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Devant la nuit qui traverse toute l’humanité, l’Orient n’est-il pas aussi une source d’espoir capable de nous éclairer dans l’obscurité ? Nous sommes sûrs que l’Orient (ce fameux soleil levant symbole d’une aube nouvelle) peut aussi aider à trouver l’harmonie d’une relation renouvelée entre l’Orient et l’Occident qui apportera la sérénité et la paix au monde qui y croit encore.

Matthieu 22

Nous n’allons pas nous attarder beaucoup sur ce nouveau chapitre de Matthieu en préparation à la passion. Car on va y retrouver quatre discussions animées entre Jésus et ses adversaires à peu près telles que nous les avons déjà écoutées en Marc et que nous les verrons encore en Luc.

Ce sont d’abord les pharisiens qui veulent prendre en faute Jésus en lui demandant : « Est-il permis ou non de payer l’impôt à l’empereur ? » Et Jésus s’en sort admirablement avec cette phrase fameuse : « Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. » Matthieu conclut alors en disant : « A ces mots, ils furent tous étonnés. Ils le laissèrent donc et s’en allèrent. »

Puis c’est le tour des sadducéens de poser des questions à Jésus à propos de la résurrection à laquelle ils ne croient pas, avec l’histoire de cette femme qui a épousé l’un après l’autre sept frères : « A la résurrection, duquel des sept sera-telle l’épouse, puisqu’elle leur a appartenu à tous ? » Et Jésus de répondre : « Vous êtes dans l’erreur en méconnaissant les Ecritures, et la puissance de Dieu. A la résurrection, en effet, on ne se marie pas, mais on est comme les anges dans le ciel. » Et Jésus termine la discussion en affirmant : « Au sujet de la résurrection des morts, n’avez-vous pas lu ce que Dieu vous a dit : ‘Moi je suis le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, le Dieu de Jacob’ ? Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants. »

Les pharisiens reviennent ensuite à la charge en demandant à Jésus quel est le plus grand commandement. « Jésus répondit : ‘Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. Voilà le premier commandement.  Et voici le second, qui lui est semblable : ‘Tu aimeras ton prochain comme toi-même.’ » Et Matthieu termine par une phrase originale : « Tout ce qu’il y a dans l’Ecriture – dans la Loi et les Prophètes – dépend de ces deux commandements. »

Et Jésus contre-attaque pour finir, en posant lui-même une question : « Que pensez-vous au sujet du Messie ? De qui est-il le fils ? » « De David », répondent-ils. Et Jésus de leur expliquer que ce n’est pas possible : « Celui que David appelle Seigneur, comment peut-il être son fils ? » Matthieu finit ici encore par une phrase à lui, bien originale : « Personne ne pouvait lui répondre un mot et, à partir de ce jour-là, nul n’osa plus l’interroger. » Le fossé est définitif entre Jésus et ses adversaires. Aucune entente possible. On ne joue pas avec la vérité et personne ne peut enfermer la sagesse de Dieu dans des raisonnements trompeurs et hypocrites. Jésus va se déchaîner dans le chapitre suivant contre toute cette hypocrisie, préparant encore plus rapidement son procès et sa condamnation qu’on sent déjà tellement proches. On ne peut pas faire semblant d’être avec Dieu. La vérité n’est pas un jeu ou une comédie…

Mais avant tous ces épisodes déjà connus, il faut maintenant revenir au début du chapitre qui, lui, est totalement nouveau et absent de l’Evangile de Marc. Il s’agit de l’histoire du roi qui invite des convives aux noces de son fils. Luc reprendra la même histoire, mais en parlant simplement d’un homme et de ses invités. « Jésus se remit à parler en paraboles : ‘Le Royaume des cieux est comparable à un roi qui célébrait les noces de son fils. Il envoya ses serviteurs pour appeler à la noce les invités, mais ceux-ci ne voulaient pas venir. Il envoya encore d’autres serviteurs dire aux invités : ‘Voilà : mon repas est prêt, mes bœufs et mes bêtes grasses sont égorgés ; tout est prêt : venez au repas de noce’. Mais ils n’en tintent aucun compte et s’en allèrent, l’un à son champ, l’autre à son commerce ; les autres empoignèrent les serviteurs, les maltraitèrent et les tuèrent… »  On peut essayer de se demander ici comment Jésus devait se sentir lorsqu’il racontait cette parabole aux gens qui étaient justement en train de refuser son appel à le suivre et qui pensaient même déjà à le tuer. Mystère du mal présent dans le monde, qui préfère sa logique à la vie même de Dieu descendue du ciel pour nous par amour. Cela semble impossible !

Après avoir fait périr les meurtriers, le roi dit à ses serviteurs : « Le repas de noce est prêt, mais les invités n’en étaient pas dignes. Allez donc aux croisées des chemins : tous ceux que vous rencontrerez, invitez-les au repas de noce. » « Les serviteurs allèrent sur les chemins, rassemblèrent tous ceux qu’ils rencontrèrent, les mauvais comme les bons, et la salle de noce fut remplie de convives. » Cela fait réfléchir sur la grandeur d’âme de ce roi…

Et cet épisode se termine par l’histoire de cet homme qui ne portait pas le vêtement de noce et qui est jeté dehors pieds et poings liés « là où il y a des pleurs et des grincements de dents. » Et Jésus conclut en disant : « Certes la multitude des hommes est appelée, mais les élus sont peu nombreux. » La logique de Dieu restera toujours mystérieuse tant qu’on n’entre pas dans son amour. On ne peut la comprendre que de l’intérieur. Jésus aura encore quelques occasions d’éclaircir un peu plus son message, mais le temps sera court désormais. Il a déjà tellement dit depuis le discours sur la montagne et tellement fait avec tous ses miracles et pourtant la plupart de ses auditeurs n’en ont pas profité. Cela nous pose certainement des questions sur le sens de notre liberté d’homme, sur le but de la vie que Dieu nous a donnée comme un si grand cadeau et de laquelle nous faisons parfois n’importe quoi, comme des aveugles qui ont entre les mains le plus grand des trésors, mais qui ne le savent même pas…

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