• Au bout de soi-même

    Combien de gens autour de nous se plaignent de leur vie triste ou médiocre. Ils auraient peut-être tous les talents, tous les ingrédients pour vivre une aventure pleine de saveur et de passion et ils sont là à se morfondre. Nous-mêmes ne sommes nous pas souvent entrainés par ce courant négatif? Pourquoi nous contenter d'une vie à moitié, alors que nous pourrions nous entraider à aller finalement au bout de nous-mêmes?

  • Oui, l’amour est certainement ce qu’il y a de plus beau au monde, et en même temps de plus délicat. Depuis que l’homme a commencé à s’exprimer, il revient sans cesse sur le même sujet, comme s’il était continuellement attiré et dépassé par l’amour, transformé et pourtant blessé, heureux et si souvent malheureux.

    Ce qui est sûr c’est qu’avant d’aimer nous avons commencé à recevoir l’amour, de la part de nos parents, de toute notre grande famille et peu à peu de tous les amis qui se sont mis à créer ce cercle intime qui a forgé notre personnalité.

    Quelle joie d’être aimé, accepté, apprécié, reconnu et de découvrir peu à peu que nous pouvons nous aussi aimer à notre tour ! Chacun de nous a en lui cette capacité extraordinaire de pouvoir donner aux autres de l’affection, de l’amitié, tout son cœur et finalement toute sa vie.

    Nous apprenons à le faire bien sûr avec prudence, avec discernement, car c’est en effet une réalité qui peut faire autant de mal que de bien, si elle est vécue de travers ou au mauvais moment.

    Mais la plus grande difficulté c’est d’avoir le sentiment d’avoir tout donné à l’autre et que l’autre ne nous le rend pas, ou bien n’apprécie pas le don que nous lui avons fait et que nous continuons à lui faire. Car l’amour a besoin de réciprocité… ou c’est au moins ainsi qu’il est en général compris et vécu.

    Je crois que là est tout le nœud de la question : que faire lorsque nous ne sentons pas de réciprocité avec la personne ou les personnes que nous aimons ? En général, on essaye quand même encore quelques temps, puis on se décourage, on est tenté de tout laisser tomber, ou d’aller chercher ailleurs. L’amour se transforme alors en déception, en haine ou en ressentiment, avec le sentiment que nous avons été trahis.

    Nous pensions avoir besoin de l’autre et cet autre n’est plus là pour assouvir ce besoin, au moins provisoirement… Et c’est là que la vie va changer. Si au lieu de nous décourager et de prendre des décisions négatives, nous regardons au fond de nous-mêmes et nous constatons qu’en nous cet amour est toujours là, blessé peut-être, mais toujours vivant. Et d’abord continuons à aimer tout au long de la journée les personnes que nous rencontrons. L’énergie positive qui est en nous ne se développe pas seulement avec une ou deux personnes privilégiées, mais avec toute l’humanité, et c’est déjà là le premier secret de l’amour.

    Et puis nous commençons à comprendre que nous n’avons pas forcément besoin de la réponse de l’autre, mais nous avons surtout besoin d’aimer l’autre. N’avons-nous jamais fait l’expérience que si nous aimons vraiment l’autre, une petite difficulté, une petite « trahison », va être au fond l’occasion de l’aimer plus encore, en se disant qu’il passe peut-être un moment difficile et qu’il a encore plus besoin d’aide que d’habitude.

    C’est là que nous découvrons si le centre de notre amour est notre « moi » égoïste qui veut posséder l’autre, ou si c’est réellement le bien de l’autre avant notre propre bien.

    Alors vraiment tout change. C’est d’aimer que j’ai besoin avant tout. J’ai seulement besoin de t’aimer pour être moi-même, car si je m’arrêtais de t’aimer je me replierais sur moi pour toujours, je me dessécherais… Et c’est là que nous allons goûter la plus grande liberté. Car notre amour ne va plus être conditionné par la réponse de l’autre. Et la surprise merveilleuse pourrait bien être que l’autre se sente tellement libre avec nous qu’il revienne finalement, car il aura compris  que notre amour était un amour vrai et désintéressé, ce qui est parfois si rare en ce monde…

     

     


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  • Je ne me plains pas des réactions à mon article sur les plaintes, au contraire, je vois que j’ai été bien compris.

    Une de mes lectrices, pleine de zèle, m’écrit même : « De temps à autre, j’essaye ce régime, 24 heures sans aucune critique, aussi insignifiante qu’elle soit. J’avoue n’avoir jamais réussi. Mais j’essayerai toujours, ça change tout. »

    Vraiment j’ai été touché par tant de courage, mais pas trop étonné en même temps par l’échec apparent d’une telle entreprise. Je crois que personne ne réussirait en s’y prenant de la sorte. Alors où est la solution, si solution il y a ?

    Le problème avec soi-même et avec n’importe lequel de nos défauts, c’est que ces défauts sont devenus avec le temps de véritables habitudes bien ancrées dont il est pratiquement impossible de se défaire d’un jour à l’autre.

    Ici aussi, je pense que la solution est dans une vision de la vie qui devienne chaque jour plus positive, ce qui n’est pas évident non plus. Il s’agit de s’habituer à chercher et à découvrir le positif en tout et en tous, en chaque personne, facile ou difficile à vivre. Il s’agit surtout d’orienter toujours plus sa vie vers l’amour. Et comment faire quand tant de courants autour de nous nous portent exactement à l’opposé de cet amour ?

    Avant tout, croire à cet amour, au moins pour quelques personnes qui seront peut-être bien peu nombreuses au début, mais qui vont se multiplier avec le temps. Et, avec ces personnes, construire la paix, l’harmonie, des relations toujours plus positives qui nous prennent peu à peu complètement l’esprit et le cœur.

    Et quand on est occupé, du matin au soir, à se donner corps et âme pour cet idéal de construction positive de l’humanité, on en arrive à un moment où tout le reste devient secondaire. On est tellement pris par cette compassion pour ceux qui souffrent, par cette joie de la réciprocité avec de plus en plus de personnes, qu’on n’a finalement plus le temps de se plaindre. On sent confusément que se plaindre devient du temps perdu qui ne sert à rien, qui ne construit rien, et on laisse aux autres, si ça peut leur faire plaisir, la fausse joie de se lamenter du monde entier.

     

    Au lieu de vider notre cœur de ces lamentations éternelles, remplissons-le de cette dynamique positive qui nous attire au début et qui nous fait souffrir en même temps, car on a tellement besoin de se plaindre pour être et faire comme tout le monde. Quand on n’accepte plus de se plaindre avec chacun de toutes les situations possibles, les gens nous regardent de travers. Et la tentation est grande de revenir à nos mauvaises habitudes. Mais bientôt on se crée des amitiés tellement plus vraies, plus stables, plus profondes, car l’autre voit bien que désormais nous ne sommes même plus capables de nous plaindre de lui, et il vient à nous avec une confiance totale que jamais plus nous ne pourrons trahir. Car risquer de décevoir une amitié tellement belle, mais aussi tellement délicate, parce que l’autre découvrira que nous nous sommes plaints de lui par derrière, ce ne sera désormais plus possible. 


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  • Oui, l’homme passe beaucoup de temps à se plaindre. Sans même parfois nous en rendre compte, nous nous plaignons tout au long de la journée et tout au long de notre vie. Nous passons des heures à nous plaindre. Mais avons-nous pensé si tout cela en vaut la peine, si se plaindre sert à quelque chose, nous rapproche du bonheur ou nous en éloigne, si se plaindre aide à se comprendre avec les autres ou au contraire crée des fossés entre nous ?

    Avant de répondre à ces questions, il est bon d’être conscient qu’aucune réponse ne pourra être totalement blanc ou noir. Avant de juger si une plainte apporte ou non une énergie positive, il faut aussi remettre chaque plainte dans son contexte, en comprendre les raisons et les buts.

    Et puis de quoi ou de qui se plaint-on ? On peut se plaindre du temps ou de la nature. On peut se plaindre d’un problème de santé qui ne guérit jamais et de beaucoup de choses qui ne dépendent ni de nous ni des autres. Se plaindre est au fond parfois comme ouvrir une soupape de sécurité lorsque la douleur, le chagrin ou le stress sont trop forts. Et il est certainement mieux de se plaindre que d’exploser et de s’écrouler. On voit parfois ces joueurs de tennis à la télévision qui se plaignent à chaque coup de raquette, en poussant des « ah ! ah ! » comme si on était en train de les torturer, alors qu’ils se donnent simplement du courage pour continuer jusqu’au bout la bataille…

    Il faudrait voir aussi si je me plains tout le temps, bien assis dans mon fauteuil, comme si j’accusais la vie d’être cruelle, mais sans faire un seul pas pour changer la situation, ou bien si ma plainte est accompagnée de pas concrets pour trouver des solutions positives à ce qui ne va pas…

    Mais je voudrais parler ici surtout de ces moments, malheureusement si fréquents, où l’on se plaint des autres. Et là, chacun de nous est capable de se plaindre du monde entier. On commencera à se plaindre du gouvernement ou des voisins. On se plaint des étrangers ou de ceux qui nous paraissent trop différents. On se plaint du directeur ou des collègues de travail. Cela devient plus grave quand on se plaint de ceux qui sont les plus proches de nous.

    Et ici aussi, il nous faut bien distinguer. Si un ami a commis envers nous une injustice et que je vais me plaindre à lui de ce qu’il a fait, mais avec un ton amical de reproche, seul à seul avec lui, en lui montrant que je lui ai déjà pardonné, il va sans doute être touché par mes paroles et nous allons bien vite nous réconcilier. A ce moment-là, la plainte aura eu un effet positif.

    Mais le problème, c’est qu’en général, je me plains des autres derrière leur dos, en parlant à d’autres personnes qui n’ont rien à voir avec ce qui se passe, comme pour trouver des alliés dans une bataille qui va bientôt nous diviser en clans ennemis et c’est comme cela que les familles, les communautés, l’Eglise et la société finissent par se détruire de l’intérieur en creusant des fossés entre les gens qu’on n’arrive plus jamais à combler par la suite.

     

    Alors le mieux serait de ne jamais se plaindre, mais d’affronter sereinement les problèmes sans en faire chaque fois une histoire terrible. Car il est normal d’avoir des problèmes. La vie est faite de problèmes qui donnent au fond un peu de sel ou de piment à notre routine quotidienne et qui nous unissent encore plus, une fois que nous les avons dépassés ensemble. Tandis que se plaindre est presque toujours le début d’un conflit qu’on aurait bien pu éviter si on avait pensé un instant à tout le mal qu’une petite plainte va pouvoir faire, car elle va être répétée, multipliée, amplifiée, déformée, exagérée, et il sera bien difficile à la fin de revenir en arrière sans dommage…


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  • Oui, s’arrêter, c’est mourir. Etre homme, c’est avancer.

    Vivre, c’est avancer, avancer toujours, continuer notre chemin.

    Car la vie est comme le temps. Le temps n’est pas capable de s’arrêter, ce ne serait plus le temps. Il y aurait une contradiction dans les termes.

    Quand la vie s’arrête, quand le cœur ou n’importe laquelle de nos fonctions vitales cesse de fonctionner, on sait que c’est aussitôt la mort qui survient !

    Et pourtant nous passons notre temps à nous arrêter. Toute la journée, nous nous arrêtons. Je ne veux pas parler ici des moments de repos bien mérités que l’on prend au milieu du travail, des périodes de pause, des changements d’activité en cours de route qui nous empêchent de sombrer dans la routine. Changer, c’est encore continuer, même si c’est d’une autre manière.

    Non, je veux parler de ces arrêts de l’esprit, de la pensée qui se bloquent en nous presque à chaque instant sans même que nous nous en rendions compte.

    Les arrêts de l’esprit, ce sont par exemple les jugements sur les autres et sur nous-mêmes. Je me bloque tout à coup sur ma relation difficile avec une personne, sur une attitude qui m’a déplu ou qui m’a blessé.

    Je m’arrête sur une déception qui me dévore ou sur une peur, justifiée ou non du lendemain. Et à quoi cela va-t-il me servir ? Pratiquement à rien. Cela m’empêche surtout de me concentrer de tout mon cœur sur mon activité du moment, et cela me gâche la journée, la semaine, toute l’année.

    Je ne veux pas parler ici des raisonnements, des calculs, des analyses, nécessaires en chemin pour s’assurer que tout procède normalement et que nous avançons dans la bonne direction, mais seulement de toutes ces réflexions inutiles qui se transforment ensuite en paroles inutiles qui créent le plus souvent des malentendus et des conflits inutiles qui alourdissent notre vie pour toujours.

    Nous reviendrons sur ce sujet, mais imaginons que le sang dans nos veines se mette à réfléchir avant de revenir au cœur et aux poumons et de refaire son tour bienfaisant de la tête aux pieds de notre corps. Alors pourquoi ne pas faire la même chose avec les pensées qui traversent nos sentiments ou même l’amour qui traverse notre cœur ? Les laisser simplement avancer toujours sans relâche, continuer à construire de manière positive notre vie et nos relations. Nous allons trop nous fatiguer ?

     

    Mais c’est le contraire qui se passe. Lorsque nos pensées et notre amour ne cessent de se donner, ils se reposent automatiquement par l’équilibre harmonieux de notre vie, comme le sang se repose dans le cœur et les poumons. Tandis que s’arrêter de donner nos pensées et notre amour, c’est se figer dans des conflits intérieurs à nous-mêmes ou à nos relations avec les autres. Et c’est alors que la vie devient vraiment comme un fardeau terriblement fatigant qui se désagrège au lieu de se reconstruire de nouveau dans la fraîcheur de chaque instant vécu dans la liberté d’aimer.


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  • Encore une phrase, publiée sur les réseaux sociaux, qui m’a provoqué ce matin. Elle est de William Shakespeare, apparemment pleine de sagesse, au premier abord, mais c’est une phrase terrible si on la comprend mal, elle peut être source d’un malentendu presque mortel, mais voyez plutôt :

    « Je me sens toujours heureux, affirme le grand écrivain anglais, vous savez pourquoi ? Parce que je n’attends rien de personne… Les attentes font toujours mal. La vie est courte… Aimez votre vie… soyez heureux… Gardez le sourire… »

    Je sens qu’il y a un énorme piège dans ces mots. J’avais parlé récemment de l’attente dans mon article « S’attendre à tout… sans rien attendre » (publié le 15 mai dernier dans la rubrique « Au bout de soi-même »). Mais il s’agissait alors de la vie en général et du bonheur. Ici notre sujet est notre relation avec les autres, c’est lié au premier, mais c’est tout de même un autre angle de vue.

    J’ai peur qu’en prenant la phrase de Shakespeare à la lettre on ait envie de faire comme certains sages orientaux dont l’idéal est de se couper du reste du monde dans une sorte de refuge que l’on se ferait dans la nature ou en soi-même, où les autres n’existent plus et ne peuvent par conséquent plus gêner notre bonheur. Mais il y aurait là un énorme quiproquo !

    A moins d’avoir une vocation bien particulière, nous sommes faits pour vivre au milieu des hommes, c’est à la fois notre joie, notre souffrance et notre éternel défi !

    Alors où se trouvent notre problème et sa solution ? Je crois, ici aussi, que nous devons tout attendre de l’autre, de n’importe quel autre. Nous sommes venus gratuitement à la vie, pour découvrir que nous sommes tous un don les uns pour les autres. C’est l’amour des autres, et même leur manque d’amour parfois, qui ont forgé ma personnalité au cours des ans. Sans les autres je n’aurais jamais pu être moi-même, même si ensuite c’est bien moi qui ai dû harmoniser l’apport des autres et en faire, en toute liberté (au moins comme intention) ce que je suis au fond de moi-même, comme personne unique et inimitable.

    Quand je me lève le matin, je devrais m’attendre à une foule de rencontres qui vont être encore pleines de surprises pour moi. Ces surprises ne seront pas forcément toutes agréables, mais elles seront certainement enrichissantes. Et j’espère bien qu’elles seront le plus possible une source de joie et de bonheur pour moi, dans la réciprocité, avec ces personnes que je côtoie, en famille, au travail, dans mes cercles sociaux, partout. Je m’attends à ce que chaque relation ait un sens, me remplisse d’énergie nouvelle, m’aide à sortir de moi, me pousse à donner le meilleur de moi-même. Chaque relation vécue est un défi, une aventure qui se répète sans jamais se répéter et qui fait que la vie est tellement dynamique.

    Mais où alors se situe le problème ? Qu’est-ce qui fait que les autres me rendent parfois tellement malheureux ? C’est là que l’intuition de Shakespeare est géniale : c’est l’objet de mon attente qui ne va pas. J’ai rendu un service à quelqu’un et il ne m’a même pas dit merci. J’ai salué un collègue dans la rue et il ne m’a même pas répondu. Les autres voient bien que je souffre et personne ne vient m’aider. J’aime tellement cette personne mais elle ne répond jamais à mes attentes. Celui-ci m’a promis de me donner un coup de main, mais il a complètement oublié… On n’en finirait pas de dresser la liste de toutes les déceptions qui nous assaillent chaque jour.

    Notre problème c’est que nous attendons toujours de l’autre tel ou tel geste, telle ou telle parole, telle ou telle marque d’affection, à tel ou tel moment bien précis, sans penser que l’autre est différent de nous, les circonstances dans lesquelles il vit sont différentes, il n’est pas un robot entre les mains de mon amour possessif, c’est un homme libre ou une femme libre, qui saura bien me répondre un jour ou l’autre, mais selon son rythme et non pas le mien.

     

    Mon problème c’est que je ne suis pas le centre du monde, d’un monde qui devrait tourner autour de moi selon mes caprices. Non je suis seulement le morceau d’un puzzle immense qui s’appelle l’humanité, où je peux choisir d’être seulement et toujours positif, de toujours donner sans rien attendre et je serai surpris de voir combien les gens finissent par m’aimer, par rechercher ma compagnie ou ma présence, je serai submergé de marques d’affection d’une foule de gens desquels je ne me serais jamais rien attendu au départ. Et qu’importe si certains me déçoivent à tel ou tel moment. Tout ne s’arrête pas là, la vie est encore longue devant moi, mais il ne faut jamais la détourner pour mes pauvres attentes égoïstes, il faut continuer à la donner, et l’on est alors étonné de voir chaque jour combien de gens viennent construire avec nous ce grand puzzle de l’humanité dont le dessin se découvre peu à peu comme une immense surprise !  


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