. Nous aurons maintenant dix chapitres plus longs et à partir du chapitre 14, jusqu’à la fin, de nouveau des chapitres plus courts quand la conclusion de la vie de Jésus sur terre va se précipiter. Mais cela n’est pas très important.

Ce qui est important, c’est de voir la différence énorme entre l’Evangile de Jean et les trois autres Evangiles. Marc, Matthieu et Luc nous racontent une histoire et, dans cette histoire, l’enseignement progressif de Jésus aux disciples et à la foule. Jean commence par sa vision personnelle qui est en fait la vision de Jésus et Marie, cette Marie que Jésus lui a demandé de prendre chez lui. Puis il nous donne l’enseignement de Jean Baptiste et il nous montre Jésus avec des personnages de toutes sortes qui mettent en valeur l’universalité des relations de Jésus avec tous les hommes. Et en même temps, dès le début, Jean nous parle de « l’heure de Jésus » qui va tout changer.

Dans ce chapitre 4, Jean nous montre d’abord Jésus avec la Samaritaine, encore une rencontre tellement originale, en route entre la Judée et la Galilée, et seulement ensuite voilà que Jésus va commencer son enseignement aux disciples et profiter de  son retour en Galilée pour un nouveau miracle à Cana.

« Quand Jésus apprit que les Pharisiens avaient entendu dire qu'il faisait plus de disciples et en baptisait plus que Jean, – à vrai dire, Jésus lui-même ne baptisait pas, mais ses disciples – il quitta la Judée et regagna la Galilée. Or il lui fallait traverser la Samarie. C'est ainsi qu'il parvint dans une ville de Samarie appelée Sychar, non loin de la terre donnée par Jacob à son fils Joseph, là même où se trouve le puits de Jacob.

Fatigué du chemin, Jésus était assis tout simplement au bord du puits. C'était environ la sixième heure. Arrive une femme de Samarie pour puiser de l'eau. Jésus lui dit : ‘Donne-moi à boire.’ Ses disciples, en effet, étaient allés à la ville pour acheter de quoi manger. Mais cette femme, cette Samaritaine, lui dit : ‘Comment ? Toi qui es Juif, tu me demandes à boire, à moi, une femme, une Samaritaine ?’ Les Juifs, en effet, ne veulent rien avoir de commun avec les Samaritains. Jésus lui répondit : ‘Si tu connaissais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : ‘Donne-moi à boire’, c'est toi qui aurais demandé et il t'aurait donné de l'eau vive.’ 

La femme lui dit : ‘Seigneur, tu n'as pas même un seau et le puits est profond ; d'où la tiens-tu donc, cette eau vive ? Serais-tu plus grand, toi, que notre père Jacob qui nous a donné le puits et qui, lui-même, y a bu ainsi que ses fils et ses bêtes ?’ Jésus lui répondit : ‘Quiconque boit de cette eau-ci aura encore soif ; mais celui qui boira de l'eau que je lui donnerai n'aura plus jamais soif ; au contraire, l'eau que je lui donnerai deviendra en lui une source jaillissant en vie éternelle.’ La femme lui dit : Seigneur, donne-moi cette eau pour que je n'aie plus soif et que je n'aie plus à venir puiser ici.’ 

Jésus lui dit : ‘Va, appelle ton mari et reviens ici.’ La femme lui répondit : ‘Je n'ai pas de mari.’ Jésus lui dit : ‘Tu dis bien :’Je n'ai pas de mari’ ; tu en as eu cinq et l'homme que tu as maintenant n'est pas ton mari. En cela tu as dit vrai. – ‘Seigneur, lui dit la femme, je vois que tu es un prophète. Nos pères ont adoré sur cette montagne et vous, vous affirmez qu'à Jérusalem se trouve le lieu où il faut adorer. Jésus lui dit : ‘Crois-moi, femme, l'heure vient où ce n'est ni sur cette montagne ni à Jérusalem que vous adorerez le Père. Vous adorez ce que vous ne connaissez pas ; nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs. Mais l'heure vient, elle est là, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ; tels sont, en effet, les adorateurs que cherche le Père. Dieu est esprit et c'est pourquoi ceux qui l'adorent doivent adorer en esprit et en vérité. La femme lui dit : ‘Je sais qu'un Messie doit venir – celui qu'on appelle Christ. Lorsqu'il viendra, il nous annoncera toutes choses.’ Jésus lui dit : ‘Je le suis, moi qui te parle’. »

Etonnante cette conversation qui nous montre d’abord l’amour infini et unique de Jésus pour n’importe quelle personne : c’est ainsi que Dieu traite chacun de nous sans distinction. Ainsi l’enseignement de Jésus s’adresse aussi à n’importe quelle personne, et cette pauvre samaritaine va entrer en plein dans le dessein d’amour de Dieu pour l’humanité et dans le projet de l’Evangile. Et 2000 ans après, notre samaritaine est encore aussi célèbre que tous les autres personnages de l’Evangile.

Mais revoilà maintenant les disciples et Jésus va commencer finalement son enseignement avec eux. « Sur quoi les disciples arrivèrent. Ils s'étonnaient que Jésus parlât avec une femme ; cependant personne ne lui dit ‘Que cherches-tu ?’ ou ‘Pourquoi lui parles-tu ?’ La femme alors, abandonnant sa cruche, s'en fut à la ville et dit aux gens : ‘Venez donc voir un homme qui m'a dit tout ce que j'ai fait. Ne serait-il pas le Messie ?’ Ils sortirent de la ville et allèrent vers lui. 

Entre-temps, les disciples le pressaient : ‘Rabbi, mange donc.’ Mais il leur dit : ‘J'ai à manger une nourriture que vous ne connaissez pas.’ Sur quoi les disciples se dirent entre eux : ‘Quelqu'un lui aurait-il donné à manger ?’ Jésus leur dit : ‘Ma nourriture, c'est de faire la volonté de celui qui m'a envoyé et d'accomplir son œuvre. Ne dites-vous pas vous-mêmes : ‘Encore quatre mois et viendra la moisson’ ? Mais moi je vous dis : ‘levez les yeux et regardez ; déjà les champs sont blancs pour la moisson ! Déjà le moissonneur reçoit son salaire et amasse du fruit pour la vie éternelle, si bien que celui qui sème et celui qui moissonne se réjouissent ensemble. Car en ceci le proverbe est vrai, qui dit : ‘L'un sème, l'autre moissonne.’ Je vous ai envoyés moissonner ce qui ne vous a coûté aucune peine ; d'autres ont peiné et vous avez pénétré dans ce qui leur a coûté tant de peine.’  

Beaucoup de Samaritains de cette ville avaient cru en lui à cause de la parole de la femme qui attestait : ‘Il m'a dit tout ce que j'ai fait.’ Aussi, lorsqu'ils furent arrivés près de lui, les Samaritains le prièrent de demeurer parmi eux. Et il y demeura deux jours. Bien plus nombreux encore furent ceux qui crurent à cause de sa parole à lui ; et ils disaient à la femme : ‘Ce n'est plus seulement à cause de tes dires que nous croyons ; nous l'avons entendu nous-mêmes et nous savons qu'il est vraiment le Sauveur du monde.’ »

Après cette aventure en Samarie, nous revoilà donc de nouveau en Galilée. C’est un épisode qui a cette fois-ci une grande ressemblance avec l’histoire du centurion romain que nous avons rencontrée en Matthieu et Luc, comme nous l’avons rappelée récemment. La première différence est que, chez Jean, le miracle a eu lieu à Cana au lieu de Capharnaüm, et puis il s’agit d’un officier royal et non d’un centurion romain. Mais le problème est toujours la maladie grave d’une personne chère et c’est une occasion pour Jésus de souligner la foi de personnes qui, à première vue, sont d’un milieu très éloigné de ses interlocuteurs ordinaires. Encore une façon de montrer que la foi en Jésus est ouverte à tous.

« Deux jours plus tard, Jésus quitta ces lieux et regagna la Galilée. Il avait en effet attesté lui-même qu'un prophète n'est pas honoré dans sa propre patrie. Cependant, lorsqu'il arriva en Galilée, les Galiléens lui firent bon accueil : ils étaient allés à Jérusalem pour la fête, eux aussi, et ils avaient pu voir tout ce que Jésus avait fait.

Jésus revint donc à Cana de Galilée où il avait fait du vin avec de l'eau. Il y avait un officier royal dont le fils était malade à Capharnaüm. Ayant entendu dire que Jésus arrivait de Judée en Galilée, il vint le trouver et le priait de descendre guérir son fils qui se mourait. Jésus lui dit : ‘Si vous ne voyez signes et prodiges, vous ne croirez donc jamais !’ L'officier lui dit : ‘Seigneur, descends avant que mon enfant ne meure !’ Jésus lui dit : ‘Va, ton fils vit.’ Cet homme crut à la parole que Jésus lui avait dite et il se mit en route. Tandis qu'il descendait, ses serviteurs vinrent à sa rencontre et dirent : ‘Ton enfant vit !’ Il leur demanda à quelle heure il s'était trouvé mieux et ils répondirent : ‘C'est hier, à la septième heure, que la fièvre l'a quitté.’ Le père constata que c'était à cette heure même que Jésus lui avait dit : ‘Ton fils vit.’ Dès lors il crut, lui et toute sa maisonnée. Tel fut le second signe que Jésus accomplit lorsqu'il revint de Judée en Galilée. »

A partir du chapitre 5, nous allons entrer de plus en plus clairement dans la révélation que Jésus fait de lui-même et voir grandir le conflit entre lui et ses adversaires qui n’arrivent plus à le supporter : la lumière se fait toujours plus éclatante par contraste avec l’obscurité qui l’entoure !

 

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