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Devant la nuit qui traverse toute l’humanité, l’Orient n’est-il pas aussi une source d’espoir capable de nous éclairer dans l’obscurité ? Nous sommes sûrs que l’Orient (ce fameux soleil levant symbole d’une aube nouvelle) peut aussi aider à trouver l’harmonie d’une relation renouvelée entre l’Orient et l’Occident qui apportera la sérénité et la paix au monde qui y croit encore.

Matthieu 16

Encore un chapitre extraordinaire, mais que nous connaissons déjà en grande partie depuis Marc et que nous allons de nouveau rencontrer en Luc…

On y trouve d’abord la discussion avec les pharisiens et les sadducéens qui réclament un signe, comme si Jésus n’en faisait pas assez. Puis Jésus qui demande à ses disciples de se méfier des pharisiens et des sadducéens justement. De là Jésus, continuant sa route dans la région de Césarée de Philippe, demande aux disciples ce que les gens pensent à son sujet et l’on trouve la réponse immédiate de Pierre qui reconnaît enfin publiquement que Jésus est le Messie. C’était un passage charnière de l’Evangile de Marc. Et c’est de nouveau un moment tellement important dans l’enseignement de Jésus en Matthieu, car à partir de là, il va commencer à parler de plus en plus clairement de sa passion qui approche et de ce qui est demandé à tout disciple qui veut le suivre sur la route de Dieu.

Matthieu, tout en ressemblant souvent à Marc et à Luc, y va tout de même comme souvent de sa profonde originalité. A propos des pharisiens et des sadducéens, pour commencer, voilà ce que Jésus déclare : « Quand vient le soir, vous dites : ‘Voici le beau temps, car le ciel est rouge.’ Et le matin, vous dites : ‘Aujourd’hui, il fera mauvais, car le ciel est d’un rouge menaçant.’ Ainsi l’aspect du ciel, vous savez l’interpréter ; mais pour les signes des temps, vous n’en êtes pas capables. Cette génération mauvaise et adultère réclame un signe, mais en fait de signe, il ne lui sera donné que celui de Jonas. » Tout le secret de l’Evangile est en jeu dans ces quelques phrases.

Puis, plus loin, c’est au tour des disciples d’être réprimandés : « ‘Hommes de peu de foi… comment ne voyez-vous pas que je ne parlais pas du pain ? Méfiez-vous du levain des pharisiens et des sadducéens’ Alors ils comprirent qu’il leur avait dit de se méfier non pas du levain pour le pain, mais de l’enseignement des pharisiens et des sadducéens. » Combien les disciples sont lents à comprendre, mais aurions-nous fait mieux à leur place ?

Et c’est tout de suite après qu’on en arrive à la fameuse confession de foi de Pierre. En Marc, Pierre avait dit : « Tu es le Messie ». Matthieu va plus loin et fait dire à Pierre : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant ! » Mais ce qui suit est étonnant : « Prenant la parole à son tour, Jésus lui déclara : ‘Heureux es-tu, Simon fils de Jonas : ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela mais mon Père qui est aux cieux. Et moi, je te déclare : Tu es Pierre, et sur cette Pierre je bâtirai mon Eglise ; et la puissance de la mort ne l’emportera pas sur elle. Je te donnerai les clés du Royaume des cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux.’ » Ce sont les premiers traits de l’Eglise du Christ qui se dessinent. Une Eglise qui est bien sûr le corps du Christ, mais où notre relation à Dieu va passer aussi par la médiation des hommes : une responsabilité qui donne le vertige et qui nous montre encore une fois combien Dieu a le courage incroyable de confier sa mission à l’homme…

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