Devant la nuit qui traverse toute l’humanité, l’Orient n’est-il pas aussi une source d’espoir capable de nous éclairer dans l’obscurité ? Nous sommes sûrs que l’Orient (ce fameux soleil levant symbole d’une aube nouvelle) peut aussi aider à trouver l’harmonie d’une relation renouvelée entre l’Orient et l’Occident qui apportera la sérénité et la paix au monde qui y croit encore.
Vous voyez comme moi que le verbe « accepter » est un verbe extraordinaire, capable de changer la vie ? Nous aurions pu en parler dans la rubrique « Au cœur du verbe », ou dans « Au bout de soi-même », ou dans « Passepartout », comme une nouvelle clé pour le bonheur… Mais j’ai pensé nous pencher dessus rien moins que dans la rubrique « Reflets du paradis ». Car je pense que « accepter » est le complément naturel à « accueillir » et « donner » ou « se donner », que nous avons définis comme les deux visages de l’être ou de l’amour.
Si je veux accueillir Dieu de tout mon cœur, mon esprit et mes forces, et me donner tout entier à Jésus présent dans le prochain, je dois en même temps accepter Dieu et ce prochain de tout mon cœur. Car accepter est à la fois le symbole de ma liberté, de ma dignité et de tout ce qui fait ma personnalité.
Si je veux être moi-même et prendre en mains ma vie, mes activités, mes projets, mes relations, je dois le faire en toute conscience, en y mettant toute ma volonté, mon accord, ma décision mûrie et réfléchie. Sinon je serais comme une simple feuille morte emportée et traînée par le vent du hasard des circonstances.
Accepter un évènement, une situation joyeuse ou douloureuse, c’est les regarder en face, les saisir, les affronter, au lieu de les subir passivement comme une fatalité qui nous est imposée de l’extérieur. On accepte de se battre pour un idéal désiré de tout son être, pour les gens qu’on aime et pour ceux qui souffrent. On peut accepter aussi de refuser telle ou telle situation d’injustice, de discrimination, comme une bataille constante au service de l’humanité.
Quand on accepte ce que l’on fait, que ce soit beau ou difficile, ou peut-être les deux en même temps, c’est qu’on est maître de sa vie et de ses réactions. Quand on accepte l’autre ou les évènements tels qu’ils se présentent à nous, sans préjugés, sans peur, sans se plaindre toute la journée parce que les personnes, les situations et les choses ne sont pas comme nous l’aurions désiré, alors tout change. Nous ne vivons plus avec des « si », des conditions que nous voudrions imposer à la réalité, au lieu justement de la prendre au départ comme elle se présente. Accepter le présent par exemple, sans le comparer continuellement au passé ou à un futur irréel que nous nous sommes construit, c’est regarder positivement la vie, ses joies et ses problèmes.
Et accepter, c’est peut-être surtout apprendre à s’accepter soi-même. Et cela est une des plus belles clés pour le bonheur. Mais attention, il ne s’agit pas nous accepter avec résignation, en nous subissant nous-mêmes, tristes d’être ce que nous sommes, comme une fatalité que nous aurions tellement rêvée autrement. Non, nous accepter, c’est avoir la simplicité, le courage, la patience, la confiance de nous regarder tels que nous sommes sans nous agiter. Et gérer notre vie comme elle se présente, avec la paix dans la cœur. La paix de savoir que certaines choses en nous ne changeront jamais, comme la situation de certains handicapés à vie qui nous donnent souvent de grandes leçons d’humanité. Mais la paix aussi d’affronter nos problèmes avec réalisme et bonne volonté, en découvrant souvent que bien des obstacles peuvent être corrigés ou même éliminés complètement en route.
Et plus je m’accepte moi-même, plus je suis capable d’accepter les autres. Avec le miracle ou le centuple de voir que nos relations deviennent de plus en plus belles. Car accepter l’autre, c’est l’inviter, sans même le lui dire, à m’accepter à son tour dans la plus parfaite réciprocité, à l’image de la vie qui court au paradis. Car accepter, c’est d’abord accepter de lier chacune de nos journées, pour toujours, à la dynamique de l’accueil et du don qui se joue au cœur de la Trinité. Accepter, c’est sortir de soi pour entrer dans l’amour de Dieu et le laisser pénétrer en nous. La vie devient alors réellement une belle aventure…