Devant la nuit qui traverse toute l’humanité, l’Orient n’est-il pas aussi une source d’espoir capable de nous éclairer dans l’obscurité ? Nous sommes sûrs que l’Orient (ce fameux soleil levant symbole d’une aube nouvelle) peut aussi aider à trouver l’harmonie d’une relation renouvelée entre l’Orient et l’Occident qui apportera la sérénité et la paix au monde qui y croit encore.
« Le fils lui dit : ‘Père, j’ai péché contre le ciel et contre toi. Je ne mérite plus d’être appelé ton fils…’ Mais le père dit à ses domestiques : ‘Vite, apportez le plus beau vêtement pour l’habiller. Mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds. Allez chercher le veau gras, tuez-le ; mangeons et festoyons. » (Lc 15,21-23)
Encore un point extraordinaire que l’on peut noter tout de suite, c’est la hâte de la miséricorde. Le père a tellement hâte de fêter son fils qui vient à peine de rentrer à la maison, qu’il ne l’écoute même pas. La phrase du fils qui essaye de s’excuser et de demander pardon n’est même pas terminée… « Vite, apportez le plus beau vêtement… vite, mettez-lui une bague au doigt… vite, allez chercher le veau gras et tuez-le… vite, mangeons et festoyons. » Une véritable scène de théâtre qui se passe sous nos yeux. Le père se tourne dans tous les sens pour donner des ordres. Il veut entraîner dans la fête tous les gens de la maison, tous les domestiques. Il veut que son fils revenu à la vie n’ait même plus le temps de penser à autre chose, de revenir encore sur le passé. La miséricorde doit être totale et définitive. Elle voudrait tout « couvrir » en un instant, pour que désormais la vie de son fils bien aimé reparte à zéro comme si tout ce temps perdu n’existait plus, comme par magie.
Il est des moments où l’accueil de l’amour demande d’écouter de tout notre cœur ce que notre frère ou notre sœur voudrait nous dire. Mais dans certaines circonstances, comme celle-ci, le père sait bien que chaque mot que le fils voudrait prononcer pour demander sincèrement pardon va être comme une blessure mal cicatrisée qui s’ouvre de nouveau. Et le père a hâte de voir guérir son fils pour toujours de ce mal qui essaye encore de le ronger. C’est la hâte de l’amour. Tout l’Evangile nous est donné en hâte, car nous avons perdu tellement de temps. Souvenons-nous de Marie, à peine après avoir reçu le message de l’ange et donné son « oui », qui est partie « en hâte », elle aussi, pour aller aider sa vieille cousine Elisabeth. C’est la hâte de Dieu de nous « couvrir » de son amour.