• Au bout de soi-même

    Combien de gens autour de nous se plaignent de leur vie triste ou médiocre. Ils auraient peut-être tous les talents, tous les ingrédients pour vivre une aventure pleine de saveur et de passion et ils sont là à se morfondre. Nous-mêmes ne sommes nous pas souvent entrainés par ce courant négatif? Pourquoi nous contenter d'une vie à moitié, alors que nous pourrions nous entraider à aller finalement au bout de nous-mêmes?

  • Pour continuer notre beau dialogue sur la confiance, j’aimerais commenter la réaction d’une de mes meilleures lectrices qui nous dit : « Dans notre monde actuel, il est difficile d’avoir confiance. »

    Je voudrais d’abord dire que notre amie a tout à fait raison. Notre monde actuel est difficile, avec la crise de la globalisation, la corruption, les injustices de toutes sortes, les guerres qui n’en finissent pas, la mondialisation du mensonge, la loi du plus fort, et chacun pourrait ajouter à cette liste tellement d’autres réalités négatives qu’on n’en finirait jamais…

    Cela dit, le monde passé était-il plus digne de confiance ? La domination de l’empire romain, l’obscurantisme du Moyen Age, l’époque de la révolution française ou celle des guerres mondiales, pour ne citer que quelques exemples, poussaient-elles à avoir une grande confiance en l’humanité ?

    Je pense avoir déjà dit que la confiance, comme la foi, n’est pas à confondre avec l’assurance ou la sécurité. Dans notre monde moderne qui cherche à tout sécuriser comme si on pouvait un jour vivre sans risque, la confiance ne pourra jamais être un refuge pour se mettre à l’abri de tout ce qui nous fait peur dans nos relations entre personnes ou entre peuples…

    La confiance est d’abord un choix de vie, un chemin ardu que je décide un jour ou l’autre de parcourir, même si tout le monde autour de moi me semble hostile. Car la confiance est comme l’amour, c’est une réalité que je trouve au fond de mon cœur comme un cadeau qui m’a été fait à la naissance et que je peux utiliser ou rejeter en toute liberté.

    Personne ne peut m’empêcher de faire confiance aux frères et sœurs en humanité qui partagent avec moi la route de la vie. Car la confiance est l’expérience d’une petite semence bien fragile au départ mais qui peut donner des fruits absolument incroyables et disproportionnés avec le pauvre effort initial. La confiance dépend d’abord de moi-même, puis de toutes les personnes que je vais rencontrer en chemin et qui vont faire le même choix que moi. Gandhi, Nelson Mandela ou Mère Teresa ont fait confiance quelque part à l’humanité et leur confiance a provoqué une véritable révolution positive. Mais pour cela ils ont risqué leur vie sans compromis, au-delà de la peur qu’ils devaient certainement ressentir bien des fois devant les forces du mal qui semblent parfois régner sur le monde.

    La confiance ne dépend donc pas du monde qui nous entoure, elle dépend de ce que nous voulons faire de notre vie. La confiance est liée à cette relation d’amour, de solidarité et de collaboration que nous pouvons construire en toute liberté avec les hommes de bonne volonté qui sont si nombreux autour de nous si nous sommes un peu attentifs. Le reste importe peu. Les résultats, les succès ou les échecs sont simplement la règle du jeu de l’aventure de la confiance, des occasions de nous donner encore plus de tout notre cœur quand nous nous rendons compte qu’ainsi notre vie prend un sens tellement plus beau et plus profond. Mais si la confiance est belle, il est évident qu’elle ne sera jamais facile à vivre…


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  • Le but de la vie, c’est la vie ! Oui, tout simplement. Le but de la vie ne peut finalement pas être autre chose que la vie elle-même qui coule dans nos veines, qui nous fait traverser le temps et l’espace, qui nous entraîne toujours vers l’avant et qui ne nous abandonne jamais quelles que soient les circonstances…

    On pourra demander au monde entier quel est le but de la vie : nous aurons sans doute des millions et des millions de réponses différentes selon l’expérience et le caractère de chacun, mais en fin de compte nous verrons que tout part de la vie et conduit à la vie.

    Comme nous l’avons dit peut-être souvent, le plus simple c’est d’attendre cette vie chaque jour comme le plus grand des cadeaux, de l’accueillir comme on reçoit la personne qu’on aime le plus au monde, de lui laisser toute la place et de l’aider à grandir et à respirer à pleins poumons. Et quand cette vie commence à déborder en nous, le secret est de la laisser se déverser sur les autres, sur ceux qu’on aime et sur ceux qu’on a peut-être bien du mal à aimer. Car la vie n’est pas faite pour être enfermée dans un coffre-fort ou dans une prison, ce serait le début de la mort. Elle est faite pour continuer à couler, à se donner, à rayonner. La vie n’est pas faite pour être conservée pour nous, mais pour être tout de suite partagée avec tous les gens que nous rencontrons. Et plus nous la partageons, plus elle revient nous inonder de nouveau de tous ses bienfaits.

    Tout le reste n’a au fond pas grande importance. Si les circonstances de la vie sont parfois tellement difficiles, il est bon de se rappeler que la vie est toujours là. La souffrance fait mal, mais elle est en même temps un signe que la vie est bien là et qu’il y a toujours de l’espoir. Et quand la mort s’approchera un jour, pour chacun d’entre nous, rappelons-nous que cette mort qui vient est encore une phase de la vie que nous pouvons accueillir et donner…

     

     


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  • Cette belle phrase est une citation de l’Abbé Pierre, cet homme extraordinaire qui s’est battu toute sa vie pour les plus faibles, les plus pauvres, les plus démunis…

    Il est déjà important de se placer avec beaucoup d’humilité devant l’amour. Personne ne pourra jamais se vanter d’être un expert ou un spécialiste de l’amour, car chaque jour, avec la meilleure volonté du monde, nous n’arrêtons pas de faire des gaffes et d’être maladroits dans l’expression ou la concrétisation de notre amour.

    L’amour qui a marché hier de telle ou telle façon sera peut-être un échec si nous recommençons de la même manière mais dans d’autres circonstances ou avec d’autres personnes, car l’amour doit être unique pour chacun et pour chaque instant, il ne se répète jamais. Devons-nous alors nous décourager et nous contenter d’un amour superficiel qui essaye seulement de respecter l’autre et de ne pas trop le déranger ?

    Non, l’amour qui entre dans le cœur de l’autre est tellement beau et tellement fort que rien au monde ne pourra le remplacer. Mais il est si délicat et difficile que bien des gens n’y croient plus après tellement d’expériences négatives.

    Alors que faire ? Et où et auprès de qui « apprendre à aimer » ? On voit bien des gens qui savent s’y prendre mieux que nous, cela peut peut-être nous aider, nous empêcher de tomber dans un amour faux ou superficiel, mais l’amour ne s’imite pas de l’extérieur et personne ne sera jamais capable de nous l’enseigner vraiment…

    Car le seul qui soit habilité à nous enseigner l’amour, c’est l’amour lui-même. Et là est la plus grande surprise : c’est que cet amour est à la fois en nous et dans les personnes que nous aimons et qui nous aiment. Aimer, ce sera donc oublier le passé, qu’il ait été réussi ou malheureux, et nous jeter dans l’aventure du moment en faisant confiance à cet amour qui a commencé à brûler au fond de nous. La pire des choses, c’est d’être méfiant avec l’amour parce que nous avons eu peut-être jusqu’ici tellement d’expériences négatives. Mais c’est sans doute que nous n’avons pas osé aimer de tout notre cœur, nous avons donné à l’autre des miettes de nous-mêmes et l’autre est parti immensément déçu.

    Mais l’autre partie de la surprise, c’est quand nous faisons confiance, non pas seulement à l’amour que nous découvrons dans notre cœur, mais aussi à l’amour hésitant et timide que l’autre essaye de nous offrir, avec la peur que nous ne sachions pas l’accepter. Alors quelle libération, quelle joie quand nous faisons respirer l’amour de l’autre qui commence à sortir de son tunnel et qui vient nous aider à ouvrir la porte de notre propre tunnel ! L’amour ne peut finalement que s’apprendre mutuellement dans la réciprocité de la découverte, car il va nous faire tous sortir en même temps de nous-mêmes. Et à ce moment-là il n’y aura personne des deux ou des trois ou de tout un groupe de personnes essayant de s’aimer, qui tombera dans le piège de vouloir dominer les autres. Car l’amour ne domine jamais, il ne possède jamais, il est là seulement pour aider l’autre à voler et à ne plus jamais retourner en arrière…


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  • J’ai beaucoup aimé, récemment, cette phrase du grand écrivain Marcel Pagnol, qui m’est tombée sous les yeux : « Celui qui est capable de ressentir la passion, c’est qu’il peut l’inspirer. »

    Pour ne pas nous compliquer la tâche, nous allons prendre le mot « passion » dans son sens le plus ordinaire, de sentiment qui vous prend entièrement, cœur, esprit et volonté. Le sentiment de quelqu’un que l’on dit justement « passionné » par ce qu’il fait, par ce qu’il cherche, par ce qui lui tient le plus à cœur.

    Vous ne trouvez pas que dans l’éducation traditionnelle à l’école ou à l’université, il n’y a pas beaucoup de place pour les sentiments et les passions ? Comme si toute la préoccupation des enseignants était de remplir l’intelligence de nos enfants ou de nos jeunes d’informations, de raisonnements, d’idées, de techniques de pensées et de savoir qui pourront en principe leur servir dans la vie adulte. Et l’on s’étonne ensuite que ces jeunes vont chercher le bonheur ailleurs…

    Il y a bien des moments dans l’éducation, comme les heures consacrées au sport ou aux activités artistiques qui semblent toucher un peu plus les élèves, mais en fin de compte il n’y a pas beaucoup de passion dans tout cela. Et voilà notre jeune homme ou notre jeune femme qui se lance dans la vie adulte avec l’idée que la passion, c’est un rêve irréalisable, ou bien c’est pour les activités du week-end ou pour les vacances. Et la vie s’écoule ainsi, plus ou moins monotone, jusqu’au jour où l’on souhaite l’arrivée de la retraite pour pouvoir faire enfin ce qui nous passionne, sans autre préoccupation…

    Tout cela est bien sûr une caricature, mais dites-moi combien connaissez-vous vraiment de personnes passionnées autour de vous ? Moi, je vous avoue que le jour où j’ai décidé de me lancer dans l’aventure de ce blog, c’est devenu presque tout de suite pour moi une immense passion. Ce n’est pas le blog en lui-même qui m’intéresse : ce n’est là qu’un moyen formidable entre mes mains pour partager mon idéal de vie. Mais c’est certainement un des meilleurs instruments que j’aie trouvé d’entamer un dialogue sur le bonheur avec le plus de personnes possible.

    Car c’est cela qui fait ma passion véritable : chercher ensemble le bonheur, surtout là où il semblerait le plus difficile à trouver, et le proposer aux gens qui vivent avec moi ou à ceux que je rencontre au hasard du chemin. Chercher des gens qui sont passionnés comme moi par le désir de faire grandir l’humanité vers une culture de l’accueil et du don qui pourrait tout changer. Me battre pour que l’économie ne soit plus basée sur la richesse facile, comme celle de la vente des armes, mais sur le partage des biens et des talents. Donner ma vie pour que les peuples qui n’ont connu que guerres et injustices puissent un jour retrouver une véritable confiance en la bonté cachée en chaque homme.

    Et si j’ai finalement décidé de faire de chaque instant de ma vie une « passion », je dois dire humblement que je n’en ai pas un grand mérite. Car j’ai eu la chance de rencontrer justement des gens qui « ressentaient » cette passion et qui me l’ont communiquée. Et leur passion contagieuse a pris peu à peu toute ma vie et tous les coins de ma personnalité. En réaction peut-être à la phrase de mon pauvre papa, découragé par les circonstances de son expérience de longues années et qui m’a dit un jour, quand j’avais 14 ans : « Tu sais, Roland, la vie est bien triste ! » Heureusement que cette phrase a provoqué en moi une telle réaction, une telle révolte que plus rien ne m’a intéressé par la suite, si ce n’était la recherche d’une preuve à lui donner un jour que la vie peut être belle. Et je crois que j’ai réussi un peu à le convaincre avant qu’il ne quitte cette terre…


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  • Oui, c’est une question que nous devrions souvent nous poser, si l’on veut une base solide pour avancer dans la vie ! Où se trouve le centre de mon moi, ce qui fait à la fois la base ou la source de ma vie et l’horizon vers lequel j’essaye tant bien que mal de me diriger ?

    Si on lit tout ce qu’on trouve dans nos réseaux sociaux, qui semblent parfois devenus fous, on trouve des réponses intéressantes, mais aussi parfois tellement bizarres qu’on peut s’y perdre complètement.

    J’ai été provoqué cette fois-ci par la « citation du jour » du site du Parisien.fr : c’est une citation de Spinoza, un des plus grands philosophes de tous les temps, qui a écrit un jour : « Les hommes sont conduits plutôt par le désir aveugle que par la raison. » C’est une phrase terriblement inquiétante que je ne peux pas laisser passer comme ça sans rien dire, surtout venant d’une telle personnalité !

    Je ne vais pas discuter ici avec Spinoza, il faudrait d’abord remettre ces quelques mots dans leur contexte pour vraiment les comprendre. Mais je suis tout de même fâché contre ces sites de citations qui mettent si souvent la confusion dans les esprits. A en croire cette pauvre phrase, l’homme serait divisé entre la « raison » qui doit être sans doute considérée comme une boussole positive qu’on oublie si souvent et le « désir aveugle » qui le conduit probablement à des catastrophes. Et, bien évidemment, puisque l’homme est faible, il se laisse prendre par ce « désir aveugle » et on peut imaginer ce qui s’en suit.

    Eh bien je vous avoue que je ne reconnais pas l’homme dans tout cela, l’homme que je suis, l’homme que je connais, celui que je côtoie chaque jour. Car si nous sommes faits de « raison » et de « désirs », l’homme est tellement plus complexe que cela. Il a des sentiments et un cœur. Il a une volonté. Il a des désirs et des passions, mais aussi un esprit, une intelligence, une conscience et une âme.

    Il faut bien reconnaître que le plus difficile c’est de mettre l’unité et l’harmonie entre tous ces éléments, mais c’est ce qui fait le défi et la beauté de notre condition humaine. La raison n’est certainement pas le plus important de notre « moi », pas plus que l’intelligence. On a vu des génies être incapables de relations sociales équilibrées. Et d’autre part le désir peut aussi être un des plus grands moteurs de bonheur ou de progrès : désir d’apaiser la souffrance des gens qui nous entourent, désir d’apporter la paix où règne le conflit ou la guerre… la liste ne finirait pas. Mais qui a dit que le « désir » doit être forcément aveugle ?

    Je crois que le centre de notre moi, c’est ce cœur qui bat pour l’humanité et qui met au service de son action toutes les facultés que nous avons rappelées plus tôt, à commencer par la conscience. Et quand je découvre un jour que le centre de mon moi, c’est aussi le cœur de mes compagnons de voyage sur cette terre et que je ne parviendrai au bonheur, pour moi et pour les autres, qu’en harmonisant mon cœur avec celui des autres, il n’y a plus tellement de raison d’être pessimiste et de croire que nous allons tous à la catastrophe. Nous sommes libres de faire de notre vie des bêtises, l’une après l’autre, mais ne sommes-nous pas libres aussi d’en faire un chef d’œuvre qui nous rende fiers d’être simplement ce que nous sommes ?


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