Devant la nuit qui traverse toute l’humanité, l’Orient n’est-il pas aussi une source d’espoir capable de nous éclairer dans l’obscurité ? Nous sommes sûrs que l’Orient (ce fameux soleil levant symbole d’une aube nouvelle) peut aussi aider à trouver l’harmonie d’une relation renouvelée entre l’Orient et l’Occident qui apportera la sérénité et la paix au monde qui y croit encore.
Un nouveau chapitre où nous avons l’impression de jongler avec tous les souvenirs de Marc et Matthieu qui s’enchevêtrent dans une nouvelle harmonie : c’est encore une découverte de l’Esprit Saint qui est toujours le même et toujours nouveau. Mais, cette fois-ci, nous allons trouver d’autres nouveautés vraiment originales chez Luc, qui vont nous ouvrir encore d’autres horizons inconnus…
La première nouveauté est celle des 72 disciples qui viennent s’ajouter aux Douze déjà si bien connus, et voilà comment commence notre chapitre : « Après cela, le Seigneur en désigna encore soixante-douze, et il les envoya deux par deux devant lui dans toutes les villes et localités où lui-même devait aller. »
Il n’y a en fait pas de grande différence entre les Douze et cette nouvelle figure des soixante-douze : comme une occasion de nous faire prendre conscience qu’au fond nous sommes tous appelés à être les disciples de Jésus et c’est bien pour cela qu’aujourd’hui encore, 2000 ans après tous ces évènements que l’Evangile nous relate, le message du Seigneur est plus que jamais d’actualité.
« Il leur dit : ‘La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. Allez, je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups. N’emportez ni argent, ni sac, ni sandales, et ne vous attardez pas en salutations sur la route.
Dans toute maison où vous entrerez, dites d’abord : ‘Paix à cette maison’. S’il y a là un ami de la paix, votre paix ira reposer sur lui ; sinon, elle reviendra sur vous. Restez dans cette maison, mangeant et buvant ce que l’on vous servira ; car le travailleur mérite son salaire. Ne passez pas de maison en maison.
Dans toute ville où vous entrerez et où vous serez accueillis, mangez ce qu’on vous offrira. Là, guérissez les malades et dites aux habitants : ‘Le règne de Dieu est tout proche de vous’. Mais dans toute ville où vous entrerez et où vous ne serez pas accueillis, sortez sur les places et dites : ‘même la poussière de votre ville, collée à nos pieds, nous la secouons pour vous la laisser. Pourtant sachez-le : le règne de Dieu est tout proche’.
Je vous le déclare : au jour du Jugement, Sodome sera traitée moins sévèrement que cette ville. Malheureuse es-tu, Corazine ! Malheureuse es-tu, Bethsaïde ! Car, si les miracles qui ont eu lieu chez vous avaient eu lieu à Tyr et à Sidon, il y a longtemps que les gens y auraient pris le vêtement de deuil, et se seraient assis dans la cendre en signe de pénitence. En tous cas, Tyr et Sidon seront traitées moins sévèrement que vous lors du Jugement. Et toi, Capharnaüm, seras-tu donc élevée jusqu’au ciel ? Non, tu descendras jusqu’au séjour des morts ! Celui qui vous écoute m’écoute ; celui qui me rejette rejette celui qui m’a envoyé. »
Mais c’est la conclusion du discours de Jésus aux soixante-douze qui va maintenant vraiment nous surprendre. « Les soixante-douze disciples revinrent tout joyeux. Ils racontaient : ‘Seigneur, même les esprits mauvais nous sont soumis en ton nom.’ Jésus leur dit :’ Je voyais Satan tomber du ciel comme l’éclair. Vous, je vous ai donné pouvoir d’écraser serpents et scorpions, et pouvoir sur toute la puissance de l’Ennemi ; et rien ne pourra vous faire du mal. Cependant ne vous réjouissez pas parce que les esprits vous sont soumis ; mais réjouissez-vous parce que vos noms sont inscrits dans les cieux.’ » Pour Jésus la vie d’amour divin qui se vit au ciel est bien plus importante que même la lutte contre les esprits mauvais, nous y reviendrons…
Puis nous replongeons de nouveau dans certains passages merveilleux déjà vus en particulier en Matthieu : « A ce moment, Jésus exulta de joie sous l’action de l’Esprit Saint, et il dit : ‘Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bonté. Tout m’a été confié par mon Père ; personne ne connaît qui est le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît qui est le Père, sinon le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler.’
Puis il se tourna vers ses disciples et leur dit en particulier : ‘Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez ! Car, je vous le déclare : beaucoup de prophètes et de rois ont voulu voir ce que vous voyez, et ne l’ont pas vu, entendre ce que vous entendez, et ne l’ont pas entendu.’ »
Et Luc nous conduit ensuite, comme Marc et Matthieu, à la fameuse conversation à propos des principaux commandements de l’Ecriture Sainte : « Pour mettre Jésus à l’épreuve, un docteur de la Loi lui posa cette question : ‘Maître, que dois-je faire pour avoir part à la vie éternelle ?’ Jésus lui demanda : ‘ Dans la Loi, qu’y a-t-il d’écrit ? que lis-tu ?’ L’autre répondit : ‘Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de tout ton esprit, et ton prochain comme toi-même’. Jésus lui dit : ‘Tu as bien répondu. Fais ainsi et tu auras la vie.’ »
Et c’est là que Luc nous fait partager un de ses grands trésors : l’épisode du bon samaritain. « Mais lui, voulant montrer qu’il était un homme juste, dit à Jésus : ‘Et qui donc est mon prochain ?’ Jésus reprit : ‘Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho, et il tomba sur des bandits ; ceux-ci, après l’avoir dépouillé, roué de coups, s’en allèrent en le laissant à moitié mort. Par hasard, un prêtre descendait par ce chemin ; il le vit et passa de l’autre côté. De même un lévite arriva à cet endroit ; il le vit et passa de l’autre côté.
Mais un samaritain, qui était en voyage, arriva près de lui ; il le vit et fut saisi de pitié. Il s’approcha, pansa ses plaies en y versant de l’huile et du vin ; puis il le chargea sur sa propre monture, le conduisit dans une auberge et prit soin de lui. Le lendemain, il sortit deux pièces d’argent, et les donna à l’aubergiste, en lui disant ; ‘Prends soin de lui ; tout ce que tu auras dépensé en plus, je te le rendrai quand je repasserai’.
Lequel des trois, à ton avis, a été le prochain de l’homme qui était tombé entre les mains des bandits. Le docteur de la Loi répond : ‘Celui qui a fait preuve de bonté envers lui.’ Jésus lui dit : ‘Va, et toi aussi fais de même.’ »
Mais les surprises ne s’arrêtent pas là, puisque notre chapitre va se terminer par l’épisode aussi célèbre de la rencontre de Jésus avec Marthe et Marie : encore une belle occasion de méditer longuement sur le sens de la vie. « Alors qu’il était en route avec ses disciples, Jésus entra dans un village. Une femme appelée Marthe le reçut dans sa maison. Elle avait une sœur nommée Marie qui se tenait assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole. Marthe était accaparée par les multiples occupations du service. Elle intervint et dit : ‘Seigneur, cela ne te fait rien ? Ma sœur me laisse seule à faire le service. Dis-lui donc de m’aider.’ Le Seigneur lui répondit : « Marthe, Marthe, tu t’inquiètes et tu t’agites pour bien des choses. Une seule est nécessaire. Marie a choisi la meilleure part : elle ne lui sera pas enlevée.’ »
A nous de passer chacune de nos journées désormais à chercher quelle est cette meilleure part et où nous pouvons la trouver, pour nous et pour les autres tous ensemble, car la « meilleure part » ne peut se vivre que dans cet esprit d’amour réciproque que Jésus a porté du ciel sur la terre, c’est ce qui devient de plus en plus clair au fur et à mesure de notre lecture de l’Evangile…