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Devant la nuit qui traverse toute l’humanité, l’Orient n’est-il pas aussi une source d’espoir capable de nous éclairer dans l’obscurité ? Nous sommes sûrs que l’Orient (ce fameux soleil levant symbole d’une aube nouvelle) peut aussi aider à trouver l’harmonie d’une relation renouvelée entre l’Orient et l’Occident qui apportera la sérénité et la paix au monde qui y croit encore.

Luc 19

Il avance notre Evangile ! Encore trois chapitres et nous entrerons dans la passion finale de Jésus. En attendant, Luc synthétise les derniers éléments de la vie publique et de l’enseignement de Jésus qui pourraient nous aider à mieux comprendre ce qui va se passer à la fin et surtout comment vivre de cette Parole de Dieu tombée du ciel…

Comme dans beaucoup d’autres chapitres de Luc, nous allons retrouver chez lui des passages déjà commentés de Marc et Matthieu et même, cette fois-ci deux passages de l’Evangile de Jean. Et ici encore nous allons découvrir de nouveaux trésors originaux de Luc : l’épisode de la rencontre de Zachée avec Jésus et les pleurs de Jésus sur Jérusalem. Mais nous allons y trouver aussi la parabole des talents, l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem et la scène saisissante qui nous montre Jésus en train de chasser les marchands du Temple.

Mais commençons par l’histoire de Zachée : « Jésus traversait la ville de Jéricho. Or, il y avait un homme du nom de Zachée ; il était le chef des collecteurs d’impôts, et c’était quelqu’un de riche. Il cherchait à voir qui était Jésus, mais n’y arrivait pas à cause de la foule, car il était de petite taille. Il courut donc en avant et grimpa sur un sycomore pour voir Jésus qui devait passer par là. Arrivé à cet endroit, Jésus leva les yeux et l’interpella : ‘Zachée, descends vite : aujourd’hui il faut que j’aille demeurer dans ta maison.’ Vite, il descendit et reçut Jésus avec joie.

Voyant cela, tous récriminaient : ‘Il est allé loger chez un pécheur.’ Mais Zachée, s’avançant, dit au Seigneur : ‘Voilà, Seigneur : je fais don aux pauvres de la moitié de mes biens, et si j’ai fait du tort à quelqu’un, je vais lui rendre quatre fois plus.’ Alors Jésus dit à son sujet : ‘Aujourd’hui, le salut est arrivé pour cette maison, car lui aussi est un fils d’Abraham. En effet, le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu.’ »

Puis Luc passe à la parabole des talents que nous avons déjà vue en Mt 25 : « Comme on écoutait Jésus, il ajouta une parabole, parce qu’il était près de Jérusalem et que ses auditeurs pensaient voir le royaume de Dieu se manifester à l’instant même. Voici donc ce qu’il dit : ‘Un homme de la grande noblesse partit dans un pays lointain pour se faire nommer roi et rentrer ensuite chez lui. Il appela dix de ses serviteurs, leur distribua dix pièces d’or et leur dit : ‘Faites-les fructifier pendant mon voyage.’ Mais ses concitoyens le détestaient et ils envoyèrent derrière lui une délégation chargée de dire : ‘Nous ne voulons pas qu’il règne sur nous ;’

Mais quand il revint après avoir été nommé roi, il convoqua les serviteurs auxquels il avait distribué de l’argent, afin de savoir comment chacun l’avait fait fructifier. Le premier se présenta et dit : ‘Seigneur, ta pièce d’or en a rapporté dix.’ Le roi lui dit : ‘Très bien, bon serviteur ! Puisque tu as été fidèle en si peu de chose, reçois l’autorité sur dix villes.’ Le second vint dire : ‘Ta pièce d’or, Seigneur, en a rapporté cinq.’ A celui-là, le roi dit encore : ‘Toi, tu seras gouverneur de cinq villes.’

Un autre encore vint dire : ‘Seigneur, voici ta pièce d’or, je l’avais mise de côté dans un linge. En effet, j’avais peur de toi : tu es un homme exigeant, tu retires ce que tu n’as pas déposé, tu moissonnes ce que tu n’as pas semé.’ Le roi lui dit : ‘Je vais te juger d’après tes propres paroles, serviteur mauvais : tu savais que je suis un homme exigeant, que je retire ce que je n’ai pas déposé, que je moissonne ce que je n’ai pas semé ; alors pourquoi n’as-tu pas mis mon argent à la banque ? A mon arrivée, je l’aurais repris avec les intérêts.’ Et le roi dit à ceux qui étaient là : ‘Retirez-lui la pièce d’or et donnez-la à celui qui en a dix.’ On lui dit : ‘Seigneur, il en a déjà dix !’ – Je vous le déclare : celui qui a recevra encore ; celui qui n’a rien se fera enlever même ce qu’il a. Quant à mes ennemis, ceux qui n’ont pas voulu que je règne sur eux, amenez-les ici et mettez-les à mort devant moi.’ »

Et Luc en arrive maintenant à l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem, que nous avons déjà vue à peu près telle quelle en Mc 11 et en Mt 21, et que nous verrons encore en Jn 2. Un moment particulièrement émouvant pour nous, mais d’abord pour Jésus lui-même, qui sait que son heure a sonné et qui sait que l’enthousiasme de la foule ne va pas résister longtemps devant la puissance du diable qui va maintenant de déchaîner. Mais suivons une à une les dernières étapes de notre Evangile en nous laissant transporter par elle dans les mystères du plan de Dieu sur l’humanité…

« Après avoir dit ces paroles, Jésus marchait en avant de ses disciples pour monter à Jérusalem. A l’approche de Bethphagé et de Béthanie, sur les pentes du mont des Oliviers, il envoya deux disciples : ‘Allez au village qui est en face. A l’entrée, vous trouverez un petit âne attaché : personne ne l’a encore monté. Détachez-le et amenez-le. Si l’on vous demande : ‘Pourquoi le détachez-vous ?’ vous répondrez : ‘Le Seigneur en a besoin.’ Les disciples partirent et trouvèrent tout comme Jésus leur avait dit. Au moment où ils détachaient le petit âne, ses maîtres demandèrent : ‘Pourquoi détachez-vous cet âne ? ‘ Ils répondirent : ‘Le Seigneur en a besoin.’

Ils amenèrent l’âne à Jésus, jetèrent leurs vêtements dessus, et firent monter Jésus. A mesure qu’il avançait, les gens étendaient leurs vêtements sur le chemin. Déjà Jésus arrivait à la descente du mont des Oliviers, quand toute la foule des disciples, remplie de joie, se mit à louer Dieu à pleine voix pour tous les miracles qu’ils avaient vus : ‘Béni soit celui qui vient, lui, notre roi, au nom du Seigneur. Paix dans le ciel et gloire au plus haut des cieux !’ Quelques pharisiens, qui se trouvaient dans la foule, dirent à Jésus : ‘Maître, arrête tes disciples !’ Mais il leur répondit : ‘Je vous le dis : s’ils se taisent, les pierres crieront.’ »

Après cela, Luc, tout seul, nous montre Jésus en train de pleurer sur Jérusalem. Un moment particulièrement émouvant que nous pourrons commenter bientôt. « Quand Jésus fut près de Jérusalem, en voyant la ville, il pleura sur elle ; il disait : ‘Si toi aussi, tu avais reconnu en ce jour ce qui peut te donner la paix ! Mais hélas, cela est resté caché à tes yeux. Oui, il arrivera pour toi des jours où tes ennemis viendront mettre le siège devant toi, t’encercleront et te presseront de tous côtés ; ils te jetteront à terre, toi et tes enfants qui sont chez toi, et ils ne laisseront pas chez toi pierre sur pierre, parce que tu n’as pas reconnu le moment où Dieu te visitait.’ »

Et notre chapitre se termine par l’épisode qui nous montre Jésus en train de chasser les marchands du Temple, comme en Mc 11, Mt 21 et Jn 2 : « Jésus entra dans le Temple, et se mit à expulser les marchands. Il leur déclarait : ‘L’Ecriture dit : Ma maison sera une maison de prière. Or vous, vous en avez fait une caverne de bandits.’ Il était chaque jour dans le Temple pour enseigner. Les chefs des prêtres et les scribes, ainsi que les notables, cherchaient à le faire mourir, mais ils ne trouvaient pas le moyen d’y arriver ; en effet, le peuple tout entier était suspendu à ses lèvres. » Pourquoi cette haine absurde contre Jésus ? Pourquoi l’humanité n’est-elle pas capable de reconnaître son Sauveur ? Il y a là tout le sens ou le non-sens de l’histoire de l’humanité dont l’Evangile nous apporte la clé…

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