Devant la nuit qui traverse toute l’humanité, l’Orient n’est-il pas aussi une source d’espoir capable de nous éclairer dans l’obscurité ? Nous sommes sûrs que l’Orient (ce fameux soleil levant symbole d’une aube nouvelle) peut aussi aider à trouver l’harmonie d’une relation renouvelée entre l’Orient et l’Occident qui apportera la sérénité et la paix au monde qui y croit encore.
« C'est que le Père aime le Fils et lui montre tout ce qu'il fait ; il lui montrera des œuvres plus grandes encore, de sorte que vous serez dans l'étonnement. » (Jn 5,20)
« Moi, je ne peux rien faire par moi-même. » (Jn 5,30)
« En vérité, en vérité, je vous le dis, le Fils ne peut rien faire de lui-même, mais seulement ce qu'il voit faire au Père : car ce que fait le Père, le Fils le fait pareillement. » (Jn 5,19)
Comme ils sont merveilleux ces nouveaux versets de Saint Jean ! Mais vous voyez que j’ai changé l’ordre de ces belles phrases et vous allez comprendre pourquoi. En tous cas nous allons découvrir que tout l’Evangile de Jean tourne autour de ce sujet unique qui est la révélation de l’amour entre nos Trois Amis là-haut de toute éternité. Et Jean nous dit presque toujours la même chose et on ne s’en lasse jamais, comme le dialogue entre deux amoureux, comme les symphonies musicales… et c’est pour ça qu’on aime toujours se représenter le paradis rempli de chants, de musiques et de danses… sans compter les banquets !
Entre les Trois, l’initiative part évidemment toujours du Père qui est la Source éternelle de tout. « Le Père aime le Fils », dans l’Esprit, et il ne sait pas faire autre chose. Tout passe par là pour lui. Et son amour pour la création et en particulier pour l’humanité va évidemment passer aussi par le Fils. Le Père montre au Fils « tout ce qu’il fait ». Attention aussi à cette phrase qui corrige l’idée qu’on se fait malheureusement de Dieu : on dit que Dieu est esprit, comme si cela voulait dire qu’il est un peu dans les nuages, loin de la vie concrète (un peu comme une excuse pour se dire que Dieu est loin dans son ciel et qu’il ne pourra jamais nous comprendre) : un des pièges du diable dans lequel nous tombons tous de temps en temps ! Dieu est tout, il a tout en lui, sinon comment aurait-il créé l’univers ? Il est le cœur de tout. Et pour cela il n’arrête pas de « faire » et d’agir. Et il fera même « des œuvres plus grandes encore ». Et quel amour de ce Père pour nous, qui veut encore plus nous « étonner », comme si tout ce qu’il a fait pour nous jusque-là ne suffisait pas.
Et le Père montre tout au Fils, pas pour que le Fils le regarde et l’admire, mais pour que le Fils à son tour fasse la même chose avec nous, pour que ce soit le Fils qui apparaisse comme le centre de tout, dans lequel le Père reste caché. Le Père n’arrête pas de s’effacer pour que le Fils soit mis en lumière. Et le Fils le lui rend bien, car à son tour il s’efface devant le Père en insistant à nous dire par deux fois, qu’il « ne peut rien faire de lui-même » ! Comme si le Fils voulait nous dire qu’il est incapable : quelle humilité, quelle transparence. Et quel amour entre les Trois, où l’Esprit se tient lui aussi continuellement caché !