Devant la nuit qui traverse toute l’humanité, l’Orient n’est-il pas aussi une source d’espoir capable de nous éclairer dans l’obscurité ? Nous sommes sûrs que l’Orient (ce fameux soleil levant symbole d’une aube nouvelle) peut aussi aider à trouver l’harmonie d’une relation renouvelée entre l’Orient et l’Occident qui apportera la sérénité et la paix au monde qui y croit encore.
Ce chapitre 5 de l’Evangile de Luc reprend de nombreuses pages de Marc et Matthieu, même si c’est dans des séquences différentes. On y retrouve ainsi des passages des chapitres 1 et 2 de Marc et des chapitres 4, 8 et 9 de Matthieu. Nous allons ici simplement les relire ensemble : l’Evangile est toujours l’Evangile dont on ne se lasse jamais…
Mais nous allons commencer par le début de notre chapitre qui est vraiment original : c’est le fameux épisode de la pêche miraculeuse duquel nous allons commenter de nouvelles « perles de la Parole » qui sont vraiment étonnantes.
« Un jour, Jésus se trouvait sur le bord du lac de Génésareth ; la foule se pressait autour de lui pour écouter la parole de Dieu. Il vit deux barques amarrées au bord du lac ; les pêcheurs en étaient descendus et lavaient leurs filets. Jésus monta dans une des barques qui appartenait à Simon, et lui demanda de s’éloigner un peu du rivage. Puis il s’assit et, de la barque, il enseignait la foule.
Quand il eut fini de parler, il dit à Simon : ‘Avance au large, et jetez les filets pour prendre du poisson.’ Simon lui répondit : ‘Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ; mais sur ton ordre, je vais jeter les filets.’ Ils le firent, et ils prirent une telle quantité de poissons que leurs filets se déchiraient. Ils firent signe à leurs compagnons de l’autre barque de venir les aider. Ceux-ci vinrent, et ils remplirent les deux barques, à tel point qu’elles enfonçaient.
A cette vue, Simon-Pierre tomba aux pieds de Jésus, en disant : ‘Seigneur, éloigne-toi de moi, car je suis un homme pécheur.’ L’effroi, en effet, l’avait saisi, lui et ceux qui étaient avec lui, devant la quantité de poissons qu’ils avaient prise ; et de même Jacques et Jean, fils de Zébédée, ses compagnons. Jésus dit à Simon : ‘Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras. »
En Marc et Matthieu, Jésus avait déjà dit à ses premiers disciples : « Je vous ferai pêcheurs d’hommes ». Mais le contexte était bien différent et Jésus n’était pas intervenu dans le travail des pêcheurs, il les avait seulement interpellés et appelés à le suivre.
« Alors ils ramenèrent les barques au rivage et, laissant tout ils le suivirent. »
A partir de là nous allons revivre, dans un ordre différent des épisodes que nous connaissons bien. A commencer par celui de la guérison du lépreux. « Jésus était dans une ville quand survint un homme couvert de lèpre ; celui-ci, en voyant Jésus, tomba la face contre terre et lui demanda : ‘Seigneur, si tu le veux, tu peux me purifier.’ Jésus étendit la main, le toucha et lui dit : ‘Je le veux, sois purifié.’ A l’instant même sa lèpre le quitta… » Comme pour une grande partie des miracles opérés par Jésus, on notera encore que Jésus tient à créer une relation de partenaire avec le malade avant de le guérir. Le but de Jésus est de faire entrer chaque homme dans une relation personnelle avec la Trinité qui est bien plus importante que la guérison elle-même.
« On parlait de lui de plus en plus. De grandes foules accouraient pour l’entendre et se faire guérir de leurs maladies. Mais il se retirait dans les endroits déserts, et il priait. Un jour que Jésus enseignait, il y avait dans l’assistance des pharisiens et des docteurs de la Loi, venus de tous les villages de Galilée et de Judée, ainsi que de Jérusalem ; et la puissance du Seigneur était à l’œuvre pour lui faire opérer des guérisons. »
Luc passe ici à l’épisode du paralytique que ses amis font entrer par le toit de la maison où se trouvait Jésus. « … ils le firent descendre avec sa civière en plein milieu devant Jésus. Voyant leur foi, il dit : ‘Tes péchés sont pardonnés.’ Les scribes et les pharisiens se mirent à penser : ‘Quel est cet homme qui dit des blasphèmes ? Qui donc peut pardonner les péchés, sinon Dieu seul ?... Eh bien ! pour que vous sachiez que le Fils de l’homme a sur terre le pouvoir de pardonner les péchés, je te l’ordonne, dit-il au paralysé : lève-toi, prends ta civière et retourne chez toi.’… Tous furent saisis de stupeur et ils rendaient gloire à Dieu. Remplis de crainte, ils se disaient : ‘Aujourd’hui, nous avons vu des choses extraordinaires !’ »
Puis nous arrivons à l’appel du publicain : « Après cela, il sortit et remarqua un publicain (collecteur d’impôts) du nom de Lévi assis à son bureau de publicain. Il lui dit : ‘Suis-moi.’ Abandonnant tout, l’homme se leva et se mit à le suivre. » Le conflit recommence alors avec les pharisiens et les scribes, lors du festin organisé par Lévi en l’honneur de Jésus : « ‘Pourquoi mangez-vous et buvez-vous avec les publicains et les pécheurs ?’ Jésus leur répondit : ‘Ce ne sont pas les gens en bonne santé qui ont besoin du médecin, mais les malades. Je suis venu appeler non pas les justes mais les pécheurs, pour qu’ils se convertissent.’ »
« On disait un jour à Jésus : ‘Les disciples de Jean jeûnent souvent et font des prières ; de même ceux des pharisiens. Au contraire, tes disciples mangent et boivent !’ Jésus leur dit : ‘Est-ce que vous pouvez faire jeûner les invités de la noce, pendant que l’Epoux est avec eux ? Mais un temps viendra où l’Epoux leur sera enlevé : ces jours-là ils jeûneront.’ » Quelle image saisissante que celle de l’Epoux : Jésus, Dieu, n’est pas seulement un partenaire pour chaque homme, il est l’Epoux de l’humanité et de chacun de nous. 2000 ans après la venue de Jésus sur terre, nous sommes encore loin d’avoir saisi la portée de telles paroles !
Et le chapitre se termine par une autre parabole bien connue : « Personne ne déchire un vêtement neuf pour le coudre sur un vieux vêtement. Autrement, on aura déchiré le neuf, et le morceau ajouté, qui vient du neuf, ne s’accordera pas avec le vieux. Et personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres : autrement le vin nouveau fera éclater les outres, il se répandra et les outres seront perdues. Mais il faut mettre le vin nouveau dans des outres neuves. Jamais celui qui a bu du vieux ne désire du nouveau. Car il dit : ‘C’est le vieux qui est bon.’ »
Le reste de l’Evangile de Luc sera là pour nous ouvrir à sa façon de nouveaux horizons sur le message et la vie de Jésus, pour que nous le laissions révolutionner complètement notre vie à nous au lieu de demeurer dans nos vieilles habitudes, qui ne sont peut-être pas mauvaises mais qui freinent tellement l’irruption de la grâce de la Trinité dans notre vie !