• Au bout de soi-même

    Combien de gens autour de nous se plaignent de leur vie triste ou médiocre. Ils auraient peut-être tous les talents, tous les ingrédients pour vivre une aventure pleine de saveur et de passion et ils sont là à se morfondre. Nous-mêmes ne sommes nous pas souvent entrainés par ce courant négatif? Pourquoi nous contenter d'une vie à moitié, alors que nous pourrions nous entraider à aller finalement au bout de nous-mêmes?

  • J’avais écrit un jour sur Facebook : « Chaque fois que je coupe une relation, c’est comme si j’interdisais à mon cœur de battre. » Une de mes meilleures lectrices répondait : « Et si la relation était venimeuse ? » Et une autre : « Parfois les circonstances obligent. » Je comprends bien ces réactions sincères et je les remercie, car elles me poussent à mieux m’expliquer.

    D’abord notre cœur, qu’il soit physique ou dans le sens de cette source d’amour qui brûle en nous, est fait pour battre du matin au soir jusqu’à notre dernier souffle. Il est dangereux de laisser le cœur s’arrêter, cela pourrait avoir pour nous de graves conséquences. Alors que faire lorsque justement les circonstances sont trop difficiles, lorsque nous nous trouvons devant des personnes qui nous font du mal ?

    Bien sûr que si quelqu’un me cherche pour me tuer, je vais me cacher et fuir. Bien sûr que si quelqu’un veut me donner des coups réels ou psychologiques, je vais au moins essayer de les éviter, c’est bien naturel. On ne peut pas répondre directement au mal, sinon on risquerait de tomber dans son piège et de nous laisser entraîner nous aussi à faire du mal à notre tour à l’autre…

    Ce que je veux dire, c’est que « couper » en moi la relation va me faire beaucoup de mal à moi-même avant d’en faire à l’autre. Je parle évidemment de personnes avec qui il y a au départ une relation, plus ou moins bonne ou difficile, mais de personnes avec qui nous parlons habituellement, de notre famille, de notre milieu de travail ou ailleurs. Si tout à coup la relation se détériore, si l’autre lui-même « coupe » cette relation, je ne vais surtout pas me venger en la coupant moi aussi, ce serait me dessécher pour toujours. Mais que dois-je faire ?

    D’abord garder bien au chaud cette relation dans mon cœur. Ce qui veut dire penser à l’autre, prier pour lui, essayer de comprendre ce qui se passe. Quand je fais l’effort de me mettre à la place de l’autre, de lui chercher des circonstances atténuantes, des raisons personnelles qu’il a de me traiter de travers, je vois bien vite que la paix revient en moi, après peut-être un moment de mauvaise surprise ou même de colère.

    Souvent les problèmes s’arrêtent là, car il s’agit peut-être d’un simple malentendu. Mais parfois il y a des raisons plus sérieuses, l’autre est peut-être blessé, pas forcément par moi, mais par des problèmes personnels qu’il ne parvient plus à affronter. Si j’arrive à découvrir en moi une seule petite raison, une seule petite attitude de ma part qui aurait pu lui faire du mal, je peux toujours avoir la simplicité de m’excuser et cela touche presque toujours le cœur de l’autre. Mais si je n’ai vraiment rien à me reprocher, alors je n’ai qu’à attendre qu’une occasion se présente pour guérir cette relation malade. Combien l’autre sera touché de voir que je l’attends toujours malgré ce qu’il m’a fait…

    Je ne parle pas ici de cas extrêmes ou pathologiques. Ce serait un autre sujet. Mais dans ces cas extrêmes, je dois surtout essayer de comprendre et de pardonner dans mon cœur, car je ne sais pas ce que vit l’autre. Ce qui est sûr c’est que je dois veiller à ne jamais laisser entrer dans mon cœur des sentiments de haine qui me feraient plus de mal à moi qu’à l’autre. Mais il faut être sûr d’une chose, c’est qu’au fond de moi je serai toujours libre de ne jamais « couper » une relation, même si je n’ai plus l’occasion de le dire à cette personne. Penser que certaines circonstances m’empêchent de garder mon cœur ouvert à l’autre, c’est m’ôter moi-même la liberté d’aimer. Et cette liberté, personne ne pourra me l’enlever, si j’ai la volonté de ne pas me décourager. Mais pour conserver cette liberté, il est aussi important de ne pas être seul. Ce sont les belles relations avec des amis qui nous aiment et qui nous comprennent, qui nous donneront le courage de garder notre cœur ouvert quoi qu’il arrive. Et cela apporte finalement un tel bonheur !


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  • J’ai publié récemment une phrase qui disait : « Donner, c’est libérer enfin l’amour qui restait coincé au fond de notre cœur ! » Une amie me répond : « Comment peut-on donner si on a envie de donner, mais qu’on se retrouve à nouveau cœur solitaire ? Je pense qu’on peut bien entendu donner aux proches, aux amis… Mais il ne s’agit pas de la même chose. Et puis il y a la peur de donner et d’être trahie à nouveau… »

    C’est vrai, ce n’est sûrement pas la première critique que je reçois à ce sujet. Et je le comprends d’autant plus que moi le premier j’ai vécu toute une partie de ma vie avec la peur de donner et de me donner. Mais je voudrais répondre à cette amie et à tous ceux qui pensent comme elle qu’il y a ici un grand malentendu.

    Ce n’est pas tellement de donner que nous avons peur, mais de vivre tout simplement. Et celui qui a peur de vivre n’en a en général aucune faute. Car nous sommes tous quelque part les victimes d’une société qui n’arrête pas de nous faire mal, de nous obliger à rester sages dans notre coin pour ne pas nous faire remarquer et être ensuite encore plus maltraités et obligés à la fin de nous résigner à une vie médiocre où on essaye seulement de souffrir le moins possible avec quelques petites joies de temps en temps…

    Non, je ne me résignerai jamais à une vision pareille. Car je suis trop convaincu par de longues expériences positives que de vrais amis m’ont aidé à faire au cours de ma vie, que vivre c’est donner. Ce n’est pas une option parmi d’autres, c’est une question de vie ou de mort de notre personnalité, de notre identité. Nous sommes nés pour cela. Comme le cœur a été créé pour battre sans cesse et faire continuellement circuler le sang dans nos veines, sous peine de mort instantanée de notre corps tout entier s’il lui prenait envie de se reposer même quelques secondes, ainsi nous avons été créés pour donner et nous donner.

    Mais entendons-nous. Il ne s’agit évidemment pas de donner n’importe quoi à n’importe qui et à n’importe quel moment ou dans n’importe quelle condition. Il y a toute une sagesse dans l’art de donner et de se donner. C’est d’abord une attitude de base de l’intelligence et du cœur qui se développe, si on la laisse faire au fil des ans, et dont on ne peut plus se passer. Tout change peu à peu en moi quand la première question que je me pose en me réveillant le matin est de me dire : à qui je pourrai donner ou me donner aujourd’hui ? Qui je pourrai contacter pour lui demander des nouvelles ? Avec qui je pourrai partager ? Qui je pourrai aider ? Qui je pourrai visiter (quand le confinement sera terminé !!) ?

    L’âme de la vie, c’est accueillir l’autre de tout mon cœur et lui donner tout ce que je peux. C’est valable en famille comme c’est valable au travail. L’enseignant avec ses élèves, le médecin avec ses patients, le commerçant avec ses clients, l’employé avec les personnes qui se présentent à son guichet. Car vouloir donner seulement à certaines personnes, celles avec qui c’est facile, c’est l’assurance que tout va peu à peu se dessécher en moi et arrivera le jour où je ne saurai même plus donner aux personnes « faciles ».

    Bien sûr, donner sera toujours un risque. Celui en particulier d’être trahi, comme le dit notre amie. C’est un risque réel. Mais quand nous avons peu à peu créé autour de nous tout un courant de solidarité et de générosité, alors le risque devient de moins en moins fort, ou plutôt il se dilue complètement dans la foule de toutes les personnes avec lesquelles le don est devenu peu à peu réciproque et non plus dans le seul sens où c’est toujours moi qui donne et qui « me fais avoir » à la fin.

    Si je suis dans une relation de donation avec quatre personnes et que deux d’entre elles me trahissent, il y a évidemment de quoi me décourager pour toujours. Mais si les personnes avec lesquelles je vis finalement cette réciprocité de l’accueil et du don sont 200 ou plus, les deux personnes qui me trahissent encore ne vont plus beaucoup me toucher, simplement parce que je n’ai plus le temps de trop penser à elles. Ou, quand j’y pense, je peux même les remercier parce que souvent on se crée des problèmes en donnant de manière maladroite, en pensant à soi-même plus qu’au bien de l’autre, et on a toujours des progrès à faire dans l’art de donner de manière désintéressée…

    Tout cela est dit de manière bien trop rapide, je le sais. Je ne voudrais pas effrayer non plus quelqu’un qui n’a pas un cercle d’amis très large. Moi, c’était pire encore : quand j’étais jeune, je n’avais pas du tout d’ami véritable et je me sens en quelque sorte miraculé de pouvoir donner aujourd’hui ce témoignage. Et puis personne ne doit se comparer à personne. Chacun doit inventer sa manière de donner selon son caractère et ses talents qui sont toujours uniques. Et ce n’est pas non plus une question de nombre de personnes à qui je peux donner, mais de qualité du don… On ne peut pas tout dire sur un tel sujet en quelques lignes de l’article d’un blog. Mais je pense que c’est une base de départ pour un dialogue clair que je serais heureux de continuer avec mes lecteurs à la première occasion.


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  • Je crois que c’est une question vitale pour chaque être humain. Je ne vais pas parler aujourd’hui de la paix entre les gens ou entre les peuples : ce serait un sujet également tellement important, mais nous y reviendrons en d’autres occasions. Je voudrais me pencher cette fois-ci sur la paix intérieure que chacun de nous sent ou ne sent pas au fond de son esprit ou de son cœur.

    Je pense qu’un homme ne peut pas vivre s’il n’a pas fait l’expérience, au moins par moments, de ce que veut dire ressentir en soi-même la paix, l’harmonie, la sérénité et tout ce qui en découle, la joie, le bonheur, la confiance, l’espoir, l’optimisme, tous les sentiments positifs que nous connaissons bien depuis notre enfance, si nous avons eu une enfance plus ou moins normale.

    Je n’ai évidemment pas la place ici de parler de ces personnes qui n’ont pas pu connaître la paix en eux-mêmes et qui sont donc foncièrement malades, psychologiquement, psychiquement et souvent en même temps physiquement. Je m’en tiendrais aux personnes comme nous, comme moi qui vous écris, comme vous qui me lisez et qui dialoguez avec moi sur tous ces sujets qui nous aident à construire notre personnalité.

    Chacun de nous a ses blessures, ses traumatismes, que ce soit à cause des problèmes de son enfance, ou de toutes sortes de conflits, avec soi-même ou avec les autres, par lesquels tout le monde passe un jour ou l’autre.

    Mais je voudrais réagir ici à une phrase que j’entends souvent autour de moi, parfois même de personnes qui me sont très chères et qui me disent : « J’ai perdu la paix et je ne sais plus comment faire pour la retrouver. » Il y a là un cri de douleur, un appel au secours, qui ne peut pas nous laisser indifférents. Souvent nous nous sentons impuissants devant de tels sentiments.

    Il ne s’agit évidemment pas de juger des personnes qui passent par de tels moments d’angoisse ou de dépression. Il est bien difficile d’entrer dans la conscience de l’autre et de comprendre ce qui l’a poussé à en arriver là. Il ne s’agit pas non plus de faire de beaux discours utopiques qui risquent d’avoir des effets négatifs. Car essayer de consoler l’autre en lui disant des phrases du genre : « Ne t’inquiète pas, ça va passer, la paix reviendra », peut amener l’autre à se sentir encore plus seul et à penser qu’on ne le comprendra jamais.

    Alors, vouloir aider l’autre à retrouver la paix serait une entreprise vouée à l’échec au départ ? Non, je ne pourrais jamais penser par principe que ces personnes que j’aime sont condamnées pour toujours à pourrir dans leur brouillard ou leurs ténèbres.

    Je voudrais simplement tenter de dire une vérité qui me saute aux yeux. C’est que la paix en soi existe toujours quelque part. Si je n’avais pas un minimum de paix et d’harmonie au fond de moi, ma vie deviendrait absurde et c’est bien pour cela que certaines personnes en arrivent à se suicider. Et ce qui aurait pu justement les empêcher de laisser le désespoir avoir le dernier mot, c’est cette conviction qui devient pour moi de plus en plus forte avec l’âge.

    Et quelle conviction ? C’est justement que la paix existe toujours. Mais la paix n’est pas toujours visible ou palpable et c’est là le drame. Car la paix est comme le soleil. Quel que soit le temps, ou la saison, ou l’heure du jour ou de la nuit, chacun sait bien que le soleil existe, qu’il est là, peut-être caché, mais qu’il reviendra vite. Les nuages ne peuvent pas me cacher indéfiniment le soleil. A un moment ou à un autre, le soleil va crever les nuages, provoquer une forte pluie qui va finalement les dissoudre. La nuit va finir, l’hiver va laisser la place au printemps…

    Alors quand je pense avoir perdu la paix, je devrais m’arrêter et me concentrer sur elle. Me demander quand est-ce que je l’ai ressentie pour la dernière fois. Essayer de comprendre ce qui s’est passé. Ne pas ruminer des idées noires tout seul dans mon coin. Me retrouver avec des amis, des gens que j’aime et qui m’aiment, et partager avec eux les expériences positives ou négatives que nous avons tous connues à propos de la paix. Et ensemble sortir vers le soleil… Facile à dire en une page de blog, mais nous reviendrons encore sur ce sujet.

     

     


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  • Mais oui, c’est une des plus grosses critiques que je reçois depuis quelques années, surtout depuis que je me suis lancé dans l’aventure de ce blog. C’est bien d’encourager les gens, de leur donner un peu d’espoir, mais il ne faut pas exagérer tout de même, il faut bien voir la triste réalité en face, si on ne veut pas rester complètement dans les nuages… « Toi, tu vois toujours le positif, mais il y a beaucoup de négatif dans ce monde… »

    Alors que faut-il penser ? Sommes-nous vraiment condamnés à passer toute notre vie avec des idées noires, écrasés par des soucis et des peurs de toutes sortes ?...

    Je vais essayer de vous dire ce que je pense, du fond du cœur. Je pense qu’en effet « il y a beaucoup de négatif dans ce monde. » Il n’y a même pas à en discuter. Le négatif nous envahit de partout, toute la journée. Le monde va mal et ce n’est pas la pandémie du coronavirus qui a changé grand-chose à ce problème. Il y a trop de gens qui souffrent, et en général tellement injustement, à cause de l’égoïsme ou de la méchanceté des autres. La politique mondiale et son économie sont au bord du précipice. Notre terre est de plus en plus malade. Et chacun de nous pourrait continuer cette sombre liste de tous les maux qui nous accablent ou qui nous menacent…

    Mais c’est ici que je voudrais me révolter. Crier bien fort que tout cela n’a rien à voir avec l’optimisme ou le pessimisme. Ceux qui me connaissent personnellement savent bien que je viens d’une famille qui était pleine de problèmes, que je suis quelqu’un d’angoissé à la base, rempli de peurs pour la vie, toujours inquiet dans mes relations avec les autres.

    Et pourtant, à un certain moment donné de ma vie, j’ai rencontré des gens merveilleux qui ont bouleversé tous mes horizons, mes pensées, ma manière de regarder le monde et les hommes. Et j’ai appris à devenir positif et optimiste.

    Un tour de magie ou de prestidigitation ? Pour fuir la réalité et me réfugier dans des utopies ridicules desquelles un jour ou l’autre je finirai par me réveiller ? C’est peut-être ce que certains pensent de moi ou de ces amis qui ont illuminé ma vie.

    La clé de tout cela, c’est la découverte lumineuse que l’optimisme ou le pessimisme n’ont rien à voir avec les statistiques sur le positif ou le négatif. On pourra s’amuser à dire, selon les humeurs du moment, qu’il y a dans le monde 20% de positif et 80% de négatif ou le contraire, cela ne changera rien à la réalité.

    La « réalité » n’est pas une question de jugement subjectif ou objectif ou de statistiques sur les malheurs ou les espoirs de l’humanité. La réalité, c’est que le positif existe en lui-même indépendamment du négatif. On pourra appeler Dieu ce positif, si l’on est croyant, ou tout simplement la vie, l’énergie cachée en chacun de nous et dans tout l’univers, là encore le positif ne dépend pas même de nos croyances.

    Chacun de nous porte en soi une source de positif sur laquelle il peut se brancher le matin à son réveil et avec laquelle il peut lutter toute la journée pour que ce positif avance. Et personne ne pourra m’empêcher de faire avancer ce positif dans mon cœur et dans mon esprit si j’ai décidé un jour d’en faire la base de ma vie, en toute liberté.

    Le négatif arrivera peut-être aussi du matin au soir, il me poussera à être encore plus positif, car nous avons tous expérimenté un jour que c’est au moment des drames ou des catastrophes que les hommes sont parfois capables des plus beaux élans de solidarité.

    Le positif et l’optimisme sont un choix de vie, pas pour juger maintenant ceux que nous rencontrons chaque jour et qui ont toujours des idées noires, ou pour nous sentir meilleurs que les autres, ce serait tellement stupide, mais au contraire pour les entourer d’attentions, de compassion, de proximité, pour leur faire partager la lumière que nous avons eu la chance de découvrir à un certain moment de notre vie. Tant qu’il y aura des hommes capables de faire ce choix, l’humanité pourra continuer à espérer, quels que soient les problèmes qui lui tombent dessus…

     


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  • Je suis tombé récemment sur une phrase, publiée sur Facebook par une de mes meilleures amies, et qui m’a fait beaucoup réfléchir. Et j’ai eu envie de partager avec vous ces réflexions.

    Cette phrase, prise sans doute dans un de ces beaux sites que l’on trouve sur les réseaux sociaux, disait simplement : « Parfois, il faut accepter que les choses ne soient plus jamais comme avant. La vie continue… ! »

    En un sens, c’est une évidence. Le temps passe dans notre vie et ne revient jamais sur le passé. Ce qui est passé ne se répétera plus jamais. Nous aurons de nouveaux moments qui ressembleront peut-être aux précédents, mais ce sera toujours autre chose.

    Ce qui m’a gêné un peu dans cette phrase, c’est qu’on peut l’interpréter aussi bien de façon négative que de façon positive et cela peut nous faire du bien comme du mal.

    Je peux me dire que c’est beau d’accepter les vagues de la vie et de nous laisser porter par elles vers des horizons toujours nouveaux, comme dans une belle aventure qui nous offre sans cesse de nouvelles surprises, jamais monotones, et qui nous font dire que cette vie est tellement passionnante.

    Mais je peux me dire aussi que les beaux moments que j’ai vécus ne pourront malheureusement plus se répéter. Et cela devient encore plus douloureux quand on pense à des êtres chers que l’on a « perdus ». La vie peut en être complètement bouleversée.

    Alors que faire ? Est-ce une question de chance ? Il y aurait des gens qui sont plus heureux que d’autres parce qu’ils n’ont pas eu certains malheurs dans leur vie, qui leur donnent pour toujours un sentiment de profonde tristesse ?

    Il y a en moi quelque chose qui se révolte quand on en arrive à de telles conclusions. Il en va du sens du mot « accepter » qui peut lui aussi être pris dans un sens éminemment positif : se laisser faire et se laisser aimer tout simplement par la vie telle qu’elle se présente. Ou bien se résigner au fait que la vie est quelque part bien triste, qu’il ne sert à rien de se plaindre sans cesse de ce qui nous arrive, car on ne peut pas changer ce destin qui nous est tombé dessus.

    Je sais qu’il est des blessures qui laisseront en nous toujours des cicatrices. Mais les cicatrices ne sont pas toujours négatives. On peut porter avec fierté les cicatrices d’épreuves passées qui ont changé notre vie, qui nous ont fait mûrir, qui nous ont donné une sensibilité nouvelle pour comprendre la souffrance des gens. Les personnes les plus merveilleuses que j’ai rencontrées au cours de ma vie et qui ont illuminé mon chemin, ont toujours été des gens qui avaient connu, à un certain moment de leur vie, et parfois même durant presque toute leur vie, comme certaines personnes handicapées, de grandes souffrances.

    Il y a là un mystère qu’on ne pourra peut-être jamais comprendre véritablement sur cette terre. Mais il n’est pas nécessaire de tout comprendre pour être heureux, il est nécessaire d’aimer et d’être aimé. Si je parviens peu à peu à transformer le vide ressenti, par ce passé qui me manque tellement, en une nouvelle opportunité de créer du positif et de l’espoir autour de moi, je verrai tôt ou tard ce positif et cet espoir me changer la vie et les idées, comme un surprenant et merveilleux boomerang. Et je découvrirai alors le miracle de voir refleurir en moi ce passé qui me semblait disparu pour toujours comme le sel nouveau d’un présent inattendu que je peux maintenant recréer en moi et avec toutes les personnes que j’aime. Un vide qui redevient plein comme par miracle. Il faut l’expérimenter pour y croire, mais ce n’est pas une illusion…


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