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Devant la nuit qui traverse toute l’humanité, l’Orient n’est-il pas aussi une source d’espoir capable de nous éclairer dans l’obscurité ? Nous sommes sûrs que l’Orient (ce fameux soleil levant symbole d’une aube nouvelle) peut aussi aider à trouver l’harmonie d’une relation renouvelée entre l’Orient et l’Occident qui apportera la sérénité et la paix au monde qui y croit encore.

Luc 16

Nous continuons notre voyage dans l’Evangile de Luc, toujours étonnés qu’aucun chapitre ne ressemble au précédent et que chaque chapitre nous ouvre sur de nouveaux horizons qui nous surprennent, et qu’en même temps tous ces horizons ne sont que de nouveaux visages des reflets de la Trinité que Jésus nous révèle.

Ce nouveau chapitre est presque entièrement original : on n’y trouve que quelques phrases déjà connues en Marc et Matthieu. Nous allons découvrir ici en particulier les épisodes du gérant habile et du riche avec Lazare. A première vue, rien de tellement extraordinaire comme l’histoire bouleversante du fils prodigue. Et pourtant la Parole de Dieu est toujours la Parole de Dieu et elle va encore une fois nous surprendre. Si on voulait lui donner un titre général, on pourrait proposer ici celui de l’usage et des dangers de la richesse. Allons-y !

« Jésus disait encore à ses disciples : ‘Un homme riche avait un gérant qui lui fut dénoncé parce qu’il gaspillait ses biens. Il le convoqua et lui dit : ‘Qu’est-ce que j’entends dire de toi ? Rends-moi les comptes de ta gestion, car désormais tu ne pourras plus gérer mes affaires.’ Le gérant pensa : ‘Que vais-je faire, puisque mon maître me retire la gérance ? Travailler la terre ? Je n’ai pas la force. Mendier ? J’aurais honte. Je sais ce que je vais faire, pour qu’une fois renvoyé de ma gérance, je trouve des gens pour m’accueillir.

Il fit alors venir un par un, ceux qui avaient des dettes envers son maître. Il demanda au premier : ‘Combien dois-tu à mon maître ? – Cent barils d’huile.’ Le gérant lui dit : ‘Voici ton reçu ; vite, assieds-toi et écris cinquante’. Puis il demanda à un autre : ‘Et toi, combien dois-tu ? – Cent sacs de blé’. Le gérant lui dit : ‘Voici ton reçu, écris quatre-vingts.’ Ce gérant trompeur, le maître fit son éloge : effectivement, il s’était montré habile, car les fils de ce monde sont plus habiles que les fils de la lumière.

Eh bien moi, je vous le dis : Faites-vous des amis avec l’Argent trompeur, afin que, le jour où il ne sera plus là, ces amis vous accueillent dans les demeures éternelles. Celui qui est digne de confiance dans une toute petite affaire est digne de confiance aussi dans une grande. [Une autre traduction dit : « Celui qui est fidèle dans une toute petite affaire est fidèle aussi dans une grande.] Celui qui est trompeur dans une petite affaire est trompeur aussi dans une grande. Si vous n’avez pas été dignes de confiance avec l’Argent trompeur, qui vous confiera le bien véritable ? Et si vous n’avez pas été dignes de confiance pour des biens étrangers, le vôtre, qui vous le donnera ? »

Ce premier passage est tout de même assez étonnant et a suscité parfois des interprétations qui pouvaient prêter à confusion. Jésus ne veut évidemment pas faire ici l’éloge de la malhonnêteté. Il parle clairement de « l’Argent trompeur » et des « fils de ce monde ». Mais il met déjà en relief des valeurs humaines qui sont tellement importantes dans nos relations et qui sont des reflets de la vie du ciel. L’amitié, la fidélité, la confiance, mais aussi l’habileté intelligente et rapide qui sait comment résoudre des problèmes difficiles : ce sont toutes des qualités que Dieu a données à chacun de nous lorsque nous sommes venus au monde et que Jésus nous invite à utiliser maintenant surtout pour la bonne cause qui est son royaume.

Et pour que tout soit définitivement clair, Luc reprend ici le fameux passage de Matthieu sur les « deux maîtres », que nous avons déjà abondamment commenté : « Aucun domestique ne peut servir deux maîtres : ou bien il détestera le premier, et aimera le second ; ou bien il s’attachera au premier, et méprisera le second. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent. »

Puis Luc continue : « Les pharisiens, eux qui aimaient l’argent, entendaient tout cela, et ils ricanaient à son sujet. Il leur dit alors : « Vous êtes, vous, ceux qui se présentent comme des justes aux yeux des hommes, mais Dieu connaît vos cœurs, car ce qui est prestigieux chez les hommes est une chose abominable aux yeux de Dieu.

Jusqu’à Jean-Baptiste, il y eu la Loi et les Prophètes ; depuis lors, le royaume de Dieu est annoncé et chacun emploie toute sa force pour y entrer. [D’autres traductions disent : « Chacun est invité avec insistance à y entrer. » ou même : « Chacun s’efforce d’y entrer par violence. »] Plus facilement disparaîtront le ciel et la terre que ne tombera un seul petit trait de la Loi. » Nous reviendrons sur ce passage.

Ici, un deuxième passage de Luc va reprendre des phrases de Marc et Matthieu que nous connaissons bien (en particulier en Mc 10,11-12 et Mt 19,9) : « Tout homme qui renvoie sa femme pour en épouser une autre commet l’adultère ; et celui qui épouse une femme renvoyée par son mari commet l’adultère. »

Et nous allons finir notre chapitre avec le fameux épisode du riche et de Lazare. Lazare est le symbole du pauvre, abandonné par toute la société égoïste qui l’entoure, mais le riche, qui n’a pas de nom, pourrait bien être chacun de nous lorsque nous oublions le message de l’amour et du don.

« Il y avait un homme riche, qui portait des vêtements de luxe et faisait chaque jour des festins somptueux. Un pauvre, nommé Lazare, était couché devant le portail, couvert de plaies. Il aurait bien voulu se rassasier de ce qui tombait de la table du riche ; mais c’étaient plutôt les chiens qui venaient lécher ses plaies.

Or le pauvre mourut, et les anges l’emportèrent auprès d’Abraham. Le riche mourut aussi, et on l’enterra. Au séjour des morts, il était en proie à la torture ; il leva les yeux et vit de loin Abraham avec Lazare tout près de lui. Alors il cria : ‘Abraham, mon père, prends pitié de moi et envoie Lazare tremper dans l’eau le bout de son doigt pour me rafraîchir la langue, car je souffre terriblement dans cette fournaise.  – Mon enfant, répondit Abraham, rappelle-toi : Tu as reçu le bonheur pendant ta vie, et Lazare le malheur. Maintenant il trouve ici la consolation, et toi, c’est ton tour de souffrir. De plus, un grand abîme a été mis entre vous et nous, pour que ceux qui voudraient aller vers vous ne le puissent pas, et que, de là-bas non plus, on ne vienne pas vers nous.’.

Le riche répliqua : ‘Eh bien ! père, je te prie d’envoyer Lazare dans la maison de mon père. J’ai cinq frères : qu’il les avertisse pour qu’ils ne viennent pas, eux aussi, dans ce lieu de torture’. Abraham lui dit : ‘ Ils ont Moïse et les Prophètes : qu’ils les écoutent ! – Non, père Abraham, dit le riche, mais si quelqu’un de chez les morts vient les trouver, ils se convertiront’. Abraham répondit : « S’ils n’écoutent pas Moïse ni les Prophètes, quelqu’un pourra bien ressusciter d’entre les morts : ils ne seront pas convaincus’. »

 

Cela ne peut que nous faire réfléchir et bien en profondeur. Avec l’envie de faire un examen de conscience général sur notre relation avec le prochain et avec la richesse. L’affirmation qui dit que même quelqu’un qui ressusciterait des morts ne parviendrait pas à convaincre les cœurs de l’humanité endurcie en dit long. Et pourtant il est intéressant de remarquer que, dans son égoïsme, le riche pense tout de même à ses frères et voudrait leur éviter les souffrances qu’il endure maintenant. Chaque homme, aussi mauvais soit-il, porte toujours des valeurs qui pourraient être le début d’une véritable conversion. Nous allons encore avec beaucoup à commenter sur cette nouvelle merveille… 

 

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