• Naïveté?

    Nous voici de nouveau dans la rubrique « Provocations ».

    C’est que je me suis senti provoqué ces jours-ci, dans le bon sens du terme, par la remarque d’une lectrice que j’aime beaucoup mais qui m’a laissé un peu sur ma faim, et je sens qu’il faut creuser encore un peu plus pour se comprendre.

    J’avais publié de nouveau une ancienne phrase de mon blog qui disait : « Si le monde voulait se mettre d’accord pour la paix, les marchands d’armes feraient faillite, mais qui veut sincèrement la paix ? »

    Ce à quoi notre amie a répondu : « Quelques naïfs comme nous. »

    Je vous renvoie ici, si vous avez le temps, à mon article « Bonté et naïveté » du 6 février 2016 dans la rubrique « Batailles », pour faire avancer notre dialogue.

    Mais revenons à ce mot « naïf ». Si on ouvre le dictionnaire, le mot « naïf » n’est pas forcément péjoratif, comme on a souvent l’habitude de le prendre. Naïf veut dire aussi : naturel, spontané, sincère ou simple, qualités bien rares en ce monde. Mais c’est vrai que le plus souvent naïf veut dire, pour la plupart des gens : bête, benêt, bonasse, candide, crédule, dupe, inexpérimenté, ingénu, innocent (dans le sens de quelqu’un qui se laisse tromper par des gens plus rusés que lui).

    Oui, notre monde est difficile, terriblement difficile, et on doit être attentif à ne pas se laisser entraîner n’importe où, n’importe quand et n’importe comment. Mais je voudrais crier très fort ici que les véritables naïfs, ceux qui se laissent tromper sans réfléchir, sans aller vérifier, ce sont ceux qui croient que tout est négatif en ce monde et qu’il n’y a plus d’espoir. Et comme il n’y a plus d’espoir, que chacun s’arrange comme il peut, que chacun se débrouille pour trouver une place au soleil. La vie est courte et difficile. Qu’on essaye d’en profiter au maximum tant qu’on le peut. Et la mentalité de la société de consommation est le seul sens qui nous reste pour vivre au moins encore pour quelques temps un certain bonheur relatif…

    Tout cela est bien sûr une caricature trop rapide, mais dites-moi si ce n’est pas cette atmosphère qu’on respire en ouvrant la télévision ou en se laissant aller dans ce qu’on appelle maintenant les réseaux sociaux.

    Je crois qu’il y a là une immense tromperie, une tromperie orchestrée d’abord par ceux qui ont intérêt à ce que les hommes tombent maintenant dans ce piège, une minorité qui s’enrichit chaque jour sur le dos de l’égoïsme et de la médiocrité humaine. Et les véritables « naïfs », ce sont tous ces gens qui se laissent prendre par le courant de la société moderne tel qu’elle est devenue et qui sont désormais incapables, comme on dit, de voir plus loin que le bout de leur nez.

    Les gens naïfs, ce sont ceux qui croient à tous les mensonges véhiculés par les médias, qui pensent que la force et la puissance sont la solution aux problèmes, qui croient que la guerre est la seule possibilité de résoudre les conflits, qui pensent que l’amour et la paix sont pour les rêveurs et qu’il faut au contraire apprendre à être « réalistes » (un autre mot sur lequel j’aimerais revenir un jour !).

    Je crois que quand on choisit un jour dans sa vie de se battre pour un idéal au service de l’humanité, comme l’ont fait Gandhi ou Nelson Mandela, que nous citons souvent dans ce blog, on ne peut pas être naïf. On doit bien faire ses calculs avant de se lancer dans la bataille, sinon on se casserait la figure au premier tournant en étant la risée de ses voisins. Non, celui qui croit encore en la paix pour l’avenir de l’humanité c’est le seul que l’humanité ira supplier de le sauver le jour où tout espoir semblera définitivement perdu. Ce sera le seul qui pourra encore illuminer le tunnel noir de l’humanité quand toutes les lumières artificielles de la société de consommation se seront éteintes l’une après l’autre.

     

    Il y a encore beaucoup de gens qui croient en la bonté profonde ancrée au cœur de l’homme. Et je remercie tous ceux que j’ai rencontrés dans ma vie et qui m’ont ouvert les yeux sur cette immense vérité. Mais, de grâce, soyons fiers de nos idéaux, n’ayons pas honte de vouloir le bien de l’homme, de tout homme et de toute femme qui croisent notre chemin. C’est le seul sens positif qu’on peut encore trouver à la vie. Tandis que si nous avons honte de cette lumière que nous avons trouvée, comment convaincre nos compagnons de voyage que tout n’est pas définitivement bouché devant nous et que l’homme, un jour ou l’autre, reprendra le chemin de la paix s’il ne veut pas que toute l’humanité finisse dans un grand suicide collectif ?


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  • Commentaires

    1
    Hayat
    Samedi 3 Juin à 14:35
    Oui , la bonté prifonde est ancrée au coeur de l'homme ! J'y crois profondément !
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