Devant la nuit qui traverse toute l’humanité, l’Orient n’est-il pas aussi une source d’espoir capable de nous éclairer dans l’obscurité ? Nous sommes sûrs que l’Orient (ce fameux soleil levant symbole d’une aube nouvelle) peut aussi aider à trouver l’harmonie d’une relation renouvelée entre l’Orient et l’Occident qui apportera la sérénité et la paix au monde qui y croit encore.
Oui, nous continuons à avancer à petits pas dans l’immense Evangile de Matthieu. Et la passion de le suivre ne diminue pas, même lorsqu’il semble redire exactement la même chose que Marc ou Luc, comme dans une grande partie de ce chapitre.
On retrouve en effet ici, le tableau extraordinaire de la transfiguration, suivi de considérations sur le retour du prophète Elie, puis la guérison du jeune épileptique pour lequel les disciples de Jésus n’avaient rien pu faire et enfin la deuxième annonce de la passion et de la résurrection de Jésus. En Marc, c’était le chapitre 9. Chez Matthieu, nous en sommes déjà au chapitre 17 sur 28.
Jésus continue à préparer ses disciples, à les instruire, à les avertir, et à les rassurer en même temps. Combien d’amour et de patience dans ce Fils de Dieu qui a décidé avec le Père et l’Esprit de faire confiance à l’humanité ! On sait bien que tout cela ne sera pas suffisant pour empêcher le groupe des disciples d’éclater au moment de la persécution. Mais tous ces moments passés avec Jésus reviendront à leur esprit après la résurrection de Jésus et la descente de l’Esprit Saint à la Pentecôte. L’humanité est en train de pénétrer pour toujours dans le Royaume. Et nous avec elle…
Chaque évangéliste reste tout de même unique et original, et dans ce chapitre aussi, on va trouver des variations tellement riches aux textes de Marc et de Luc, dans lesquelles nous découvrirons encore de nouvelles « Perles de la Parole » qui nous feront rêver.
Marc avait déjà raconté comment Jésus avait emmené avec lui Pierre, Jacques et Jean « à l’écart sur une haute montagne ». « Et il fut transfiguré devant eux. » Et voilà que Matthieu ajoute ici : « Son visage devint brillant comme le soleil. » Le visage de Jésus que tous ses parents et amis de Nazareth avaient peut-être cru bien connaître pendant ses 30 ans d’humble vie cachée, comme n’importe quel jeune de son époque, voilà qu’il laisse entrevoir tout à coup sa véritable nature…
Pendant la transfiguration, Marc avait parlé de cette voix, venue de la nuée, qui disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le ! » Matthieu ajoute : «… mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis tout mon amour. » Un Dieu qui met « tout son amour », n’y a-t-il pas ici encore de quoi nous faire rêver ?
Et Matthieu ajoute encore d’autres détails à toute la scène : « Entendant cela les disciples tombèrent la face contre terre et furent saisis d’une grande frayeur. Jésus s’approcha, les toucha et leur dit : ‘Relevez-vous et n’ayez pas peur ! » Ce divin qui surprend, qui va jusqu’à faire peur et qui en même temps rassure et nous fait même entrer dans un univers de tendresse par lequel Dieu révèle son vrai visage, plus encore peut-être que par des miracles de toute-puissance…
Un peu plus loin, après la guérison du jeune épileptique, Jésus explique à ses disciples pourquoi ils n’avaient pas réussi tout seuls à expulser le démon qui possédait ce malade. Marc faisait dire simplement à Jésus : « Rien ne peut faire sortir cette espèce-là, sauf la prière. » Chez Matthieu, le discours de Jésus va beaucoup plus loin : « C’est parce que vous avez trop peu de foi. Amen, je vous le dis : si vous avez de la foi gros comme une graine de moutarde, vous direz à cette montagne :’Transporte-toi d’ici jusque là-bas’, et elle se transportera ; rien ne vous sera impossible. » Les horizons continuent à s’ouvrir devant nous…
A la deuxième annonce de la passion et de la résurrection de Jésus aux disciples, presque identique à celle de Marc, Matthieu ajoute seulement : « Et ils furent profondément attristés. » Quelle préparation pour ces disciples dans laquelle Jésus fait continuellement souffler le chaud et le froid pour de pauvres hommes comme nous, qui étaient tellement loin d’imaginer ce qui était réellement en jeu, mais que Dieu avait choisis pour nous ouvrir la porte de sa maison…
Le chapitre est presque fini, mais il va se terminer par une scène étonnante qui est unique ici en Matthieu et qui va nous pousser là encore à élargir nos pensées et nos cœurs. « Comme ils arrivaient à Capharnaüm, ceux qui perçoivent les deux drachmes pour le Temple vinrent trouver Pierre et lui dirent : ‘Votre maître paye bien les deux drachmes, n’est-ce pas ?’ Il répondit : ‘Oui’ Quand Pierre entra dans la maison, Jésus prit la parole le premier : ‘Simon, quel est ton avis ? Les rois de la terre, sur qui perçoivent-ils les taxes ou l’impôt ? Sur leurs fils ou sur les autres personnes ?’ Pierre lui répondit : ‘Sur les autres’. Et Jésus reprit :’Donc, les fils sont libres. Mais il faut éviter d’être pour les gens une occasion de chute : va donc jusqu’au lac, jette l’hameçon, et saisis le premier poisson qui mordra ; ouvre-lui la bouche, et tu y trouveras une pièce de quatre drachmes. Prends-la, tu la donneras pour toi et pour moi.’ »
Quelle leçon, à la fois de sagesse et de malice, de simplicité, d’humilité et de discrétion qui donne une idée de toute la vie de Jésus qui voyait toujours plus loin, mais qui ne faisait jamais rien peser sur ses interlocuteurs, qui respectait le rythme et la personnalité de chacun, attendant tout de même le moment de se révéler, après s’être sans doute retenu avec une infinie patience ! Nous voilà tout de même avec quelques belles « perles de la Parole » en perspective à commenter…